La semaine passée n'a ma foi pas vraiment été de tout repos : des journées longues (trop longues), chargées (trop chargées) et intenses (trop intenses) m'ont comme qui dirait mis sur les rotules, alors que je rentrais tout juste d'une petite semaine de congés... A croire que Murphy et son âme damnée de corollaire m'avaient pris en grippe !
Quand je suis arrivé à la gare lundi matin, j'aurais dû me douter que l'absence de voies en regard des trains sur les panneaux d'affichage était de sinistre augure, mais mon humeur était trop légère pour que je ne m'en fasse une montagne. De plus, la voix qui s'échappait régulièrement des haut-parleurs était douce, elle se voulait rassurante : Suite à un problème de signalisation à hauteur de Versailles-Chantiers, le trafic est interrompu au départ de la gare de Paris Montparnasse. Nos équipes interviennent en ce moment même, nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée. Aucun soucis, je rentre d'un petit break, je suis détendu, je gère.
Si les équipes interviennent, cela ne va pas être long, pense-je naïvement dans un premier temps. Sauf qu'après une heure et demie d'attente debout et dans les courants d'air, je me dis que la voix, aussi agréable soit-elle, se fout un peu de ma tronche : si elle avait annoncé qu'il y en avait pour au minimum une heure, cela aurait fait belle lurette que j'aurais tiré ma révérence pour me replier sur une solution alternative !
Le problème quand aucun délai n'est annoncé, c'est que l'on se dit que le trafic sera nécessairement rétabli après que l'on ait eu quitté les lieux, alors on attend, on attend, on attend... Sauf que là, ne voyant pas vraiment le bout du tunnel, au figuré, le terme de ma patience commence à sérieusement affecter ma bonne humeur et ma légendaire zénitude...
C'est alors que j'aperçois une collègue. Nous optons pour l'action : direction Porte d'Orléans, histoire d'attraper un bus qui nous déposera devant notre lieux de travail commun. Hop hop hop, couloirs, hop hop hop, escaliers, hop hop hop re-couloirs, ligne 4. Arrivés à ladite Porte un quart d'heure plus tard [à dix minutes à pieds de chez moi mais une heure quarante après avoir quitté mon home sweet home :-/], nous constatons que nous en avons pour une bonne heure d'attente, ahah, rires nerveux, et aux discussions qui vont bon train (ahah) à l'arrêt, nous comprenons que nous ne sommes pas les seuls en galère, à être de la sorte bloqués et dépités...
Nous partons nous poser dans un café quelques dizaines de mètres plus loin, histoire de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Quelques coups de fil plus tard et une bonne grosse tasse de chocolat chaud entre les mains, je respire profondément et laisse mon regard se perdre à l'extérieur de l'établissement.
L'heure est plus tardive qu'à l'accoutumée, je n'ai pas pour habitude d'être encore sur Paris à 8h30 un jour ouvré. Goulot d'entrée dans la Capitale oblige, je vois un incessant flot de véhicules s'empresser de pénétrer en la Capitale : toutes présentent quatre places et un seul occupant, le conducteur. Devant ce gâchis manifeste, j'en viens à rêver à l'instauration d'un péage urbain qui taxerait les véhicules qui ne seraient pas remplis à 50% au minimum... Faudra que j'en touche un mot à mon maire tiens.
Mon attention se reporte rapidement sur les flots de voyageurs déversés par les nombreux bus qui transitent par ce point d'entrée stratégique dans la Capitale. La foule à cette heure est indéniablement différente de celle que l'on croise à des heures plus matinales, les tenues sont plus apprêtées, les airs bien plus supérieurs... Mon cerveau active le filtre adéquat, et tous les hommes disparaissent du paysage.
Je constate qu'en dépit de la froidure de ce début de semaine, les jambes sont découvertes, jupes / bottes de rigueur, j'esquisse un sourire. Derrière la vitre de la salle, j'observe les visages qui passent à proximité. Les regards se croisent, s'affrontent, se fuient, des sourires s'esquissent, furtifs certes, mais néanmoins plaisants. Les femmes sont belles, pense-je en tombant amoureux toutes les trente secondes.
Mais voilà que ma partenaire de voyage me tire de mes rêveries : le bus ne va pas tarder, ça serait ballot de le louper ! Nous voilà donc en route pour notre destination finale, que nous rejoindrons finalement une heure plus tard en bien piètre état, fourbus, courbaturés de partout, d'une humeur joyeusement massacrante... Et, pour ma part, à peu près 3h30 après avoir quitté mon domicile, ce qui constitue mon record absolu... Qui dit mieux ?
Fond Sonore : Alice Cooper, Hey Stoopid
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