Friday, December 13, 2013

Zulu

Zulu prend pour cadre l'Afrique du Sud qui nous est contemporaine, une société qui tente de se construire dans la période post-apartheid. Suite au meurtre sauvage d'une jeune femme blanche, les inspecteurs Brian Epkeen [Orlando Bloom] et Ali Sokhela [Forest Whitaker] lancent des investigations qui vont les confronter aux démons encore vivaces de leur pays.

La bobine présente une réalité extrêmement violente de cette nation, laquelle ne se trouve pas nécessairement si éloignée de l'image que l'on peut s'en forger en suivant l'actualité. L'histoire se déroule à bon rythme, mais il manque un indéfinissable je-ne-sais-quoi pour en faire un oeuvre véritablement palpitante. Je pense donc que je vais à terme prolonger cette séance par la lecture de l'ouvrage qui en est à l'origine, Zulu de Caryl Férey.

=> Bande-Annonce [Nota : Mieux vaut ne pas la visionner, elle en montre bien trop.]

Casse-Tête Chinois

Ils en ont fait du chemin depuis leurs heures estudiantines à Barcelone ! La vie se poursuit pour ces désormais quarantenaires, dans une ambiance toujours singulièrement cosmopolite. Xavier [Romain Duris] se fait mettre à la porte du domicile conjugal parisien avant que Wendy [Kelly Reilly] n'emménage dans le cossu logement new-yorkais d'un autochtone.

Le toujours jeune (si si) écrivain décide de traverser l'Atlantique dans le but de se rapprocher de ses enfants, et loge dans un premier temps chez Isabelle [Cécile de France], vivant le relativement parfait amour avec Ju [Sandrine Holt]. Entre texte qui n'avance pas, paperasse d'immigration, paternité directe et indirecte, la vie de Xavier ne va objectivement pas en simplifiant, surtout quand Martine [Audrey Tautou] débarque en ville à l'occasion d'un voyage d'affaire.


[© StudioCanal]

Le Casse-Tête Chinois qui en résulte illustre sympathiquement la Vie, avec ses aléas, ses hauts et ses bas, et sonne agréablement vrai. Je ne mentirai pas en disant que j'ai passé une agréable séance, et que s'agissant d'un film français cela n'est pas loin d'être un exploit. A tenter si vous ne l'avez pas fait.

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Tuesday, December 3, 2013

Snowpiercer - Le Transperceneige

Snowpiercer partait sur le papier avec une excellente base [une bande dessinée éponyme renommée -que je n'ai pas encore lue-, un réalisateur singulier -Bong Joon Ho-, quelques acteurs sympathiques], et à la différence du récent Cartel il transforme lui l'essai.

La bobine commence par poser l'univers, elle expose les origines de cette ère glaciaire et du fameux train, assurant au récit une assise solide. L'action débute alors en queue du bolide autarcique, là où résident les citoyens de dernière classe (les privilégiés logeant en tête), et l'on suit l'embrasement d'une révolte jusqu'ici larvée.

Le train se présente à l'évidence comme une métaphore de notre société, d'un monde toujours en mouvement, filant la thématique de la lutte des classes. Le récit se déroule tout d'abord sous la forme d'un actioner, agréable divertissement suivant la progression de quelques âmes le long du gigantesque bolide, puis propose un dernier quart en contrepoint. La cruelle réalité qui se cache derrière la magnifique beauté technologique du train met alors en lumière les paradoxes d'une vérité que beaucoup préfèreraient éviter de découvrir, la pilule rouge offrant un choix de confort.


[© 2013 SNOWPIERCER LTD.CO]

Snowpiercer présente le double avantage d'être un sympathique divertissement, bien filmé, et d'amener a posteriori à réfléchir un peu sur l'état de notre monde. La suite pour moi sera évidemment de me plonger dans la lecture de la bande dessinée qui en est à l'origine, que j'ai finalement pu dégoter dans son édition intégrale ! \o/

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Sunday, December 1, 2013

Hunger Games - L'Embrasement

Par un concours de circonstances a posteriori fâcheux je me suis retrouvé à aller voir ce second volet de la saga Hunger Games, bien que le premier ne m'ait guère convaincu. Cette suite s'inscrit dans la continuité, j'y ai trouvé les mêmes travers, un fond intéressant au potentiel entravé par le traitement adolescent, conférant à la bobine de regrettables accents de bluette.

Je ne dirais pas non plus que le temps m'a semblé long, cela n'est objectivement pas le cas, mais la mécanique reste néanmoins poussive, longuette, et l'ensemble somme toute assez fade. L'actrice principale n'aide d'ailleurs vraiment pas, je n'arrive guère à lui trouver l'ombre d'un soupçon de charisme. 'Fin bref, pas de quoi épilogue sur cet embrasement qui manquait singulièrement de crépitements. Passons donc à autre chose...

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Sunday, November 24, 2013

Evasion

Voir sur la même affiche les noms de Sly et Schwarzy me fera toujours frissonner de plaisir, en bon enfant des eighties / nineties que je suis, mais il serait tout de même sympathique que les deux gus ne fassent pas tout et n'importe quoi sous couvert d'un nouvel état de grâce post-Expendables.

Le titre de cette présente bobine résume à lui seul le pitch extrêmement simple, la bobine fleurant a priori la potentielle série B burnée. A posteriori, le film mange un peu à tous les râteliers, donnant plus l'impression de vouloir aligner les saynètes à punchline que de s'embêter à garnir son ossature. Evasion renvoie évidemment à l'excellent Haute Sécurité, sans toutefois soutenir la comparaison, avec un léger côté Fortress, et je ne suis pas certain de savoir lequel fait dans ce dernier cas le plus d'ombre à l'autre...


[© Concorde Filmverleih GmbH]

Ce bon vieux Schwarzy m'est apparu encore plus fantôme que dans ce Dernier Rempart de début d'année, ultra monolithique, non moins rouillé, et la question que je me posais au sujet des huit films prévisionnels figurant alors dans sa filmo me semble avoir ici un début de réponse...

'Fin bref, ca se laisse regarder comme une petite pochade, sans trop de conséquences, hormis éventuellement de vous faire regretter d'avoir payer un plein tarif si jamais cela a été le cas. Next.

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Saturday, November 23, 2013

TWIY - S11

Hier, au 22/11/2013, ce lieu a fêté sa dixième bougie. Oui, 10 ans, une décennie d'existence, ce qui dans ce concept relativement fumeux de blogosphère tient un peu de l'exploit.


J'avais pensé me livrer à un petit exercice de visée dans le rétroviseur, mais en parcourant celui que j'avais réalisé à fin 2010, je me dis que je n'aurais pas grand chose à ajouter, si ce n'est qu'après un si long chemin je n'entends pas m'arrêter. Le lieu va donc tout simplement poursuivre sa petite existence tranquille, essentiellement comme pense-bête de mes visionnages ciné / lectures en tous genres, en direction de son vingtième anniversaire ! :o)

Monday, November 18, 2013

Cartel

Prenez un excellent réalisateur [Ridley Scott], mettez une belle plume à l'écriture [Cormac McCarthy], ajoutez une belle brochette d'acteurs [Michael Fassbender, Pénélope Cruz, Cameron Diaz, Javier Bardem, Brad Pitt], mélangez le tout et obtenez... Une bien belle déception !

Ce Cartel manque ainsi singulièrement de peps, il ne parvient absolument pas à nous faire ressentir les enjeux pourtant loin d'êtres anodins, bref l'ensemble ne dégage aucune passion. Le constat est assez cinglant, plutôt triste, et ne fait que me conforter dans mon sentiment à l'égard de l'industrie hollywoodienne... Un beau gâchis en somme... :-/

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Sunday, November 10, 2013

Hellraiser - Clive Barker

Hellraiser est avant tout pour moi ce film découvert alors que j'étais ado, en pleine frénésie de défrichage du cinéma fantastique / horreur 80's [période bénie s'il en est pour ce double genre]. Je garde de cette bobine un souvenir singulier, celui d'une série B que je n'imagine pas nécessairement avoir très bien vieillie dirons-nous. Quoi qu'il en soit, je m'étais toujours dit que je devrais un jour lire le bouquin qui en est à l'origine, et c'est à présent chose faite.

Hellraiser s'articule autour de l'idée de recherche du plaisir ultime, celle-ci impliquant de percer le secret d'une mystérieuse boîte dite de Lemarchand. Un certain Frank y parvient, ouvrant ainsi la porte d'une autre dimension, et devenant le jouet de ces Cénobites à la compréhension toute relative du plaisir, plutôt sadique extrême.

L'homme reste prisonnier de ses nouveaux Maîtres, tandis que son frère Rory emménage avec sa jeune épouse Julia dans la maison qui l'a vu résoudre l'énigme. Une séance de bricolage, une goutte de sang du nouvel époux, et paf Frank reprend partiellement pied dans notre réalité, avec une soif de sang qu'il tentera d'épancher par la grâce de cette Julia qui le convoitait...

Sur ce pitch relativement simple, je m'attendais à un texte percutant, à même de générer la tension fantastique requise à l'égard de ces personnages trans-dimensionnels que sont les Serviteurs de l'Ordre de l'Entaille, mais le texte échoue sur ce point. Je l'ai en effet trouvé assez plat, avec un petit côté cheap, ou roman de gare dirons-nous. Je me demande si je n'avais pas mis la barre un peu trop haut, si à force d'avoir digéré / réi-maginé ce film vu il y a bien longtemps je ne m'étais forgé une idée un peu trop personnelle de ce que devait être le texte... Je dirais néanmoins qu'il me semble en l'état assez mineur, et qu'il gagnerait probablement à être livré conjointement à une autre production de son auteur.

Saturday, November 9, 2013

Inside Llewyn Davis

Llewyn Davis est un loser, un énergumène qui tente de percer dans un domaine où les Elus ne sont point légions. Dans sa galère volontaire, il vit au crochet de ses amis, ou plutôt devrais-je dire de ses connaissances, il profite de leur générosité, peinant à dégoter des scènes où déverser sa folk.

La mise en image d'une semaine de sa vie ne m'a pas exactement semblé d'un intérêt mirifique, surtout en regard de ces autres bobines fortement imprégnées de musique et que j'ai adorées, Alabama Monroe, Crazy Heart, ou même Once tiens. Si cet Inside Llewyn Davis se laisse regarder, il n'appellera pas une révision dirons-nous...

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Sunday, November 3, 2013

Thor - Le Monde des Ténèbres

Plutôt satisfait du premier volet consacré au héros nordique, Thor, en dépit de sa structure assez balistique, il était logique que je me laisse tenter par cette suite... Qui m'a énormément plu !

Depuis la magnifique séquence d'intro jusqu'à la confrontation finale attendue, la bobine déroule un divertissement rythmé qui oppose la puissante armée d'Asgard à des Elfes Noirs ne désirant rien de moins que détruire l'Univers. Cette race que l'on pensait éteinte a constitué une excellente surprise tant ses membres se sont révélés badass comme il faut, leur leader me renvoyant à ce bon vieux Scorpius de Farscape.


[© Walt Disney]

Si la Terre constitue un enjeu central, l'action ne s'y focalise point, ce qui a le mérite de faciliter le dépaysement. Les personnages humains voient leurs rôles réduits mais néanmoins correctement exploités, essentiellement pour des facteurs comiques, hormis la (toujours) craquante Natalie Portman.

En regardant la fiche Allociné de ce réalisateur dont le nom ne me disait rien, Alan Taylor, j'ai noté qu'il venait de l'univers des séries télévisées [et pas des moindres]. Devant la qualité de cette réalisation, je me dis que l'on devrait vraiment sur grand écran favoriser les talents de cet univers, afin de renouveler un système qui s'encroûte et manque globalement de passion... Mais ceci est un autre débat.

Pour en revenir à ce Thor - Le Monde des Ténèbres, je conclurai simplement en disant qu'il serait fort dommage de ne pas en profiter ! :o)

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Blood Ties

Parti voir Snowpiercer, je me suis hier comme un bleu retrouvé devant un frustrant "complet"... Faisant contre mauvaise fortune potentiel bon coeur, j'ai opté pour la prochaine séance, celle de Blood Ties.

Disons le tout de go, je n'ai pas adhéré à cette bobine de Guillaume Canet. Il y a certes bien un soucis du détail dans la mise en image de ce New York des années 70, mais également quelque chose qui ne fonctionne pas dans la narration, un manque de fluidité et une absence de puissance dans les enjeux. De fait, j'ai pour ainsi dire senti le temps passer, et il m'a fallu faire montre d'abnégation envers mon habitude de ne point quitter la salle avant l'heure pour empêcher mes jambes de me porter au dehors.


[© Mars Distribution]

J'aurais certainement dû me méfier, James Gray cosignant la copie... Je n'avais en effet pas exactement aimé ses Two Lovers et La Nuit Nous Appartient... 'Fin bref, il s'agit donc ici d'une déception, quoique non, vu que je n'avais pas d'attentes particulières, juste d'une leçon qui m'apprendra aux heures de pointe à réserver mon billet. Oueps.

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Saturday, October 26, 2013

Gravity

Une mission spatiale, une pluie de débris conséquence d'une maladresse russe [Fallait-il donc qu'elle soit Rouge ?], deux astronautes [Ryan Stone (Sandra Bullock), Matt Kowalsky (George Clooney)] en perdition dans l'espace... La minceur du script ne pouvait se voir compensée que par une réalisation virtuose, et force est de (re)constater qu'Alfonso Cuarón maîtrise la chose. Je n'en doutais à vrai dire guère, emballé que j'avais été par sa magnifique précédente bobine, Les Fils de l'Homme.

Gravity est à l'évidence un film d'ambiance immersif, qui doit sans dérogation possible être envisagé sur (très) grand écran avec un système audio à la hauteur. Pour peu que l'on se laisse porter, on angoisse de cette situation désespérée, on frisonne face à ce réalisme qui nous fait réaliser combien l'Aventure spatiale est tout sauf une joyeuse partie de plaisir, on se confronte à l'insignifiance de l'Homme en regard de l'Univers, bref on vit la chose.


[© Warner Bros. France]

De fait, j'ai passé un bon moment en salle, j'ai trouvé que l'équilibre entre divertissement et soucis du réalisme était fort bien dosé, mais dans le même temps je me dis que la bobine manque un peu de corps (que révèlent ses 1h30), et que je lui préfère par exemple un Apollo 13.

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Tuesday, October 22, 2013

L'Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet

Cet Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet m'a laissé un bien étrange sentiment, celui d'avoir assisté à un spectacle inachevé, une esquisse de ce qui aurait pu être un sympathique film empli de poésie. L'ensemble manque singulièrement de consistance, et le dit "voyage" n"a pour lui aucune réelle extravagance, vraiment pas. J'aurais aimé trouver un élément de comparaison filmesque à apporter, mais il ne m'en vient présentement aucun à l'esprit.

De surcroit je n'ai pas été outre mesure emballé par la prestation du jeune Kyle Catlett, beaucoup moins par exemple qu'avec celle du gringalet Macaulay Culkin à l'époque de Maman, j'ai raté l'avion (sisi j'ose). Le rendu des autre personnage manque également de relief, le tort devant en être imputé à un paradoxal manque de folie dans la réalisation, en dépit de quelques facéties graphiques par ailleurs sympathiques.

Bref, il s'agit là d'une déception, qui confirme que je n'adhère plus au cinéma de JP.Jeunet, et ce depuis ce Long Dimanche de Fiançailles. La prochaine fois, ça sera donc sans moi.

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Monday, October 21, 2013

9 Mois Ferme

Il y a parfois des présages de bon augure, et les repérer nous place indiscutablement dans de bonnes dispositions : cela fut le cas avec cette séance de 9 Mois ferme, dont le premier plan de cette statue de Justice m'a renvoyé au mythique ...And Justice for All de Metallica ! \m/

La bobine met en scène une juge d'instruction dévouée à sa carrière, Ariane Felder [Sandrine Kiberlain], qui se voit un jour annoncé qu'elle est enceinte... D'un voleur [Albert Dupontel] soupçonné d'avoir violemment mutilé un vieux propriétaire qu'il cambriolait ! Se refusant dans un premier temps à admettre l'impossible, Ariane se trouve compte tenu de sa situation bien obligée d'ouvrir les yeux, et de se rapprocher de ce potentiel monstre de Bob...


[© Jérôme Prébois]

Sous la houlette d'un autre réalisateur hexagonal ce film aurait certainement été d'un fade classicisme, mais fort heureusement nous profitons ici du sympathique grain de folie d'Albert Dupontel. Le rythme est bon, les mots choisis, l'interprétation étonnamment calée, et le soucis du détail force la sympathie ( Regardez parfois ailleurs que là où la caméra attire votre attention ! ^^). Last but not least, la bobine ne tire pas sur la corde, elle se limite à un honnête compteur de 1h22, ce qui est amplement suffisant pour l'histoire. Bref, il s'agit là d'une sympathique et surprenante séance, qu'il serait dommage d'ignorer.

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Thursday, October 17, 2013

Au Bonheur des Ogres

Adaptée d'un roman éponyme de Daniel Pennac publié il y a presque vingt ans, cette bobine se focalise sur la tribu Malaussène, un assemblage hétéroclite de demi-frères et soeurs pris en charge par l'aîné Benjamin, employé sans relief d'un grand magasin parisien. Surviennent quelques incidents sur le lieu de travail de ce dernier, et le voilà dans le collimateur de la police, ce qui l'amène à s'intéresser à l'affaire avec le concours d'une craquante journaliste campée par la séduisante Bérénice Bejo.

Le réalisateur a bien tenté d'instiller des éléments de douce folie, mais la sauce ne prend vraiment pas et la bobine se révèle d'une fadeur déconcertante. N'est pas Gondry ou Jeunet qui veut, serais-je tenter de dire, non sans manquer d'ajouter que si l'auteur du roman a longtemps cru son bouquin inadaptable, il aurait dû conserver foi en sa conviction. Bref, absolument pas là de quoi me réconcilier avec le cinéma hexagonal. Next.

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Shérif Jackson

Autant la bande-annonce laissait augurer d'un objet sans prétention mais au potentiel néanmoins sympathique, autant le résultat n'est qu'une grosse mauvaise blague. Le retitrage français peut (éventuellement) se comprendre, le dit Shérif Jackson [Ed Harris] constituant l'agréable bizarrerie de la bobine. Hormis ce personnage central mais paradoxalement mal & sous-exploité, il ne reste pas grand chose, pour ne pas dire rien.

Ce qui portait les germes d'un histoire certes classique mais néanmoins enthousiasmante coboyesquement parlant se trouve au final confiné à une banale historiette bourrée de facilités scénaristiques. L'ensemble baigne dans la caricature, tantôt de la veuve faussement éplorée et placidement badass [January Jones], tantôt du cinglé qui se prend pour un prophète en son pays [Jason Isaacs, pâle copie du shérif de Nottingham campé par l'unique Alan Rickman in Robin des Bois, Prince des Voleurs], sans mentionner (ah ben si tiens) le boutiquier lubrique et le banquier escroc, quoique pour ce dernier point on peut se demander s'il ne s'agit pas plutôt d'un pléonasme.

A vouloir sortir des sentiers battus, les deux frangins à la réalisation ont accouché d'un objet dénué de toute passion, de toute ampleur, bref de toute intérêt. Ce Shérif Jackson est donc à oublier.

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Prisoners

Il ne se passe malheureusement pas une année sans que l'actualité ne soit émaillée de faits divers sordides impliquant des enfants. Prisoners s'attaque à cette thématique difficile, en prenant le parti de délaisser tout effet sensationnaliste, se positionnant ainsi à bonne distances des polars calibrés du genre.

La bobine pose son décor dans une banlieue résidentielle de Boston, à la période de Thanksgiving. Les Dover [Hugh Jackman / Maria Bello] se rendent à pied chez leurs amis Birch [Terrence Howard / Viola Davis], à l'occasion du traditionnel repas de saison. L'après-midi digestive voit les deux plus jeunes filles des deux couples faire un saut au domicile des premiers, et quand elles tardent à revenir l'affolement gagne rapidement les parents.

Le signalement d'un camping-car dans les environs aiguille l'inspecteur Loki [Jake Gyllenhaal] vers un potentiel suspect, lequel se verra relâché sans délai excessif, faute de preuve quelconque l'incriminant. Keller Dover ne parvient à digérer ce qu'il considère comme une aberration, et glisse rapidement vers de troubles sentiers, tandis que l'enquêteur en charge du dossier s'échine à disperser la brume opaque qui le sépare du coupable.


[© SND]

Le personnage campé avec brio par un Hugh Jackman (enfin) débarrassé (du moins temporairement) de son aura de Wolverine nous amène à réfléchir à la manière dont nous pourrions réagir dans ce genre de situation, et sur ce que nous pourrions être amenés à faire pour tenter de retrouver notre progéniture. Toutefois, je crois bien que cette interrogation ne peut trouver de réponse raisonnée, car la situation à laquelle se père se voit confronté sort de l'ordinaire, et de fait met en branle des mécanismes psychiques d'ordre irrationnel.

L'inspecteur Loki illustre quant à lui la difficulté du rôle des autorités dans ce type d'affaire, lesquelles doivent à la fois gérer la réaction des parents et mener une minutieuse enquête sans perdre un seul instant. On se rend compte à quel point le comportement de Keller Dover entrave la bonne marche des investigations et paradoxalement met en danger la vie de sa fille, le facteur temps apparaissant comme l'un des plus déterminants.

A noter que si les personnages interprétés par Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal focalisent l'attention, il convient de souligner que l'ensemble du casting tient admirablement bien ses rôles.


[© SND]

Comme je le laissais entendre en introduction, cette bobine prend un parti réaliste, lequel se trouve accentué par une photo froide qui renforce le sentiment de thriller implacable. En dépit de son rythme d'apparence tranquille, Prisoners baigne dans une tension sourde qui captive, et fait passer les 2h33 de métrage comme une lettre à la poste.

Bref, tout ça pour dire que cette séance se positionne objectivement dans le haut du panier de cette année, et qu'elle finira assurément dans le prochain top annuel. A voir donc, si ce n'est déjà fait.

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Tuesday, October 15, 2013

Metallica - Through the Never

Allons-y sans ambages, j'ai été déçu, oui, éminemment déçu par ce Metallica - Through the Never. Je m'attendais à un objet original, une bobine qui aurait astucieusement su mêler le genre du concert à une intrigue parallèle impliquant ce roadie pur fanboy du groupe... Mais cette dernière se révèle assez fumeuse, elliptique, absconse, sporadique, bref absente et au final inutile.

Reste le pan musical, évidemment bon, très bon, mais l'ennui n'a tout de même pas manqué de poindre, et n'était cette arrivée impromptue de "...And Justice for All" j'aurais pu me laisser couler à un p'tit somme tant je ne suis pas rentré dedans. Quand je pense que le quatuor du groupe a oeuvré à l'écriture et à la production, je me dis qu'ils feraient bien de continuer ce qu'il savent faire avec brio, la musique. Oueps.

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Sunday, October 6, 2013

Machete Kills

Deuxième volet de ce qui au départ n'était qu'une sympathique farce in le projet Grindhouse, cette bobine s'inscrit dans la continuité directe de la précédente, et constitue une nouvelle récréation pleine de funitude.

Mon sentiment au sortir de la séance est grosso modo le même qu'il y a trois ans, à ceci près que celle-ci m'a semblé plus dynamique, plus cadencée que pour Machete. L'ensemble reste agréablement vintage, parodique, stylisé, rigolo, avec un côté outrancier encore plus affirmé, et toujours un casting notable [Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Antonio Banderas, Cuba Gooding Jr, William Sadler, Amber Heard, Mel Gibson, Charlie Sheen, Lady Gaga, Jessica Alba, ainsi que ce bon vieux Tom Savini].


[© Mars Distribution]

En bref, ce Machete Kills est un objet ultra référencé à tendance jouissive pour les amateurs du genre, mais qui rebutera à n'en pas douter les autres (et c'est tout aussi bien comme ça) ! \o/

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Blue Jasmine

Qui dit nouveau Woody, dit obligatoirement séance ciné, et je n'ai cette fois encore pas manqué à la règle. Cette livraison se centre sur le personnage de Jasmine [Cate Blanchett], une New-Yorkaise snob au possible, qui après s'être retrouvée complètement sur la paille vient chercher refuge chez sa soeur fauchée, domiciliée sur San Francisco.

Ce portrait de femme superficielle déchue de son rang social ultra select se montre sans concession, il est difficile de ressentir une quelconque sympathie pour ce personnage instable enfermé dans ses illusions de paraître social, ayant une très haute opinion de sa propre personne, et campé par une Cate Blanchett qui rempli parfaitement la mission qui lui a été confiée. La bobine enrobe cette thématique d'une touche comique qui tient en l'opposition de classes, ultra-riches vs petites gens, mais le bât blesse en ce que le traitement m'a semblé un peu caricatural tant les fréquentations de la soeur de Jasmine versent dans une simili-beauferie.


[© Mars Distribution]

Pour faire court, j'ai trouvé l'idée intéressante (comme souvent), mais le résultat ne m'a pas vraiment convaincu en dépit du salut unanime de la presse. Dans la catégorie comédie dramatique du réalisateur, je préfère largement par exemple le british Rêve de Cassandre, que je réviserais bien, à ce Blue Jasmine.

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