Hier soir. La fenêtre grande ouverte, je n'arrive pas à m'endormir. Le ventilateur peine à générer un flux d'air suffisamment puissant pour vider mon studio de sa chaude et stagnante masse d'air. Je m'asseois sur le rebord de mon lit, légèrement courbé en avant, les avant-bras posés sur mes genoux. Je parcours du regard l'obscurité environnante où des ombres mouvantes semblent vouloir me fuir, puis je fixe le sol entre mes pieds.
Je pense à cet appartement exposé plein sud, si agréable en hiver, mais si étouffant en été. J'envisage un instant de déménager pour une surface plus grande que je pourrais plus aisément ventiler, mais cela n'est pas réaliste. A moins que je ne me résolve à habiter hors de Paris. Ce qui n'est pas vraiment envisageable. A moins d'habiter loin, très loin de Paris. En province. Mais si je persiste à ne pas vouloir investir à perte dans un véhicule motorisé, je devrais habiter à proximité de mon lieu de travail. Donc travailler en province. Donc changer de boulot. Mais j'aime mon boulot, et la sécurité qu'il m'apporte. Je ne suis pas prêt à le quitter, donc je ne suis pas près de quitter Paris. Ni cet appartement. Retour à la case départ. Comme d'habitude.
Je me résous à me rallonger, pour chercher un sommeil que je ne trouverai pas de la nuit.
Fond Sonore : Bob Dylan, The Essential
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