Alors que j'aperçois le quai bondé de la Porte de Vanves, je me dis que l'occasion est à saisir de pratiquer la politique de l'arrêt de moins. Je me lève donc, je m'insère dans le flux descendant, et je me retrouve bientôt à l'air libre. Je remonte le quai et passe devant le tram alors que le signal clignotant de mise en garde est toujours inactif.
Le large trottoir gagné, je suis sur les rails de ma tanière. Ma vision d'aigle repère rapidement au loin une agréable démarche chaloupée qui implique d'interminables gambettes fuselées. Mon pas s'accélère et dans l'attente d'une décente portée d'observation mon regard reprend ses errements habituels tandis que mon esprit l'imite.
A voir le tram me dépasser, je l'imagine décoller à la manière du Galaxy Express 999, emportant avec lui les caténaires arrachés vers une lointaine destination. Je zigzague entre les structures métalliques des stands du marché qui n'ont pas encore été démontés, je compose avec les obstacles qui se mettent en travers de mon chemin et, quand je croise la bouche d'incendie rouge, je me demande comme souvent s'il ne s'agit pas d'un Nono en mission d'infiltration.
Mes pieds avalent le bitume à leur rythme soutenu, personne ne leur résiste, pas même... Hey, mais, mais, mais où est-ce qu'elles sont les gambettes effilées ? Où est-ce qu'elles sont, hein ?!? Bon, j'ai dû les zapper... Pfff, moi et mon satané esprit vagabond...
Fond Sonore : Van Morrison, Best Of