Sunday, January 20, 2013

Ces Choses que Nous n'Avons pas Vues Venir - Steven Amsterdam

Relativement amateur de la thématique post-apo je me suis procuré ce titre dont j'avais entendu des échos plutôt positifs. A posteriori, je me suis vu le dernière page tournée dans un état de rare perplexité...

Ce roman m'a ainsi donné l'impression de regarder une photographie floue ou tout au moins à la focalisation faite sur un élément qui n'est pas censé en être l'objet. Le roman débute ainsi à la veille de l'an 2000 quand un homme emmène femme et fils en campagne en vue de les protéger du chaos qu'il pense imminent. Quelque chose se produit manifestement, mais nous n'en saurons pas grand chose...

Le texte de 200 pages se voit divisé en une petite dizaine de chapitres, chacun correspondant à une tranche de vie du narrateur (le fils du début) et contraignant le lecteur à régulièrement repartir sur de nouvelles bases (temps, espace, relations humaines). A peine a-t-on le temps de détourer la situation que l'auteur procède à un nouveau saut temporel elliptique, prévenant par là même toute identification / empathie avec le protagoniste principal, ce qui pose à mon sens problème.

Cette singularité du texte constitue son originalité, le reste n'étant qu'esquisse bien fade, et l'on se sent rapidement frustré de n'en savoir guère plus sur cet univers dans lequel le narrateur semble tant bien que mal tenter de survivre. On en vient nécessairement à comparer l'ouvrage à cette référence qu'est La Route de Cormac McCarthy, où la cause du cataclysme est certes également indéterminée mais dont le récit a pour lui une singulière intensité dramatique, une force poignante que l'on se prend en plein figure et dont on ne se remet qu'avec difficulté.

Face à ce mastodonte du genre, le roman de Steven Amsterdam fait donc pâle figure à mon goût. Un essai raté en somme. Next.

De Bons Présages - Neil Gaiman & Terry Pratchett

Après la très heureuse expérience Neverwhere à l'été dernier je m'étais promis de rapidement renouer avec un écrit de l'auteur Neil Gaiman. J'ai dans cette optique opté pour un texte écrit en collaboration avec Terry Pratchett [dont je ne connais que La Huitième Couleur, premier livre des Annales du Disque-Monde], De Bons Présages, dont les louanges couplées à la thématique n'ont eu de mal à me convaincre de lui donner sa chance.

[Pitch] L'Apocalypse, vous connaissez ? Non, je ne parle pas de cette pseudo fin du monde tant de fois annoncée par Mayas zé consorts, mais de cet affrontement final entre le Bien et le Mal qui dévastera notre pauvre Terre, tout juste vouée à être un champ de bataille entre Forces Célestes et Nemesis Souterrains... Eh bien figurez-vous que l'on y est enfin ! Oui, l'Antéchrist vient d'être apporté à la surface par une cigogne infernale [NdC : Vous serez bien aimables de ne pas rapporter cette analogie aux oreilles de Ligur et Hastur hein...] et confié aux bons soins d'une famille humaine, cela faisant partie de l’ineffable plan planifié depuis l'Aube des Temps.

Cette perspective de la lutte finale aurait dû enthousiasmer l'ensemble des troupes du Ciel comme de l'Enfer, ce qui est globalement le cas, à l'exception toutefois de l'Ange Aziraphale et du Démon Rampa -tous deux parties prenantes dans les évènements du Jardin d'Eden-, qui mine de rien se sont plutôt bien faits à leur petite vie terrestre, à aider / asticoter les humains et jouir de plaisirs disponibles nulle part ailleurs. Par conséquent, quelle autre option d'y aller prudemment à reculons et dans la mesure du possible d'entraver la bonne marche de cette céleste mécanique peut-être pas si bien huilée finalement ?!? [/Pitch]

La lecture des premières pages m'a un peu dérouté, mais je me suis rapidement rendu à l'évidence : De Bons Présages possède un formidable caractère page-turning ! Le ton parodique suscite en effet très rapidement l'attention du lecteur, le captive au moyen d'un constant comique burlesque assez singulier, et rend chaque abandon de l'ouvrage douloureux, lors des changements de moyens de transport notamment, et je me suis d'ailleurs parfois vu maudire mes lignes de train pour leur (pour le coup) détestable régularité ! ^^

Le roman prend donc pour cadre l'une des mythologies essentielles de la religion catholique, mais il ne véhicule pas de critique acerbe, il se contente de divertir, d'amuser, même si l'on peut tout de même dégager une morale -que je partage- quant à l'absurdité de ces conflits de principe, opposant des êtres qui n'ont aucun réels griefs les uns envers les autres. Le développement se trouve extrêmement fluide en dépit des trois axes de progression simultanés [Aziraphale / Rampa, l'Antéchrist, le duo descendant d'Inquisiteur et de Prophétesse], auxquels on peut ajouter à un moment les fameux Quatre Cavaliers de l'Apocalypse.

Les personnages intervenants dans le récit ont été ciselés avec grand soin et je ne vois objectivement rien à leur reprocher, tout comme au texte dans son ensemble d'ailleurs. De Bons Présages est un roman assez atypique, avec un sympathique grain de loufoquerie, et qui a de surcroît le bon goût de ne jamais verser dans l'humour facile, surprenant régulièrement le lecteur par ses retournements burlesques. Bref, la lecture de ce bouquin a été éminemment plaisante et lorsque j'en ai eu atteint le bout je n'ai pu m'empêcher de me sentir un peu désemparé. Re-bref, du relativement Grand Art serais-je tenté d'écrire !

Django Unchained

Django, Django, Django, un nom qui me trottait en tête depuis que l'écho de la mise en chantier de ce Tarantino s'en était venu titiller mes tympans... Allait-il s'agir d'une récréation un peu geek, d'un divertissement plus grand public ou bien d'un nouvel hybride ?!? Eh bien la réponse me fut apportée hier soir...

Django Unchained prend pour cadre le sud des Etats-Unis, avant la fratricide Guerre de Sécession. Un ex-dentiste reconverti en chasseur de prime, le Docteur King Schultz [Christoph Waltz, tout simplement excellent] libère un esclave du joug de deux esclavagistes locaux, Django [Jamie Foxx, rôle assez notable en regard du reste de sa filmo], au cours d'une étonnante séquence pour le moins d'anthologie (si si je vous assure). Le duo prend alors la route d'une petite bourgade, afin d'y débusquer un criminel recherché que seul Django peut identifier. Cela donne lieu à une seconde séquence assez remarquable, et je me suis dit à ce stade qu'en continuant sur cette lancée la bobine aurait tout pour devenir culte !


[© Sony Pictures Releasing France]

Après un hiver rigoureux placé sous le double sceau de la traque et de l'entraînement au tir, le Dr Schultz entreprend d'aider Django à retrouver la piste de sa femme, vendue aux enchères dans un marché aux esclaves. Les deux hommes doivent alors approcher son nouveau propriétaire, Calvin Candie [Leonardo DiCaprio, très bon, as always], propriétaire de l'une des plus grosses plantations du Sud, et accessoirement un impitoyable esclavagiste pour lequel la vie d'un esclave est un concept qui ne mérite guère que l'on s'y attarde.


[© Sony Pictures Releasing France]

Cette seconde partie du long-métrage est à l'image du début, objectivement réalisée avec brio, mais ne transforme malheureusement pas pour moi l'essai vers les contrées ultimes de la joussivitude. Ceci mis à part il n'en reste pas moins que Django Unchained est dans l'ensemble un film d'excellente facture, qui fait la part belle aux acteurs [notamment Samuel L. Jackson que je n'avais pas encore cité] et démontre une nouvelle fois la virtuosité d'un Quentin Tarantino tout de même bien plus grand public qu'avec ses Kill Bill 1 & 2 ou projet Grindhouse [évidemment au sommet du panier en ce qui me concerne].

Je pourrais apporter un léger bémol en regard de la durée de la bobine, un poil longuette avec ses 2h44 (non non, pas de coquille), qui aurait peut être mérité un léger élagage pour sortir ultérieurement dans cette version en DVD / BR. Mébon, ne chipotons pas, Django Unchained constitue un très bon divertissement, un western stylisé comme cela fait du bien d'en voir de temps à autre. Aller hop, donnez-lui donc sa chance les gens ?!? :o)

=> Bande-Annonce

Saturday, January 12, 2013

Captain Bouquins Awards 2012

L'année 2012 a objectivement été une bonne année lecturesque puisque j'ai lu trente-et-un bouquins au cours des douze mois écoulés. Cela représente un volume tout à fait honorable pour ma personne, et j'aimerais maintenir ce rythme en 2013, même si je ne me forcerais évidemment pas si l'envie devait ne pas être là.

Globalement je garde un bon souvenir de ces lectures, même s'il y a tout de même eu quelques ouvrages décevants, à l'instar de Shining de Stephen King et 127 Heures de Aron Ralston par exemple. En parcourant à rebours mes chroniques, j'ai sélectionné quelques titres avant de converger vers un sextet de bouquins que je souhaite mettre en exergue eu égard au plaisir que j'ai eu à les découvrir.

And now, Ladies and Gents, for ze second édition of ze Captain Bouquins Awards, ze winners are :


[© Ze Captain]

Liens vers les Billets Associés :
Les Evadés de l'Enfer - Hal Duncan
Le Jour des Triffides - John Wyndham
Neverwhere - Neil Gaiman
Neuromancien - William Gibdon
Substance Mort - Philip K. Dick
Le Vieux qui ne Voulait pas Fêter son Anniversaire - Jonas Jonasson

A l'instar de la sélection de l'an passé, il va sans dire que je vous recommande chaudement ces titres ! Bonnes lectures ! :o)

Sunday, January 6, 2013

Captain Ciné Awards 2012

A l'occasion de ce début d'année j'ai procédé à l'habituel petit bilan ciné des douze mois écoulés. En volume, la cuvée 2012 a ma foi été plutôt bonne puisque j'ai assisté à 75 projections [et donc à autant de visionnages de pubs insupportables, mais c'est un autre débat]. Côté qualité le bilan est un peu plus mitigé car j'ai pu sans problème écarter une quarantaine de films qui se sont naturellement retrouvés dans les catégories éminemment subjectives nul et moyen. Parmi les déceptions notables je citerais bien Cheval de Guerre, Killer Joe ou encore La Cabane dans les Bois, mais je ne m’appesantirai pas ici sur leur cas.

Il y a tout de même eu de bien bonnes séances, une grosse moitié donc -ce qui est déjà bien-, et dans ce lot j'ai décidé de mettre en exergue 16 bobines [j'aime bien le pavé de 4x4 ^^]. Après l'inévitable séance d'auto-délibération évidemment animée, j'ai donc le plaisir de vous présenter les lauréats 2012 : (ordre alphabétique - liens vers les revues du lieu)









Et de votre côté ? Des divergences / convergences de sensibilités ? De bonnes surprises en 2012 ? :o)

Thursday, January 3, 2013

Maniac

Ce Maniac est un remake du film éponyme de William Lustig, que j'ai visionné en VHS il y a ma foi fort longtemps et dont je ne conserve qu'un souvenir assez peu vivace. Si je ne suis guère fana des remakes d'une manière générale, j'ai tout de même tenté le coup eu égard à la présence en production d'Alexandre Aja, auteur d'une relecture assez réussie de La Colline a des Yeux, et force est de constater que j'ai bien fait de suivre mon instinct !

Eu égard au thème et à l'ambiance malsaine remarquablement bien instaurée je ne dirais pas que j'ai été "emballé" -le terme me semblerait malvenu-, mais cette bobine est à mon sens une belle réussite dans le genre. Elle nous plonge sans avertissement dans le vif du sujet via une séquence d'ouverture assez choc, et nous fait adopter le point de vue du psychopathe Franck au moyen d'une caméra subjective prompte à générer un sentiment de malaise.


[© Warner Bros. France]

Maniac déroule sa partition sans accroc, dévoile peu à peu toute l'étendue de la névrose de Franck, et profite du contraste entre la férocité des actes et l'innocence naturellement dégagée par le visage d'Elijah Wood. Le film bénéficie également d'un beau fignolage formel, montage et visuel étant à la hauteur, même si par instants j'aurais apprécié une image plus crapoteuse, mais je chipote.

'Fin bref, tout ça pour dire que ce Maniac version 2012 vaut le détour si le genre vous interpelle. En revanche, dans le cas contraire, passez votre chemin !

=> Bande-Annonce [Je vous déconseille fortement de visionner cette BA si vous envisagez d'ores et déjà d'aller voir le film, elle en montre vraiment trop...]

Wednesday, January 2, 2013

Le Lac des Cygnes - Palais des Congrès

Pendant très longtemps je suis resté hermétique à l'univers des ballets, je ne voyais pas d'intérêt à observer des cohortes de danseuses / danseurs, aussi talentueux fussent-ils/-elles, évoluer sur scène. Puis est arrivé le magnifique Black Swan de Darren Aronofsky, lequel m'a fait l'effet d'un uppercut, et je me suis alors promis de tenter l'expérience en live. Ainsi quand j'ai noté mi-2012 que Le Lac des Cygnes allait être joué au Palais des Congrès à la fin de l'année par le Moscou Théâtre Ballet accompagné de l'Orchestre National de Russie, j'ai bien entendu sauté sur l'occasion !

Le jour dit, les lumières se sont tamisées, l'orchestre a sonné la charge, et les rideaux se sont écartés pour libérer la scène. Je me suis alors laissé pénétrer par l'atmosphère sonore, j'ai regardé avec attention les différents tableaux, et je me suis attaché à décrypter les danses et pantomimes qui se déroulaient devant mes yeux.

Le plus gratifiant dans l'histoire a probablement été -comme le livret me le confirma à la fin de la représentation- que j'étais parvenu à correctement saisir la narration, cette histoire d'amour, de duperie et de malédiction. En parallèle de cet aspect narratif, j'ai attentivement observé les pas de danse et certains à l'évidence forcent le respect, je n'ose imaginer la quantité de travail -et de souffrance- qui se cache derrière leur accomplissement d'apparence si facile.

Pour une première tentative j'en suis ressorti éminemment conquis, et j'aimerais bien renouveler l'expérience avec un autre ballet, pourquoi pas Casse-Noisette, toujours de Tchaïkovski, dans un cadre plus prestigieux comme l'Opéra de Paris par exemple. Je verrais bien les opportunités qui se présenteront à moi, mais dès à présent je ne peux qu'encourager celles et ceux d'entre vous qui ont été séduits par le film Black Swan à donner sa chance à un ballet en live !

Y2k+13

Le temps a beau continuer à filer -on est déjà le 02/01-, il en faudrait bien plus pour que je faillisse à la tradition, d'autant que cette nouvelle ère qui s'ouvre devant nous apparaît comme un sursis avant la prochaine Fin du Monde. Savourons donc ces instants supplémentaires qu'il nous est donné de vivre, faisons fi de ces tracas quotidien qui peuvent être nôtres, pensons positif, et roulez jeunesse ! :o)


[© Ze Captain]

Tuesday, January 1, 2013

4h44 Dernier Jour sur Terre

7h58 ce jour-là, le mond... Ah nan, excusez-moi, 7h58, c'était un samedi, et un film magistral. Là on est aux antipodes... Je reprends... 4h44 ce jour-là donc, le monde cessera d'exister. Pourquoi ni comment on ne sait guère, mais le fait est là, soit. La bobine se trouve centrée sur deux New-Yorkais [dont le trop rare Willem Dafoe] qui se préparent à cette interruption du programme de la vie de manière assez résignée, poursuivant leur quotidien comme si de rien n'était (ou presque).

Leurs derniers instants se voient entrecoupés de messages divers, dont des interviews d'Al Gore ou du Dalaï-Lama fustigeant l'irresponsabilité de l'homme vs la nature, d'images non moins diverses de foules portant des bougies ou se révoltant, ce qui donne à l'ensemble un côté assez bordélique, et l'on ne voit pas bien la direction que prend le script, en assumant bien entendu qu'il suive une quelconque ligne directrice. L'ennui pointe assez rapidement le bout de son "e", et l'on se demande quand diable la bobine pourra bien se terminer, interrogation d'autant plus insidieuse qu'aucune ligne temporelle ne nous permet de jauger d'une quelconque progression... Objectivement, l'heure vingt-deux de métrage m'a paru en durer 2h30... :-/

'Fin bref, en conclusion je reprendrais les mots de Première [via la rubrique Critiques Presse sur Allociné] qui assènent que 4h44 Dernier Jour sur Terre "dégage à l'arrivée l'inimitable parfum des nanars auteuristes". Oueps, pas mieux. A éviter donc.

=> Bande-Annonce