Wednesday, February 28, 2007

Das Leben der Anderen

Il semble qu'il s'établisse une sorte de consensus plus ou moins universel autour de la question de la grasse matinée, entendez par là qu'elle aurait valeur de nirvana et qu'il ne faudrait en aucun cas y déroger dès lors que l'occasion se présente. Eh bien, personnellement, je m'inscris en faux contre cette idée!

Pourquoi? Eh bien figurez-vous qu'hier matin je n'ai pas mis de réveil : j'ai traînassé au lit, me réveillant et me rendormant par intermittence, jusqu'à ce qu'un mal de crâne carabiné ne finisse par se pointer... Du coup, j'ai dû composer avec ce malotru qui m'a conduit à tirer un trait sur tous mes plans de la journée! A contrario, aujourd'hui même, je me suis levé dès que mon réveil m'en a intimé l'ordre... Résultat? Frais comme un gardon avec une pêche d'enfer! Conclusion évidente : traînasser au lit le matin, c'est mal!

Bon le pavé étant jeté dans la mare du consensus, passons donc aux choses sérieuses : mes pas m'ont mené en salle obscure [Quelle surprise n'est-ce pas?!?] dans l'après-midi pour enfin me permettre de voir La Vie des Autres.

L'histoire se déroule dans le Berlin des années 80, peu avant la chute du Mur et du Rideau de Fer. A la demande d'un ministre qui aimerait bien s'attirer les faveurs de la compagne actrice d'un auteur de théâtre, Gerd Wiesler, fonctionnaire de la Stasi qui accomplit froidement son travail, est affecté à la surveillance de l'intellectuel. Le but avoué de sa mission est de piéger l'homme de lettres pour laisser le champ libre au ministre de la culture. Mais las, Gerd Wiesler va s'ouvrir à un monde qu'il ne connaissait pas et, pire que tout, va depuis l'ombre protéger le couple chez qui il était sommé de trouver quelque chose...

Le travail de Florian Henckel von Donnersmarck - inconnu au bataillon jusqu'à présent - est tout bonnement remarquable. Au travers d'une réalisation sans fioriture mais néanmoins captivante, il dresse un portrait très juste de l'Allemagne de l'Est, ce qui est certainement dû à la combinaison de ses propres souvenirs d'enfance et des quatre années qu'il a passées à se documenter. Son script, ciselé avec minuties, déroule une mécanique parfaitement huilée et s'épanouit dans le jeu remarquable et émouvant des différents interprètes.

La Vie des Autres apparaît comme un premier film étonnamment maîtrisé, qui mérite amplement son Oscar du Meilleur Film Etranger. A voir sans plus attendre.

Fond Sonore : Amon Amarth, Fate of Norns

Monday, February 26, 2007

Capillo Story

Comme tous les mois, la question s'est imposée comme une évidence alors que je me regardais dans la glace de ma salle de bain. J'y ai tout d'abord répondu par la négative, avant de me raviser pas plus tard que le lendemain et de tout ratiboiser.

N'en déplaise à ma coiffeuse, ma chevelure est certainement l'une des plus indomptables qui soit : la raideur de mes cheveux n'a d'égal que celle d'un amortisseur de Boeing 747. En d'autres termes, mes cheveux ont une fâcheuse tendance à pousser tout droit, à la perpendiculaire de mon crâne, sans que je n'y puisse grand-chose.

J'avais bien réussi à passer outre les humeurs délicates de cet héritage paternel marqué, à force de persévérance maintenue à son plus haut niveau des années durant - fût un temps où mes cheveux frontaux ployaient sous leur propre poids et descendaient sous mon menton sisi j'vous jure -, mais tous mes efforts furent d'un coup d'un seul réduits à néant par un beau matin de septembre 1999.

Nous étions une bonne poignée d'appelés, anciens sursitaires à l'extrême nouvellement Scientifiques du Contingent [Ca pète hein? ^^], tout juste arrivés à Orange pour nos classes. Nan, ne partez pas, je ne vais pas vous raser avec mes souvenirs d'armée, enfin pas trop! Nous étions donc quelques-uns à déconner gaiement quand nos instructeurs nous ont emmenés au pas dans une petite bicoque un peu à l'écart de nos quartiers.

Deux hommes et une femme nous attendaient de pied ferme, le sourire aux lèvres et la débroussailleuse à la main. C'est à cet instant précis que j'ai compris que le fruit de ces années d'effort allait bientôt être sacrifié sur l'autel de la nation. Cela s'est confirmé quelques instant plus tard quand après être passé entre les mains plus ou moins expertes du coiffeur - enfin le bidasse affecté à la tonte quoi - j'arborais une coupe que n'aurait pas reniée la Britney cuvée 2007.

De ce passage sous les drapeaux, j'ai conservé une coupe de cheveux plutôt courte, pas brosse mais néanmoins courte : je me suis habitué à sa facilité d'entretien, j'ai remisé mon sèche-cheveux au placard, mais surtout je ne suis pas tellement emballé par la perspective de devoir (sup)porter une toison digne d'un porc-épic le temps que mes cheveux soient suffisamment lourds pour à nouveau ployer sous leur propre poids.

De fait, toutes les quatre semaines, je me pose invariablement la question, hésitant entre l'embroussaillement et le rafraîchissement. Il y a quelques jours, j'ai à nouveau opté pour le seconde solution. Rendez-vous dans un mois.

Nota Ciné : Quand je vous disais que Forest Whitaker était époustouflant dans Le Dernier Roi d'Ecosse : il a reçu l'Oscar du Meilleur Acteur pour ce rôle! Foncez le voir si ça n'est déjà fait!

Fond Sonore : Sepultura, Chaos A.D.

Sunday, February 18, 2007

Shame on my Ears!

Etre réveillé à deux heures du mat' par des pouffes beuglant sur un "Like a Virgin" qui s'échappe d'une chaîne poussée dans ses derniers retranchements, c'est déjà limite, mais que cette pollution sonore dure pendant plus de deux bonnes heures, c'est tout bonnement insupportable. Si les irrespectueux fêtards avaient été dans mon escalier, je serais certainement monté leur rendre une petite visite - au risque de distribuer quelques bourre-pifs et de déflorer mon casier judiciaire -, mais ils se trouvaient un ou deux escaliers plus loin dans ma résidence. Deux voisins sont bien descendus tour à tour pour leur demander de ramener le volume à un niveau décent, mais leurs requêtes n'ont trouvé comme échos que des vous me faîtes chier... Ahah, vous me faîtes chier, c'est l'hôpital qui se fout de la charité comme on dit.

La vie en société nécessite, pour que tout se passe bien, que chacun y mette du sien. Faire la fête ok, mais dans la mesure du raisonnable : pour s'exploser les tympans et crier comme des gorets il y a des lieux dédiés. Le plus triste dans la situation de la nuit dernière c'est que les quelques tentatives de conciliations aient été balayées sans aucune forme de discussion possible... Si d'aventure cela devait se reproduire, eu égard à ce passif, je ne m'encombrerais pas de scrupules et ferais directement intervenir les forces de l'ordre pour tapage nocturne. Dommage d'en arriver là, mais si c'est la seule solution...

Mébon, n'accordons pas à ces trouble-sommeils plus d'intérêts qu'ils n'en méritent et passons à autre chose.

Aller, va pour un questionnaire musical puisque j'en ai vu circuler un que je ne connaissais pas. Je vais prendre sur moi d'y répondre sans sollicitation, ce qui me permettra de me délester de secrets sonores enfouis au plus profond de mes oreilles et dont le souvenir me pèse. Oui, je vais faire mon coming out musical et vous révéler trois titres que j'ai appréciés en leur temps et qui aujourd'hui font pour ainsi dire un peu tache dans ma musicothèque presque irréprochable...

* Alors tout d'abord il y a ça. Non non, pas question que je l'écrive en clair iceblog. Bon qu'ai-je à dire pour ma défense? Ben petite jupette, petites couettes, une voix craquante... Ca n'est certes pas une excuse, mais ça explique! :-]

* Ensuite il y a ça. Ma défense ce coup-ci? Ben la bomba latina quoi, une rengaine entrainante, et... La dictature des hormones sur la raison... ^^

* Pour finir, j'évoquerais bien ça. Bon, là, pas question d'hormones, juste un refrain rigolo à forte rémanence cérébrale, mais à part ça c'est assez naze... :-]

Voilà c'est dit, je me sens plus léger! Mais on s'empresse d'oublier hein, on fait comme si vous n'aviez rien lu... Histoire de vous y aider d'ailleurs, je vous suggère d'aller laisser trainer vos oreilles du côté du Wincing the Night Away des Shins et du Whatever People Say I Am, That's What I'm Not des Arctic Monkeys, parce que ça c'est vraiment du tout bon! [NdC: Extraits in ze radio.]

Fond Sonore : The Shins, Wincing the Night Away

Thursday, February 15, 2007

Ouganda 1971 - 1979

Le Dernier Roi d'Ecosse nous propose une plongée dans l'Ouganda des années soixante-dix, alors sous la coupe de l'un des dictateurs les plus sanguinaires que l'on monde ait connu, Idi Amin Dada, surnommé non sans raisons le Boucher de l'Afrique. Le film se concentre sur le personnage du despote - époustouflant Forest Whitaker - via les yeux de son médecin personnel, un jeune écossais parti chercher l'aventure tout juste après avoir obtenu son diplôme. Ce dernier sera tout d'abord fasciné par le charismatique Idi Amin Dada avant de prendre la mesure de sa folie et de la réalité de l'exercice de son pouvoir. Le Dernier Roi d'Ecosse se révèle assez captivant et, chose toujours remarquable, passe sans aucun soucis l'épreuve de la montre en dépit des deux heures cinq qu'il affiche au compteur, ce qui me conduit à vous le recommander. Bonne séance!

Fond Sonore : Arctic Monkeys, Whatever People Say I Am, That's What I'm Not

Monday, February 12, 2007

Surprise Surprise

Ce matin, attablé devant mon petit-déjeuner, la tête enfarinée. Je saisis d'une main la tranche de pain grillée tout juste sortie du paquet [trop speed pour m'en griller une en direct] tandis que l'autre entreprend de généreusement la tartiner de Nutella. Oui je sais, je suis un homme de goût.

Je trempe ensuite ladite tranche nutellaisée dans mon thé, geste ô combien condamnable à en croire nos voisins d'outre-manche mais m'en fous j'assume. La tartine entame son irrésistible ascension vers cette bouche maintenue grande ouverte dans la perspective de l'extase gustative qui me sera bientôt offerte, quand tout à coup mon oeil affûté détecte un petit morceau brun qui se balance nonchalamment au bord de mon pain grillé.

Je le balaye d'une petite pichenette désinvolte, l'envoyant valdinguer dans l'assiette destinée à recueillir les quelques miettes que je ne manquerai pas de répandre dans un futur proche. Je réamorce le mouvement de la tartine vers sa destinée finale, mais me fige bientôt, un frisson parcourant mon échine... Le petit morceau brun a bougé!

Ahah, bougé, oué c'est ça, faut que j'arrête le Nutella, je suis au bord de l'overdose! Je me penche alors vers mon assiette, persuadé d'avoir rêvé, quand la chose se met à lentement se tortiller... Je me fige alors à nouveau, retenant ma respiration, non sans laisser une petite moue de dégoût se dessiner sur mon visage... Un vers! Un vers dans mon assiette, un vers qui il y a quelques secondes se trouvait encore sur ma tartine, un vers que j'ai été à deux doigts de mastiquer... Beuaaark!

Bon oké, je sais bien que les petites bêtes ne mangent pas les grosses, mais quand même, mon petit-déjeuner, je le préfère de loin mort que vif!

Fond Sonore : The Blood Arm, Lie Lover Lie

Sunday, February 11, 2007

Blood Diamond

Blood Diamond est un film intense et engagé, qui comme son titre l'indique traite des tristement célèbres pierres de sang. Au moyen d'un script intelligent et dynamique, servi par des interprètes impressionnants de justesse, il aborde tous les thèmes connexes à ce sujet depuis la guerre civile en Sierra Leone jusqu'à l'esclavagisme patriotique mené par des milices révolutionnaires, en passant par la question des enfants soldats et les jeux de dupes qui se jouent de toutes parts.

Les pierres de sang dont il est question représentent certes une faible part du négoce mondial de diamants, mais les sommes dégagées sont néanmoins largement suffisante pour permettre à différentes factions de mettre à feu et à sang quelques régions du continent africain. L'industrie du diamant a beau s'être dotée d'un processus de certification [sous l'égide des Nations Unies] visant à exclure du marché lesdites pierres, elle n'a semble-t-il à ce jour pas les moyens de s'assurer que ledit processus est bien appliqué, ce qui laisse supposer que des exactions similaires à celles décrites dans le film sont bien malheureusement toujours monnaie courante...

Blood Diamond m'a captivé, pris aux tripes comme rarement ces derniers temps. Je me suis immergé deux heures vingt durant [qui m'ont semblées bien plus courtes] dans le quotidien de ces populations exploitées, massacrées pour servir les intérêts de milices locales et fournir les pays riches en pierres précieuses... Et la remontée n'a pas été facile. En sortant du cinéma, j'ai regardé autour de moi, j'ai vu les passants insouciants, les gens attablés dans les cafés, les voitures défiler... J'ai pensé que nous vivions dans un petit Paradis tandis que d'autres connaissaient l'Enfer... Et j'ai eu mal à mon monde moderne.

Je vous recommande donc ce Blood Diamond que je classerais volontiers au côté d'un Constant Gardener ou encore d'un Syriana et qui ne saurait vous laisser indifférent. Bonne projection! [En VO bien évidemment.]

Fond Sonore : Kasabian, Empire

Thursday, February 8, 2007

Evolution

Autant parfois j'ai tendance à maudire l'omniprésence de la publicité dans notre monde moderne, autant là j'aurais presque envie de bénir son inventeur!


(via La Fée des Coquelicots)

Tout simplement grandiose!

Fond Sonore : Deep Purple, Made in Japan

Wednesday, February 7, 2007

Back to Business

Retrouver le chemin du blog, après un peu plus de deux semaines d'abstinence, c'est un peu comme sortir de chez soi un matin de gueule de bois: tout transpire un brin l'inconnu par-dessus les effluves familières. On sent une sorte de trou noir, on se demande par quelle magie le laps de temps qui nous sépare de la dernière note a bien pu se volatiliser, puis on conclut rapidement que le travail c'est la santé mais qu'il ne faut pas en abuser. Oué, parfaitement, surtout si cela a pour conséquence de nous tenir éloigné des salles obscures pendant plus de quinze jours, parce que ça c'est mal, très mal, et même tout à fait condamnable! Mébon, ce qui compte c'est que j'aie pu reprendre possession du lieu et de mon espace-temps. Content de vous retrouver!

Fond Sonore : Cowboy Junkies, Open