Friday, October 27, 2006

Loi des Séries

Il y a quelques jours, un matin (presque) comme les autres. Je me lève, la tête enfarinée, ne parviens pas à me réveiller au moyen d'une bonne douche, quitte mon repaire un peu à la bourre. Arrivé dans le hall de mon immeuble, j'aperçois mon image dans le reflet de la porte d'entrée. Je me fige sur place. Quelque chose ne va pas, un petit détail insignifiant qui, comme toutes les choses insignifiantes, a forcément son importance... Raaah, mes lunettes, oubliées! *mgmgmg*

Remonter les escaliers à toute vitesse, manquer de se viander, ouvrir la porte du couloir, ouvrir la porte blindée de l'appartement, ouvrir la porte de la salle, choper les lunettes au vol, refermer la, nan les portes, espérer ne pas réveiller la galerie (je décolle de bonne heure), descendre cinq à cinq les escaliers en colimaçon, piquer un cent mètres dans l'allée de la résidence, rater le bouton d'ouverture de la grille, se manger ladite grille, *mgmgmg*, maugréer, filer à l'arrêt de bus... Juste à temps!

Arrivé à Montparnasse, je constate que tous les deux roues sont couchés depuis Gaîté. Mon regard balaye l'avenue, j'imagine qu'une bande de d'jeun's se sera très certainement amusée durant la nuit... Je reprends mon chemin, m'engageant sur le parvis de la gare. J'y aperçois un type en jean/cuir arborant un brassard orange fluo de la sécurité, un pansement sur son arcade sourcilière gauche, le regard vif, assez nerveux, un talkie walkie collé à la bouche.

Immédiatement, un frisson parcourt mon échine, le temps semble se figer, je passe en DefCon 1... Et si la bande était encore dans le coin? Je me hâte à l'intérieur de la gare... Pour y découvrir un autre type de la sécurité qui se déplace d'un pas rapide, le regard fixé au loin. J'observe rapidement les alentours : RAS, la voie est dégagée, je peux monter prendre mon train. Enfin, prendre mon train... Car forcément, le train en question n'est pas affiché même s'il se trouve bien à son quai habituel.

Deux agents sncf se pointent alors, vraiment cools. Ils papotent, avancent nonchalamment, sortent un extincteur caché en bout de quai avant d'entreprendre de remonter lentement la rame. Une équipe de la sécurité, en uniforme, ne tarde pas à se montrer, arrivant en petites foulées. Elle ralentit en bout de quai, avant de remonter la rame à son tour, sans se presser. Un pompier arrive ensuite, en voiturette, double les gars de la sécurité, direction l'autre bout du train. Un second pompier arrive encore après, à pinces, la veste sur l'épaule, encore plus peinard que les autres... Sur quoi un épais nuage de fumée se dessine à l'extrémité de la rame opposé à l'endroit où je me trouve.

Surréaliste.

Une voix s'élève alors des hauts-parleurs pour annoncer l'annulation du train. Tu m'étonnes...

Je me rabats sur une solution de secours. La rame est à quai, affichée. Le train part à l'heure, je me détends, le retard sera minime. Vingt minutes plus tard, la rame ralentit puis s'arrête. Une minute passe, puis deux, trois, quatre... Le conducteur nous annonce que le train qui nous précède sur nos rails est en rade vingt mètres plus loin, à l'entrée de la gare de Versailles Chantiers, et que nous allons devoir attendre qu'il soit dépanné...

Je crois que c'est à cet instant précis que je me suis dit que la journée allait certainement être longue, très longue...

Fond Sonore : The Strokes, First Impressions of Earth

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