Sunday, September 30, 2012

Les Enfants Loups - Ame & Yuki

Sortie il y a quelques semaines alors que je reprenais le boulot j'avais complètement zappé cette bobine... Mais fort heureusement j'ai tout de même pu en profiter hier soir à la faveur d'une séance dans un cinéma qui la programmait toujours en cinquième semaine.

Hana rencontre lors de ses études un jeune homme solitaire et mystérieux dont elle s'éprend rapidement. Leur relation devenant sérieuse, l'étudiant lui révèle sa singulière nature d'homme-loup, une espèce en voie d'extinction. Hana ne s'en trouve nullement effrayée et offre bientôt à cette lignée deux nouveaux descendants, Ame et Yuki. Alors que son mari perd accidentellement la vie, la jeune femme s'exile avec ses enfants dans l'arrière-pays nippon, loin de la civilisation, où elle redouble d'efforts pour élever son étonnante progéniture...

La bobine s'étend temporellement depuis la rencontre de Hana et son amant jusqu'à l'adolescence des deux enfants, et se trouve narrée par l'aînée Yuki qui y développe ses souvenirs entremêlés de ce qu'elle a appris de sa mère. Le récit oscille continument entre légèreté [les caprices de Yuki -mémorables-, la découverte de la campagne] et gravité [la mort du père, la difficulté de subvenir à ses besoins], et m'a semblé s'adresser à un public un peu plus âgé que ce qui est annoncé sur Allociné [6 ans].

Il aborde au travers des deux enfants les importantes thématiques de la différence à l'autre, de l'éternel dilemme entre ce que l'on est (ou veut être) et ce que la société tente d'imposer. Les choix finaux de Yuki et Ame en regard de leur nature double se voient ici logiquement amenés, justifiés, et l'épilogue de la bobine m'a semblé l'un des plus satisfaisants depuis assez longtemps.

Bref, après un démarrage légèrement poussif je me suis rapidement laissé captiver par le film, et je ne peux donc que chaudement recommander Les Enfants Loups - Ame & Yuki ! :o) J'ajouterais pour terminer qu'après La Traversée du Temps et Summer Wars il s'agit de ma troisième rencontre réussie avec ce réalisateur, vivement la prochaine ! \o/

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Saturday, September 29, 2012

Jason Bourne : L'Héritage

Cette bobine annonçait clairement la couleur, il s'agissait de faire fructifier l'héritage Jason Bourne et de tenter de prolonger le succès de cette trilogie que personnellement j'adore. On reprend donc le contexte (des agences gouvernementales américaines et des programmes top secrets), lequel nécessite d'avoir vu les précédents films au risque sinon d'être un peu perdu, le style réaliste et on met en avant un agent-cobaye qui a pour ses supérieurs le mauvais goût de réfléchir.

Rien de bien original sur le scénario plus ou moins copie conforme de ses prédécesseurs, la bobine donne le sentiment d'être une pâle resucée tant dans son développement que dans sa réalisation (cf. la course poursuite à moto ratée avec son montage chelou illisible), le bât blessant au niveau de la tête d'affiche même, un Jeremy Renner bien lisse qui ne parvient à dégager l'aura de Matt Damon / Jason Bourne. Seul point réallement positif, Rachel Weisz, lovely as usual.

En bref, un objet plutôt moyen pour qui a apprécié la trilogie de Bourne et trop brouillon pour les autres, un volet qui de surcroît ne prend même pas la peine de correctement se conclure... A oublier donc ce Jason Bourne : L'Héritage...

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Saturday, September 22, 2012

Le Vieux qui ne Voulait pas Fêter son Anniversaire - Jonas Jonasson

La première fois que j'ai aperçu la couverture dans les rayonnages, j'ai pensé qu'il s'agissait simplement là de l'un de ces romans anodins qui essaient de se faire remarquer pour sortir de l'ombre. Les bons échos s'étant toutefois par la suite faits légion, je me suis laissé tenter...

Le bouquin débute en concrétisant sans délai le titre de couverture : alors que la fête d'anniversaire en son honneur s'apprête à débuter, le centenaire Allan Karlson se fait la malle de sa maison de retraite en enjambant la fenêtre de sa chambre, exploit sportif s'il en est pour quelqu'un de son âge. Chaussé de ses plus belles charentaises, il se retrouve bientôt assis dans un car transcitadin, muni d'une valise récupérée dans une gare. Par une succession d'opportunités du Destin, les pas d'Allan l'amènent à croiser d'autres individus tous plus singuliers les uns que les autres, jetant un voile de mystère sur la logique de son parcours, ce qui ne manque pas de troubler l'inspecteur Aronsson en charge de l'enquête sur la disparition du centenaire...

Le récit se développe en deux grands axes, l'échappée contemporaine d'Allan Karlsson d'une part, sa biographie évènementielle de sa naissance à aujourd'hui d'autre part. Ce second arc m'a fait penser au parcours de Forrest Gump, tant l'histoire du centenaire se trouve intimement liée aux grandes figures du 20e siècle (si si vous verrez). Cet aspect (non négligeable) s'est révélé très plaisant car inattendu dans son déroulement, le plus remarquable étant probablement que les péripéties aussi grosses soient-elles s'enchaînent de manière admirablement fluide. Ce dernier qualificatif s'applique d'ailleurs également au premier arc, et caractérise le roman tout entier.

La narration brille donc par sa fluidité, et se voit soutenue par un style simple et élégant. Je me suis laissé porter tout du long, sans bémol si ce n'est la cinquantaine de pages postérieures à la "résolution" avec le procureur Ranelid qui donnent le sentiment de tirer un peu en longueur... Peut-être aurait-il été possible de les réduire de moitié, mais qu'importe, cela n'étant pas bien dommageable en regard de la satisfaction globale qui l'emporte à la lecture du point final.

'Fin bref, s'il y a un livre à positionner en bonne place dans la PAL en ces temps de morosité presque générale, c'est bien celui-ci ! :o)

Monday, September 17, 2012

La Triste Fin du Petit Enfant Huître (et Autres Histoires) - Tim Burton

Je me baladais tranquillou dans mon lieu de perdition culturelle consumériste préféré quand une couverture a l'air de rien attiré mon regard en se faufilant dans son coin. J'ai alors légèrement tourné la tête, pour aussitôt ouvrir des yeux gros comme des soucoupes à la lecture du nom de l'auteur, et un feuilletage plus tard le bouquin était dans ma besace, après bien sûr m'être acquitté de la dîme appropriée.

Ce livre se trouve être un recueil de poèmes écrits par le seul l'unique le grand Tim Burton, des textes (très) courts, poétiquement macabres, tantôt drôles tantôt tristounes. La présente édition a le bon goût d'être bilingue, on peut ainsi profiter de la musicalité d'origine et se montrer quelque peu réservé quant aux choix du traducteurs, ceux-ci dénaturant parfois le matériau d'origine, mais il ne s'agit en fin de compte que de cet écueil de la traduction que j'évoquais récemment dans le post consacré à l'Anthologie du Poème Court Japonais.

Cerise sur le gâteau, le recueil se voit fourni en illustrations de l'auteur, lesquels accompagnent à la perfection les poèmes et contribuent à l'immersion dans l'univers singulier de Tim Burton. On peut certes regretter le manque d'épaisseur du volume, mais s'agissant d'un -je trouve- bel objet en collection de poche, les amateurs de l'artiste ne devraient pas s'en priver ! :o)

Sunday, September 16, 2012

Voisins du Troisième Type

Glenview, petite bourgade américaine qui n'est pas sans rappeler Wisteria Lane, sorte de communauté proprette où les relations sont superficielles et la vie au final guère trépidante. Toutefois, le vigile du supermarché local se fait quand même un jour littéralement dépecer, ce qui conduit son ami Evan [Ben Stiller] à mettre sur pied une brigade de surveillance de voisinage rapidement pourvue de trois bras cassés supplémentaires. Voilà pour l'idée de départ, ni plus ni moins. Ensuite, le titre annonçant clairement la couleur et la bande-annonce défleurant pas mal de choses, on n'est nullement surpris de voir l'élément alien faire son apparition.

Globalement le traitement comique arrache de réguliers sourires sans toutefois parvenir à provoquer l'hilarité, et la bobine se trouve distrayante sans véritablement décoller, la faute à un humour trop souvent au-dessous de la ceinture, même s'il est louable de la part des auteurs de nous avoir épargné le tristement habituel gag scato. A posteriori je regrette que le script n'ait pas été plus travaillé, plus fouillé, que certains des personnages n'aient pas bénéficié d'un meilleur traitement, car on avait là un potentiel de sympathique pellicule comico SF.

Dans le genre, je préfère de loin le récent Paul, auquel il m'arrive parfois de repenser. Je reste d'ailleurs un fan ultime de la tirade "I gotta quit smoooooookin'" ! ^o^ 'Fin bref, ce Voisins du Troisième Type est comme je le disais distrayant, mais il n'a absolument rien de cultissime. Dommage.

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Saturday, September 15, 2012

Emmanuelle - Livre I : La Leçon d'Homme - Emmanuelle Arsan

J'avais déjà lu ce roman d'Emmanuelle Arsan alors que j'étais adolescent -ce qui n'avait évidemment pas manqué de m'émoustiller-, mais force est de constater après relecture que j'étais objectivement passé à côté de sa substance. Les Editions La Musardine proposent le texte dans son intégralité, regroupant les deux parties qui s'étaient étrangement vu séparées ["La Leçon d'Homme" & "L'Antivierge"], sous la forme de deux volumes à l'édition agréable.

La Leçon d'Homme narre l'initiation érotique d'une jeune femme à peine majeure partie rejoindre son diplomate de mari à Bangkok. En chemin elle rencontre, la riret... Ah non, point de Jeanneton ni de faucille ici, je m'égare... ^^ En chemin donc, ou plus exactement en vol, on découvre une Emmanuelle peu farouche, encline à s'adonner aux plaisirs de la chair, fût-ce avec des inconnus de siège. Se croyant libérée, elle tombe toutefois rapidement des nues quand une adolescente se moque de la pauvreté de ses expériences, et l'enjoint à faire la connaissance d'un certain Mario.

L'homme m'a fait par sa verve autoritaire penser au Wilfred Coker de l'excellent Jour des Triffides, mais la similitude ne va pas plus loin tant leurs champs de théorisation sont éloignés. Mario dispense de longs monologues à endroit d'Emmanuelle, faisant l'éloge d'un Art Erotique élevé au plus haut rang, rendant le texte étonnamment bavard et de fait parfois longuet. Ce faisant, les réflexions qu'il apporte se révèlent intéressantes en regard des convenances (ou carcans c'est selon) de notre société en matière sexuelle.

Le roman comporte bien évidemment son lot de scènes explicites, très bien (d)écrites, sensuelles, mais il ne faut pas se plonger dans sa lecture pour ce seul prétexte, sous peine de rapidement déchanter. En ce qui me concerne, je suis curieux de voir ce que ce Livre II "retrouvé" -qu'il me reste à découvrir- va bien pouvoir apporter en complément.

Friday, September 14, 2012

Anthologie du Poème Court Japonais - Gallimard

Histoire de varier un peu les plaisirs, j'ai brièvement délaissé la lecture romanesque pour plonger quelques instants dans l'univers du haïku.

Après avoir donné quelques pistes sur la nature de ce poème court si singulier, le recueil nous plonge dans une collection en cinq sections, Printemps / Eté / Automne / Hiver pour les haïkus classiques basés sur le mot-saison, et Hors Saison pour ceux qui s'en affranchissent.

J'ai initialement hésité sur la conduite lecturesque à tenir mais je me suis finalement décidé à enchaîner les micro textes, m'immergeant dans l'exercice, visualisant / ressentant ce que suggérait chacun d'entre eux, pénétrant leur intimité via les intéressantes notes donnant des clés pour saisir les subtilités hors de portée des âmes non japonisantes.

Certains haïkus m'ont parlé, d'autres m'ont boudé, et je conserve de cette lecture un sentiment mitigé, partiellement alimenté par la frustration de ne pouvoir saisir toute la finesse de ces poèmes. En sus de l'aspect culturel que les notes compensent partiellement, la traduction française lisse en effet nécessairement le sel qui fait la saveur de la matière poétique, la musicalité des syllabes, les jeux d'idéogrammes. On ne peut donc selon moi apprécier les haïkus que dans une mesure restreinte.

Néanmoins, certains m'ont bien fait sourire, voire rire, quand d'autres m'ont plongé dans une humeur quasi dépressive (section Automne / Hiver notamment), preuve de la multiplicité de leur pouvoir évocateur, particulièrement adapté pour les esprits vagabonds à sensibilité empathique. Je sens qu'à l'occasion je rouvrirai cette Anthologie du Poème Court Japonais pour y piocher un ou deux textes, et tenter de percer le secret de ceux qui m'ont résisté...

Wednesday, September 12, 2012

Killer Joe

Nouvelle livraison de William Friedkin après le singulièrement paranoïaque Bug, Killer Joe s'annonçait sous de plutôt bons auspices en regard de ce concert de louanges quasi-unanime qui l'entourait. Mais voilà, les lumières brillaient un peu trop pour être naturelles, et leur nature artificielle n'a pas tardé à me sauter aux yeux.

Objectivement, je ne suis pas rentré dans le film, et j'ai trouvé le temps (très) long. L'histoire bâtie autour du pitch éculé du malfrat pris à la gorge par une dette pognonesque à solder sans délai aurait pu fonctionner si la bobine avait présenté l'impératif grain de folie. Là où le bât blesse c'est que ce dernier brille par son absence, ce qui génère un lot de séquences bancales. Pour ne rien arranger, la réalisation pèche également car si la mise en scène s'en tire avec les honneurs il manque un aspect visuel craspect, un montage plus nerveux, et une BO incisive. Oueps, farpaitement.

Bref, Killer Joe est peut-être "le film à aimer du moment", mais pour moi il est juste à oublier. Next !

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Tuesday, September 11, 2012

Le Déchronologue - Stéphane Beauverger

A défaut des romans historiques de Patrick O'Brian sur lesquels je n'ai pas encore mis la main, j'étais après la semi-satisfaction du Pirates de Michael Crichton toujours avide d'histoires d'abordages et de chasses aux trésors. Je me suis donc rabattu sur ce Déchronologue à la couverture plutôt intrigante.

Le récit de Stéphane Beauverger prend place dans la Mer des Caraïbes du milieu du 17e siècle et la forme d'un journal, celui du Capitaine Henri Villon qui se trouve sur le point de trépasser. Le flibustier y narre une grosse décennies d'évènements, une mécanique inexorable dont il s'est révélé simple pion en dépit de son indéniable prestige sur les eaux.

L'auteur parvient à mettre en place un univers de piraterie très crédible, à l'évidence documenté [cf. la bibliographie détaillée située en fin de volume, chose trop rarement offerte], diablement immersif, au moyen d'un vocabulaire et de formulations remarquablement adaptés. Franchement, je m'y suis cru ! \o/ Toutefois, le récit s'écarte de la piraterie classique en instillant des éléments uchroniques (maravillas, conserva, et autres quinquina), fruits de dérèglements temporels qui perturbent ce siècle.

Pour jouer de ces caprices du Temps, Stéphane Beauverger présente un récit temporellement déstructuré [cf. le sommaire également calé en fin d'ouvrage] et invite le lecteur a une gymnastique de l'esprit qui dans les premiers chapitres s'avère plutôt ludique. Il s'agit alors de rassembler les pièces du puzzle, de voir le schéma d'ensemble prendre forme petit à petit, mais au bout d'un moment l'exercice lasse, on se prend les neurones dans les noms des différents équipages qu'a eu le Capitaine Henri Villon au cours de cette période, et l'on se demande où cela va bien pouvoir nous mener...

Pourtant, si l'on s'accroche et que l'on franchit ce cap difficile, on prend plaisir dans la partie finale à voir les derniers morceaux s'assembler avant un épilogue qui laisse une sensation de rare contentement : on se dit alors qu'il est logique que le roman se soit vu décerner plusieurs récompenses comme mentionné en quatrième de couverture. En bref, il s'agit donc pour moi pour d'une lecture uchronique SF d'excellente facture, que je ne peux de fait que recommander !

Sunday, September 2, 2012

Into the Wild - Jon Krakauer

Je pensais avec ce livre trouver un roman d'aventure qui m'aurait plongé dans le Grand Nord de L'Appel de la Forêt (Jack London), mais en fait de fiction il s'agit d'un récit reconstituant le parcours d'un jeune homme, Chris McCandless, qui a perdu la vie en Alaska. L'auteur s'est intéressé au sujet après la découverte du corps dans un autobus abandonné le long d'une piste guère empruntée, et livre dans cet ouvrage le fruit de ses recherches.

S'il y a une part de conjectures sur les motivations du jeune homme, les témoignages des personnes qui ont croisé sa route au cours de ses pérégrinations ainsi que les fragments de son journal permettent néanmoins de détourer les contours de sa personnalité. Chris McCandless m'a ainsi fait l'effet de quelqu'un d’insouciant, d'une âme révoltée contre sa famille et la société, qui a gâché sa courte vie en raison de principes rigides, de certitudes illusoires sur lesquelles il semblait être revenu au moment de passer l'arme à gauche.

Le récit se lit plutôt bien, la restitution de l'enquête journalistique s'avère assez dynamique et réussit à captiver l'attention, à la différence du 127 Heures d'Aron Ralston auquel il m'a parfois fait penser même si les deux textes sont bien différents. Ma déception initiale de ne pas trouver un roman d'Aventure des Neiges s'est donc globalement envolée, mais ma soif de glace reste de fait à étancher.