Wednesday, August 25, 2010

RIP Mr Kon


Satoshi Kon est décédé il y a deux jours des suites d'un cancer, lui aussi. Agé de quarente-six ans, il aurait dû avoir le temps de ravir nos neurones avec de nouvelles pépites d'animation destinées à un public adulte -à l'instar de Perfect Blue ou Paprika-, ménon. RIP l'Artiste, et merci.

Fond Sonore : Lordi, The Arockalypse

Saturday, August 21, 2010

Forever Young


[© Ze Captain]

Qu'ajouter ma foi sinon : Yeeeeeeeeeeeeees ! :o)

Fond Sonore : The Best Of Country Sing The Best Of Disney, Compilation

Wednesday, August 18, 2010

Expendables : Unité Spéciale

Il y a des trucs dont on rêve sans pour autant réellement oser espérer qu'ils se concrétiseront jamais, certains que l'on regrette d'avoir finalement vus sur grand écran (Alien vs Predator pour ne pas le citer) et d'autres enfin que l'on regarde avec un véritable plaisir coupable. Expendables : Unité Spéciale est pour moi de ceux-là.

Cela fait en effet des lustres que je rêve de voir réunis sur une même bobine les stars du cinéma d'action de ma jeunesse. De fait, voir ce bon vieux Stallone s'atteler à la tâche ne pouvait que me réjouir et s'il y a des absents [Norris, Seagal, Van Damme, Russell] l'équipe réunie vaut tout de même le détour et fédère les générations. Alors bon, oké, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard [bien balistique avec une once de bons sentiments], mais il distille néanmoins de sympathiques petits moments d'humour et d'autodérision qui ne peuvent laisser l'amateur indifférent. J'oserais même avancer que l'ensemble vaut le coup d'oeil ne serait-ce que pour la brève séquence qui réunit Sly, Schwarzy & Willis !

Bref, si Expendables : Unité Spéciale est loin d'être définitif, il a un petit côté jubilatoire qui fait du bien par où il passe. :o)

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Fond Sonore : Paradise Lost, Paradise Lost

Tuesday, August 17, 2010

Pionnière (de Pacotille)

Mon billet en main, je me poste à quelques mètres de la grille encore tirée et je dégaine mon bouquin. La lecture à peine entamée je sens un regard posé sur moi, en provenance d'un trio de soixantenaires qui -détail important- étaient arrivés sur les lieux avant moi. Je lève les yeux et aussitôt la tête se tourne pour prendre la parole au sujet des bobines qu'elle a vue la semaine passée, tandis que je replonge dans mon roman.

Soudain, la carrure imposante tend le bras droit vers une affiche, accompagne son geste d'un balancement de la jambe et déplace tout son corps d'un bon mètre. Ses deux compagnons suivent son mouvement presque mécaniquement, et la troupe tout entière se retrouve avancée en direction de la grille. Je sens alors un nouveau coup d'oeil en ma direction, mais je ne relève pas.

Le trio poursuit ses discussions cinématographiques de comptoir -ça part dans tous les sens- et, l'air de rien, la silhouette bedonnante se retrouve bientôt à la faveur d'un discret pas chassé la main sur cette même grille non sans brièvement me reluquer toujours en coin avec un léger rictus de satisfaction. Là, je n'ai pu m'empêcher de penser "t'inquiète ma cocotte, tu seras bien la première à entrer", avant de reprendre mon paragraphe.

C'est amusant, à chaque séance matinale il y a toujours un énergumène de cette trempe pour qui être le premier spectateur à fouler le sol du cinéma semble relever d'un intérêt vital...

Fond Sonore : Cock Robin, Best Of

Cellule 211

Cellule 211 raconte une mutinerie dans une prison espagnole en adoptant le point de vue de l'un des matons, Juan Oliver, qui se retrouve plongé en plein dans la folie des évènements alors qu'il était venu visiter l'établissement avec un jour d'avance. Bloqué par un coup du sort au beau milieu des détenus déchaînés, le jeune trentenaire décide instinctivement de de faire passer pour l'un d'entre eux, comptant jouer sur le fait que son minois est inconnu des occupants. Une fois qu'il aura montré patte (à peu près) blanche et écarté les légitimes soupçons initiaux de ses nouveaux compagnons, il se retrouvera bien malgré lui en première ligne, pour le meilleur et pour le pire...


[© La Fabrique de Films]

La bobine nous plonge au coeur de la mutinerie et je dois reconnaître que j'ai été scotché à mon fauteuil de la première [froide et choc] à la dernière séquence de cette histoire objectivement noire. La tension est constante, les émotions intenses et le réalisme de l'ensemble doit beaucoup non seulement à la réalisation mais aussi -et peut-être surtout- aux performances charismatiques des quelques rôles principaux, Alberto Amman et Luis Tosar en tête.


[© La Fabrique de Films]

Le film laisse transparaître l'importance des prisonniers de l'ETA dans la péninsule ibérique sans trop s'appesantir sur la question, et l'on pourrait le reprocher quelque peu si l'on ne gardait en mémoire la nature de l'angle adopté, celui du gardien Juan. On ne peut également s'empêcher de noter que toute violente que soit la manifestation de mécontentement des prisonniers, elle trouve son fondement dans une situation aberrante, des locaux décrépis aux mauvais traitements infligés par les matons, et l'on ne peut que se dire que si la grandeur d'une nation devait se jauger à la façon dont elle traite ses détenus, il n'est pas certain que l'Hexagone figure dans le peloton de tête [voir les images pirates tournées à Fleury-Mérogis]...

'Fin bref, Cellule 211 a été une excellente surprise-coup de poing encaissée ce matin à la première heure. A voir !

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Fond Sonore : No Doubt, Tragic Kingdom

Monday, August 16, 2010

Auto Satisfecit

Au bout de cinq ans de bons et loyaux (quoique modérés) services, les graveur et lecteur dévédés de mon pécé ont décidé de rendre l'âme de concert. Leurs tiroirs ont commencé à faire de leur sienne de temps à autre, jusqu'à ce que celui du premier décide tout bonnement de ne plus s'ouvrir et celui du second ne le fasse plus que par intermittence (grosso modo une ouverture pour vingt pressions mini sur le bouton).

Aujourd'hui, période de congés se prêtant à l'exercice, j'ai donc décidé de m'atteler au problème du graveur. Un petit tour sur le site du Quartier Montgallet plus tard, j'étais en route pour cette boutique qui m'avait déjà fourni de quoi réparer ma carte graphique l'année passée, Abeilles Micro Informatique. A noter que comme lors de mes deux précédentes visites, l'accueil y a été courtois et efficace, le produit recherché étant disponible au prix indiqué sur internet, ce qui me semble assez remarquable pour le quartier...

La mise en place du nouveau matériel s'est avéré aisée, sa reconnaissance / installation par Windows immédiate, preuve s'il en fallait que taper dans des références de marque [Asus en l'occurrence] en box [Nota : dans le quartier certains produits sont proposés sans boîte constructeur.] et pas nécessairement onéreuses [28€] simplifie toujours la vie. En outre, c'est également dans ce genre de situation que l'on apprécie d'avoir opté pour une tour ergonomique [Lian Li] qui permet un accès commode aux différents composants.

Last, but not least, savoir se dépatouiller pour ce genre de réparation somme toute minime permet de ne pas avoir à se coltiner de SAV mou du genoux et onéreux, ce qui est une satisfaction supplémentaire...

Fond Sonore : Crazy Heart, Bande Originale

Sunday, August 15, 2010

Leave Me

Ce matin j'ai rapidement convenu avec moi-même qu'il ne servait à rien de braver l'injection climatique de cocooning, aussi ai-je entrepris quelques activités d'intérieur dont notamment une petite séance de nettoyage pécé-esque. Dans cette entreprise, je suis retombé sur un lien que j'avais mis de côté au début du mois dernier, pointant vers un court-métrage émouvant, Leave Me, qui a encore une fois ce matin manqué de peu de m'arracher une petite larmichette.


[via Alecska]

Je sais bien que j'ai un côté guimauve, mais quand même, ne me dites pas que vous n'avez pas eu un peu la gorge serrée vous zossi !

Fond Sonore : Crazy Heart, Bande Originale

Saturday, August 14, 2010

Walk

Tout juste sorti de l'échoppe de mon fournisseur de thé, je reprends le chemin de ma tanière, d'un pas léger, prêtant une attention nouvelle à ces rues arpentées maintes fois mais qui me restent en partie inconnues. Mon regard scrute les environs plus ou moins immédiats et remarque rapidement dans des allées de traverse deux enseignes de retouches vestimentaires ainsi qu'une mercerie, probables lieux de salut pour mes soucis couturesques. A suivre.

Je déambule, observe mes prochains et note beaucoup de peaux tannées associées à des visages relativement contrariés. Probablement des vacanciers sur le retour, en pleine déprime pré-automnale. A les voir, je me dis que leurs vacances n'ont guère porté leurs fruits, tout au plus ont-elles offert un effet placebo à très court terme. Je repense alors à cette idée largement répandue dans les subconscients selon laquelle il n'y aurait point de salut estival hors voyage zé bronzage, et je secoue la tête.

Je poursuis ma route, zieutant par-ci par-là, ne relevant plus grand chose d'intérêt, et une fois mes pénates regagnés j'entreprends de faire infuser cet agréable thé à la rose, parfum de détente et d'évasion.

Fond Sonore : Biffy Clyro, Only Revolutions

Friday, August 13, 2010

Arrivées Amazon de l'Avant-Veille !

Décidé à ré-augmenter la taille de cette Pile à Lire que je m'emploie pourtant si bien à réduire en ce moment, j'ai passé une nouvelle petite commande chez mon bouquiniste (actuellement) préféré...


[© Ze Captain]

Cette fois, dans l'ordre Z-esque, on trouve de l'anticipation, de la dystopie, du noir et enfin à nouveau de la dystopie (celle qui inspira Huxley et Orwell, rien que ça, farpaitement). Encore de bons moments de lecture en perspective donc ! :o)

Fond Sonore : Led Zeppelin, Remasters

Thursday, August 12, 2010

Le Pêcheur et le Génie - Histoire de Ganem

Après avoir terminé Battle Royale, je me suis plongé dans une dystopie -l'un de mes thèmes préférés- dont je parlerai bientôt, et j'ai ensuite enchaîné avec une incursion dans l'univers des Mille et Une Nuits.

Cela faisait un certain temps que je lorgnais du côté de l'Orient, et j'avais dans l'idée qu'il fourmillait de contes obligatoirement passionnants. J'ai d'ailleurs manqué de peu, dans un accès d'engouement, d'investir dans une anthologie en plusieurs volumes, mais je me suis rapidement ravisé, pensant qu'il serait tout de même prudent de commencer par quelques textes pris au hasard.

J'ai donc opté pour un recueil de deux contes, Le Pêcheur et le Génie & Histoire de Ganem, et j'ai entamé leur lecture la fleur au bout du fusil... Pour rapidement voir mon enthousiasme retomber. Oueps, farpaitement. Bon, je ne dirais pas que la lecture a été une épreuve, loin de là, mais je dois reconnaître avoir été soulagé quand la dernière page fut venue, car l'ennui commençait à poindre.

J'ai noté dans ces deux textes certains des ingrédients que j'espérais y trouver (magie, machinations, malédictions, etc), mais je n'ai pas ressenti de réel souffle exotique... Ce qui m'a valu de ne pas être transporté et de rester un peu en dehors de ces histoires, et va m'incliner à remettre à plus tard la lecture des Ali Baba, Aladdin et autre Sinbad...

Fond Sonore : GO!GO!7188, Ryūzetsuran

Monday, August 9, 2010

Bouilles Bovines

Pris d'une irrépressible envie de Yaourt à Boire, je me suis précipité en magasin et, devant le rayon réfrigéré, mon oeil a rapidement été attiré par un petit regard en coin...


[© Ze Captain]

Vous conviendrez que je ne pouvais décemment résister aux bouilles de ces vachettes et que je n'aie donc que très peu hésité avant de m'en emparer. Et vous savez quoi ? Non seulement c'est mignon, mais en plusse c'est bon ! :o)

Fond Sonore : Katy Rose, Because I Can

Sunday, August 8, 2010

Apparition (Ou Pas)

L'esprit tout juste désembrumé, je rapporte en cuisine la vaisselle de mon petit déjeuner. En chemin, le coin de mon regard intercepte une ombre, au travers de la fenêtre, localisée juste devant l'entrée du bâtiment de briques rouges tout proche. Je m'arrête un instant et l'observe, sans pour autant soulever le rideau protecteur.

L'ombre me suggère une silhouette qui m'évoque irrémédiablement ce Grand Prêtre apparu en Sirap, et je manque de frissonner. Je ferme les yeux un instant, je secoue la tête un bon coup et je reprends mon observation.

La forme me semble moins distincte et je prends sur moi de finalement soulever ce fichu rideau. Aucune magie d'aucune sorte ne vient alors punir ma témérité et je me rends bientôt compte qu'en fait d'Etre Maléfique il ne s'agit probablement que d'un poteau mobile à pancarte. Dommage.

Fond Sonore : The White Stripes, Elephant

Saturday, August 7, 2010

Instants RER

Saint-Maur, la rame vient tout juste d'arriver sur le côté opposé du double quai. Des voyageurs descendent en masse, je m'écarte pour leur laisser le passage. Une main se pose sur mon épaule droite et j'aperçois bientôt un visage à demi penché une tête en dessous de la mienne. Le type me donne l'impression d'être un peu à l'ouest, ses yeux plongent dans les miens tandis qu'il me tend sa main droite. Je la saisis, la lui serre, il opine du chef puis se retire tandis que mon visage conserve son expression placide [mais sans Muzo]. Je le regarde descendre les escaliers et disparaître, puis je souris en secouant la tête.

*****

Quelques instants plus tard, mon train s'arrête en Gare de Lyon. Le quai est animé par une poignée de ceux que l'on appelle pudiquement "jeunes". Ils sont (très) agités, et j'espère secrètement qu'ils daigneront rester sur le quai. Mais las, alors que la sonnerie retentit, trois d'entre eux se précipitent en désordre, retardent la fermeture des portes, appellent leurs potes et le groupe tout entier finit dans le wagon. La bande s'établit en section supérieure, je les entends beugler, taper, s'exciter, j'imagine une situation qui pourrait partir en vrille sans raison spécifique et lorsque la station des Halles arrive enfin je ne demande pas mon reste pour filer en direction de la ligne 4.

Fond Sonore : Kelly Joe Phelps, Sky Like a Broken Clock

Friday, August 6, 2010

Battle Royale - Koushun Takami

Dans une réalité alternative contemporaine, le Japon n'est plus une monarchie constitutionnelle mais un état dénommé République de Grande Asie, qui n'a en fait de république que le nom. Le pays vit renfermé sur lui-même, visant l'autarcie mais ne rechignant toutefois pas à exporter dans le monde entier, et son leader -qui se fait appeler Reichsführer- s'appuie sur une armée et un système policier omniprésent pour contrôler la population. C'est dans ce contexte qu'a été introduit le "Programme" : chaque année, dans chacune des cinquante préfectures du pays, une classe de troisième est tirée au sort et ses élèves sont enlevés puis conduits dans un lieu tenu secret avec pour une seule consigne de s'entretuer jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'un seul survivant. Le but de ce "Programme" demeure mystérieux, mais prétexte est donné qu'il servirait les intérêts de la défense nationale. Le présent roman s'intéresse à la session organisée pour l'une des classes tirées au sort, en l'occurrence celle de 3eB du collège municipal de Shiroiwa (département de Kagawa)...

Contrairement à ce que certains pourraient penser à la lecture de ce pitch, le roman n'a absolument rien d'un jeu de massacre, ce qui d'ailleurs n'aurait eu que (très) peu d'intérêt. Il se focalise sur quelques-uns des élèves parmi les 42 [L'auteur aurait-il lu Douglas Adams ?!?] initiaux et on se laisse rapidement prendre par l'histoire. Le développement nous amène évidemment à nous questionner à mesure que les comportements se dévoilent sur celui qui aurait été le notre dans une situation similaire, mais la réponse ne me semble guère aisée à détourer : à contexte irrationnel, comportement irrationnel, donc virtuellement impossible à anticiper.

Le texte distille par ailleurs des éléments relatifs au fonctionnement de cette République de Grande Asie ouvertement totalitaire et en fait d'expérience militaire le "Programme" peut être envisagé comme un instrument au service du pouvoir visant à limiter la confiance que chacun peut avoir en son prochain. L'intérêt pour le régime est immédiat : toute velléité d'opposition est ainsi étouffée dans l'oeuf. On peut parfaitement imaginer qu'ils se trouvent certains privilégiés de la caste dirigeante pour avoir conscience de l'absurdité de ce "Programme", mais eux-mêmes ne peuvent se permettre le dénoncer de crainte de se retrouver taxés d'anti-patriotisme et accessoirement exécutés sans sommation. De fait, le "Programme" peut apparaître comme un rouage loin d'être anodin sinon essentiel du régime en place.

Ceci dit, le roman reste avant tout un agréable divertissement, à l'écriture fluide [le texte s'avale tout seul] et dynamique [830 pages réparties en ~80 chapitres], même si sa tonalité est beaucoup plus dramatique que ne l'était -pour autant que je m'en souvienne- l'adaptation cinématographique. Bref, un bon moment de lecture pour un ouvrage qui est devenu un best-seller au Pays du Soleil Levant.

Fond Sonore : Norah Jones, Come Away With Me

Thursday, August 5, 2010

Arrivées Amazon du Jour !


[© Ze Captain]

Voilà un colis ma foi plutôt éclectique qui laisse augurer des plaisirs lecturesques variés ! :o)

*****
Nota : Cette tofo n'est absolument pas une tofo d'art vous l'aurez remarqué, mais comme je l'envisage comme un moyen et non une fin, cela ne me pose guère de problème philosophique. Merci aux Photographes Eclairés qui pourraient se trouver parmi vous de ne pas m'en tenir rigueur. ;p

Fond Sonore : Norah Jones, Not Too Late [En lien : "Sinkin' Soon", nice song & clip !]

Tuesday, August 3, 2010

Impuissance

D'un pas décidé, je quitte le quai du tram pour me diriger vers la voie de stationnement des bus express. Rien de notable Porte d'Orléans en ce mardi matin, si ce n'est cette ombre au bas d'une vitrine. L'homme ne m'est pas inconnu, je l'ai déjà aperçu hantant les environs. Assis en tailleur, tête baissée, on pourrait aisément passer à côté de lui sans l'apercevoir, enfoui qu'il est dans sa crasseuse parka verte et ses longs cheveux argentés, au beau milieu de ses trophées entassés dans des cabas déglingués.

Pourtant, une jeune femme s'en approche. Elle s'agenouille près de l'ombre et lui tend une viennoiserie enrobée de papier blanc. Devant le manque de réaction de l'homme, la jeune femme agite légèrement la gourmandise tout en parlant d'une voix calme. Soudain, une main s'échappe de la masse indistincte, saisit le croissant et l'envoie violemment valdinguer jusque dans une flaque avant de retourner se terrer. La jeune femme se lève alors et reprend sa marche, la mine quelque peu déconfite.

Je m'éloigne de mon pas cadencé, et je ne peux réprimer un petit pincement, tant pour ce geste altruiste rembarré que pour ce pauvre hère accidenté que je ne saurais comment aider...

Fond Sonore : The Kinks, The Ultimate Collection

Monday, August 2, 2010

Night and Day

Dimanche, en fin de journée, il me fallait trouver un moyen de terminer agréablement ce week-end qui évidemment avait été bien trop court. Fort peu étonnamment, j'ai opté sans trop tergiverser pour une petite séance ciné, et devant la borne mon humeur de l'instant m'a porté sur Night and Day.

Sur une thématique (prétexte) de complotage, ce film s'est rapidement affiché comme un réjouissant cocktail d'humour et d'action, orchestré de main de maître par un réalisateur visiblement inspiré. Ce qui m'a avant tout séduit, c'est cette sensation que rien n'était laissé au hasard, que chaque séquence avait été réfléchie et qu'il n'y avait donc pas de remplissage. L'humour fait mouche, le tempo conserve son rythme effréné tout du long et, chose remarquable, la séquence finale est excellemment réussie ! Bref, cette bobine a constitué en ce qui me concerne une très agréable surprise, et je ne peux donc que vous la recommander ! :o)

Nota : Il faudrait fouetter le type qui a instauré comme titre français "Night and Day" en lieu et place du "Knight and Day" d'origine...

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Fond Sonore : AC/DC, Live'92

Sunday, August 1, 2010

Inception

Inception... Voilà un film que j'attendais avec une impatience non feinte, même si je dois reconnaître qu'elle était matinée d'un brin de méfiance... La bande-annonce laissait en effet entrevoir des effets numériques spectaculaires, et l'expérience m'a appris que ceux-ci pouvaient parfois faire office de cache-misère... Néanmoins, quand les lumières se sont éteintes dans la salle, j'étais dans un état d'esprit relativement neutre, et je dois dire que je me suis rapidement laissé entraîner.

La bobine m'est apparue comme un film d'espionnage futuriste assez palpitant, la thématique étant pour le moins originale. Vouloir mettre en image de façon dynamique une violation du subconscient à niveaux multiples pouvait apparaître comme une gageure, mais Christopher Nolan s'en est admirablement tiré. Mention spéciale à la longue séquence de la chute du van vers le fleuve, qui à elle seule vaut le coup d'oeil.

Pour autant, je n'ai pas été emballé outre mesure, la faute n'en incombant pas entièrement à cet empaffé de grand échalas qui s'est installé devant moi juste avant que la séance ne débute -me bouffant ainsi une partie de la section centrale basse de l'écran-. J'ai notamment trouvé que l'exécution des scènes d'action était parfois brouillonne et éminemment agaçante avec cette caméra sautillante couplée à des plans serrés et un montage nerveux. En outre, le casting qui s'en tire fort bien m'a semblé ne pas être totalement exploité : après la séance, il ne me reste pas grand chose de chaque personnage, hormis ceux de Leonardo DiCaprio & Marion Cotillard.

Bref, si le divertissement était là, j'ai tout de même eu l'impression d'être un peu passé à côté... Il va donc probablement falloir que je le revoie...

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Fond Sonore : Neal Casal, Fade Away Diamond Time

Saturday, July 31, 2010

La Disparition d'Alice Creed

La Disparition d'Alice Creed nous plonge sans attendre en plein coeur d'une froide machination bien huilée. L'entrée en matière est efficace -des préparatifs à l'enlèvement proprement dit-, puis le film glisse en un huis-clos plus statique. L'atmosphère se révèle rapidement singulière, un brin oppressante, ce qui a rapidement fait naître en moi un sentiment de malaise, probablement en raison du réalisme un tantinet cru et de l'empathie ressentie pour la captive Gemma Aterton. La seconde partie de la bobine fourmille de twists divers, qui m'ont laissé un petit goût d'invraisemblance en regard de la première partie mécanique. Le générique achevé et quelques jours passés, cette désagréable sensation de malaise perdure... Et je n'aime pas ça. Vraiment pas.

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Fond Sonore : GO!GO!7188, Ryūzetsuran

Friday, July 30, 2010

Madame Sans-Gêne

Les bras chargés d'une bonne brassée de bouquins zé dévédés, je descends au rez-de-chaussée de cet établissement de la Rue de Rennes que je m'étais pourtant promis de ne plus fréquenter pendant quelques semaines -oui oui, je sais, je suis faible ^o^-. Les deux tiers des caisses sont ouvertes & bondées, je me range dans l'une des files d'attente, un peu au hasard, puis faisant contre mauvaise fortune bon coeur je laisse mon regard balayer les lieux, examinant mes congénères et leurs trouvailles.

La queue dans laquelle je patiente débouche dans un petit corridor bordé de deux caisses, seule celle de droite étant à cet instant active. Une hôtesse commence bientôt à s'affairer près de la seconde, encore fermée. Les têtes se tournent, tranquillement, attendant un éventuel signal, simple contact visuel, hochement de tête ou autre signe de la main. Quelques instants plus tard, c'est chose faite et la queue entame un frémissement qui devait aboutir à sa naturelle séparation en deux files distinctes.

Soudain, un OHNI (*) fuse sur la gauche de la file, double tout le monde et finit par se planter devant l'hôtesse de caisse quelque peu ébahie. La cliente demande confirmation qu'elle est bien ouverte mais sans attendre la réponse pose déjà ses trophées à côté de l'employée. La madame se tourne alors vers son successeur dans la file logiquement constituée derrière elle et lui lance d'un air triomphal : "Faut être à l'affût hein ?!?"

Pour toute réponse, les regards environnants se portent sur elle, emplis du même message éminemment sincère : "cxnnasse".

*****
(*) OHNI : Objet Humain Non Identifié

Fond Sonore : 1973, Bye Bye Cellphone