Sunday, October 23, 2011

Dernière Impression

"Je regrettai tout de suite la décision que j'avais prise de venir dans cette pièce. Je compris soudain que la dernière expression qu'il avait sur le visage empiéterait sur tous les souvenirs visuels que j'avais de lui. J'allais être obligé d'essayer de l'oublier, de façon à ne plus voir ses yeux dans mon esprit.

C'était la même chose qu'avec mon père. La seule image que j'avais gardée de lui était celle d'un homme allongé dans un lit. Il faisait cinquante kilos maximum et son corps était complètement ravagé par le cancer. Toutes les autres images que j'avais de lui étaient fausses. Elles sortaient de photos que j'avais vues dans des livres." - Michael Haller in "La Défense Lincoln" by Michael Connelly


On se souvient immanquablement de telles images. Mais d'expérience, à la différence du narrateur, à la douloureuse image de la maladie se substitue rapidement pour moi celle du corps préparé, duquel la souffrance semble s'être comme par magie évanouie. La maladie disparaît alors derrière la sérénité surnaturelle qui s'impose, et c'est cette dernière impression qui perdure ensuite, tandis que les photos issues du livre des souvenirs transforment peu à peu la tristesse en nostalgie.

2 comments:

  1. Cette citation me rappelle un épisode de " breaking bad " ou l'acteur racontait presque la même chose^^

    C'est beau ce que tu dis, comment tu le dis :
    " la sérénité surnaturelle qui s'impose" ...

    ( surprise de lire ça sur ton blog, disons que ça " sort du lot " ! )

    Mieux vaut ça que le scénario inverse; la peur, la douleur, l'impuissance jusqu'à la fin... :s

    darkmélody

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  2. Darkmélody> Connais pas Breaking Bad, mais à force d'en entendre parler en bien, va falloir que je tente à l'occaz' !
    .
    Le présent billet sort effectivement un peu du lot, mébon il reste tout de même raccord, s'agissant d'une réflexion sur base d'un extrait d'une récente lecture. :o)

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