Force est de constater que depuis quelque temps, ma relation avec la SNCF est plutôt chaotique.
Rien qu'hier tiens.
De bon matin, Gare Montparnasse, je m'approche de mon wagon habituel. Oui, je dis
mon wagon puisque quand on est client régulier de la seuneuceufeu, on prend des habitudes et on s'approprie un wagon et plus particulièrement une place. De fait, quand quelqu'un occupe
notre place, on s'asseoit ailleurs de mauvais gré, tout en sentant monter une envie de déboulonner la tête de l'importun. Quoi, la vie parisienne rend fou? Nan, des idées tout ça. Fin bref (
Copyright qui de droit pour le Fin bref.).
Je constate que sur ma porte est placardé un autocollant "accès interdit". Sur
ma porte. Pffff... Je me déplace donc jusqu'à la porte suivante que je trouve ouverte et qui me permet d'accéder à ma place. Ouf. Je respire. Je m'installe et sors le volume 7 de la BD
Le Chant des Stryges.
Je commence ma lecture quand soudain un doute m'assaille...
Si j'ai pu monter du côté gauche du train, pourrais-je descendre du côté droit?... Vous comprendrez la portée de cette interrogation quand vous saurez que je descends du côté droit à Saint-Quentin-en-Yvelines. Je me lève, sans bousculer ni réveiller personne, et trouve la première porte à droite condamnée. Je retourne m'asseoir, confiant en la providence qui aura bien évidemment veillé à m'assurer une issue de secours.
Mon sixième sens m'empêche toutefois de replonger dans ma lecture et m'invite à aller vérifier les deux autres portes de droite, ce que je m'empresse de faire... Pour les trouver elles-aussi condamnées! Diantre! Pour un peu je me retrouvais à l'arrivée planté dans le wagon à ne pouvoir descendre du train!
Je l'ai échappé belle! Oh certes il n'y aurait pas eu mort d'homme, mais bon, pour sûr que cela m'aurait mis de bonne humeur...
La journée se passe ensuite tranquillement... Chaleur, collègues absents, chef absent...
Je quitte le boulot à l'heure du goûter direction Saint-Lazare via La Défense. Ligne magique que celle de La Défense - La Verrière. Magique car elle ferme le Saint Triangle Montparnasse - Saint-Quentin-en-Yvelines - Saint-Lazare, m'évitant ainsi de repasser par la case Paris quand je vais passer quelques jours en Normandie directement après le boulot. Magique aussi car au moindre pet de la direction de la seuneuceufeu, plus aucun train ne circule, mais c'est là une autre histoire.
J'arrive donc à Saint-Lazare, sans mon billet, à 20 minutes du départ du train, un jour de grande affluence... Comme d'hab' quoi. Oui je sais je suis un Aventurier.
Je me dirige donc vers les guichets pour découvrir des queues monstrueuses. Mon oeil de faucon me sauve toutefois comme à l'accoutumée en repérant rapidement la file la moins chargée.
Mon billet en main, je me précipite devant les quais pour découvrir ce message défilant : "
Ligne Paris - Le Havre, la SNCF vous informe que le trafic reprend progressivement..."
Gasp... Horreur... (Je devais plus tard apprendre qu'un convoi de peinture avait eu la bonne idée de se mettre à fumer sur
ma ligne. Donc intervention des pompiers, de la police, des équipes de dépollution, interruption du trafic...)
Je me fraye un passage au milieu de la foule compacte en jouant des coudes et du sac. Je monte dans un wagon puis marque un arrêt brusque : en montant dans le train, j'ai senti mon corps s'enfoncer dans une sorte de mélasse tiède... Aaaargh... Ils ont certainement laissé le wagon se chambrer à l'extérieur tout l'après-midi...
Je m'installe donc dans le sauna, et 10 minutes après l'heure théorique de départ du train, alors que nous sommes toujours à quai, le mécanicien s'adresse à nous, Pauvres voyageurs : "
Mesdames et Messieurs, nous n'avons pas de contrôleurs, nous les attendons". Etonnement des uns, ras-le-bol des autres, rire incrédule pour moi.
Le train arrive finalement à partir, roule tantôt normalement tantôt au ralenti, marque quelques arrêts pour finalement arriver à bonne gare avec une bonne trentaine de minutes de retard...
Je commence à croire que Micheline, la Sainte Diesel Patronne des Rails m'en veut. Mais que t'ai-je donc fait, Micheline? Hein? Dis-moiiiiiiii!
Fond Sonore : Cyndi Lauper, Time After Time