En sus, Clint est également un réalisateur de talent, qui ces dernières années m'a séduit avec des films comme Gran Torino, Million Dollar Baby ou encore Mystic River. Je pensais qu'il s'adonnait sporadiquement à l'exercice, mais il s'avère qu'il a en fait livré bien plus de bobines que je ne l'imaginais : une trentaine bien tassée, dont pas mal de morceaux de choix !
Un homme de cinéma au talent au moins double donc, mais la perfection n'étant pas humaine, il fallait bien que le colosse du septième art trébuche un jour... C'est aujourd'hui (malheureusement) chose faîte avec Au-Delà.

Dans cette livraison, Clint a décidé d'explorer la question de la mort, au travers de trois axes qui immanquablement finiront par se rejoindre.
- Marie, journaliste à la tévé française, se trouve en Indonésie quand le tsunami meurtrier frappe la côte. Happée par les flots tourbillonnants, la jeune femme boit la tasse et vit une NDE avant d'être réanimée. L'expérience la laissera profondément ébranlée, même si dans un premier temps elle semblera occulter l'évènement.
- Marcus, pré-ado londonien, perd lui un être proche, sa moitié, sans qui la vie semble impossible. Enfermé dans son chagrin, il entame un travail de deuil, tandis qu'il se trouve pris en charge par les services sociaux d'aide à l'enfance. Marqué, le jeune garçon fera néanmoins preuve de débrouillardise pour tenter d'aller de l'avant.
- Enfin, George, ouvrier californien, possède une capacité unique, celle d'entrer en contact avec les personnes décédées. Certains y voient un don, lui guère que malédiction. George se refuse à exercer, chaque contact alourdissant le ressenti de son fardeau, en dépit de l'insistance de son frère qui y voit y juteux potentiel.
Les axes qui m'ont le plus intéressé sont incontestablement les deux derniers, ils sonnent "vrais", probablement en grande partie grâce aux talentueuses prestations de leurs interprètes, Matt Damon et le jeune Frankie McLaren en tête. Cécile de France pour sa part m'a dérangée, je ne l'ai pas trouvée crédible, comme si quelque chose sonnait faux dans son jeu, mais il faut reconnaître qu'elle n'a peut-être pas été aidée par une ligne scénaristique un brin fumeuse.
Il va sans dire que l'ensemble est (évidemment) techniquement bien fichu, y compris la scène d'introduction certes numérique mais néanmoins saisissante, le bât blessant à mon avis au niveau des enjeux qui brillent par leur absence... Si la bobine glisse un peu toute seule, je me suis régulièrement demandé où Clint voulait nous mener, et le final m'a objectivement laissé sur ma faim. "Tout ça pour ça" ai-je pensé, tout en me demandant si la production que je venais de voir n'était pas du niveau d'un téléfilm de l'après-midi à la tévé... :-/
Une déception donc, surtout peu de temps après des coups de poing comme Gran Torino et Million Dollar Baby. A éviter donc. 'Fin, vous pouvez toujours tenter hein, mais vous ne pourrez pas m'en tenir rigueur après coup ! ;p
=> Bande-Annonce
Fond Sonore : Tom Waits, Used Songs 1973-1980 [Extrait : I Never Talk to Strangers]
Y suis allé ce WE et je ne dirai pas mieux, la déception est a la hauteur de l'attente. Sans parler de Cecile de France que je trouve très mauvaise.
ReplyDeleteClint, faut te remettre aux westerns, merde !
Bon ben je n'y vais pas alors. RRR je suis tout de même curieuse de voir ce qu'il donne ce film. Mais non, je n'en entends que de mauvais échos, j'irai voir Black Swan plutôt et des sushis je mangerai. Aucun rapport je sais.
ReplyDeleteTommawack> En virant la séquence de Cécile -et donc la conclusion mièvre-, ça aurait (peut-être) été moins pire... Mais qu'importe, je suis bien d'accord avec toi, qu'il s'en retourne donc aux Westerns (éventuellement urbains) le Clint !
ReplyDeleteFreehug> Alors Black Swan je le sens carrément mieux, et si je n'avais pas été contraint de reporter ma journée de congé je serais allé le voir ce matin à 9h !