
L'
ouvrage de Max Brooks dont est inspiré ce film m'avait objectivement captivé, il brillait par sa structure singulière (une collection d'entretiens) qui nous conduisait à reconstituer pièce par pièce le puzzle de ces évènements qui ont déstabilisé le monde. La perspective d'une adaptation ciné m'a donc plutôt laissé dubitatif, et mes craintes se sont concrétisées dès les premiers trailers...
D'une enquête post guerre on passe ainsi à une investigation (
en l'occurrence un bien grand mot) durant ses premières phases, et surtout -oui surtout-, il n'y a pas zombie qui (non) vive mais plutôt des infectés. La différence est de taille car ce
World War Z lorgne de fait beaucoup plus vers l'excellent
28 Jours Plus Tard de Danny Boyle que vers quoi que ce soit d'autre. Ici, point de menace lente et inexorable (l'un des éléments qui font le sel de la thématique zombie), mais plutôt une vague menaçante sous amphet', absolument aux antipodes donc.

[© Paramount Pictures France]
L'enquêteur se voit confier la tâche de déterminer l'origine du mal en plein marasme de l'explosion de la pandémie, ce qui pose d'évidents problèmes logistiques. Alors que le monde se désorganise totalement, il parvient néanmoins à s'extirper des Etats-Unis, à se retrouver en Chine pour aussitôt en repartir en direction d'Israël avant d'atterrir en Grande-Bretagne (
sous réserve pour cette dernière destination, j'ai un léger doute). Chaque étape se révèle fugace, l'enquête n'en a que le nom, et l'on sent la volonté de caser le maximum de choses sans toutefois dépasser les deux heures imparties.
Le périple s'achève dans les locaux d'une institution équivalente au CDC, et l'ambiance vire
Resident Evil tant on pourrait se croire dans les locaux d'Umbrella Corp. Sur la fin je me suis demandé si le timing n'était point un peu serré, car l'on nous gratifie d'une pirouette à la Deus Ex Scenarista, héroïsme stupide et invraisemblable qui permet de conclure qu'un enfant de la bannière étoilée a sauvé le monde, hallelujah.

[© Paramount Pictures France]
Le plus gros reproche que je ferai à cette bobine est qu'elle sacrifie sur l'autel du sensationnalisme l'aura de réalisme que Max Brooks avait su instaurer dans son ouvrage. Elle reste néanmoins un blockbuster dans la moyenne, pas pire que les autres, avec les mêmes agaçants tics de réalisation (gros plans en excès, saccades parkinsoniennes de la caméra). A vous de voir si vous désirez ou non tenter, mais le cas échéant ne vous attendez pas à quelque chose du calibre du bouquin !
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