Saturday, June 26, 2010

Arrivées Amazon de la Veille !


[© Ze Captain]

De bons moments de lecture en perspective ! \o/

Fond Sonore : Sick Puppies, Dressed Up as Life

Friday, June 25, 2010

La Route - Cormac McCarthy

Après m'être pris l'adaptation ciné de La Route en pleine figure, j'ai décidé de tenter l'aventure du roman éponyme, issu de la plume de ce même Cormac McCarthy qui il y a peu m'avait (ré)embarqué dans l'univers de No Country for Old Men. Les Terres de ce dernier, poussiéreuses et surchauffées, n'étaient clairement pas pour le vieil homme, mais celle de La Route ne l'est tout simplement pour personne.

J'ai retrouvé dans le roman l'atmosphère exacte du film -preuve s'il en fallait que le travail de John Hillcoat était bien remarquable- et j'ai avalé les 250 pages d'une seule traite, sachant pertinemment quel dénouement tragique m'attendait. Le texte est captivant, poignant dans cette description de la lutte courageuse -d'aucuns diraient "vaine"- d'un père pour le salut de son fils dans un univers totalement déshumanisé et extrêmement chiche en espoir.

Même si ce bouquin est difficile, il me semble tout de même incontournable, ne serait-ce que parce qu'il nous amène par contraste à savourer les moindres petites joies de notre monde moderne, que nous décrions un peu trop facilement si souvent...

=> Une citation (p.170 de l'édition de poche Points, l'homme à son fils) :

"Quand tu rêveras d'un monde qui n'a jamais existé ou d'un monde qui n'existera jamais et qu'après tu te sentiras de nouveau heureux, alors c'est que tu auras renoncé. Comprends-tu ? Et tu ne peux pas renoncer. Je ne te le permettrai pas."


Fond Sonore : The Raconteurs, Consolers of the Lonely

Tuesday, June 8, 2010

Facturation Surprise

Je me suis attelé ce soir à réduire une pile de courrier en souffrance de traitement. Dans le lot, j'ai trouvé une facture EDF qui n'avait rien d'extraordinaire hormis cette ligne à laquelle je n'avais jusqu'à présent pas prêté attention et qui concerne une certaine "Contribution Tarifaire d'Acheminement". Je me suis dit sur l'instant qu'il devait s'agir d'une part de l'abonnement relative à l'entretien du réseau mais j'ai tout de même cherché quelques explications, rapidement trouvées dans la lettre "EDF vous informe" jointe à ma facture. Le papier annonce ainsi :

La contribution tarifaire d'acheminement (CTA), prélevée en addition du tarif d'acheminement associé à votre contrat de fourniture, assure le financement d'une partie des retraites des personnels affectés aux activités régulées des industries électriques et gazières (opérateurs de réseaux).


Pour être certain d'avoir bien saisi, j'ai relu deux fois le paragraphe... Avant de me rendre à l'évidence... Ainsi donc, non seulement j'assure le financement des retraites du régime général en versant mon obole tous les mois, mais zen plusse je dois participer directement au financement d'un régime spécial... Ah ben bravo...

Mais je n'étais toutefois pas au bout de mes surprises... Figurez-vous en effet que comme je l'ai lu dans la suite de la même lettre :

La CTA est soumise à la TVA.


Là, je dois vous avouer que j'ai tout simplement manqué de m'étrangler... O_o

Fond Sonore : GO!GO!7188, Tategami

Monday, June 7, 2010

No Country For Old Men - Cormac McCarthy

Tout de suite après avoir terminé Glissement de Temps sur Mars, j'ai enchaîné avec le No Country For Old Men de Cormac McCarthy. D'emblée j'ai retrouvé l'ambiance poussiéreuse de l'excellente adaptation ciné des frères Coen, et je me suis laissé porter par cette histoire dont je connaissais pourtant tous les tenants et aboutissants. L'écriture de l'auteur m'a toutefois surpris, pour ne pas dire dérouté... Les dialogues ne sont ainsi pas structurés avec les tirets habituels, tandis que nombre de phrases abusent à loisir d'une même conjonction de coordination... Exemple :

"Puis il ramasse sa bouteille d'air comprimé et le pistolet à tige et sort par la porte et monte dans la voiture de l'adjoint et met le contact et fait demi-tour en marche arrière et déboîte et rejoint la route." (p.10/11 de l'Edition Points)


Etonnant n'est-il pas ?!? Mébon, je m'en suis néanmoins fort bien accommodé et j'ai littéralement avalé l'objet d'une traite, éprouvant même quelque frustration lorsque la dernière page s'est vue refermée... Qu'ajouter sinon qu'il faut absolument lui donner sa chance -doublement même si vous avez apprécié le film- ?!? :o)

Fond Sonore : GO!GO!7188, Ryūzetsuran

Saturday, June 5, 2010

Glissement de Temps sur Mars - Philip K. Dick

Le beau temps revenant, je me sens des envies de lecture... Je ne suis pas certain qu'il y ait réellement un lien direct de cause à effet, mais qu'importe, cela tombe plutôt bien puisque j'ai comme qui dirait une sacrée pile de bouquins à écluser !

J'ai débuté les hostilités avec un petit P.K.Dick, Glissement de Temps sur Mars. Comme le titre le laisse entendre, le roman prend pour cadre la Planète Rouge, colonisée par l'humanité depuis quelques décennies. La vie s'y révèle difficile, loin des univers clinquants de certaines oeuvres de SF, et dégage un cachet dont le réalisme résonne avec ma propre Anticipation. Le roman fait intervenir plusieurs personnages mais s'articule autour de deux personnalités principales, Jack Bohlen et Manfred Steiner.

Le premier a des tendances schizophrènes, le second est autiste. Leurs destins vont s'entrecroiser dans un récit complexe qui joue des narrateurs et des repères temporels, nous immergeant dans les univers de chacun des protagonistes. Le bouquin m'a indéniablement parlé, j'ai été sensible à ces mises en perspective de la "réalité" et à cet examen de l'incommunicabilité entre êtres humains, mais il m'apparaît néanmoins difficile en cette fin de samedi surchauffé de retranscrire ce que j'ai ressenti. Je crois qu'il est plus sage de ne pas m'embarquer dans des considérations philosophico-psychologiques et de laisser la parole à Maître Dick lui-même au travers de l'une de ses propositions reprise en postface du roman par Marcel Thaon :

"J'ai le sentiment profond qu'à un certain degré il y a presque autant d'univers qu'il y a de gens, que chaque individu vit en quelque sorte dans un univers de sa propre création : c'est un produit de son être, une oeuvre personnelle dont peut-être il pourrait être fier. Les difficultés apparaissent quand une tentative de communication s'établit entre plusieurs personnes, si leurs visions du monde sont trop différentes, la communication est illusoire."


Je ne peux évidemment qu'adhérer !

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Edit - 06/06 - 12h39 : En furetant sur la toile, je suis tombé sur un billet de blog portant sur ce même roman de Dick. L'auteur y cite des propos de David Cronenberg, interviewé par Première à l'occasion de la sortie de son singulier eXistenZ, qu'il me semble intéressant de reprendre ici :

"Un cinéaste -et a fortiori un artiste- en vient toujours à créer sa propre version de la réalité, qui peut lui paraître plus intense et plus réelle que ce que la plupart des gens considèrent comme la réalité. D'un point de vue philosophique, je crois sincèrement que toute réalité est virtuelle. Si on pouvait vraiment se mettre dans la tête de quelqu'un d'autre, on serait très choqué de réaliser à quel point chaque chose est perçue différemment. Ca serait comme le plus bizarre des voyages provoqués par la drogue".



Fond Sonore : Tom Waits, Used Songs