Sunday, December 30, 2007

Et (malheureusement) la Lumière Fut !

Je ne sais pas si je fais une fixation, mais il me semble que plus les années passent, plus maisons individuelles disparaissent sous des tonnes de décorations diverses et variées au moment de Nowel. La responsabilité en incombe certainement à ces municipalités inconscientes qui organisent des concours - certains oubliant alors tout sens esthétique au profit de la surenchère lumineuse - et à ces foirfouilles qui proposent souvent des objet douteux à des prix défiants toute concurrence.

Je ne dis pas que tous les agencements sont systématiquement laids, certains pouvant même être relativement harmonieux, mais force est de constater que ceux-ci ne sont pas légion. Dans nos contrées, on a généralement droit à des compositions qui tiennent plus de la Jacky's Touch que d'autre chose...

On pourra toujours se plaindre que l'Esprit de Nowel brille pas son absence en cette sainte période, mébon il faut le comprendre aussi, il doit prendre peur quand il tombe sur ça le pauvre ! Et quand on voit la marge de progression qu'ont nos concitoyens dans cet exercice d'illumination, j'ai comme dans l'idée qu'on n'est pas prêt de le revoir...

Maison de Noël via Koreus

Maison de Noël 2006 via Koreus

Personnellement, ça me laisse sans voix...

Fond Sonore : Aerosmith, Big Ones

Thursday, December 27, 2007

World of Watching(you)

Je me suis toujours refusé à tester World of Warcraft car ce jeu présente un fort potentiel addictif... Et j'ai comme qui dirait déjà largement mon compte d'addictions ! Ne reculant toutefois devant rien pour parvenir à me faire croquer le e-fruit défendu, Blizzard a décidé d'offrir la possibilité à la Terre entière de plonger gratuitement dans l'univers de WoW pour une petite dizaine de jours.

Fort comme un roc en toc, j'ai bien évidemment répondu positivement à leur appel du pied en entreprenant de m'inscrire sur leur site. Mais voilà, dès la première page, mes yeux sont tombés sur des conditions d'utilisations qui m'ont fait tiquer :

Dans le but d’offrir à tous les utilisateurs une même opportunité de jouer à World of Warcraft dans un environnement exempt de triche, nous tenons à vous informer que World of Warcraft exerce une surveillance sur l’ordinateur que vous utilisez pour accéder au jeu (sic). World of Warcraft recherchera des programmes tiers non autorisés fonctionnant simultanément avec World of Warcraft, au moyen d’inspections limitées de votre ordinateur.

En cochant cette case, vous reconnaissez à Blizzard le droit de procéder à de telles inspections. Si vous n’acceptez pas ces termes et refusez à Blizzard ce droit, il ne vous sera pas possible de souscrire un compte pour jouer à World of Warcraft.

[Source]

Ben voyons, Big Blizzard is watching us, et la marmotte...

Fond Sonore : Michael Jackson, The Ultimate Collection

Sunday, December 16, 2007

Mé Keskédit ?

L'Election de Miss France, c'est un peu comme le Concours de l'Eurovision, ça t'en touche une sans faire bouger l’autre comme dirait Milou. S'il y avait des coups d'éclat ou des gaffes en pagaille, l'extrémité d'un sourcil pourrait éventuellement se soulever d'intérêt, mais force est de constater qu'il n'y a pour le moment vraiment pas de quoi agiter notre pilosité faciale.

Si seulement, ah oui si seulement nos prétendantes étaient de la même trempe que cette Miss South Carolina, candidate au titre de Miss Teen America 2007, gageons que les audiences seraient bien meilleures !


(via Lilo)

Transcription de la réponse de la demoiselle après qu'on lui ait demandé pourquoi selon elle beaucoup d'Américains ne savaient pas localiser les USA sur une carte du monde :

"I personally believe, that U.S. Americans are unable to do so, because, uh, some people out there in our nation don't have maps and, uh, I believe that our, I, education like such as uh, South Africa, and the Iraq, everywhere like such as, and I believe that they should, uh, our education over here in the US should help the US, uh, should help South Africa, it should help the Iraq and the Asian countries, so we will be able to build up our future, for us."


On notera le compatissant Thank you very much Miss South Carolina du présentateur qui n'a pu s'empêcher d'esquisser un léger sourire en entendant les paroles de la belle...

Post Postum Bonux : Deux congénères capillaires de la sus-présentée Miss ont récemment été déversées ici et là.

Fond Sonore : Elysian Fields, Queen Of The Meadow

Friday, December 14, 2007

Lions for Lambs

Tandis qu'un professeur d'université discute avec l'un de ses étudiants, blasé mais à fort potentiel, pour tenter de l'amener à prendre en main sa destinée, deux de ses anciens élèves luttent pour leur survie au beau milieu des montagnes Afghanes alors qu'ils sont encerclés par les Talibans. Dans le même temps, un sénateur ambitieux entreprend de convaincre la journaliste qui lui a donné des ailes politiques de l'aider à vendre au peuple américain une nouvelle théorie miracle censée mettre un terme définitif aux agissements des terroristes afghans...

Lions et Agneaux s'inscrit pour moi dans la droite lignée de films comme le récent Dans la Vallée d'Elah : il est à prendre comme un support à la réflexion sur des thématiques contemporaines.

L'intelligence de son script réside en ces trois scènes qui se font échos les unes aux autres, confrontant les points de vue. On y voit notamment souligné ce contraste fondamental entre les politiciens idéologues [Lambs] qui restent tranquillement à l'abri derrière leurs bureaux tandis qu'ils envoient de jeunes gens vaillants [Lions] se confronter à la dure réalité du terrain [d'où le titre original] pour tenter de mettre en oeuvre leurs théories idéalisées.

L'aspect un peu austère du film pourra décevoir, mais la portée de l'exercice rattrape la donne. A voir, si vous avez envie de réfléchir un brin. Sinon, passez votre chemin.

=> Bande-Annonce

Fond Sonore : Carolina Chocolate Drops, Heritage

Sunday, December 9, 2007

Frissons

Alors que le train roule à vive allure, je me laisse bercer par le son régulier des roues sur les rails. La musique qui s'échappe de mes écouteurs m'isole du reste du wagon, je suis dans ma bulle. Blues, Rock, Folk, les guitares me transportent dans des univers variés, des Kills aux Shins, en passant par Kelly Joe Phelps, GO!GO!7188 ou encore les Black Keys.

Vient le tour des Beatles. Les pistes de l'Album Rouge s'enchaînent, une à une, les paroles s'affichent limpides dans mon esprit, les mots flottent, s'entrechoquent, déroulent des histoires et autant de double sens. We Can Work It Out résonne bientôt à mes oreilles...


Le texte me fait immédiatement penser à ces sages paroles de Tenzin Gyatso, le 14ème Dalaï Lama :

Mettez-vous toujours à la place de l'autre.
Renoncez un temps à vos opinions,
à vos jugements, afin de le comprendre.
Bien des conflits peuvent ainsi être évités.


Parler, écouter son prochain, échanger, communiquer, des nécessités d'une évidence enfantine qui semblent pourtant aujourd'hui étonnamment hors de portée de l'être humain : les images qui inondent mon esprit à cet instant précis sont remplies de violence, des conflits sociaux aux guerres, des attentats suicides aux émeutes urbaines, tout s'agglutine en un immense magma noir, le sentiment que le monde s'enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos, qu'il court irrémédiablement à sa perte, se fait oppressant et je frissonne fugitivement.

J'ouvre alors les yeux en secouant la tête, me tourne vers le paysage qui défile à vive allure et y perd mon regard... L'humanité file un mauvais coton, pense-je, amer, elle gaspille ce précieux potentiel qui aurait pu faire d'elle la Cinquième Race de l'Alliance, et cela est bien triste.

Je passe les mains sur mon visage, m'enfonce dans mon fauteuil avant de laisser mon esprit vagabonder de nouveau au son du titre suivant, Day Tripper.

Fond Sonore : Johnny Cash, Ring of Fire

Thursday, December 6, 2007

Weird Al - The Saga Begins

A la fin des années 80, j'avais découvert totalement par hasard à la télévision le clip I'm Fat, parodie du célèbre Bad de l'ex-King of Pop mitonnée par un illustre inconnu dénommé Weird Al Jankovic. La qualité de l'ovni m'avait immédiatement séduit.

Quelques années plus tard, Weird Al devait s'attaquer au carton de Coolio qui figurait à la BO du Dangerous Minds avec la belle Michelle, Gangsta's Paradise, pour accoucher d'un Amish Paradise là encore de très bonne facture.

Et un paquet d'années encore plus tard, maintenant quoi, je tombe sur sa parodie d'un titre mythique de Don McLean, American Pie, qu'il a transformé en The Saga Begins... Les geeks qui sommeillent en vous y suspecteront un clin d'oeil starwarsesque, et ils auront bien raison puisque The Saga Begins reprend la trame de Star Wars : Episode I - The Phantom Menace racontée en adoptant le point de vue d'Obi-Wan. Il est inutile de le préciser, mais j'adore bien évidemment ce titre, et je ne peux résister à l'envie de le partager avec vous. Enjoy !


[Lyrics]

Fond Sonore : Weird Al Jankovic, The Saga Begins

Monday, December 3, 2007

In the Valley of Elah

Hank Deerfield, retraité de la police militaire américaine, apprend que son fils, de retour d'Irak pour une permission, est signalé manquant dans son régiment. Cette absence inexpliquée étant surprenante en regard de la pesonnalité du jeune homme, Hank décide de partir à sa recherche. Il arrive bientôt au Nouveau-Mexique où il tente de faire appel aux autorités locales, mais la recherche de déserteurs ne fait pas partie de leurs prérogatives. Il faudra la découverte d'un cadavre pour qu'une jeune inspectrice de police, Emily Sanders, s'intéresse à la question et entreprenne de se mesurer à une administration militaire qui n'a manifestement pas envie que des civils viennent fourrer leurs nez dans ses affaires...

Dans la Vallée d'Elah raconte l'histoire de personnes simples embarquées dans la tourmente, celle de jeunes gens envoyés se battre dans une lointaine contrée pour servir une cause idéalisée à cent lieues de la terrible réalité du terrain, celle d'un bourbier dont personne ne peut revenir indemne...

Loin des clichés, le réalisateur Paul Haggis s'attache à mettre en lumière la réalité concrète du conflit, la mort et les blessures de l'âme, au travers du regard d'un père sur le parcours de son fils. Il met l'accent sur ses personnages, interprétés sans fioriture par un casting impliqué, Tommy Lee Jones et la bien trop rare Susan Sarandon en tête. J'ai été tout simplement ému par l'histoire de ce couple, et le final m'a conduit à rester assis un certain moment, pensif.

Paul Haggis déclarait récemment [in UGC Illimité n°161] :

Un film doit poser des questions. Un artiste doit offrir quelque chose de substantiel au spectateur qui a dépensé 10€ pour voir votre film. Si vous posez les bonnes questions, les gens auront peut-être envie de discuter à la sortie du cinéma et ils trouveront les bonnes réponses.

Force est de constater que sa dernière réalisation s'inscrit effectivement dans ce cadre. A voir.

=> Bande-Annonce

Fond Sonore : The Beatles, 1967-1970

Saturday, November 24, 2007

TWIY - S5

Ce week-end était particulier à au moins deux titres. En premier lieu, il était le week-end du retour à la normale dans les transports en commun. Autant dire, après les perturbations des jours passés, que j'étais très heureux de retrouver métros & bus et de pouvoir à nouveau me déplacer librement. Enfin librement... J'ai bien tenté de prendre la ligne 4 hier après-midi, mais le trafic était interrompu pour cause d'accident voyageur... Il fallait s'y attendre me direz-vous, les non-accidentés de la semaine passée vont très certainement s'en donner à coeur joie les jours prochains, histoire de remonter un brin les stats de la Faucheuse. Mais franchement, compte tenu de la gêne occasionnée, vous ne trouvez pas que sauter devant une rame de métro équivaut à faire preuve d'un manque certain de savoir vivre ? ! ? *ahem*

Ensuite - et surtout ajouterais-je -, ce week-end était le premier de la cinquième saison de cet espace d'expression virtuel qui est mien. Oué, vous avez bien lu, la cinquième saison vient tout juste de débuter ! Quatre années révolues donc, pfiouuu, quatre années qui ont vu la blogosphère sensiblement évoluer, tandis que je continuais sur ma lancée pépère, postant selon mes envies, mon inspiration, sans contrainte aucune... Et j'entends bien continuer de la sorte ! :)

La dernière saison a vu l'éclosion d'un petit spin-off dans lequel certains d'entre vous m'ont suivi, Le Déversoir, sorte de réceptacle des gâteries qui ne trouvent place sur nos blogs respectifs. La prochaine devrait donner naissance à un nouveau rejeton, axé pour sa part sur la création littéraire - expression un peu pompeuse qui cache en fait un jeu d'écriture à plusieurs mains, et il se pourrait même que tel le phénix le CPI renaisse de ses cendres, tout beau, tout neuf, mais chuuuut... ;)

'Fin bref, ne conjecturons pas trop sur l'avenir, et contentons-nous pour le moment de proclamer haut et fort : Let the Fifth Season begiiiiiiiiiiin !

Fond Sonore : Seasick Steve, Dog house Music

Wednesday, November 21, 2007

The Negociator

Les meilleures choses ayant toujours une fin, il serait bon que cette joyeuse fête populaire qu'est la grève des transports en commun commence enfin à toucher à son terme : à la longue on risquerait de s'en lasser, et vous avouerez que cela serait fort dommage. Et puis surtout, entre nous, je commence à avoir bien du mal à contenir Steven....


(Via Laurence)

Tant que j'y suis, j'en profite pour vous suggérer d'aller faire un petit tour du côté de cet autre détournement de Mozinor, Die Art, qui part complètement en vrille à partir de la septième minute ! :o)

Fond Sonore : The Kills, No Wow

Saturday, November 17, 2007

To Manchester and Back Again (3/3)

Lorsque j'émerge, mes yeux rencontrent un paysage vallonné et verdoyant. La voiture file toujours à vive allure, mais j'ai néanmoins le temps d'apercevoir de temps à autre quelques panneaux qui arborent une double écriture anglaise et galloise. Je souris et repense bien évidemment à cette chère Ecosse et particulièrement à ses Highlands, où le gaélique a de façon similaire droit de citer. Je me souviens de ce dernier voyage en ces Hautes Terres, de la magie qui l'avait entouré, du sentiment de bien-être que j'avais ressenti, et je me prends à imaginer une nouvelle excursion au printemps prochain. La voiture s'arrête, ah je suis arrivé.

Je pénètre bientôt dans la salle de réunion où m'attendent café et petits gâteaux. Hmmm, délicate attention, je passe donc en mode bienveillance à l'égard de mon fournisseur, en dépit de l'objet de ma visite. Nous avons une discussion franche, ouverte mais néanmoins courtoise, en un mot saine. Lorsque la porte s'ouvre pour le service du déjeuner, j'ai un pincement préventif à l'estomac... Mais j'avais oublié que j'étais au Pays de Galle, et non pas en Angleterre, ce qui me vaut de lâcher un léger soupir de soulagement à la vue du buffet généreusement fourni.

Les discussions vont bon train, s'écartant assez rapidement du domaine professionnel, et font une incursion du côté des langues et de leurs usages. Deux de mes interlocuteurs entreprennent de prononcer le nom de village le plus long du Royaume-Uni et accessoirement le troisième plus long au monde, tandis que leur collègue décline poliment, préférant visiblement se réfugier dans sa canette de soda.

Profitant d'un instant de silence, l'un d'entre eux exprime ses remerciements vis à vis de mon utilisation de l'anglais dans ce contexte professionnel. Il me dit qu'il en est sincèrement reconnaissant parce que lui-même serait bien incapable d'assurer la même prestation en français, et il s'en excuse même. Il exprime ensuite son amertume de voir sa langue prédominer, ce qui les rend - lui et ses compatriotes - feignants linguistiquement parlant. J'abonde dans son sens, souligne la double difficulté de discuter dans une langue qui n'est pas sa langue natale [spécificités du vocabulaire technique et (in)confort d'argumentation], mais conlus que finalement ce qui importe c'est d'être à même de pouvoir communiquer, qu'importent la langue et le niveau de maîtrise.

Nous nous quittons sur cette pensée comme mon chauffeur vient tout juste de se présenter à l'accueil. Je ferme les écoutilles et me précipite à l'extérieur en tentant de passer entre les gouttes, véritable gageure s'il en est en regard de l'averse apocalyptique qui vient de débuter. Je prends place dans la voiture et me laisse aller à diverses pensées qui me permettent d'avaler l'heure de trajet sans en avoir conscience. Arrivé à l'aéroport, mon chauffeur me remet la facture globale pour les deux trajets de la journée... £180... Pardon Sir ? £180... Argh, je manque de peu de m'étrangler, il faut vraiment que je demande une amex...

Carte d'embarquement en poche, je passe le contrôle de sécurité. Même cirque qu'à l'aller, je me dépoile en partie. RAS. Je me repoile et me dirige vers la porte d'embarquement. Sur le chemin je tombe sur une magnifique Bentley Continental GT exposée, premier prix d'une tombola hebdomadaire, dont les coûts d'entretien pourraient faire basculer dans un rouge profond les comptes de la plupart des mortels qui transitent par cet aéroport... Bien qu'admiratif devant la bête que je rêverais de posséder, je prends la sage décision de ne pas participer au tirage au sort [Le ticket d'entrée est à la mesure de la Voiture, faut-il le préciser ?]. Je poursuis ma route vers la rangée de sièges dans laquelle je pensais m'affaler. Toutefois, eu égard à l'allure douteuse du tissu des dits sièges, je m'abstiens et me rabats finalement vers un pilier qui réclame un peu d'aide pour conserver sa posture verticale.

La préparation de l'avion se termine avec dix petites minutes de retard. Fokker 70 oblige, je dois descendre sur le tarmac, la passerelle d'embarquement était bien trop haute pour le petit coucou. Le vent glacial me saisit le visage tandis que l'on me demande d'attendre quelques instants qu'un engin de manutention ne soit passé. Je me précipite en bas puis en haut de l'escalier pour rapidement pénétrer dans l'appareil. Le Fokker 70 étant bien plus étroit que l'A320, j'ai l'impression d'être dans une boîte à sardines, impression renforcée quand pour le décollage le pilote réduit au minimum l'éclairage de bord alors que la nuit noire est déjà tombée à l'extérieur. Pour un peu je me croirais dans un studio en train de tourner un mauvais téléfilm de catastrophe aérienne, mais ça n'est pas vraiment le genre de pensée à avoir à cet instant précis.

Hormis le décollage acrobatique, l'avion étant bringuebalé par les rafales de vent, le vol se déroule sans accroc. Si j'avais été Hannibal, j'aurais allumé un gros cigare de satisfaction, ménon. J'arrive à Roissy un peu en retard certes, mais entier et c'est bien ce qui compte ! L'avion garé à côté de ses semblables, je descends sur le tarmac et monte dans un bus de transfert. Le véhicule nous emmène au travers des pistes, autour des bâtiments, encore et encore et encore et encore... On va y passer la nuit si ça continue ! Ah il stoppe, c'est bon. Que ?... Eh mxrdx, il redémarre... Raaaaah, jamais je ne serai chez moi à 21h, jamais... Ah, le voilà qui stoppe. Je descends, me précipite vers la douane... Pour atterrir derrière une queue d'inspiration Eurodisneyenne.

Un bon quart d'heure plus tard, je suis enfin de retour sur le sol français. Je me précipite vers la station RER. Ah il y en a un à quai, cool ! Je descends les marches quatre à quatre et... 20h et le train de 19h50 est toujours là... Hmmm, ça ne sent pas bon... Un voyageur m'informe alors que des étudiants sont sur les voies à Gare du Nord. Bande de petits cxns ! Je prends mon mal en patience, ne moufte pas quand j'entends la voix annoncer que le RER sera rendu omnibus, ahah. Le train démarre enfin, je me coule doucement, mais reste suffisamment éveillé pour ne pas rater Denfert. Hop hop, pas de course, j'atterris sur la 4. Train dans deux minutes, cool. Je descends à Porte d'Orléans, cours à moitié et stoppe net en bas des escaliers : on dirait que les nuages ont décidé de procéder à leur vidange annuelle...

Ne reculant face à l'adversité, je me précipite vers l'arrêt du tram, serrant mon parapluie autant que faire se peut et priant pour qu'aucune rafale n'ait la mauvaise idée de le retourner. Dix minutes plus tard, le tram se pointe et me dépose en bas de ma rue peu après. Je marche à grands pas, arrive enfin chez moi, saucé comme si j'avais pris une douche tout habillé. Je me change, me laisse tomber dans mon canapé et regarde l'heure : 22h20. Pfff, heureusement que j'ai fait enregistrer Prison Break !

Fond Sonore : GO!GO!7188, Tategami

Wednesday, November 14, 2007

To Manchester and Back Again (2/3)

L'appareil prend de la vitesse et je sens bientôt le tarmac se dérober sous ses trains d'atterrissage. L'ascension commence, je respire, un, deux, tout va bien se passer. J'inspire par la bouche, expire par le nez, je maintiens l'air en mouvement de sorte qu'il ne stagne pas et que la pression s'égalise... Pas de douleur. C'est plutôt bien parti, mais ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Mes oreilles se bouchent, je déglutis, elles se débouchent. L'avion atteint finalement son altitude de croisière. Je me détends.

Je regarde par le hublot situé à ma gauche et me délecte de la vue : rien n'est plus apaisant que cette vision de tapis nuageux blanc dominé par un ciel d'un bleu infini. Je m'imagine sauter sur la masse cotonneuse, rebondir à n'en pas finir, je me vois piquer un roupillon céleste, avant de partir à l'assaut de Skypiea... Mais ma rêverie est bientôt interrompue par les hôtesses qui nous apportent nos plateaux-p'tit-déj confectionnés le matin même.

Café au lait, pain / beurre / confiture de fraise, fromage blanc, jus d'orange, sans oublier pain / jambon type Bayonne / concombre histoire de donner une touche anglaise à l'ensemble. Je suis agréablement surpris par le contenu de ce plateau et mets un point d'honneur à tout avaler : je n'aime pas gaspiller la nourriture. A peine terminé, le pilote annonce le début de la descente. Déjà ? Je crois qu'il plaisante, ménon. Je me raidis.

L'avion plonge alors dans l'épaisse masse nuageuse. Je force une nouvelle fois la circulation d'air, plus adepte que jamais du bon vieil adage "mieux vaut prévenir que guérir". Mes sinus encaissent sans broncher, sans manifester aucune désapprobation. Je me détends un brin mais reste attentif. Ma déglutition débouche mon oreille droite, mais pas la gauche. Aïe. Je déglutis encore. Rien. Encore. Toujours rien. Mon anxiété augmente. Sensation d'oreille lourde et bourdonnante, je tente une manoeuvre de Vasalva, mais rien n'y fait.

L'avion s'enfonce toujours plus profondément dans les nuages, le sol reste invisible. Mon tympan gauche me donne l'impression de gonfler, j'ai l'impression qu'il atteint la taille d'une clémentine, qu'il ne va pas tarder à exploser. Je me bouche à nouveau le nez, j'y souffle progressivement, plus longtemps. Un léger sifflement se fait entendre dans mon oreille gauche, et la sensation de ballon de baudruche prêt à éclater s'amenuise, ouf. Je regarde par le hublot, m'aperçois que les volets sont sortis, mais que l'on ne voit toujours pas le sol... La purée de pois londonienne aurait-elle poussé jusqu'aux environs de Manchester ?!?

Peu après, alors que l'avion roule sur le tarmac, j'en aperçois un autre, stationné un peu plus loin, qui présente une forme élancée caractéristique, un nez pointu et des entrées d'air de réacteurs carrées... Bonjour Mr Concorde ! Je n'ai cependant guère le loisir de l'admirer puisque nous arrivons bientôt à bon terminal. Un passage sans encombre des douanes me permet d'arriver rapidement dans le hall où mon chauffeur m'attend, un panneau à la main.

Je m'installe à l'arrière de la voiture, bien confortablement, et me laisse aller à un sommeil léger mais néanmoins récupérateur, tandis que la voiture file à bonne allure vers le nord du Pays de Galles...

Fond Sonore : Mighty Mo Rodgers, Redneck Blues

Saturday, November 10, 2007

To Manchester and Back Again (1/3)

A Captain's Tale by Captain Navarrins

Comme il fallait s'y attendre, je n'ai pas vraiment péché par excès de sommeil, en cause l'habituel stress de voyage, la peur du réveil qui ne sonne pas, celle du RER en rade... J'arrête donc les frais et me lève un bon quart d'heure avant que le réveil ne sonne. La douche tiède fouette mon corps peu vivace, me réveille tant bien que mal. La vision de l'heure matinale au retour dans ma chambre, 4h04 - Ca ne s'invente pas ! -, me conduit évidemment à penser Plane Not Found, et j'entrevois là une opportunité de stress en moins.

A 4h35 en ce jeudi matin, les rues de Paris sont aussi calmes qu'elles le sont le dimanche à 8h, même si les rares âmes que l'on y croise ne sont pas exactement les mêmes. Point de fêtards ici, juste la France laborieuse qui se met en marche.

Une centaine de mètres avant d'arriver à la station RER, mon chemin croise celui d'un homme noir, trapu et à la cinquantaine bien frappée. A mon passage, il relève son visage, incline sa tête et me salue d'un bonjour monsieur inattendu mais fort plaisant. Je lui retourne la politesse d'un simple mais néanmoins appuyé hochement de tête.

Roi de la Marge et de la Marche que je suis, je me retrouve à Denfert bien plus tôt que prévu, à poste pour attraper l'un des tous premiers RER du matin. Je m'y installe, et me laisse sombrer dans un semi-sommeil bienvenu. Mon esprit bien qu'assoupi tourne encore à vitesse raisonnable, et je ne peux m'empêcher de noter que mon train se remplit étonnamment tout au long du trajet. A vrai dire, j'étais loin d'imaginer qu'il le serait autant.

Les stations défilent, le terminus s'approche dangereusement. Aéroport Charles-de-Gaulle 2 - TGV annonce la voix, here I am... Je monte les escaliers, enfile les couloirs en pensant simplement à mon enregistrement, pas au vol qui suivra. Les références de mon billet électronique en main, je récupère ma carte d'embarquement en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire. Direction le contrôle de sécurité.

Je glisse mon Destop nasal dans un sachet en plastique. Moins de 100ml, c'est bon. Je dépose mes affaires dans un bac, manteau, écharpe, clés, téléphone, dossiers... Ainsi que mes pompes et ma ceinture... Un de ces quatre on finira par les passer à poil ces contrôles... Je me rhabille puis me dirige vers le fond du terminal, histoire de profiter de l'un de ces fauteuils allongés qui font face aux avions. Zen.

Une demi-heure plus tard, je prends possession de mon fauteuil à bord de l'A320. Je m'assois et tente de maîtriser cette appréhension qui vient tout juste de se réveiller. Je me rappelle alors les paroles de mon médecin : "Durant les phases de décollage et d'atterrissage, la pression varie. Si votre nez est bouché, des poches d'air à pression du sol se forment dans votre cavité nasale alors que l'air injecté dans l'avion diminue jusqu'à une pression équivalente à 1800m - 2000m d'altitude. C'est cette différence de pression qui est à l'origine des douleurs que vous avez ressenties lors de votre dernier vol. Si vous pouvez respirer par le nez, vous n'aurez pas mal."... Soit. Mon nez est légèrement encombré, mais aucun écoulement purulent ne le bloque, cela devrait donc aller. Enfin, j'espère...

7h50, l'avion est en bout de piste. Les moteurs grondent d'abord gentiment puis se mettent à rugir de plus en plus fort, avant que le pilote ne lâche subitement les freins. Alea jacta est comme on dit...

Nota : Cent coups de fouets pour ceux qui ne verraient pas le clin d'oeil du titre ! ;o)

Fond Sonore : Scorpions, Best Of

Tuesday, November 6, 2007

To Be or Not to Be

Les mains profondément enfichées dans mes poches, le menton fourré dans mon écharpe, ma tête s'affaisse, je pique du nez. Un quidam d'une vingt-huitaine d'années s'approche de l'arrêt, finissant d'enfiler son manteau. Il s'arrête à hauteur du poteau, consulte les horaires, regarde à gauche, à droite, en haut, en bas, tourne sur place avant de me demander sans entrée en matière d'aucune sorte : Il passe bientôt le bus ?

Faisant fi de l'absence de courtoisie de l'individu, ma bienveillance naturelle lui vient en aide avant que mon mordant non moins naturel ne le renvoie dans les brancards à coups de remarques incisives sur ses évidents problèmes de déchiffrage de fiche horaire. Le type s'enquiert alors de la fréquence de ma présence en ce lieu précis à cette heure toute aussi précise. Lui ayant répondu par un simple et concis de façon quotidienne, son visage s'illumine tandis qu'il me tend la main : moi c'est Pierre, je crois qu'on va se croiser souvent ! Sceptique quant à l'impression factice que dégage ce soudain élan de fraternité, je réponds néanmoins à son ouverture en me présentant à mon tour... Qu'ai-je à perdre ?

Les jours passent, les salutations quotidiennes se font moins démonstratives, et le week-end arrive.

Le samedi, je quitte ma tanière pour me poster au pied de l'arrêt. Je jette un oeil vers le bas de la rue pour tenter d'apercevoir mon bus, mais en fait de bus c'est le type en question que j'aperçois : il avance sur le trottoir, bras dessus dessous avec sa dulcinée. Arrivé à six petits mètres de mon auguste personne, nos regards se croisent par hasard, et le gus entreprend sur l'instant de traverser la rue, à la grande surprise de sa copine, évitant soigneusement de regarder dans ma direction. Soit.

Le lundi suivant, j'attends le bus comme tous les matins. Le bonhomme se pointe. Je m'attends à ce qu'il se poste sans un mot, ce qui m'aurait semblé honnête, ménon, il s'approche de moi, et me tend la main avec un grand sourire...

Je ne suis certes pas à cheval sur les conventions sociales, loin de là, mais s'il y a une chose qui m'insupporte, c'est bien ce genre de comportement qui relève de la plus pure hypocrisie sociale !

Fond Sonore : ZZ Top, Eliminator

Wednesday, October 31, 2007

The Kingdom

Riyad, Arabie Saoudite. Alors que des expatriés occidentaux s'amusent autour d'un match de base-ball organisé dans leur complexe résidentiel, des kamikazes islamistes mettent à exécution leurs plans d'attentats et massacrent plus d'une centaine de personnes. Faisant fi des injonctions du Département d'Etat américain, l'agent du FBI Ronald Fleury négocie habilement avec un prince saoudien influent l'autorisation de se rendre dans le pays avec son équipe pour mener l'enquête. Sur place, il devra toutefois composer avec les autorités saoudiennes, peu enclines de prime abord à laisser des occidentaux mener la danse...

Si Le Royaume est avant tout un film d'action, il se montre à mon sens assez fin dans la représentation de la société saoudienne, tiraillée entre tradition et modernité. Les relations entre l'agent Fleury et ses homologues, le Colonel Al-Ghazi et le Sergent Haytham, sont tout d'abord empreintes de distance voire de méfiance, chacun cherchant à appréhender l'autre et marquer son territoire, avant de se fluidifier pour donner cours à une coopération sans faille une fois la confiance établie. Cet aspect, important et impeccablement traité, sert grandement la crédibilité de l'ensemble.

Côté réalisation, il n'y a absolument rien à redire : la copie est excellente, et Peter Berg n'a aucun problème à nous immerger littéralement dans le feu de l'action quand celle-ci se fait haletante. Si beaucoup de "méchants" passent effectivement l'arme à gauche, la conclusion du script est tout sauf manichéenne, elle met en parallèle les motivations des uns et des autres qui ne combattent que pour l'anéantissement de ceux d'en face... Ce qui donne amplement matière à réflexion.

En bref, si vous cherchez un film d'action efficace, avec un zeste d'intelligence dedans, alors Le Royaume est fait pour vous.

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Fond Sonore : Bon Jovi, Crossroad

Sunday, October 28, 2007

Never Forever

Sophie est mariée à Andrew, américain d'origine coréenne. Leur bonheur serait total si le couple arrivait à concevoir un enfant, ce qui ne s'est pour le moment pas produit en dépit de plusieurs tentatives d'insémination artificielle. La jeune femme subit la pression de la famille de son mari qui l'enjoint à prier sans discontinuer, tandis qu'Andrew sombre dans un insondable découragement qui le conduira à commettre une tentative de suicide. Suite à ce tragique incident, Sophie louera les services d'un immigré clandestin originaire de Corée afin qu'il la féconde. Cette relation, qui aurait dû rester exempte de tout sentiment, en sera toutefois bientôt pourvue...

Dans son dernier film, Gina Kim aborde des thèmes délicats [l'infécondité, l'adultère, l'expatriation] avec une sensibilité à fleur de pellicule. Les acteurs, Vera Farmiga en tête, habitent littéralement leurs personnages, et leur justesse de jeu leur permet de transmettre des émotions intenses sans avoir à les enrober de palabres inutiles.

L'histoire de cette femme et de son amant, deux êtres perdus qui vont se trouver et s'aimer d'un amour passionné bien qu'improbable, m'a touchée et je vous la recommande vivement. Il ne vous sera toutefois peut-être pas aisé de voir ce film, car Never Forever n'a bénéficié que de 14 écrans pour sa sortie nationale en dépit du Prix du Jury qu'il l'a récompensé au dernier Festival de Deauville...

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Fond Sonore : Monster Mike Welch, Just Like It Is

Friday, October 26, 2007

Shoot'Em Up

Quand j'ai pour la première fois entendu parler de ce film, Shoot'Em Up, je me suis dit que sa pellicule devait très certainement héberger une bonne grosse daube, croyant à tort que son titre faisait référence à une adaptation de jeu vidéo. Mais les bons échos aidant, je me suis décidé à aller le voir sans même jeter un oeil à la bande-annonce... Et grand bien m'en a pris, car ce Shoot'Em Up s'est finalement révélé être une agréable friandise !

Le pitch est relativement simple [un nouveau-né, une bande de tueurs qui veulent le dézinguer, un bon samaritain guerrier en protecteur inespéré], et sert de prétexte à un enchaînement ludique de séquences allumées qui parleront particulièrement aux amateurs de ciné d'action extrême. Le rendu global, mâtiné d'humour noir décalé et d'incorrection politique, surprend pour un film américain et fait honneur aux productions asiatiques du genre. En somme, Shoot'Em Up est un bon petit délire que j'ai pris un délicieux plaisir à déguster... Et il serait fort dommage de vous en priver ! :)

Nota : On dirait que 2007 est l'année des films décomplexés, et c'est tant mieux !

Fond Sonore : Brian Setzer, Ignition! - '68 Comeback Special

Sunday, October 21, 2007

A Sunday Morning on Earth

8h00, le petit-déjeuner enfilé, je sors de chez moi à peu près réveillé. La fraîcheur du fond de l'air me saisit sans prévenir, et je bénis mes options vestimentaires. Le bus ne sera pas là avant quelques minutes, je marche jusqu'au prochain arrêt.

Le jour se lève, les volets sont clos, la ville dort encore. Je marche sans un bruit dans les rues désertes, silencieuses. J'ai l'impression que la ville m'appartient, que je marche dans mon domaine, je me sens bien. Le bus est là, il me prend et file à travers les pâtés de maisons.

Montparnasse, les videurs sont encore devant la boîte. Quand je sors à cette heure, je devrais peut-être éviter le look négligé pour le cas où mon chemin croiserait celui d'une brebis égarée sortant de boîte. Je le note, mais surtout je descends, mon arrêt me faisant signe.

Je m'engouffre dans le métro. Quelques badauds sont là, des touristes dirait-on, japonais et anglais. Debout à cette heure, y'a pas idée. Je plaque mon pass sur la borne et franchis les portillons sans encombre. Encore des touristes dans les couloirs, la rame qui repart du quai d'en face vient de déposer une petite marée de voyageurs. Déjà, si tôt, pfff plus moyen d'être tranquille.

La rame enfile les stations et je me retrouve bientôt à Saint-Michel. Toujours les mêmes sans-logis sur les mêmes fauteuils, les temps sont durs. Châtelet, foule clairsemée, hétéroclite, voyageurs, clubbers, fêtards, matinaux, ovnis. Les Halles, je descends.

Mode Les Halles on. Tête des mauvais jours derrière ma barbe de quatre, les mains fourrées dans les poches de ma parka noire. A cette heure, pas de soucis normalement, mais sait-on jamais. J'arrive dans la galerie, personne ou presque. Je regarde alentours, j'ai envie de me planquer derrière un pilier, de scruter les environs, de faire signe à mon équipe et d'envoyer mes gars shooter ceux d'en face. Ouais, essayer l'airsoft dans ce cadre, ça pourrait être rigolo, bien qu'assez improbable.

8h30, j'arrive au ciné. Une demi-heure porte à porte, pas mal pour un dimanche matin. Quelques spectateurs sont déjà là, notamment des fidèles parmi les fidèles de la première projection de la capitale. Deux pressions sur l'écran tactile, une introduction de pass, et hop mon ticket tombe. Bientôt, la grille métallique glisse vers la gauche et je pénètre dans les entrailles obscures du multiplexe.

Showtime !

Fond Sonore : The Matrix, Bande Originale

Thursday, October 18, 2007

28 Weeks Later

Lorsque 28 Jours Plus Tard était sorti en 2003, j'avais été séduit par son côté clinique réaliste ainsi que par l'angle adopté pour le développement de l'histoire. On y suivait Jim, survivant d'un holocauste épidémique qui avait décimé l'Angleterre, tenter de remonter à la source d'un signal radio prétendument émis par des survivants, promesse d'un hypothétique havre de paix sécurisant. Je crois que c'est cet enthousiasme pour le premier opus qui m'a conduit à aller voir le second en dépit des mises en gardes lancées par mon instinct...

Le virus éradiqué, l'Angleterre sécurisée par les forces armées de l'Oncle Sam [ben voyons], les réfugiés commencent à rentrer au bercail. C'est ainsi que Ron, survivant du désastre, retrouve ses enfants à qui il avait fait quitter le pays. Il leur apprend la mort de leur mère, leur expliquant que le méchant monstre microscopique l'a emportée et qu'il n'a rien pu faire pour la sauver. La petite famille s'installe dans le coeur de Londres, sécurisé par les gentils américains, mais les gamins n'en font qu'à leur tête et s'échappent en zone interdite, histoire de récupérer une photo de leur mère dans l'ex-demeure familiale. Là, ils feront une découverte [plus ou moins] inattendue qui aura de trèèèèès fâcheuses conséquences...

Après une scène d'introduction intense et agréablement maîtrisée, 28 Semaines Plus Tard sombre dans une affligeante banalité. Le scénario y brille par son inconsistance et se révèle d'ailleurs tellement téléphoné que l'on se demande si ses quatre [sic] auteurs n'ont pas fait leurs armes dans l'industrie des télécoms.

Dépossédée de la subtilité de 28 Jours Plus Tard, cette suite adopte un angle sans surprise assez bourrin, qui confine parfois au ridicule [la scène de l'hélico notamment, digne d'un film parodique, franchement too much] et qui donne la nausée [les effets épileptiques ça va cinq minutes]. 28 Semaines Plus Tard est une grosse déception, et ce d'autant plus qu'il y avait largement matière à capitaliser solidement sur le premier volet. A éviter donc.

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Fond Sonore : Kasabian, Empire

Wednesday, October 17, 2007

A Morning in the Merde (*)

La campagne a indéniablement des charmes que la ville ignore. Tenez par exemple, vous êtes citadins, vous habitez une résidence de standing, vos sanitaires se bouchent, vous appelez votre gardien, et paf vos sanitaires se débouchent comme par magie. Easy. A la campagne en revanche, la résolution de ce problème relève plutôt du système D, au sens propre (ou sale c'est selon).

C'est ainsi que dimanche dernier, après avoir tout juste terminé mon petit-déjeuner campagnard, j'ai pris conscience que ma matinée allait pour ainsi dire être assez merdique. Vous n'en serez point étronnés, fidèle à moi-même, je me suis plongé dans le problème de façon pragmatique, activant mes méninges pour trouver une issue aussi digne que possible à la situation.

Une première phase de cogitation expérimentale m'a permis de localiser le noeud du problème à une fraction d'encablures de la cuvette. Ayant de surcroît noté via un regard qu'un petit filet d'eau s'échappait tout de même du sombre piège, je me suis dit que tout espoir de m'en sortir sans gros oeuvre n'était peut-être pas perdu.

M'appuyant sur ce bon vieux principe des vases communicants appliqué aux siphons, je me suis alors armé de redoutables seaux débordants d'eau chaude, histoire de foutre un peu la pression à ce bouchon qui m'emmerdait. Le résultat ne s'est heureusement pas fait attendre : pliant devant la volonté du plus fort ledit bouchon s'en est prestement allé sans demander son reste !

Le succès de l'opération m'a vu pousser un profond soupir de soulagement, réalisant que j'étais passé à quelques grammes de la catastrophe. Je me suis ensuite laissé à nouveau glisser dans cette tranquille routine dominicale que mon escapade campagnarde n'aurait jamais dû quitter...

(*) Clin doeil au bouquin de Stephen Clarke, "A Year in the Merde", je précise, sait-on jamais...

Fond Sonore : The White Stripes, Get Behind Me Satan

Tuesday, October 9, 2007

Death at a Funeral

Le patriarche d'une famille anglaise vient de décéder. Ses funérailles sont organisées par son fils Daniel dans sa belle et cossue demeure de la campagne anglaise. Les proches du défunt, famille et amis, ne tardent pas à arriver et la cérémonie commence tant bien que mal... Pour mieux être interrompue quelques instants plus tard par un fiancé sous l'effet d'une drogue hallucinogène. C'est à ce moment qu'un personnage singulier viendra menacer Daniel de déballer un secret de famille insoupçonné...

La bande-annonce m'avait laissé entrevoir un bon potentiel de comédie décalée so british, et le moins que l'on puisse dire c'est que je n'ai pas été déçu : Joyeuses funérailles a cet agréable grain de folie qui fait la différence.

Le film est servi par une réalisation aux petits oignons comme on n'en voit que trop rarement dans les comédies ainsi que par une excellente bande d'acteurs, tous impeccables quelles que soient les séquences, des plus cérémonieuses aux plus improbables. La sauce comique prend sans aucun problème et nous entraîne rapidement dans un tourbillon de situations cocasses dont certaines s'enchaînent si bien qu'elles m'ont vu partir de plusieurs éclats de rires généreux qui se sont soldés par des larmes aux coins de mes yeux.

Joyeuses Funérailles est donc pour moi un divertissement d'excellente facture. Cela dit, chacun ayant son propre rapport à l'humour, je me doute bien que mon enthousiasme ne sera pas forcément partagé, aussi vous recommanderais-je simplement de visionner la bande-annonce et de vous laisser ensuite guider par votre instinct !

Fond Sonore : Kiss, Best Of