Sunday, October 30, 2011

Les Marches du Pouvoir

USA, de nos jours, une primaire démocrate dans laquelle il ne reste que deux candidats en lice. On suit l'équipe du Gouverneur Mike Morris [George Clooney], pilotée par un vieux briscard de l'exercice [Paul Zara - Philip Seymour Hoffman] et un jeune consultant en comm' expert des médias [Stephen Myers - Ryan Gosling]. Cette troupe s'oppose à celle emmenée par l'expérimenté Tom Duffy [Paul Giamatti] pour le compte d'un certain Pullman, tandis que la presse [notamment la journaliste Ida Horowicz - Marisa Tomei] tente en permanence de savoir ce qu'il peut bien se tramer dans les arcanes de ces QGs de campagne. Mike Morris présente un discours avenant, avant-gardiste, dans lequel Stephen Myers croit du plus profond de son être, condition sine qua none pour qu'il puisse exercer cet art dans lequel il excelle. Mais dans ce domaine de la compétition politique, conviction et droiture ne font pas toujours bon ménage avec les ambitions, et le jeune consultant l'apprendra à ses dépends...

Le pitch peut sembler assez classique -il l'est-, mais il fonctionne néanmoins grâce au style direct du réalisateur et à un casting de mon point de vue cinq étoiles. M'étant laissé porté par la bobine, je suis objectivement sorti de la séance agréablement satisfait, mais cela tient plus aux réflexions suscitées qu'au propos en lui-même, ce dernier n'apportant fondamentalement rien de bien neuf... S'en trouve-t-il en effet encore pour penser que les dessous de la politique sont immaculés et que sans compromission il est possible de parvenir aux plus hautes responsabilités ? J'en doute.

Néanmoins, ces Marches du Pouvoir se révélant tout de même extrêmement léchées, il serait dommage de passer à côté. A savourer, avant de prolonger la séance en refaisant le monde autour d'une petite mousse.

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Sunday, October 23, 2011

Dernière Impression

"Je regrettai tout de suite la décision que j'avais prise de venir dans cette pièce. Je compris soudain que la dernière expression qu'il avait sur le visage empiéterait sur tous les souvenirs visuels que j'avais de lui. J'allais être obligé d'essayer de l'oublier, de façon à ne plus voir ses yeux dans mon esprit.

C'était la même chose qu'avec mon père. La seule image que j'avais gardée de lui était celle d'un homme allongé dans un lit. Il faisait cinquante kilos maximum et son corps était complètement ravagé par le cancer. Toutes les autres images que j'avais de lui étaient fausses. Elles sortaient de photos que j'avais vues dans des livres." - Michael Haller in "La Défense Lincoln" by Michael Connelly


On se souvient immanquablement de telles images. Mais d'expérience, à la différence du narrateur, à la douloureuse image de la maladie se substitue rapidement pour moi celle du corps préparé, duquel la souffrance semble s'être comme par magie évanouie. La maladie disparaît alors derrière la sérénité surnaturelle qui s'impose, et c'est cette dernière impression qui perdure ensuite, tandis que les photos issues du livre des souvenirs transforment peu à peu la tristesse en nostalgie.

The Artist

A l'ère du divertissement numérique clipesque, proposer un film muet en N&B relevait assurément de la gageure, du montage financier à la sortie en salle. Et pourtant, Michel Hazanavicius a non seulement relevé le défi, mais il a en sus transformé l'essai avec brio le bougre !

L'action prend place à Hollywood, à l'époque charnière de l'apparition du cinéma parlant. Jean Dujardin y incarne George Valentin, *LA* star incontestée du muet, qui régale les spectateurs de ses superproductions. Toutefois, la gloire n'étant par essence pas éternelle, il convient de ne pas se reposer sur ses lauriers et de rester à l'affût des changements de vent. Probablement par orgueil, George Valentin balaye d'un revers de la main la perspective de donner dans le parlant, opérant par là-même une sortie de route fatale. Le public, lui, plébiscite en effet rapidement cette nouvelle technologie, ainsi que de nouvelles têtes -dont la pétillante Peppy Miller [Bérénice Bejo]-, oubliant du jour au lendemain ce bon vieux George Valentin, lequel sombre dans une déchéance qui semble irrémédiable.


[© Warner Bros. France]

Absence de dialogues oblige, la bobine repose doublement sur les performances des acteurs, et j'ai à ce titre trouvé l'ensemble du casting exemplaire, Jean Dujardin en tête, tout auréolé de sa récente (et méritée) récompense au dernier Festival de Cannes. La palette de mimiques de l'acteur trouve ici un bel écrin qui la met admirablement en valeur, même s'il n'y a rien de bien nouveau en regard de ce que l'on a pu apercevoir dans les OSS 117 pour ne citer qu'eux.

En sus de cet aspect, l'exercice requérait une réalisation habile, et Michel Hazanavicius n'a objectivement pas démérité. J'ai ainsi retrouvé le plaisir éprouvé notamment au visionnage de ces Histoires sans Paroles rediffusées à la tévé quand j'étais gamin. Comme à l'époque j'ai été sensible à la musique qui revêt ici une importance capitale, berçant le spectateur dans un flot continu d'émotions.

'Fin bref, tout ça pour dire que j'ai passé un très agréable moment en salle avec The Artist, qui constitue à l'évidence l'une des plus belles (et inattendues) surprises de cette année. Il serait donc fort dommage que vous ne répondiez à l'invitation ! ;o)


[© Warner Bros. France]


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Saturday, October 22, 2011

Drive

Poursuite de mon rattrapage avec une bobine qui était précédée d'un concert de louanges quasi-unanimes, chose assez rare s'il en est...

Drive, conduire, c'est ce que fait cet homme énigmatique [imperturbable Ryan Gosling], sans discontinuer. Le jour, il loue ses services au Septième Art, oeuvrant comme cascadeur. La nuit, il monnaye ses talents auprès de malfrats, leur donnant cinq minutes de son temps -pas une de plus- au cours desquelles il s'engage à les soustraire aux autorités à la suite de leur forfait. Taciturne au plus haut point, il mène une existence où le contact humain se trouve réduit au strict minium. Pour autant, la solitude ne semble pas érigée en Art de Vivre, son spectre s'amenuisant même à mesure que l'homme noue contact avec sa voisine [touchante Carey Mulligan], mère célibataire dont le mari est en prison.



[© Le Pacte]

Lorsque ce dernier se trouve libéré, le cascadeur en vient à lui proposer son aide pour le sortir d'une impasse qui à terme pourrait menacer sa famille. Las, l'affaire tourne à la catastrophe et l'homme se trouve contraint de sortir les crocs, faisant par instant montre d'une violence qui contraste fortement avec l'attitude placide qui prévalait jusqu'alors. Ceci donne lieu à deux scènes dont la mise en images constitue pour moi le maillon faible de ce film à la réalisation par ailleurs exemplaire [Prix de la Mise en Scène à Cannes amplement justifié]. Sans rentrer dans les détails, la scène de l'ascenseur par exemple ne nécessitait absolument pas ce gros plan à la Irréversible, le hors-champ étant de mon point de vue tout aussi efficace.


[© Le Pacte]

A posteriori il m'en reste une sensation étrange, mélange de rythme hypnotique et de violence sourde, le couple se brisant par instant au cours de brèves mais furieuses saillies. N'étaient les brefs accrocs de réalisation, Drive aurait pu prétendre dans mon Panthéon au qualificatif de chef-d'oeuvre. A tenter si une bobine moins formatée qu'à l'accoutumée vous tente, mais *surtout pas* avec le public du samedi soir... :-/

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Sunday, October 16, 2011

True Legend

Yuen Woo-Ping, nom mythique s'il en est pour les amateurs du ciné de Honk-Kong des années 80/90, synonyme de chorégraphies martiales millimétrées, exécutées par des artistes du haut niveau. De fait, voir un film signé de sa patte génère immanquablement chez ces personnes -dont je fais partie- un enthousiasme singulier qui irrémédiablement les draine en salle obscure. C'est donc ainsi que je suis allé voir ce True Legend dont je ne savais rien par ailleurs.

Chine, Dynastie Qing. Venant de remporter une nouvelle victoire, le Général Su Chan est pressenti pour devenir Gouverneur. Celui-ci décline toutefois l'offre, préférant s'en aller fonder son école d'arts martiaux, et met en avant pour le poste la candidature de son frère adoptif, Yuan Lie. Ce dernier accepte et le temps aidant enracine sa position tout en devenant expert de la technique des Cinq Venins Mortels, art dans lequel son défunt père excellait. Un jour, Yuan Lie débarque en sa terre d'accueil, exécute son père adoptif et manque de pouvoir offrir le même destin à Su Chan. Ce dernier trouve alors refuge dans les montagnes, aidé de son épouse dévouée, tandis que son frère s'enfonce dans la folie de son art noir, retenant captif le fils de Su Chan. Les deux hommes se préparent pour cette confrontation finale qu'ils savent inéluctable...


[© Universal Pictures International France]

Dans ce True Legend, on retrouve les ingrédients classiques des films chinois en costume, avec l'option fantastique. Cette dernière n'est pour le coup pas ma préférée, je reste en effet un fan indéfectible des productions plus réalistes du style Il Etait une Fois en Chine. Ceci dit, je ne rejette pas pour autant l'angle fantastique, bien au contraire, et je l'ai même plutôt savouré au cours de cette séance.

Toutefois, Yuen Woo-Ping a ici succombé à la modernité, mêlant à son savoir faire martial le destructeur duo "plans (très) rapprochés" / "montage épileptique"... De fait il se révèle assez difficile de suivre l'action, comme ça l'est d'ailleurs dans nombre de production aujourd'hui, et cela est ma foi fort dommage. Ceci étant, la bobine conserve un agréable parfum exotique, qui vaut bien mieux que les ersatz occidentaux. A tenter si vous aimez un tant soit peu le style.

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Saturday, October 15, 2011

Crazy, Stupid, Love

Voilà un bon mois que je n'ai pas écrit pas ici tiens... Quelques films et bouquins en retard de fait, entre autre... Aller hop, on commence par Crazy, Stupid, Love.

Steve Carell y incarne un quadra en début de décennie -Cal Weaver- qui apprend en un laps de temps très court que sa femme -la sympathique Julianne Moore- l'a trompé et qu'elle demande le divorce. Cal se laisse aller à une semi-dépression qui le conduit à devenir une sorte de pilier de comptoir d'un bar plutôt branché où aucune oreille attentive ne se prête à lui. Un soir toutefois, il est accosté par le tombeur du lieu, un certain Jacob Palmer -Ryan Gosling-, qui lui propose de le prendre sous son aile pour le métamorphoser en séducteur, et accessoirement obtenir qu'il arrête de se pleurnicher au bar.


[© Warner Bros.]

Bien qu'un peu dubitatif au départ, Cal accepte néanmoins la main qui lui est tendue et recueille bientôt les fruits de ses efforts, se consolant dans les bras de diverses femmes, dont l'agréable Marisa Tomei. L'apprentissage se suit avec plaisir, d'autant que Steve Carell a le chic de bien se fondre dans se type de personnages et que son mentor se révèle somme toute assez surprenant. L'exercice aurait toutefois rapidement tourné à vide si le scénario n'avait révélé quelques surprises -des triangles voire carrés amoureux-, occasionnant même une séquence tout bonnement hilarante [la scène de barbeuc'].

La séance s'est donc révélée assez plaisante sur l'instant, mais malheureusement pas assez pour que j'envisage de revoir ce film, un peu en somme comme pour I Love You Phillip Morris du même duo de réalisateurs. A l'occasion d'une séance dévédé de dimanche après-midi, je lui préfèrerais sans hésitation aucune ce Dan in Real Life, très touchant et que j'ai déjà vu un nombre incalculable de fois.

=> Bande-Annonce [=> Elle en montre trop, 'fin j'dis ça j'dis rien...]