Saturday, October 26, 2013

Gravity

Une mission spatiale, une pluie de débris conséquence d'une maladresse russe [Fallait-il donc qu'elle soit Rouge ?], deux astronautes [Ryan Stone (Sandra Bullock), Matt Kowalsky (George Clooney)] en perdition dans l'espace... La minceur du script ne pouvait se voir compensée que par une réalisation virtuose, et force est de (re)constater qu'Alfonso Cuarón maîtrise la chose. Je n'en doutais à vrai dire guère, emballé que j'avais été par sa magnifique précédente bobine, Les Fils de l'Homme.

Gravity est à l'évidence un film d'ambiance immersif, qui doit sans dérogation possible être envisagé sur (très) grand écran avec un système audio à la hauteur. Pour peu que l'on se laisse porter, on angoisse de cette situation désespérée, on frisonne face à ce réalisme qui nous fait réaliser combien l'Aventure spatiale est tout sauf une joyeuse partie de plaisir, on se confronte à l'insignifiance de l'Homme en regard de l'Univers, bref on vit la chose.


[© Warner Bros. France]

De fait, j'ai passé un bon moment en salle, j'ai trouvé que l'équilibre entre divertissement et soucis du réalisme était fort bien dosé, mais dans le même temps je me dis que la bobine manque un peu de corps (que révèlent ses 1h30), et que je lui préfère par exemple un Apollo 13.

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Tuesday, October 22, 2013

L'Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet

Cet Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet m'a laissé un bien étrange sentiment, celui d'avoir assisté à un spectacle inachevé, une esquisse de ce qui aurait pu être un sympathique film empli de poésie. L'ensemble manque singulièrement de consistance, et le dit "voyage" n"a pour lui aucune réelle extravagance, vraiment pas. J'aurais aimé trouver un élément de comparaison filmesque à apporter, mais il ne m'en vient présentement aucun à l'esprit.

De surcroit je n'ai pas été outre mesure emballé par la prestation du jeune Kyle Catlett, beaucoup moins par exemple qu'avec celle du gringalet Macaulay Culkin à l'époque de Maman, j'ai raté l'avion (sisi j'ose). Le rendu des autre personnage manque également de relief, le tort devant en être imputé à un paradoxal manque de folie dans la réalisation, en dépit de quelques facéties graphiques par ailleurs sympathiques.

Bref, il s'agit là d'une déception, qui confirme que je n'adhère plus au cinéma de JP.Jeunet, et ce depuis ce Long Dimanche de Fiançailles. La prochaine fois, ça sera donc sans moi.

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Monday, October 21, 2013

9 Mois Ferme

Il y a parfois des présages de bon augure, et les repérer nous place indiscutablement dans de bonnes dispositions : cela fut le cas avec cette séance de 9 Mois ferme, dont le premier plan de cette statue de Justice m'a renvoyé au mythique ...And Justice for All de Metallica ! \m/

La bobine met en scène une juge d'instruction dévouée à sa carrière, Ariane Felder [Sandrine Kiberlain], qui se voit un jour annoncé qu'elle est enceinte... D'un voleur [Albert Dupontel] soupçonné d'avoir violemment mutilé un vieux propriétaire qu'il cambriolait ! Se refusant dans un premier temps à admettre l'impossible, Ariane se trouve compte tenu de sa situation bien obligée d'ouvrir les yeux, et de se rapprocher de ce potentiel monstre de Bob...


[© Jérôme Prébois]

Sous la houlette d'un autre réalisateur hexagonal ce film aurait certainement été d'un fade classicisme, mais fort heureusement nous profitons ici du sympathique grain de folie d'Albert Dupontel. Le rythme est bon, les mots choisis, l'interprétation étonnamment calée, et le soucis du détail force la sympathie ( Regardez parfois ailleurs que là où la caméra attire votre attention ! ^^). Last but not least, la bobine ne tire pas sur la corde, elle se limite à un honnête compteur de 1h22, ce qui est amplement suffisant pour l'histoire. Bref, il s'agit là d'une sympathique et surprenante séance, qu'il serait dommage d'ignorer.

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Thursday, October 17, 2013

Au Bonheur des Ogres

Adaptée d'un roman éponyme de Daniel Pennac publié il y a presque vingt ans, cette bobine se focalise sur la tribu Malaussène, un assemblage hétéroclite de demi-frères et soeurs pris en charge par l'aîné Benjamin, employé sans relief d'un grand magasin parisien. Surviennent quelques incidents sur le lieu de travail de ce dernier, et le voilà dans le collimateur de la police, ce qui l'amène à s'intéresser à l'affaire avec le concours d'une craquante journaliste campée par la séduisante Bérénice Bejo.

Le réalisateur a bien tenté d'instiller des éléments de douce folie, mais la sauce ne prend vraiment pas et la bobine se révèle d'une fadeur déconcertante. N'est pas Gondry ou Jeunet qui veut, serais-je tenter de dire, non sans manquer d'ajouter que si l'auteur du roman a longtemps cru son bouquin inadaptable, il aurait dû conserver foi en sa conviction. Bref, absolument pas là de quoi me réconcilier avec le cinéma hexagonal. Next.

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Shérif Jackson

Autant la bande-annonce laissait augurer d'un objet sans prétention mais au potentiel néanmoins sympathique, autant le résultat n'est qu'une grosse mauvaise blague. Le retitrage français peut (éventuellement) se comprendre, le dit Shérif Jackson [Ed Harris] constituant l'agréable bizarrerie de la bobine. Hormis ce personnage central mais paradoxalement mal & sous-exploité, il ne reste pas grand chose, pour ne pas dire rien.

Ce qui portait les germes d'un histoire certes classique mais néanmoins enthousiasmante coboyesquement parlant se trouve au final confiné à une banale historiette bourrée de facilités scénaristiques. L'ensemble baigne dans la caricature, tantôt de la veuve faussement éplorée et placidement badass [January Jones], tantôt du cinglé qui se prend pour un prophète en son pays [Jason Isaacs, pâle copie du shérif de Nottingham campé par l'unique Alan Rickman in Robin des Bois, Prince des Voleurs], sans mentionner (ah ben si tiens) le boutiquier lubrique et le banquier escroc, quoique pour ce dernier point on peut se demander s'il ne s'agit pas plutôt d'un pléonasme.

A vouloir sortir des sentiers battus, les deux frangins à la réalisation ont accouché d'un objet dénué de toute passion, de toute ampleur, bref de toute intérêt. Ce Shérif Jackson est donc à oublier.

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Prisoners

Il ne se passe malheureusement pas une année sans que l'actualité ne soit émaillée de faits divers sordides impliquant des enfants. Prisoners s'attaque à cette thématique difficile, en prenant le parti de délaisser tout effet sensationnaliste, se positionnant ainsi à bonne distances des polars calibrés du genre.

La bobine pose son décor dans une banlieue résidentielle de Boston, à la période de Thanksgiving. Les Dover [Hugh Jackman / Maria Bello] se rendent à pied chez leurs amis Birch [Terrence Howard / Viola Davis], à l'occasion du traditionnel repas de saison. L'après-midi digestive voit les deux plus jeunes filles des deux couples faire un saut au domicile des premiers, et quand elles tardent à revenir l'affolement gagne rapidement les parents.

Le signalement d'un camping-car dans les environs aiguille l'inspecteur Loki [Jake Gyllenhaal] vers un potentiel suspect, lequel se verra relâché sans délai excessif, faute de preuve quelconque l'incriminant. Keller Dover ne parvient à digérer ce qu'il considère comme une aberration, et glisse rapidement vers de troubles sentiers, tandis que l'enquêteur en charge du dossier s'échine à disperser la brume opaque qui le sépare du coupable.


[© SND]

Le personnage campé avec brio par un Hugh Jackman (enfin) débarrassé (du moins temporairement) de son aura de Wolverine nous amène à réfléchir à la manière dont nous pourrions réagir dans ce genre de situation, et sur ce que nous pourrions être amenés à faire pour tenter de retrouver notre progéniture. Toutefois, je crois bien que cette interrogation ne peut trouver de réponse raisonnée, car la situation à laquelle se père se voit confronté sort de l'ordinaire, et de fait met en branle des mécanismes psychiques d'ordre irrationnel.

L'inspecteur Loki illustre quant à lui la difficulté du rôle des autorités dans ce type d'affaire, lesquelles doivent à la fois gérer la réaction des parents et mener une minutieuse enquête sans perdre un seul instant. On se rend compte à quel point le comportement de Keller Dover entrave la bonne marche des investigations et paradoxalement met en danger la vie de sa fille, le facteur temps apparaissant comme l'un des plus déterminants.

A noter que si les personnages interprétés par Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal focalisent l'attention, il convient de souligner que l'ensemble du casting tient admirablement bien ses rôles.


[© SND]

Comme je le laissais entendre en introduction, cette bobine prend un parti réaliste, lequel se trouve accentué par une photo froide qui renforce le sentiment de thriller implacable. En dépit de son rythme d'apparence tranquille, Prisoners baigne dans une tension sourde qui captive, et fait passer les 2h33 de métrage comme une lettre à la poste.

Bref, tout ça pour dire que cette séance se positionne objectivement dans le haut du panier de cette année, et qu'elle finira assurément dans le prochain top annuel. A voir donc, si ce n'est déjà fait.

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Tuesday, October 15, 2013

Metallica - Through the Never

Allons-y sans ambages, j'ai été déçu, oui, éminemment déçu par ce Metallica - Through the Never. Je m'attendais à un objet original, une bobine qui aurait astucieusement su mêler le genre du concert à une intrigue parallèle impliquant ce roadie pur fanboy du groupe... Mais cette dernière se révèle assez fumeuse, elliptique, absconse, sporadique, bref absente et au final inutile.

Reste le pan musical, évidemment bon, très bon, mais l'ennui n'a tout de même pas manqué de poindre, et n'était cette arrivée impromptue de "...And Justice for All" j'aurais pu me laisser couler à un p'tit somme tant je ne suis pas rentré dedans. Quand je pense que le quatuor du groupe a oeuvré à l'écriture et à la production, je me dis qu'ils feraient bien de continuer ce qu'il savent faire avec brio, la musique. Oueps.

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Sunday, October 6, 2013

Machete Kills

Deuxième volet de ce qui au départ n'était qu'une sympathique farce in le projet Grindhouse, cette bobine s'inscrit dans la continuité directe de la précédente, et constitue une nouvelle récréation pleine de funitude.

Mon sentiment au sortir de la séance est grosso modo le même qu'il y a trois ans, à ceci près que celle-ci m'a semblé plus dynamique, plus cadencée que pour Machete. L'ensemble reste agréablement vintage, parodique, stylisé, rigolo, avec un côté outrancier encore plus affirmé, et toujours un casting notable [Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Antonio Banderas, Cuba Gooding Jr, William Sadler, Amber Heard, Mel Gibson, Charlie Sheen, Lady Gaga, Jessica Alba, ainsi que ce bon vieux Tom Savini].


[© Mars Distribution]

En bref, ce Machete Kills est un objet ultra référencé à tendance jouissive pour les amateurs du genre, mais qui rebutera à n'en pas douter les autres (et c'est tout aussi bien comme ça) ! \o/

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Blue Jasmine

Qui dit nouveau Woody, dit obligatoirement séance ciné, et je n'ai cette fois encore pas manqué à la règle. Cette livraison se centre sur le personnage de Jasmine [Cate Blanchett], une New-Yorkaise snob au possible, qui après s'être retrouvée complètement sur la paille vient chercher refuge chez sa soeur fauchée, domiciliée sur San Francisco.

Ce portrait de femme superficielle déchue de son rang social ultra select se montre sans concession, il est difficile de ressentir une quelconque sympathie pour ce personnage instable enfermé dans ses illusions de paraître social, ayant une très haute opinion de sa propre personne, et campé par une Cate Blanchett qui rempli parfaitement la mission qui lui a été confiée. La bobine enrobe cette thématique d'une touche comique qui tient en l'opposition de classes, ultra-riches vs petites gens, mais le bât blesse en ce que le traitement m'a semblé un peu caricatural tant les fréquentations de la soeur de Jasmine versent dans une simili-beauferie.


[© Mars Distribution]

Pour faire court, j'ai trouvé l'idée intéressante (comme souvent), mais le résultat ne m'a pas vraiment convaincu en dépit du salut unanime de la presse. Dans la catégorie comédie dramatique du réalisateur, je préfère largement par exemple le british Rêve de Cassandre, que je réviserais bien, à ce Blue Jasmine.

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