Tuesday, December 20, 2011

Hugo Cabret

Hugo Cabret débute par une magnifique séquence qui nous plonge dans l'agitation d'une gare parisienne et exploite au mieux les capacités de la 3D. On a ainsi l'impression de chevaucher cette caméra virtuelle qui remonte les quais, d'évoluer entre les passagers bardés de bagages, et la sensation procurée nous place objectivement dans de bonnes dispositions.

Le visuel du film reste agréable tout du long, le Paris reconstitué baigne dans une douce chaleur colorée en dépit de la neige omniprésente, le design d'époque est une petite merveille, et je dois reconnaître avoir adoré l'antre de cet orphelin d'Hugo Cabret, plein de briques et de mécaniques d'horlogeries, en dépit de son abord spartiate.


[© Warner Bros. France]

La bobine se scinde en deux parties distinctes. Dans la première, Hugo cherche à remettre en état un automate qui, il l'espère, conserve quelque message caché de son père. Cette moitié, si elle se suit facilement, ne m'a pas vraiment captivé, en raison d'un étonnant manque d'empathie [Encore...] pour les personnages... Les acteurs m'ont pourtant semblé au poil dans leurs rôles, mais il manquait un étrange je-ne-sais-quoi... Je me suis alors demandé si le visuel magique ne relevait pas de la poudre aux yeux pour faire passer les faiblesses du scénario, et c'est là que la seconde partie a pris le relais.


[© Warner Bros. France]

L'automate réparé, Hugo découvre un dessin signé par procuration de la main de Georges Méliès, dessin qui l'amène à se rapprocher du patron d'une petite échoppe de miniatures à qui il chapardait des objets dans son entreprise de réparation mécanique. L'homme se trouve en fait être le cinéaste français -que l'on croyait décédé lors de la Grande Guerre-, perdu dans la négation de son passé, mais que la rencontre avec l'orphelin va d'une certaine façon réveiller. S'ensuit alors un hommage à Méliès, séquence émouvante en dépit de cette persistante distance empathique avec les personnages. J'ai particulièrement aimé la reconstitution des plateaux du cinéaste, avec ses effets spéciaux à la mode suédée, et je me suis dit que j'aurais adoré les vivre !

En parallèle de ces aspects se trouvent quelques (deux en fait ^^) micro-arcs anecdotiques, certes léchés, mais plus là pour remplir que pour un autre propos. Quand on tire le trait, on se retrouve au final avec une bobine au visuel magnifique, un hommage aux origines du cinéma, mais on ressent tout de même une distance avec les personnages qui me semble gênante. Je suggèrerais donc de conserver ce film dans la liste "à voir", en gardant toutefois en tête que la globale unanimité positive des critiques est un peu trop appuyée pour être absolument honnête.

=> Bande-Annonce

2 comments:

  1. Je l'ai vu ce matin, la bonne surprise fut l'hommage à Mélies, la mauvaise : c'est beaucoup trop long, pour rien ; les images sont certes magnifiques, mais comme tu dis, on ne sent pas proche des personnages, on ne les connaît pas, il aurait été bien qu'on vive un peu avec eux leur passé,(au moins le passé de Hugo si Scorsese voulait garder le suspense de Mélies)il aurait été bien qu'ils aient des défauts, des qualités, du caractère, du relief...et puis ça manque d'humour aussi.Et Hugo qui rencontre la petite fille à Mélies, qui a justement la clé autour du cou...trop facile...

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  2. Freehug> Ton retour me rassure quelque part parce que je me demandais si je ne devenais pas blasé dans une certaine mesure... C'est étrange mais j'ai l'impression que cette sensation de manque d'empathie prend de l'ampleur, comme si l'on nous livrait de plus en plus de bobines techniquement irréprochables, mais sans âme... Peut-être un signe que ce sont plus que jamais les Financiers qui sont aux commandes et non plus les Fabriqueurs de Rêve ? :-?

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