Dans ce roman qui a servi de base au film éponyme [TWIY] de Refn, on retrouve (évidemment) la même toile de fond : un homme énigmatique, cascadeur de son état, conduit à se sortir par la manière (très) forte d'un sacré sac de noeuds.La première chose qui frappe dans le texte, c'est -non pas le chauffeur- mais la non-linéarité de l'intrigue. Celle-ci débute ainsi -pour ceux qui ont vu le film- dans la chambre d'hôtel, après que le violent assaut ait eu lieu, puis entreprend de présenter les origines du drame et ses conséquences. Pas de quoi retourner les neurones pensez-vous, mais si si je vous assure, car les différents éléments sont apportés en ordre totalement dispersé, l'auteur enquillant les flashbacks / flashforwards en permanence, à chaque chapitre, ces derniers ne comportant en moyenne que cinq pages... On a donc l'impression de piocher une à une les pièces d'un puzzle d'un millier d'éléments et de devoir attendre un certain temps avant de n'apercevoir ne serait-ce que l'esquisse d'une vue d'ensemble...
A posteriori cet artifice donne un peu l'impression de cacher la misère tant les personnages m'ont semblé manquer d'épaisseur. J'ai eu beau apprécier d'entrevoir cette Amérique de la rue, semblable à celles du Rue Barbare [TWIY] de David Goodis et de L'Arnaqueur [TWIY] de Walter S. Tevis, je ressens néanmoins comme un goût d'inachevé, une frustration de n'avoir disposé que d'une histoire sous-exploitée. Une certaine déception en somme. Dommage.





Le premier écueil concernait évidemment la mise en volume des personnages, abonnés à la 2D. Pour autant que je m'en souvienne, les premières images diffusées en ligne ne m'avaient pas rebuté, sans pour autant me convaincre. Cette neutralité a toutefois basculé dès les premières minutes du film, du bon côté si je puis dire, l'avatar 3D du personnage principal dégageant ce mélange de candeur et d'intelligence propre à Tintin. La technologie de "Performance Capture" utilisée n'y est probablement pas pour rien, elle permet de rendre les personnages naturellement expressifs, ce qui tranche avec des animations souvent un peu trop rigides par ailleurs.
