Repo Men repose sur un pitch clairement intéressant.
Dans notre futur plus ou moins proche, de grandes sociétés -telles L'Union- proposent un catalogue quasi illimité d'éléments bioniques pouvant virtuellement remplacer tous les membres [bras, genoux,...] / organes [foie, pancréas, poumons,...] endommagés voire même procéder à des upgrades de certains sens [vue / ouïe]. Point de philanthropie toutefois puisque ces implants sont vendus à des tarifs prohibitifs -qui taquinent le million de dollar pièce- et que les bénéficièrent achètent généralement à crédit. Dès lors, si plus de trois traites sont manquées, les sociétés envoient des agents très spéciaux -les Repo Men- récupérer le bien de la compagnie sans ménagement aucun : une vague anesthésie suivie d'une incision... Remy est l'un de ces hommes. Il s'acquitte parfaitement de sa tâche, jusqu'à ce que lui-même se retrouve suite à un accident porteur d'un coeur artificiel sorti des usines de son employeur. Il ne pourra dès lors plus se résoudre à mutiler les mauvais payeurs et se retrouvera bientôt avec l'un de ses anciens collègues aux fesses...
[© Universal Pictures International France]Avec la photo précédente, on pourrait presque se croire dans un épisode de
Dexter, ménon. On se trouve en fait dans... Dans... Hmmmm... Un truc assez inclassable je dirais, surprenant, (très) loin d'être parfait, mais contenant tout de même une certaine dose de pelloche de genre assez halluci-nante/-née.
Le film se présente donc comme un patchwork de styles, oscillant constamment entre satire sociale un brin cynique, série B vitaminée et gore bionique. Je suis passé par à peu près tous les états [enjoué, grimaçant, souriant,...], mais je n'ai jamais pu me défaire de cette idée qu'aussi absurde le pitch puisse-t-il paraître de prime abord la réalité n'en est peut-être pas si éloignée... A l'heure notamment où les soins médicaux sont toujours plus onéreux et les ménages de moins en moins solvables... Sans même évoquer ces trafics d'organes dont les conditions d'ablation sur les donneurs ne sont sans doute pas extrêmement différentes de ce que l'on aperçoit parfois sur l'écran... :-/

[© Universal Pictures International France]Côté action, on pourrait peut-être regretter le rythme inégal, mais je dois avouer avoir tout de même suivi la chose sans vraiment voir le temps passer. A noter toutefois que je ne raffole toujours pas des raccourcis grossiers [
Exemple : deux personnages sortent en surface d'un aéroport avec des gens aux fesses et le plan d'après ils déboulent du parking souterrain en voiture...] mais que les approximations technologiques continuent de m'amuser [
Exemple : les brouilleurs qui perturbent les scanners quelles que soient leurs natures respectives ou encore la molette de réglage du volume complètement cheap pour l'implant high tech de la comparse de cavale de Remy...]. A noter également une scène de couloir qui m'a fait écarquiller les yeux et sourire de bonheur même si je me suis en fait demandé ce qu'elle foutait là... Je n'ai d'ailleurs pas pu m'empêcher de penser à
celle de
Old Boy !

[© Universal Pictures International France]A part ça, une fois que l'intrigue est lancée, son déroulement se révèle ultra balistique, tant et si bien que je n'ai pas vu venir cette fin qui se distingue du reste par un twist assez bien senti. Au final, il m'en reste une fable d'anticipation qui fait un brin froid dans le dos... A voir ? Ch'sais pas. A (re)voir ? Pourquoi pas.
=> Bande-AnnonceFond Sonore : Black Stone Cherry, Black Stone Cherry