Wednesday, October 31, 2007

The Kingdom

Riyad, Arabie Saoudite. Alors que des expatriés occidentaux s'amusent autour d'un match de base-ball organisé dans leur complexe résidentiel, des kamikazes islamistes mettent à exécution leurs plans d'attentats et massacrent plus d'une centaine de personnes. Faisant fi des injonctions du Département d'Etat américain, l'agent du FBI Ronald Fleury négocie habilement avec un prince saoudien influent l'autorisation de se rendre dans le pays avec son équipe pour mener l'enquête. Sur place, il devra toutefois composer avec les autorités saoudiennes, peu enclines de prime abord à laisser des occidentaux mener la danse...

Si Le Royaume est avant tout un film d'action, il se montre à mon sens assez fin dans la représentation de la société saoudienne, tiraillée entre tradition et modernité. Les relations entre l'agent Fleury et ses homologues, le Colonel Al-Ghazi et le Sergent Haytham, sont tout d'abord empreintes de distance voire de méfiance, chacun cherchant à appréhender l'autre et marquer son territoire, avant de se fluidifier pour donner cours à une coopération sans faille une fois la confiance établie. Cet aspect, important et impeccablement traité, sert grandement la crédibilité de l'ensemble.

Côté réalisation, il n'y a absolument rien à redire : la copie est excellente, et Peter Berg n'a aucun problème à nous immerger littéralement dans le feu de l'action quand celle-ci se fait haletante. Si beaucoup de "méchants" passent effectivement l'arme à gauche, la conclusion du script est tout sauf manichéenne, elle met en parallèle les motivations des uns et des autres qui ne combattent que pour l'anéantissement de ceux d'en face... Ce qui donne amplement matière à réflexion.

En bref, si vous cherchez un film d'action efficace, avec un zeste d'intelligence dedans, alors Le Royaume est fait pour vous.

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Fond Sonore : Bon Jovi, Crossroad

Sunday, October 28, 2007

Never Forever

Sophie est mariée à Andrew, américain d'origine coréenne. Leur bonheur serait total si le couple arrivait à concevoir un enfant, ce qui ne s'est pour le moment pas produit en dépit de plusieurs tentatives d'insémination artificielle. La jeune femme subit la pression de la famille de son mari qui l'enjoint à prier sans discontinuer, tandis qu'Andrew sombre dans un insondable découragement qui le conduira à commettre une tentative de suicide. Suite à ce tragique incident, Sophie louera les services d'un immigré clandestin originaire de Corée afin qu'il la féconde. Cette relation, qui aurait dû rester exempte de tout sentiment, en sera toutefois bientôt pourvue...

Dans son dernier film, Gina Kim aborde des thèmes délicats [l'infécondité, l'adultère, l'expatriation] avec une sensibilité à fleur de pellicule. Les acteurs, Vera Farmiga en tête, habitent littéralement leurs personnages, et leur justesse de jeu leur permet de transmettre des émotions intenses sans avoir à les enrober de palabres inutiles.

L'histoire de cette femme et de son amant, deux êtres perdus qui vont se trouver et s'aimer d'un amour passionné bien qu'improbable, m'a touchée et je vous la recommande vivement. Il ne vous sera toutefois peut-être pas aisé de voir ce film, car Never Forever n'a bénéficié que de 14 écrans pour sa sortie nationale en dépit du Prix du Jury qu'il l'a récompensé au dernier Festival de Deauville...

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Fond Sonore : Monster Mike Welch, Just Like It Is

Friday, October 26, 2007

Shoot'Em Up

Quand j'ai pour la première fois entendu parler de ce film, Shoot'Em Up, je me suis dit que sa pellicule devait très certainement héberger une bonne grosse daube, croyant à tort que son titre faisait référence à une adaptation de jeu vidéo. Mais les bons échos aidant, je me suis décidé à aller le voir sans même jeter un oeil à la bande-annonce... Et grand bien m'en a pris, car ce Shoot'Em Up s'est finalement révélé être une agréable friandise !

Le pitch est relativement simple [un nouveau-né, une bande de tueurs qui veulent le dézinguer, un bon samaritain guerrier en protecteur inespéré], et sert de prétexte à un enchaînement ludique de séquences allumées qui parleront particulièrement aux amateurs de ciné d'action extrême. Le rendu global, mâtiné d'humour noir décalé et d'incorrection politique, surprend pour un film américain et fait honneur aux productions asiatiques du genre. En somme, Shoot'Em Up est un bon petit délire que j'ai pris un délicieux plaisir à déguster... Et il serait fort dommage de vous en priver ! :)

Nota : On dirait que 2007 est l'année des films décomplexés, et c'est tant mieux !

Fond Sonore : Brian Setzer, Ignition! - '68 Comeback Special

Sunday, October 21, 2007

A Sunday Morning on Earth

8h00, le petit-déjeuner enfilé, je sors de chez moi à peu près réveillé. La fraîcheur du fond de l'air me saisit sans prévenir, et je bénis mes options vestimentaires. Le bus ne sera pas là avant quelques minutes, je marche jusqu'au prochain arrêt.

Le jour se lève, les volets sont clos, la ville dort encore. Je marche sans un bruit dans les rues désertes, silencieuses. J'ai l'impression que la ville m'appartient, que je marche dans mon domaine, je me sens bien. Le bus est là, il me prend et file à travers les pâtés de maisons.

Montparnasse, les videurs sont encore devant la boîte. Quand je sors à cette heure, je devrais peut-être éviter le look négligé pour le cas où mon chemin croiserait celui d'une brebis égarée sortant de boîte. Je le note, mais surtout je descends, mon arrêt me faisant signe.

Je m'engouffre dans le métro. Quelques badauds sont là, des touristes dirait-on, japonais et anglais. Debout à cette heure, y'a pas idée. Je plaque mon pass sur la borne et franchis les portillons sans encombre. Encore des touristes dans les couloirs, la rame qui repart du quai d'en face vient de déposer une petite marée de voyageurs. Déjà, si tôt, pfff plus moyen d'être tranquille.

La rame enfile les stations et je me retrouve bientôt à Saint-Michel. Toujours les mêmes sans-logis sur les mêmes fauteuils, les temps sont durs. Châtelet, foule clairsemée, hétéroclite, voyageurs, clubbers, fêtards, matinaux, ovnis. Les Halles, je descends.

Mode Les Halles on. Tête des mauvais jours derrière ma barbe de quatre, les mains fourrées dans les poches de ma parka noire. A cette heure, pas de soucis normalement, mais sait-on jamais. J'arrive dans la galerie, personne ou presque. Je regarde alentours, j'ai envie de me planquer derrière un pilier, de scruter les environs, de faire signe à mon équipe et d'envoyer mes gars shooter ceux d'en face. Ouais, essayer l'airsoft dans ce cadre, ça pourrait être rigolo, bien qu'assez improbable.

8h30, j'arrive au ciné. Une demi-heure porte à porte, pas mal pour un dimanche matin. Quelques spectateurs sont déjà là, notamment des fidèles parmi les fidèles de la première projection de la capitale. Deux pressions sur l'écran tactile, une introduction de pass, et hop mon ticket tombe. Bientôt, la grille métallique glisse vers la gauche et je pénètre dans les entrailles obscures du multiplexe.

Showtime !

Fond Sonore : The Matrix, Bande Originale

Thursday, October 18, 2007

28 Weeks Later

Lorsque 28 Jours Plus Tard était sorti en 2003, j'avais été séduit par son côté clinique réaliste ainsi que par l'angle adopté pour le développement de l'histoire. On y suivait Jim, survivant d'un holocauste épidémique qui avait décimé l'Angleterre, tenter de remonter à la source d'un signal radio prétendument émis par des survivants, promesse d'un hypothétique havre de paix sécurisant. Je crois que c'est cet enthousiasme pour le premier opus qui m'a conduit à aller voir le second en dépit des mises en gardes lancées par mon instinct...

Le virus éradiqué, l'Angleterre sécurisée par les forces armées de l'Oncle Sam [ben voyons], les réfugiés commencent à rentrer au bercail. C'est ainsi que Ron, survivant du désastre, retrouve ses enfants à qui il avait fait quitter le pays. Il leur apprend la mort de leur mère, leur expliquant que le méchant monstre microscopique l'a emportée et qu'il n'a rien pu faire pour la sauver. La petite famille s'installe dans le coeur de Londres, sécurisé par les gentils américains, mais les gamins n'en font qu'à leur tête et s'échappent en zone interdite, histoire de récupérer une photo de leur mère dans l'ex-demeure familiale. Là, ils feront une découverte [plus ou moins] inattendue qui aura de trèèèèès fâcheuses conséquences...

Après une scène d'introduction intense et agréablement maîtrisée, 28 Semaines Plus Tard sombre dans une affligeante banalité. Le scénario y brille par son inconsistance et se révèle d'ailleurs tellement téléphoné que l'on se demande si ses quatre [sic] auteurs n'ont pas fait leurs armes dans l'industrie des télécoms.

Dépossédée de la subtilité de 28 Jours Plus Tard, cette suite adopte un angle sans surprise assez bourrin, qui confine parfois au ridicule [la scène de l'hélico notamment, digne d'un film parodique, franchement too much] et qui donne la nausée [les effets épileptiques ça va cinq minutes]. 28 Semaines Plus Tard est une grosse déception, et ce d'autant plus qu'il y avait largement matière à capitaliser solidement sur le premier volet. A éviter donc.

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Fond Sonore : Kasabian, Empire

Wednesday, October 17, 2007

A Morning in the Merde (*)

La campagne a indéniablement des charmes que la ville ignore. Tenez par exemple, vous êtes citadins, vous habitez une résidence de standing, vos sanitaires se bouchent, vous appelez votre gardien, et paf vos sanitaires se débouchent comme par magie. Easy. A la campagne en revanche, la résolution de ce problème relève plutôt du système D, au sens propre (ou sale c'est selon).

C'est ainsi que dimanche dernier, après avoir tout juste terminé mon petit-déjeuner campagnard, j'ai pris conscience que ma matinée allait pour ainsi dire être assez merdique. Vous n'en serez point étronnés, fidèle à moi-même, je me suis plongé dans le problème de façon pragmatique, activant mes méninges pour trouver une issue aussi digne que possible à la situation.

Une première phase de cogitation expérimentale m'a permis de localiser le noeud du problème à une fraction d'encablures de la cuvette. Ayant de surcroît noté via un regard qu'un petit filet d'eau s'échappait tout de même du sombre piège, je me suis dit que tout espoir de m'en sortir sans gros oeuvre n'était peut-être pas perdu.

M'appuyant sur ce bon vieux principe des vases communicants appliqué aux siphons, je me suis alors armé de redoutables seaux débordants d'eau chaude, histoire de foutre un peu la pression à ce bouchon qui m'emmerdait. Le résultat ne s'est heureusement pas fait attendre : pliant devant la volonté du plus fort ledit bouchon s'en est prestement allé sans demander son reste !

Le succès de l'opération m'a vu pousser un profond soupir de soulagement, réalisant que j'étais passé à quelques grammes de la catastrophe. Je me suis ensuite laissé à nouveau glisser dans cette tranquille routine dominicale que mon escapade campagnarde n'aurait jamais dû quitter...

(*) Clin doeil au bouquin de Stephen Clarke, "A Year in the Merde", je précise, sait-on jamais...

Fond Sonore : The White Stripes, Get Behind Me Satan

Tuesday, October 9, 2007

Death at a Funeral

Le patriarche d'une famille anglaise vient de décéder. Ses funérailles sont organisées par son fils Daniel dans sa belle et cossue demeure de la campagne anglaise. Les proches du défunt, famille et amis, ne tardent pas à arriver et la cérémonie commence tant bien que mal... Pour mieux être interrompue quelques instants plus tard par un fiancé sous l'effet d'une drogue hallucinogène. C'est à ce moment qu'un personnage singulier viendra menacer Daniel de déballer un secret de famille insoupçonné...

La bande-annonce m'avait laissé entrevoir un bon potentiel de comédie décalée so british, et le moins que l'on puisse dire c'est que je n'ai pas été déçu : Joyeuses funérailles a cet agréable grain de folie qui fait la différence.

Le film est servi par une réalisation aux petits oignons comme on n'en voit que trop rarement dans les comédies ainsi que par une excellente bande d'acteurs, tous impeccables quelles que soient les séquences, des plus cérémonieuses aux plus improbables. La sauce comique prend sans aucun problème et nous entraîne rapidement dans un tourbillon de situations cocasses dont certaines s'enchaînent si bien qu'elles m'ont vu partir de plusieurs éclats de rires généreux qui se sont soldés par des larmes aux coins de mes yeux.

Joyeuses Funérailles est donc pour moi un divertissement d'excellente facture. Cela dit, chacun ayant son propre rapport à l'humour, je me doute bien que mon enthousiasme ne sera pas forcément partagé, aussi vous recommanderais-je simplement de visionner la bande-annonce et de vous laisser ensuite guider par votre instinct !

Fond Sonore : Kiss, Best Of

Saturday, October 6, 2007

No Reservations

Entrée en cuisine comme on entre en religion, Kate mène une vie quasi monacale entièrement dévouée à son art. Son talent fait l'unanimité et sa présence à la tête des batteries du 22 Bleecker en a fait l'un des restaurants les plus courus de Manhattan. Solitaire endurcie, Kate prendra pourtant bientôt en charge sa nièce Zoe, âgée de neuf ans, lorsque la mère de celle-ci décèdera dans un accident de voiture. La jeune femme fera alors preuve de bonne volonté mais se rendra rapidement compte qu'elle n'a pas la fibre maternelle innée. C'est dans ce contexte que la patronne du 22 Bleecker imposera à la Chef perfectionniste la présence d'un second d'origine italienne un peu trop prompt à mettre de l'ambiance en cuisine au goût de Kate...

Et forcément, les archets des violons ne tarderont pas à activer leur jeu romantique, car Le Goût de la Vie est bien entendu une comédie sentimentale. Ne vous étonnez pas, je suis allé la voir en toute connaissance de cause : j'ai un côté guimauve fleur bleue et je l'assume.

L'histoire, relativement classique, ne casse certes pas trois pattes à un canard mais elle fonctionne plutôt bien, notamment grâce au sympathique trio d'acteurs principaux, Catherine Zeta-Jones en tête. Je vous avouerais avoir un petit faible pour cette actrice depuis que je l'ai découverte pour la première fois in Les Mille et Une Nuits au tout début des années 90 alors qu'elle tombait nue dans les bras de Gérard Jugnot. Inoubliable ! :)

J'ai ici été touché par son interprétation de ce personnage à la vie strictement réglée comme du papier à musique et dont le tempo sera soudainement chahuté... Pour son plus grand bien. Kate sera évidemment perturbée et quand elle viendra confier à son psy "j'aimerais qu'on me donne des recettes pour la vie, que l'on me dise quoi faire", celui-ci lui rétorquera immédiatement "les meilleures recettes, ce sont les vôtres"... Ce qui mérite d'être médité.

Si Le Goût de la Vie n'a rien d'un menu gastronomique, il n'en reste pas moins un agréable hors-d'oeuvre très digeste. A voir donc, l'esprit léger.

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Fond Sonore : Don McLean, Best Of