
J'ai pour la première fois entendu parler de ce roman lorsque j'ai demandé quelques précisions à un locuteur anglophone après qu'il ait eu employé l'expression "
it's a Catch 22 situation". Le texte de Joseph Heller a ainsi eu un tel impact que son titre est entré dans le langage courant pour désigner une inextricable situation où tout le monde se trouve perdant.
Catch 22 traite de l'absurdité de la guère en général, et de l'institution militaire en particulier. On y suit principalement le personnage de Yossarian, navigateur-bombardier de l'escadrille américaine basée sur l'île italienne de Pianosa, dont l'unique objectif (compréhensible) est de rester en vie. Le soldat se trouve toutefois confronté à un double-problème : non seulement le commandant d'escadrille passe son temps -par pur zèle- à augmenter le nombre minimum de missions aériennes à accomplir avant de rentrer au bercail, mais le retors Article 22 l'empêche de facilement tirer au flanc. Dans ce contexte, Yossarian et ses camarades de feu survivent comme ils le peuvent, en multipliant magouilles et combines.
Chaque situation, chaque personnage, chaque dialogue pourrait être qualifié d'ubuesque, et le roman pourrait objectivement se voir sous-titré
Voyage en Absurdie. Si le concept amuse au début, il se montre rapidement pénible, et l'on a vite le sentiment de tourner en rond, d'enchaîner des pages sans queue ni tête, sans jamais voir de près ou de loin où l'ensemble va bien pouvoir finir par aller. De fait, la lecture de ce
Catch 22 a presque relevé sur calvaire, et je me suis demandé si je n'allais pas abandonner. Oueps.
Voilà donc après cet
Abattoir 5 de Kurt Vonnegut un deuxième roman anti-guerre dit classique auquel je n'adhère pas... Ce qui est certain, c'est que vu le pavé (570 pages en format moyen) je ne redonnerai pas sa chance à ce texte. Nope.