Sunday, February 27, 2011

127 Heures

127 Heures, c'est la durée du calvaire vécu en 2003 par Aron Ralston, jeune américain pré-trentenaire qui parti en randonnée solitaire se retrouva pris au piège dans un défilé particulièrement étroit d'un canyon de l'Utah, le bras droit coincé sous une lourde pierre. Danny Boyle raconte cette mésaventure telle qu'elle a été livrée par le miraculé après libération de sa prison de roche, et parvient à captiver l'attention tout du long des 1h34 de métrage.

Bien que tenant en bonne estime plusieurs bobines du réalisateur [28 Jours Plus Tard / Sunshine / Slumdog Millionaire], j'étais tout de même un peu réservé quant à l'exercice qui s'annonçait ici, en dépit d'une bande-annonce engageante. Si le père Boyle a brillamment réussi l'entreprise, c'est qu'il a fait en sorte que l'on vive cette expérience au côté de l'infortuné Aron, partageant l'intimité de son réduit comme de son esprit. Les phases que traverse le jeune homme sont retranscrites avec ingéniosité, les émotions palpables et je dois avouer être moi-même passé par des montagnes russes, de la joie ludique initiale à la souffrance du désespoir, en passant par l'exultation de la perspective de survie surgie du néant.

Que l'on ne s'y trompe toutefois pas, 127 Heures n'est pas un simple thriller, c'est avant tout une aventure humaine, riche d'émotions donc, mais également d'enseignements : je me suis ainsi vu prendre à mon compte certaines des réflexions de ce brave Aron. Un bon moment de cinéma pour ma part, intense, et en guise de conclusion je reprendrai les mots de Christophe Narbonne (Première) au sujet de Danny Boyle : "c'est un putain de cinéaste" (via).

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Emplettes du Week-End


[© Ze Captain]

J'ai notamment enfin acquis Bilbo le Hobbit, car si j'ai lu plusieurs fois Le Seigneur des Anneaux je dois confesser ne pas avoir encore à ce jour dégusté ce roman qui conte l'arrivée de l'Anneau Unique en la Comté... :-] Les deux autres bouquins m'ont été suggérés par deux bobines, l'une de Stephen Frears -High Fidelity-, l'autre de Terry Gilliam -Las Vegas Parano.

Côté dévédés, on trouve un lot de cinq dégotés dans le cadre de l'offre habituelle à 30€ : j'ai déjà vu -et apprécié- les trois du bas tandis que les deux du haut m'ont été recommandés par des connaissances. Encore de sympathiques moments en perspective ! :o)

Saturday, February 26, 2011

Echange

Planté près de l'arrêt depuis quelques minutes, je tourne la tête pour guetter l'arrivée du bus. Mon regard intercepte au loin une silhouette pataude qui se déplace en ma direction. A mesure qu'elle se rapproche, les détails de son apparence se font plus nets.

L'imperméable beige crasseux renferme un petit bonhomme ventripotent dont la tête se trouve protégée par un chapeau bien enfoncé. Le manteau laisse apparaître un pull col V à l'évidence détendu par l'usage et un pantalon en toile légère que l'on devine trop grand pour les fines gambettes du propriétaire. La silhouette avance cahin-caha et s'en vient se poster à côté de moi.

Les bras se délestent du cabas en toile chargé de courses et le type lance de sa voix rauque une phrase sur le temps qu'il fait. Je me demande s'il s'adresse à quelqu'un en particulier, mais les autres quidams ne daignent même pas dévier leur regard en sa direction. Le type réitère son assertion et cette fois je lui réponds. Nous échangeons quelques banalités sur les saisons, la neige, la pluie, les chutes, il me jette parfois un regard complice de ses yeux jaunis et injectés de sang, agitant son mégot de cigarette en l'air à la manière d'un Columbo.

Le bus approchant, je lui souhaite bonne journée, ce qu'il me retourne d'un grand sourire que l'on devine sans malice. Je monte et une fois installé à l'arrière je balaye le véhicule du regard : le type est également du voyage et a entamé la discussion avec un autre gus. Je pense alors que vivre tous ensemble, finalement, c'est aussi simple que ça. Et je souris.

Fond Sonore : Sick Puppies, Dressed Up as Life [Extrait : All the Same]

True Grit

1870, Ouest Américain. Le père de la petite Mattie Ross [excellente Hailee Steinfeld] a été abattu de sang froid par un certain Tom Chaney qui s'est enfui sans que personne ne prenne la peine de le poursuivre. Décidée à venger son paternel, l'adolescente -qui ne manque pas d'aplomb- engage pour traquer l'assassin un US Marshall [Jeff Bridges, plutôt bon mais imbitable avec son accent traînant et mâchouillé] certes alcoolique mais néanmoins tenace et sans pitié. Déterminée -voire obstinée-, Mattie restera collée aux basques de son aîné, de sorte à s'assurer que le travail sera bien accompli. Le duo croisera sur sa route quelques âmes dont notamment celle d'un Texas Ranger [Jason Bourne, mais sans Pam ni sa clique] avant de finalement choper le fameux Tom Chaney [Josh Brolin, que l'on voit si peu qu'il aurait dû selon moi céder sa place sur l'affiche à la jeune Hailee Steinfeld].

Pour en arriver là, les frères Coen nous emmènent dans un périple à cheval qui malheureusement a relativement échoué à ne serait-ce que susciter mon adhésion. Je m'attendais en effet à quelque chose de trépidant, et au final aucun souffle ne m'a fouetté le visage, mes cheveux n'ont pas volé au vent ['Fin en même temps ça serait difficile... XD], la bobine s'est même révélée relativement lente et bavarde par instants. Le développement a d'autant plus déçu mes espoirs que la mise en place m'avait mis en confiance, portée qu'elle était par l'étonnante Hailee Steinfeld, et si la conclusion douce amère est intéressante, elle ne suffit pas à rattraper le reste.

En gros, pour résumer, je dirais que je voulais du rock'n'roll sous amphet', et que j'ai finalement eu droit à une pelloche sous valium. Bon, vais m'en aller réviser No Country for Old Men mouah tiens !

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Fond Sonore : Scorpions, Best Of [Extrait : Wind of Change]

Friday, February 25, 2011

TRON - Sweded

Comme je l'écrivais il y a peu, TRON - L'Héritage a constitué une monumentale déception. La faute en incombe probablement à une production qui n'a rien compris à la philosophie d'origine et qui pense que les effets numériques peuvent à loisir se substituer à l'esprit. Eh bien non, les moyens ne sont absolument pas une condition sine qua non de la réussite, la meilleure illustration en étant probablement que le suédage du TRON premier du nom m'a bien plus fait triper que le clinquant rejeton de luxe. Enjoy !


[via]

Fond Sonore : Mickael Miro, L'horloge Tourne

Thursday, February 24, 2011

Le Discours d'un Roi

Il était une fois Bertie, fils cadet de Son Altesse George V. Par un coup du sort, ou plus prosaïquement du fait de l'abdication de son frère Edouard VIII, le brave bonhomme se voit contraint de monter sur le trône, ce qui le fait flipper grave vu qu'il a un petit défaut d'élocution. Secondé par un professionnel aux méthodes peu orthodoxes, il finira néanmoins tout de même par prononcer le fameux discours qui fera entrer le Royaume-Uni en guerre contre le IIIe Reich. Un handicap, une solution, de bons interprètes, une réalisation clean, de bons sentiments, quelques moments amusants, mais un ensemble globalement très (trop) convenu, très (trop) propret, bref sans grand relief à mon goût. Je ne me joindrai donc pas à la liesse populaire qui entoure cette bobine.

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Fond Sonore : Tom Waits, Used Songs 1973-1980 [Extrait : Blue Valentines]

Tuesday, February 22, 2011

Les Femmes du 6e Etage

Paris, années 60. La famille Joubert habite un immeuble bourgeois comme il y en a tant. Les deux garçons vivent en pensionnat, Madame passe son temps à faire les boutiques et prendre le thé, tandis que Monsieur gère un cabinet de change et de placements. Au départ de la bonne bretonne, la famille se fait conseiller par ses semblables bourgeois "l'Espagnole" -à la mode mais surtout plus corvéable-, et en vient donc à embaucher la jeune Maria.

Par l'entremise de cette dernière, Jean-Louis Joubert va prendre conscience qu'une petite communauté vit dans le même immeuble que lui mais dans des conditions de confort et de salubrité toutes relatives, les bonnes des appartements de sa résidence, Les Femmes du 6e Etage. Cela va amener l'homme à s'extirper de ce quotidien formaté qui l'emprisonne et à voir son horizon s'élargir considérablement.

Cette fable sociale se montre résolument optimiste et si la bourgeoisie parisienne en prend discrètement pour son grade ce n'est pas là pour moi l'essentiel de la bobine. Ce qui fait son charme, ce sont les rapports humains qui y sont dépeints, cette émancipation salutaire de l'un pour au final le bonheur de l'ensemble des autres. Il se crée dans cette bobine une agréable alchimie entre les personnages, supportée par des dialogues et des situations qui s'accordent naturellement avec le jeu sincère des acteurs. L'histoire est certes (très) simple, mais cela fonctionne et pour ma part j'ai souri et ri sans discontinuer, ce qui dans la morosité ambiante actuelle ne fait jamais de mal.

Une bien sympathique surprise donc, un petit bonheur inattendu que je vous recommande donc chaudement ! :o)

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Fond Sonore : The Last Shadow Puppets, The Age Of Understatement [Extrait : My Mistakes Were Made For You]

Sunday, February 20, 2011

Partage

Le couple arrive Place de Moro-Giafferi. Lui tient le chien en laisse, grande bête type dogue allemand, le regard aussi haut(ain) que celui de son maître. Elle traîne avec lourdeur le caddie remplie de marchandises dégotées au marché du coin. Le clebs furète à gauche, à droite, encore à gauche, encore à droite, puis s'arrête sur le trottoir un peu à l'écart, et s'accroupit.

Son office terminé, le dogue se relève et reprend ses oscillations comme si de rien n'était. Son maître ne bouge pas, il regarde au loin, immobile. La femme pose alors son caddie à la verticale, sors un sac en plastique de sa poche, s'accroupit péniblement, ramasse les déjections canines et se relève non moins péniblement. Elle se dirige ensuite vers la poubelle, le type penche le buste de côté tandis que le colis le "frôle" à un bon mètre.

La femme reprend son poste au caddie, l'homme continue d'explorer l'horizon, et la petite troupe reprend sa marche, dans la félicité d'une vie de couple harmonieuse.

Fond Sonore : Eric Clapton, From The Cradle [Extrait : Third Degree]

Et Si On Simplifiait... - Théâtre Laurette

Au début de l'année, après avoir profité de la pièce A Deux Lits du Délit au Théâtre de la Michodière, je suis allé voir une production à dimension plus humaine, Et Si On Simplifiait..., au Théâtre Laurette (Paris X).


[© Ze Captain]


L'environnement tranchait sensiblement avec celui de mon spectacle de réveillon : ici, point d'orchestre, corbeille, balcons, juste une petite salle d'une cinquantaine de places, avec estrade d'un côté et planches de l'autre. Même sort pour la logistique, réduite au minimum, les deux comédiens se chargeant eux-mêmes de l'accueil.

Le spectacle a débuté sans traîner, et voir les deux êtres changer de casquette comme si de rien n'était pour se métamorphoser en leurs personnages respectifs avait un petit côté surréaliste. Ou magique. Le genre de sensation que l'on ne peut ressentir que dans les petits établissements de quartier.

La pièce s'articule autour de notre belle langue et des maltraitances que l'époque lui inflige. Elle oppose un grammairien (plus ou moins) de renom, Nestor, à son assistante de la génération SMS, Gwendoline. Cette dernière ne jure que par le correcteur orthographique de Word (Souriez, c'est cela, souriez ! ;p) et le moteur de recherche Google, ce qui a le don d'exaspérer (à juste titre) son patron. Toutefois, à la faveur d'un retournement de situation inattendu, la jeune femme verra son rêve de réforme orthographique prendre corps avec le soutien contraint d'un Nestor tout dépité...

Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre et je dois reconnaître ne pas avoir trop vu le temps passer, réagissant plutôt positivement aux échanges entre ces deux personnages. Le texte présenté est original, il fait réfléchir, sourire, mais n'emporte pas non plus aux éclats. Le divertissement est là bien que le rythme soit inégal et le jeu parfois un peu trop appuyé, cela restant toutefois gérable eu égard à la durée clémente de la pièce (~1h).

Ceci étant, je suis ressorti globalement satisfait de l'expérience, déposant de fait de bon coeur une obole à la fin de la représentation qui se jouait "au chapeau" (pas de droit d'entrée mais don à discrétion en fonction de l'enthousiasme à la sortie), et pour ceux qui voudraient tenter la chose, elle se joue encore tous les samedis soir d'ici à fin mai.



Fond Sonore : Once, Bande Originale [Extrait : Falling Slowly]

Saturday, February 19, 2011

TRON - L'Héritage

En prévision de cette séance, j'ai révisé TRON premier du nom le week-end dernier, et ce film reste objectivement avant-gardiste pour son époque, que cela soit au niveau des effets spéciaux numériques ou de la thématique des entrailles informatiques. Grand bien m'a pris d'ailleurs de procéder à cette petite révision car il m'a ainsi été très facile d'accrocher le train du successeur, TRON - L'Héritage, qui dès ses premières séquences renvoie à la mythologie (ENCOM, Dillinger, Flynn, CLU, TRON,...).

Le miracle de la mise en place passé, à savoir dès que Flynn Jr pénètre dans l'antre de son père, mon enthousiasme est toutefois retombé à la manière d'un soufflé au fromage sorti trop tôt du four. En gros, j'ai trouvé que cette bobine était une grosse coquille vide, qu'elle n'était que pure esbroufe. Non seulement le rythme brille-t-il par son absence mais en sus le film s'est-il révélé inutilement bavard et sans réelle intensité d'aucune sorte.

Il y a bien quelques sursauts ponctuels, sans originalité toutefois car on peut non seulement identifier les évidents recyclages du premier opus (combats de disques / courses de motos) mais également des repompages en pagaille (la mise en place de l'armée => L'Attaque des Clones / la galvanisation des troupes => Les Deux Tours / le déplacement du fauteuil de Flynn Jr vers la tourelle de tir => Goldorak / la séquence de shoot consécutive => le Millénium Falcon)... Et je passerai sur cette scène absolument inutile avec un ersatz de Ziggy Stardust tout bonnement agaçant.

Quant à la 3D, les meilleurs passages étaient probablement situés dans la pré-projection, avec la pub Oasis dans laquelle la mûre joue à Superman hors de l'écran et la BA de Sanctum avec ses sympathiques effets de profondeur.

'Fin bref, pour en revenir à TRON - L'Héritage, il n'y a selon moi pas grand chose à sauver dans ce gloubi boulga assez indigeste. Voilà, c'est dit.

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Fond Sonore : Shivaree, I Oughtta Give You A Shot In The Head [Extrait : Bossa Nova]

Friday, February 18, 2011

Sex Friends

Pour être honnête, quand je me suis rendu en salle pour voir Sex Friends, je m'attendais à un truc convenu, un peu longuet, mais néanmoins regardable après une journée de boulot menée tambour battant. La séquence d'ouverture a toutefois éveillé en moi un intérêt assoupi d'avance, et celui-ci ne s'est point rendormi pendant la séance : force est effectivement de constater que j'ai plutôt été charmé par cette bobine !

Il s'en dégage ainsi une fraîche sincérité qui détonne dans un genre où les surjeux ont tendance à se libérer plus que de raison. Si la trame est (Evidemment ?) assez balistique, son traitement m'a semblé avoir un petit plus, un côté décalé atypique, avec un humour omniprésent qui fait mouche sans avoir besoin de recourir à de gras artifices. Par ailleurs, si les personnages sont touchants, il n'y a pas de pathos dégoulinant, ni dans un sens ni dans l'autre, ce qui contribue au sentiment de crédibilité de l'histoire proposée.

Les acteurs tirent tous leur épingle du jeu, des premiers aux seconds rôles, Natalie Portman en tête. Elle campe en effet à la perfection cette doctorante en médecine qui se ferme aux sentiments de peur d'en souffrir, et son partenaire Ashton Kutcher m'a surpris dans sa sobriété, ce d'autant plus que je l'assimilais à un acteur de sous-catégorie... Comme quoi les préjugés...

Sympathique séance donc, une agréable surprise que je reverrais bien à l'occasion sur petit écran ! :o) Par contre, faudra m'expliquer pourquoi le titre en VO "No Strings Attached" est devenu "Sex Friends" dans l'Hexagone... Une fois de plus, c'est n'importe quoi...

=> Bande-Annonce [<= Si vous envisagez de voir cette bobine, évitez donc de regarder cette BA qui dévoile un peu trop de choses...]

Fond Sonore : Four Non Blondes, What's Up

Wednesday, February 16, 2011

Choc

Le fond de l'air est frais, la luminosité faiblit. Je marche d'un pas alerte mais tranquille. L'homme me double par la droite, à petites foulées. Ses chaussures de ville claquent sur le sol, il manque de faire tomber sa serviette, mais la rattrape de justesse et la presse contre son torse. Il lève la tête, ses enjambées s'allongent, il est pressé l'homme.

Dans son univers, rien ne compte hormis ce Graal si proche et si lointain, cette rame de tram à quai pourtant pas denrée rare. Dans son monde, il est seul. Ses sens aveuglés ne détectent pas l'obstacle et bientôt il bouscule la fillette, laquelle virevolte, se retrouve expulsée de sa trottinette et le regarde toute hébétée. Grand Prince, l'homme pressé ralentit le pas, la regarde d'un air à peine désolé en haussant les épaules et en pointant du doigt la rame toute proche, avant de repartir de plus belle.

Il l'aura son tram, oui, il l'aura car s'il avait pris la peine de viser le panneau d'affichage, il aurait vu de loin qu'il n'y avait point péril en la demeure, le départ n'étant pas le moins du monde imminent. Non seulement l'aurait-il vu, mais en sus n'aurait-il pas bousculé sans scrupule aucun cette fillette anonyme.

Fond Sonore : Hervé Cristiani, Il est libre Max

Friday, February 11, 2011

Arrietty - Le Petit Monde des Chapardeurs

Dans sa dernière livraison en date, le Studio Ghibli propose une histoire inspirée d'un roman jeunesse de Mary Norton, Les Chapardeurs, déjà adapté en live à la fin du siècle dernier dans une sympathique bobine que j'ai visionnée plusieurs fois avec un égal plaisir, Le Petit Monde des Borrowers. L'action prend ici place dans la banlieue tokyoïte et s'articule autour d'une petite famille de Minipouss. Ces petits êtres vivent de la chaparde, ils puisent discrètement leurs ressources dans les possessions de ces humains dont ils se cachent comme de la peste. La prudence est donc érigée en principe, mais la jeune Arrietty fait preuve d'une audace insouciante, ce qui la conduit à flirter avec le danger et bientôt exposera sa famille aux yeux des géants, bouleversant par là-même leur existence tranquille...

La qualité de la réalisation de cette bobine est évidemment de haut niveau, preuve s'il en fallait que le Studio Ghibli continue de régner en maître dans ce domaine. Il s'en exhale une agréable poésie, même si je regrette que le scénario ne se soit pas révélé plus ambitieux. Ainsi, Arrietty - Le Petit Monde des Chapardeurs se trouve parfaitement adapté à un jeune public, peut-être était-ce d'ailleurs la cible prioritaire. Globalement, j'y ai pour ma part tout de même passé un agréable moment, et si vous appréciez l'univers du studio il devrait en être de même pour vous.

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Nota : Ce billet est le 1200e du lieu, ce qui vous en conviendrez est tout de même honnête ! \o/
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Fond Sonore : Shania Twain, Come on Over [Extrait : You're Still The One ]

Thursday, February 10, 2011

Les Chemins de la Liberté

1940, Sibérie, un Goulag comme tant d'autres. Les conditions de (sur)vie sont rudes, les hommes marqués par le lieu. Le film retrace l'histoire -avec plus ou moins d'exactitude- d'un groupe de prisonniers qui se sont fait la malle et qui ont à pied traversé la Sibérie, la Mongolie, la Chine, pour enfin échouer en Inde.

La caméra de Peter Weir suit le périple de ces hommes en effectuant de régulières ellipses qui donnent l'impression d'une juxtaposition de tableaux. Soit. Les images sont magnifiques, les acteurs convaincants [Colin Farrell évidemment] mais j'ai eu du mal à ressentir de l'empathie pour ces pauvres hères en quête d'un improbable salut.

La petite troupe ne semble jamais réellement souffrir de la faim et les milliers de kilomètres se montrent relativement cléments vis à vis des extrémités distales de leurs membres inférieurs. Les podo-bobos se trouvent bien évoqués ponctuellement mais en regard de l'équipement pas vraiment adapté à la marche forcée sur longue distance la réalité a dû être bien pire... Ces détails entament la crédibilité du périple, mais je m'en serais accomodé si la bobine avait exhalé un semblant de souffle épique. Ce qui n'est pas le cas, malheureusement.

Je suis donc ressorti de cette séance avec une impression mitigée, pas désagréable, mais pas totalement emballé non plus. Les Chemins de la Liberté, à voir, ou pas.

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Fond Sonore : Bernard Lavilliers, Histoires [Extrait : On the Road Again]

Rien à Déclarer

Echaudé par l'expérience Bienvenue chez les Ch'tis, je ne comptais pas voir le dernier Dany Boon, Rien à Déclarer, mais j'y suis tout de même allé à la faveur d'une bande-annonce qui laissait entrevoir quelque potentiel sympathiquement rigolo. J'en ressors tout juste et force est de constater que le compte n'y est pas. Non seulement la comédie est poussive, mais en sus le comique est éculé voire facile (je passe sur le côté parfois gras), et ce qui est amusant figure dans la bande-annonce. A sauver, je ne vois guère que la prestation de Poelvoorde (son personnage représente un condensé d'une nature humaine qui me hérisse le poil) et le minois de Julie Bernard. Mébon, en bref, je suggère que vous vous contentiez de la bande-annonce, elle a le mérite non négligeable de ne pas durer 1h50.

Nota : Ce qui m'emmxrde le plus dans l'histoire, c'est probablement qu'il semblerait que je partage l'opinion des Cahiers du Cinéma. ^o^

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Fond Sonore : Bernard Lavilliers, Histoires [Extrait : Y'a peut-être un Ailleurs]

Sunday, February 6, 2011

Something Strange

En ce début de soirée, dans le tram, les gens sont (très) tendus. Peut-être à cause de ces quelques rames passées sans voyageurs, pour régulation. Peut-être. Ou pas. Les gens sont tendus, se bousculent, s'invectivent, à deux doigts de la confrontation physique. Je m'extirpe néanmoins du lieu sans dommages.

There's something strange in the air tonight.

Quelques heures plus tard, je sors du ciné. Minuit passé, l'air est frais, mais pas froid, presque doux. Je file dans la première bouche de métro. Au loin, une bande, ados et jeunes adultes, je stoppe en milieu de quai, distance de sécurité. En face, un gamin colle un groupe de trois, l'homme de se retourne, le gamin file, l'homme le suit du regard. Mains dans les poches de jean pouces sortis, air de p'tite frappe, le pré-ado marche jusqu'au bout du quai puis s'en revient pas trop loin. La rame approchant, il rejoint le trio, qui évite de monter dans la même voiture à la faveur d'une habile manoeuvre de dernière seconde.

There's something strange in the air tonight.

Je descends de ma voiture, j'accélère, la bande est éparpillée dans le couloir. Nonchalants, ils occupent l'espace, je ralentis le pas. Grands, petits, maigres, gros, baggys, jeans taille basse, sweats, blousons en cuir, canettes de jus d'orange, bouteilles de bière, cigarettes et pétards. Petit escalier, portes automatiques, mini escalier, puis voie descendante. La bande opte pour le descalator, je prends les marches et les dépasse. J'enchaîne le couloir, les voix s'estompent, les chemins se séparent.

There's something strange in the air tonight.

Attente du tram. Deux types pas tibulaires mais presque me dépassent et s'en vont se poser en bout de quai. Une fois à bord, le duo remonte les voitures et s'en vient se poster juste derrière moi. Je passe en mode des mauvais jours. Les types descendent un arrêt avant le mien. Relax Max.

There's something strange in the air tonight. Nothing happened. But this is no country for old men anyway.

Fond Sonore : Neal Black, Handful of Rain

Saturday, February 5, 2011

Au-Delà

Clint Eastwood restera toujours pour moi avant tout cet acteur emblématique de la Trilogie du Dollar, et particulièrement le Blondin du mythique Le Bon, la Brute et le Truand. Il a certes interprété d'autres rôles notables, dont l'Inspecteur Harry et ses répliques inimitables [@ 2'30], mais que voulez-vous la poussière de l'Ouest conserve de loin ma préférence !

En sus, Clint est également un réalisateur de talent, qui ces dernières années m'a séduit avec des films comme Gran Torino, Million Dollar Baby ou encore Mystic River. Je pensais qu'il s'adonnait sporadiquement à l'exercice, mais il s'avère qu'il a en fait livré bien plus de bobines que je ne l'imaginais : une trentaine bien tassée, dont pas mal de morceaux de choix !

Un homme de cinéma au talent au moins double donc, mais la perfection n'étant pas humaine, il fallait bien que le colosse du septième art trébuche un jour... C'est aujourd'hui (malheureusement) chose faîte avec Au-Delà.


Dans cette livraison, Clint a décidé d'explorer la question de la mort, au travers de trois axes qui immanquablement finiront par se rejoindre.

  • Marie, journaliste à la tévé française, se trouve en Indonésie quand le tsunami meurtrier frappe la côte. Happée par les flots tourbillonnants, la jeune femme boit la tasse et vit une NDE avant d'être réanimée. L'expérience la laissera profondément ébranlée, même si dans un premier temps elle semblera occulter l'évènement.

  • Marcus, pré-ado londonien, perd lui un être proche, sa moitié, sans qui la vie semble impossible. Enfermé dans son chagrin, il entame un travail de deuil, tandis qu'il se trouve pris en charge par les services sociaux d'aide à l'enfance. Marqué, le jeune garçon fera néanmoins preuve de débrouillardise pour tenter d'aller de l'avant.

  • Enfin, George, ouvrier californien, possède une capacité unique, celle d'entrer en contact avec les personnes décédées. Certains y voient un don, lui guère que malédiction. George se refuse à exercer, chaque contact alourdissant le ressenti de son fardeau, en dépit de l'insistance de son frère qui y voit y juteux potentiel.

Les axes qui m'ont le plus intéressé sont incontestablement les deux derniers, ils sonnent "vrais", probablement en grande partie grâce aux talentueuses prestations de leurs interprètes, Matt Damon et le jeune Frankie McLaren en tête. Cécile de France pour sa part m'a dérangée, je ne l'ai pas trouvée crédible, comme si quelque chose sonnait faux dans son jeu, mais il faut reconnaître qu'elle n'a peut-être pas été aidée par une ligne scénaristique un brin fumeuse.

Il va sans dire que l'ensemble est (évidemment) techniquement bien fichu, y compris la scène d'introduction certes numérique mais néanmoins saisissante, le bât blessant à mon avis au niveau des enjeux qui brillent par leur absence... Si la bobine glisse un peu toute seule, je me suis régulièrement demandé où Clint voulait nous mener, et le final m'a objectivement laissé sur ma faim. "Tout ça pour ça" ai-je pensé, tout en me demandant si la production que je venais de voir n'était pas du niveau d'un téléfilm de l'après-midi à la tévé... :-/

Une déception donc, surtout peu de temps après des coups de poing comme Gran Torino et Million Dollar Baby. A éviter donc. 'Fin, vous pouvez toujours tenter hein, mais vous ne pourrez pas m'en tenir rigueur après coup ! ;p

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Fond Sonore : Tom Waits, Used Songs 1973-1980 [Extrait : I Never Talk to Strangers]