A l'ère du divertissement numérique clipesque, proposer un film muet en N&B relevait assurément de la gageure, du montage financier à la sortie en salle. Et pourtant, Michel Hazanavicius a non seulement relevé le défi, mais il a en sus transformé l'essai avec brio le bougre !L'action prend place à Hollywood, à l'époque charnière de l'apparition du cinéma parlant. Jean Dujardin y incarne George Valentin, *LA* star incontestée du muet, qui régale les spectateurs de ses superproductions. Toutefois, la gloire n'étant par essence pas éternelle, il convient de ne pas se reposer sur ses lauriers et de rester à l'affût des changements de vent. Probablement par orgueil, George Valentin balaye d'un revers de la main la perspective de donner dans le parlant, opérant par là-même une sortie de route fatale. Le public, lui, plébiscite en effet rapidement cette nouvelle technologie, ainsi que de nouvelles têtes -dont la pétillante Peppy Miller [Bérénice Bejo]-, oubliant du jour au lendemain ce bon vieux George Valentin, lequel sombre dans une déchéance qui semble irrémédiable.

[© Warner Bros. France]
Absence de dialogues oblige, la bobine repose doublement sur les performances des acteurs, et j'ai à ce titre trouvé l'ensemble du casting exemplaire, Jean Dujardin en tête, tout auréolé de sa récente (et méritée) récompense au dernier Festival de Cannes. La palette de mimiques de l'acteur trouve ici un bel écrin qui la met admirablement en valeur, même s'il n'y a rien de bien nouveau en regard de ce que l'on a pu apercevoir dans les OSS 117 pour ne citer qu'eux.
En sus de cet aspect, l'exercice requérait une réalisation habile, et Michel Hazanavicius n'a objectivement pas démérité. J'ai ainsi retrouvé le plaisir éprouvé notamment au visionnage de ces Histoires sans Paroles rediffusées à la tévé quand j'étais gamin. Comme à l'époque j'ai été sensible à la musique qui revêt ici une importance capitale, berçant le spectateur dans un flot continu d'émotions.
'Fin bref, tout ça pour dire que j'ai passé un très agréable moment en salle avec The Artist, qui constitue à l'évidence l'une des plus belles (et inattendues) surprises de cette année. Il serait donc fort dommage que vous ne répondiez à l'invitation ! ;o)

[© Warner Bros. France]
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Ah oui! un film muet, en noir et blanc, et sous titré, à l'ère de la 3D, il fallait oser! Pari réussi! y'a des moments ça m'a fait penser à Singin'in the rain, (puisque c'est aussi l'histoire d'acteurs du muet qui passent au parlant par le biais de la comédie musicale); parfois, j'ai trouvé la musique un tantinet trop appuyée (mais c'est aussi parce qu'elle n'est pas très variée).
ReplyDeleteTrès jolie performance des acteurs, et aussi du chien ;-)
Freehug> De Singin' in the Rain je dois confesser ne connaître que l'extrait le plus connu, soit celui où Gene Kelly... Chante (et danse) sous la pluie ! ^o^ Il va probablement falloir que je répare cette lacune un jour où l'autre. :o)
ReplyDelete.
Effectivement, j'aurais pu réserver une mention spéciale au canidé apprivoisé qui ma foi ne démérite pas ! ;o)
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Quant à la musique, je me suis également fait ponctuellement la réflexion au sujet de son léger manque de variété, mais cela n'a pas duré, j'étais trop pris par la bobine ! \o/
bah l'histoire de singin' in the rain, n'est pas terrible, par contre les passages dansés : waaaahouuuu!
ReplyDeleteFreehug> S'ils sont tous aussi sympa que ce fameux passage que je connais, ça doit valoir le coup de le voir au moins une fois j'imagine ! :o)
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