William Masen se réveille dans son lit d'hôpital en ayant le sentiment que quelque chose cloche. Il ne peut cependant s'en assurer de visu, ses yeux étant bandés, mais il est persuadé que l'heure de la matinée est déjà bien avancée et qu'il aurait dû avoir la visite des aides-soignantes. Quand après mûre réflexion il décide de retirer le pansement qui recouvre ses yeux, il découvre une situation pour le moins inquiétante : son étage apparaît quasi-vide et seuls quelques râles & plaintes troublent la quiétude du lieu. Rapidement, William prend la mesure du désastre improbable auquel il fait face : ses concitoyens semblent tous avoir perdu la vue, hormis quelques heureux (?) élus.Ce début de roman m'a évidemment renvoyé à la bobine 28 Jours plus Tard de Danny Boyle ainsi qu'à la série The Walking Dead, et je me demande si la similitude se trouve fortuite ou bien si les auteurs s'en sont librement "inspirés". Quoi qu'il en soit, l'effet fonctionne ici également bien car il permet l'immersion dans la catastrophe via les yeux du personnage principal / narrateur et de progresser dans l'intrigue à ses côtés.
La cause de cette cécité mondiale ne se voit pas clairement exposée, même si de sérieuses pistes sont avancées, lesquelles selon moi trouvent ancrage dans le contexte géopolitique de l'époque de parution de l'ouvrage [1951 - début de la Guerre Froide et de l'Equilibre de la Terreur]. Mais qu'importe dirais-je, car à l'instar du développement du magnifique (bien qu'extrêmement dur) roman La Route de Cormac McCarthy ou de son adaptation ciné éponyme, ce qui compte avant tout c'est la manière dont l'humanité va (tenter de) se relever.
On assiste donc en somme à une déconstruction de la société (britannique pour le coup), puis aux balbutiements des tentatives de reconstruction, aux tempéraments qui se libèrent, aux frustrations qui se cristallisent, aux luttes entre la raison collective et l'intérêt particulier. Au cours de la lecture, j'ai souvent posé le texte en prenant quelques instants pour méditer, me demandant comment je pourrais bien agir dans ce genre de situation, même je suis assez convaincu que ce type de réflexion est fondamentalement vaine : on ne peut pas présager ordinairement de ce que l'on ferait dans un contexte extraordinaire.
Le texte de John Wyndham s'est révélé très fluide et bien construit, ce qui a fait que j'ai avalé ses 350 pages d'une seule traite. Il m'a un peu rappelé dans le style L'Invasion des Profanateurs de Jack Finney, probablement parce qu'ils ont l'époque en commun [1955 contre 1951]. Et les Triffides me direz-vous ? Je n'en ai pas parlé, certes, mais si ces plantes mobiles et belliqueuses font partie du paysage, il n'en reste pas moins qu'elles sont loin d'avoir la vedette pour moi, elles constituent une sorte de menace sourde, une épine dans le pied de cette nouvelle société en devenir, mais ne sont jamais qu'un danger parmi d'autres. Voilà voilà.
Bref, pour un bouquin acheté sur la foi de sa couverture, c'était une excellente pioche, que je conseille donc vigoureusement ! :o)
=> Une citation à méditer (p.154 de l'édition de poche Folio SF) :
"L'homme reste, d'un point de vue physique, remarquablement adaptable. Mais ce sont les coutumes de chaque communauté qui modèlent l'esprit de ses jeunes et y introduisent des préjugés. Le résultat est une substance remarquablement rude, capable de résister avec succès aux pressions de nombreuses tendances innées et instinctives. C'est ainsi qu'il a été possible de donner naissance à un homme qui, en dépit de l'instinct de conservation fondamental, risquera volontairement sa vie pour un idéal, mais c'est ainsi également qu'on produit des imbéciles sûrs d'eux-mêmes et de ce qui est "juste"."
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Nota : La thématique s'inscrit dans le cadre du Challenge Fins du Monde du Dragon Galactique qui a été prolongé en 2012, alors autant en profiter !

S'agissant d'un film qui se déroule en Ecosse, je ne pouvais évidemment pas bouder 


J'aurais aimé pouvoir dire que ce bon vieux Ridley nous avait livré une bobine SF vouée à devenir culte, un long-métrage pétri de qualité grâce au génie du réalisateur, mais il se trouve que le film souffre de défauts qui en regard du niveau où j'avais placé la barre se révèlent catastrophiques.


Comme de bien entendu je suis allé voir ce dernier Woody, même si je ne m'attendais pas à un objet culte. L'homme se confirme en effet au fil des ans assez inégal dans ses livraisons, et celle de l'an passé m'ayant enchanté [





A l'arrivée toutefois le constat s'avère bien peu glorieux car