Matin. En bout de quai, j'attends l'affichage de mon train de banlieue. Il est déjà là, mais je les connais, si je m'installe de suite, ils vont me dire que ca n'est pas le bon. Mon regard balaye la gare et s'arrête sur le panneau de départs des TGV. J'ai une furieuse envie de sauter dans le premier en partance pour la côte atlantique, et de changer un peu d'air. Ah, mon train est annoncé. Bon, le coup de folie, ca sera pour un autre jour.
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Après-midi, Saint-Lazare. Un homme habillé en costume traditionnel d'un pays d'Afrique quitte le guichet en oubliant sa monnaie, un bon paquet de pièces. Je le lui signale, il me remercie simplement mais sincèrement en me regardant dans les yeux et en s'inclinant légèrement. La vie c'est pas si compliqué en fait.
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Je demande un retour avec le train de 17h22. Le guichetier me sort sèchement qu'il n'y a que 17h58 ou 19h45. J'entreprend de lui faire part de mon étonnement vu que ce train circule tous les jours sans exception, mais avant j'aie pu terminer il me rétorque encore plus sèchement qu'il n'y a que 17h58 ou 19h45, point. Zen, j'opte pour 17h58, même si je doute de l'existence de ce train. M'enfin, il doit savoir, c'est son boulot. Quelques secondes plus tard, un blanc, il rigole, ahah, il s'était trompé de page, ahah, c'est pas de sa faute, ahah, l'ordinateur ne lui donne pas toujours la bonne page, ahah, donc il y a bien le train de 17h22, ahah, et pas ceux de 17h58 ni 19h45. Connard.
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Sur le quai à attendre, encore. Un jeune tout débraillé, aux cheveux longs et manifestement assez gras, au treillis vert kaki et au t-shirt noir marqué d'un grand "A" rouge m'accoste. Il me demande une pièce, je lui demande pourquoi. Il me dit qu'il a faim, qu'il n'a pas de ressources mais qu'il n'en cherche pas, parce que bon tu comprends il n'a pas envie d'engraisser les capitalistes. Je lui demande alors si cela ne lui pose pas de problème que la pièce que je pourrais éventuellement lui donner ait été gagnée par mon dur labeur au sein même de ce système sur lequel il semble cracher. Il me considère quelques instants, m'insulte copieusement et s'éloigne.
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Le train, peu avant le départ. Je suis affalé sur mon siège, un sac en plastique atterrit à côté de moi. Je lève les yeux, un type d'une quarantaine d'années me salue d'un bonsoir inattendu. Plus tard, je l'entendrai parler avec un léger accent anglais. Pas français, forcément, ça m'aurait étonné.
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Ah, ma gare, je descends, à moi le calme de la campagne!
Fond Sonore : The White Stripes, De Stijl
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