
[© Ze Captain]
De bons moments de lecture en perspective ! \o/
Fond Sonore : Sick Puppies, Dressed Up as Life

Après m'être pris l'adaptation ciné de La Route en pleine figure, j'ai décidé de tenter l'aventure du roman éponyme, issu de la plume de ce même Cormac McCarthy qui il y a peu m'avait (ré)embarqué dans l'univers de No Country for Old Men. Les Terres de ce dernier, poussiéreuses et surchauffées, n'étaient clairement pas pour le vieil homme, mais celle de La Route ne l'est tout simplement pour personne."Quand tu rêveras d'un monde qui n'a jamais existé ou d'un monde qui n'existera jamais et qu'après tu te sentiras de nouveau heureux, alors c'est que tu auras renoncé. Comprends-tu ? Et tu ne peux pas renoncer. Je ne te le permettrai pas."
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Tout de suite après avoir terminé Glissement de Temps sur Mars, j'ai enchaîné avec le No Country For Old Men de Cormac McCarthy. D'emblée j'ai retrouvé l'ambiance poussiéreuse de l'excellente adaptation ciné des frères Coen, et je me suis laissé porter par cette histoire dont je connaissais pourtant tous les tenants et aboutissants. L'écriture de l'auteur m'a toutefois surpris, pour ne pas dire dérouté... Les dialogues ne sont ainsi pas structurés avec les tirets habituels, tandis que nombre de phrases abusent à loisir d'une même conjonction de coordination... Exemple :"Puis il ramasse sa bouteille d'air comprimé et le pistolet à tige et sort par la porte et monte dans la voiture de l'adjoint et met le contact et fait demi-tour en marche arrière et déboîte et rejoint la route." (p.10/11 de l'Edition Points)
J'ai débuté les hostilités avec un petit P.K.Dick, Glissement de Temps sur Mars. Comme le titre le laisse entendre, le roman prend pour cadre la Planète Rouge, colonisée par l'humanité depuis quelques décennies. La vie s'y révèle difficile, loin des univers clinquants de certaines oeuvres de SF, et dégage un cachet dont le réalisme résonne avec ma propre Anticipation. Le roman fait intervenir plusieurs personnages mais s'articule autour de deux personnalités principales, Jack Bohlen et Manfred Steiner."J'ai le sentiment profond qu'à un certain degré il y a presque autant d'univers qu'il y a de gens, que chaque individu vit en quelque sorte dans un univers de sa propre création : c'est un produit de son être, une oeuvre personnelle dont peut-être il pourrait être fier. Les difficultés apparaissent quand une tentative de communication s'établit entre plusieurs personnes, si leurs visions du monde sont trop différentes, la communication est illusoire."
"Un cinéaste -et a fortiori un artiste- en vient toujours à créer sa propre version de la réalité, qui peut lui paraître plus intense et plus réelle que ce que la plupart des gens considèrent comme la réalité. D'un point de vue philosophique, je crois sincèrement que toute réalité est virtuelle. Si on pouvait vraiment se mettre dans la tête de quelqu'un d'autre, on serait très choqué de réaliser à quel point chaque chose est perçue différemment. Ca serait comme le plus bizarre des voyages provoqués par la drogue".