Après ce
Drive à la mise en scène exemplaire, je ne pouvais a priori décemment passer à côté de cette nouvelle livraison de Nicolas Winding Refn. A posteriori c'est déjà bien moins certain.

J'ai retrouvé dans cette bobine l'esthétique qui transparaissait dans la bande-annonce, une photo travaillée, une mise en scène posée, mais le caractère énigmatique qui avait initialement suscité mon intérêt n'a eu de cesse de se renforcer, faisant rapidement sombrer l'ensemble dans des travers abscons assez incommensurables.
Le film est essentiellement composé de figures statiques, de tableaux juxtaposés, ce qui lasse assez rapidement. Ryan Gosling s'enferme dans son style autistique en rejouant le Ryan Gosling de
Drive [et dans une certaine mesure celui de
The Place beyond the Pines], Vithaya Pansringarm est lui insupportable avec son pas lent et cadencé -sans parler de ce balais qui lui bloque la nuque-, et l'on se demande comment Kristin Scott Thomas en est venue à se perdre par ici.

[ © Tiberius Film]
Côté narratif, il manque à l'évidence une grille de lecture, le résultat laissant assez dubitatif. Les motivations de chacun des protagonistes restent inexpliquées, le script [s'il existe] se contente d'aligner des séquences entre fantasmes et réalité, et l'on se dit que les personnages de Ryan Gosling, Vithaya Pansringarm et dans une moindre mesure Kristin Scott Thomas devraient se faire psychanalyser et soigner, voire préventivement internés. Les séquences gores sont à l'instar de celles de
Drive, tout bonnement inutiles, et seul l'hommage à Jodorowski annoncé en générique de fin permet peut-être d'expliquer certaines réactions pour le moins barrées de Gosling.
Bref, cette bobine m'a fait un effet d'esbroufe, d'un foutage de tronche éhonté de quelqu'un qui ne se sent plus après son prix à Cannes.
Only God Forgives, probablement, parce que moi non pour le coup.
=> Bande-Annonce