Monday, May 13, 2013

Stoker

Park Chan-wook restera toujours avant tout pour moi le réalisateur du cultissime Old Boy. Le voir traverser le Pacifique pour travailler aux USA m'a dans un premier temps laissé un peu dubitatif, non que je doute de son talent, mais j'avais peur que la machine hollywoodienne ne lui permette de s'exprimer totalement [par analogie avec le premier essai américain de John Woo par exemple]. C'est donc avec un mélange d'espoir et de craintes que je me suis rendu en salle voir son Stoker.

La bobine se concentre sur une cellule familiale endeuillée par la perte du père de famille, formée du duo mère / fille Evelyn [Nicole Kidman, très juste comme toujours] & India [Mia Wasikowska, qui avec son teint glacé pourrait suivre les traces de son aînée]. Un oncle dont elles n'avaient que (très) vaguement entendu parler, Charles [Matthew Goode, inquiétant], vient s'installer avec les deux femmes, et un trouble jeu se met en place.

Le script emprunte parfois des sentiers inattendus, mais il m'a néanmoins semblé par instants sous-exploité. Certains traits auraient ainsi pu être forcés, et cela aurait probablement été le cas si Park Chan-wook avait eu les coudées franches pour les retravailler. Cet aspect se voit toutefois compensé par la singulière ambiance instaurée par le réalisateur, jouant du montage et des éclairages, même si là-encore on aurait pu attendre quelque chose de plus définitif.


[© Fox Deutschland]

Au final il m'en reste un sympathique conte macabre, une bobiné léchée plutôt intéressante en dépit des petits bémols évoqués précédemment. A tenter donc.

=> Bande-Annonce [Mieux vaut ne pas regarder la BA pour bien profiter de la bobine.]

Mud

Ado d'une bourgade quelconque du Mississippi, Ellis passe le plus clair de son temps avec son pote Neckbone, quand il n'est pas à l'école ou en train d'aider son père pêcheur. Au cours d'une expédition sur une île du fleuve, les deux ados découvrent un homme, Mud [Matthew McConaughey, à l'accent chewing-gum], qui y survit dans l'attente -prétend-il- de sa dulcinée.

En dépit de sa nature mystérieuse et des suspicions de mythomanie, Ellis & Neckbone ados vont sous l'impulsion du premier apporter leur aide à Mud, ce qui leur donnera un objectif dans leur morne quotidien désoeuvré. On suit cette relation l'histoire de quelques jours, en se laissant guider à vue, sans toutefois qu'il n'y ait de conséquente surprise.


[© James Bridges / Neckbone Productions]

Si les gamins sont bien dans leurs rôles, la composition de Matthew McConaughey ne m'a qu'à moitié convaincue, elle exhale un je-ne-sais-quoi de désabusé assez agaçant. La réelle faiblesse de ce récit de l'adolescence se situe toutefois ailleurs, dans le manque de rythme qui confère à l'ensemble un caractère regrettablement poussif, auquel s'adjoint un notable manque d'émotion...

De fait, lorsque la lumière revient dans la salle au bout des 2h10 de métrage, on se trouve un peu soulagé, sans pour autant avoir eu le sentiment de passer une mauvaise séance... Ressenti un peu ambivalent donc, qui conduit tout de même à se dire que ce Mud a au final raté le coche. Oueps.

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Sunday, May 12, 2013

L'Hypnotiseur

Adapté d'un best-seller que je n'ai pas lu, L'Hypnotiseur s'ouvre sur une séquence frénétique, un meurtre très sanglant. La mise en place qui s'en suit, après la découverte de cette famille assassinée dans une banlieue de Stockholm laisse entrevoir la perspective d'un sympathique polar venant du froid, à l'instar de Easy Money ou encore Jar City.

L'hypnotiseur en question doit tenter de pénétrer l'inconscient de cet unique rescapé du massacre pour y glaner des indices sur l'identité du coupable. Cette idée intéressante ne se trouve toutefois pas assez exploitée à mon goût, et l'intrigue progresse par à-coups, me donnant l'effet d'une intrigue en escalier plutôt que d'une mécanique bien huilée.


[© UGC Distribution]

De fait j'ai assisté à la projection sans vraiment rentrer dedans, les rebondissements ne m'ont guère surpris, et j'ai regretté qu'il n'y ait eu ce nécessaire soupçon de peps de tout thriller qui se respecte. Au final cette bobine m'a donc laissé aussi froid que les contrées glacées dans lesquelles elle trouve sa résolution. Oueps.

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Sous Surveillance

Sous Surveillance nous permet de retrouver Robert Redford derrière la caméra, et le sieur s'en tire évidemment avec les honneurs. Il propose une bobine divertissante, aux accents de thriller, qui conduit à s'interroger pendant (et après) la projection sur la notion d'engagement, sur les limites que l'on pourrait se poser dans le cadre d'une action militante.

Tout le casting s'est révélé impeccable, mais j'ai particulièrement été ravi de retrouver la magnifique Susan Sarandon, pour qui j'ai depuis toujours un faible. Robert Redford et Nick Nolte ont toujours de l'allure, et la relève a pour elle une vigueur qui laisse augurer d'une potentielle bonne évolution ultérieure, suivez mon regard vers Shia LaBeouf. J'ai trouvé l'acteur plutôt bon dans son rôle de journaliste "pot de colle", il faudra juste qu'il fasse attention à ne pas trop s'enfermer dans un jeu réflexe. Shia, si tu m'entends...


[© StudioCanal]

Bref, encore un sympathique instant de cinéma, qui donne un sentiment de fond travaillé, à bonne distance des bobines insipides du moment, cachant leur misère dans un surplus d'effets clinquants. Oueps, farpaitement.

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The Place beyond the Pines

Cette bobine déroule une seule histoire, découpée en trois arcs qui se succèdent temporellement. Les personnages sont autant de lignes de vie qui se croisent, s'entremêlent et s'éloignent, pour mieux se retrouver. Le script nécessite que l'on y prête une certaine attention, mais si l'on se laisse porter il y a tout pour se trouver captivé.

J'ai beaucoup aimé ce découpage qui tranche avec la linéarité de tant de longs métrages, la réalisation au service de l'histoire qui ménage de logiques transitions entre les arcs, les interprètes en accord parfait avec leurs personnages [Ryan Gosling, Bradley Cooper, Eva Mendes, Rose Byrne, Ray Liotta // pour ne citer que les principaux et plus connus], bref je ne vois absolument rien à jeter.


[© StudioCanal]

Je ne donnerais pas de détails sur le script car cela consisterait ici à mon sens à gâcher le plaisir de la découverte. The Place beyond the Pines a objectivement été un très bon moment de cinéma, et je vous encourage donc à lui donner sa chance.

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Wednesday, May 8, 2013

Jurassic Park - 3D

Après mes récentes (et successives) déceptions en salles obscures, j'ai opté pour une valeur sûre, oui sûre, parce que j'aime beaucoup ce Jurassic Park. A l'époque de sa sortie initiale je n'avais pu en profiter sur grand écran, et il aurait tout de même été fort dommage de ne point saisir l'occasion de me rattraper qui m'était donnée.

Cette bobine est aujourd'hui proposée avec une conversion 3D, et je dois reconnaître que le travail a été excellemment fait, l'effet de profondeur étant appréciable dès les premiers instants. Cet artifice mis à part, Jurassic Park conserve ce qui fait le sel des séances les plus divertissantes, c'est à dire de l'action, du rythme, de l'humour, des effets spéciaux au service de l'histoire, bref du Cinéma (avec un grand C, farpaitement).


[© Universal Pictures]

Voilà, je suis donc très content d'avoir pu profiter de cette bobine au ciné, j'ai été ravi de voir que toutes les générations présentes dans la salle se laissaient (sur)prendre par ce film d'une vingtaine d'années, et je ne peux que recommander cette ressortie. Oueps. :o)

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Sunday, May 5, 2013

La Théorie des Dominos - Alex Scarrow

L'excellent Une Seconde Après de William R. Forstchen nous montrait de manière assez percutante combien notre dépendance à la technologie pouvait se révéler extrêmement dangereuse. Alex Scarrow s'inscrit dans une logique similaire en traitant la thématique de l'or noir, mais adopte un angle relativement différent.

Là où William R. Forstchen faisait montre d'une précision clinique dans l'examen de la situation, dans le détail des larges conséquences de l'attaque IEM, l'auteur de cette Théorie des Dominos se cantonne ainsi dans l'action, déroulant un thriller somme toute assez classique.

Le texte s'articule autour de trois arcs, chacun suivant un membre d'une même cellule familiale éparpillée au moment où des attentats simultanés mettent un coup d'arrêt au flux mondial de pétrole. La proportion la plus conséquente du roman se voit consacrée aux péripéties individuelles, dans l'entreprise de ralliement de la maison britannique.

Alex Scarrow travaille les origines de cette situation, les explicite, mais s'arrête malheureusement là où les choses auraient pour moi commencé à devenir intéressantes, c'est à dire plonger dans l'examen de la vie sans pétrole, ou tout au moins des ravages causés par son absence longue durée. De ce point de vue je dois reconnaître avoir été un peu déçu, mais peut-être avais-je mal positionné mes attentes après la passionnante lecture de cet Une Seconde Après. Ceci étant, le texte d'Alex Scarrow reste très fluide, il se lit très facilement et constitue néanmoins un sympathique divertissement. Pourquoi s'en priver donc ? :o)

Mariage à l'Anglaise

Contrairement à ce que le titre VF laisse augurer, la bobine ne tourne absolument pas autour d'une cérémonie de mariage, mais sur la première année qui la suit, comme en atteste le titre VO I Give it a Year. On passera évidemment sur cette nouvelle transcription franchouillarde éminemment discutable.

On suit donc dans Mariage à l'Anglaise un couple de jeunes mariés, Nat [Rose Byrne, pas eu souvent l'occasion de voir son minois] & Josh [Rafe Spall, inconnu au bataillon], pas vraiment faits pour vivre ensemble, mais qui ne se séparent pas, chacun ayant peur de briser le coeur de l'autre. Voilà pour le pitch, simple me direz-vous.


[© StudioCanal Deutschland]

Pour l'enrober, le réalisateur a recours à une petite galerie de personnages aux traits un peu trop forcés à mon goût [le pote lourdingue, la conseillère conjugale au couple en plein marasme, la copine aigrie] voire un peu trop lisses [Simon Baker, mais pour être honnête je ne le supporte pas à la base in Mentalist], qui sonnent comme autant d'ingrédients hétérogènes déversés dans une sauce qui ne parvient jamais vraiment à prendre.

Alors certes on sourit, mais on ne rit guère aux éclats. Le temps passe, on se distrait, et quand vient le final convenu et maladroit comme le reste de la bobine, on quitte la salle sans trop de regrets. Après Upside Down, Promised Land et Iron Man 3, ça commence à faire beaucoup de déceptions... Si la prochaine séance n'est pas à la hauteur, je fais un malheur !

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Saturday, May 4, 2013

Upside Down

Upside Down inscrit son action dans un univers aux lois physiques singulières : deux planètes jumelles immobiles l'une par rapport à l'autre tournent autour du même astre solaire. Les habitants de chacune restent où qu'ils se trouvent soumis à la gravité de leur sol respectif, les matériaux non organiques de gravités différentes ne peuvent rester en contact plus d'une petite heure sans s'enflammer... Why not. Une fois le postulat physique accepté, la couche sociétale propose un "down" miséreux exploité par un "up" opulent exploitant le premier, et bien entendu un jeune homme du bas, Adam [Jim Sturgess, souvent à tête de Hobbit ou de rejeton de Charles Ingalls], aimant une jeune femme du haut, Eden [Kirsten Dunst <3], qu'il n'aura de cesse de tenter de rejoindre... En dépit du fait que -of course- tout contact entre les habitants des deux mondes est rigoureusement proscrit...


[© Unknown]

De fait, l'originalité du monde se trouve réduite à un prétexte à péripéties pour une histoire somme toute assez convenue. On passerait allègrement sur les invraisemblances / incohérences qui mettent à mal notre sens physique si un charmant romantisme était de la partie, mais hélas, mille fois hélas, il n'en est rien, et la charmante frimousse de Kirsten Dunst ne suffit à contenter le spectateur que je suis. La forme ne compense guère le fond, certains plans ne sont certes pas désagréables, mais l'ensemble exhale par instants un surprenant côté cheap qui m'a fait penser à quelques séries SF un peu fauchées... 'Fin bref, tout ça pour dire que je ne suis pas certain que cette bobine mérite plus d'attention. Oueps.

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Promised Land

Promised Land s'attaque à la thématique du Gaz de Schiste. On y suit un couple de salariés d'une firme d'exploitation dépêché dans une petite bourgade en vue d'y engranger des concessions. Fort d'un argumentaire réputé imparable et d'une situation économique pas vraiment à la faveur du milieu rural, Steve Butler [Matt Damon, sympa comme toujours] et Sue Thomason [Frances McDormand, parfaite, également comme toujours] pensent que leur travail relèvera plus du gâteau que d'autre chose, mais cela est compter sans Frank Yates [Hal Holbrook, bonne trombine], un ingénieur du MIT à la retraite plutôt bien documenté, et Dustin Noble [John Krasinski, bon poil à gratter], un militant écologiste roublard.


[© Unknown]

Sur la base de ce pitch je m'attendais à une charge efficace contre cette option énergétique, d'autant que le film se trouve produit pour partie par une société d'Abou Dabi, mais j'ai trouvé l'ensemble assez faiblard : j'ai vu des reportages sur le sujet bien plus virulents. L'intention du réalisateur me semble d'ailleurs plutôt floue, et a posteriori j'ai plutôt ressenti dans cette bobine une attaque contre les grosses corporations et leurs méthodes marteau-pilon.


[© Unknown]

Indépendamment de cet aspect critique, l'encéphalogramme du film m'a semblé relativement plat, la simili love story et le final attendu de bons sentiments ne relevant guère la sauce. Si l'histoire se suit sans réel déplaisir, on ne peut pas dire non plus que le feu de la passion nous étreigne des masses. Dommage...

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Sunday, April 28, 2013

Iron Man 3

Après avoir lutté au côté des autres Avengers contre une invasion extra-terrestre, Tony Stark en reste quelque peu chamboulé et se consacre au perfectionnement de ses gadgets. Lorsqu'une menace terroriste d'ampleur se fait jour, le multi-milliardaire inconséquent défie celui qui se fait appeler Le Mandarin en lui donnant... Son adresse.

Bien évidemment le domicile de l'inventeur subit une attaque nourrie qui le détruit complètement, et Tony Stark se retrouve in extremis en plein Tennessee, sans armure fonctionnelle. Après un démarrage poussif les choses semblent alors s'accélérer un peu, mais la vitesse de croisière n'atteint jamais de sommets. Il y a certes des ingrédients sympathiques [Le Mandarin, les répliques qui font mouche], mais la sauce ne prend pas, même la séquence finale (difficilement lisible) de baston entre les super-soldats & les jouets de Tony Stark ne rattrape rien.

A vrai dire j'ai un peu eu le sentiment de me trouver devant un divertissement un peu quelconque, seule la séquence post générique valant vraiment le coup. Déception vous avez dit ? Oui, je crois bien.

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Oblivion

En dépit du fait que cet Oblivion a été réalisé par celui qui a commis cette abomination de TRON - L'Héritage, je me suis rendu en séance avec espoir, les bobines de SF ayant une fâcheuse tendance à se faire bien trop rares à mon goût.

Le film se situe dans un futur relativement proche, et prend pour cadre une bien dramatique situation pour notre Belle Bleue : suite à une longue lutte contre un envahisseur d'outre-espace, la Terre est ainsi ravagée, l'Humanité a été évacuée dans une lointaine colonie, et une opération de récupération de ressources terrestres est en cours.

Jack Harper [Tom Cruise, qui n'en fait pas trop] intervient dans le cadre de ce dernier point, en tant que technicien en charge de la maintenance de drones. Il exerce sa charge routinière dans une zone délimitée, et vit ses repos dans une base en altitude, à l'écart des zones dangereuses. Sa mission touche à sa fin, et la promesse de rejoindre leurs pairs offre à sa compagne technicienne et lui-même un espoir salutaire, mâtiné de nostalgie puisqu'il faudra quitter la Terre nourricière.


[© Universal Pictures Germany]

La routine se voit toutefois perturbée lorsqu'un vaisseau s'écrase dans la zone dévolue à Jack Harper. Ce qu'il trouve à l'intérieur des décombres couplé au comportement des drones qu'il entretient amène le technicien à voir sa réalité sous un angle nouveau. Le retournement de situation, s'il n'a rien de bien neuf, se voit tout de même correctement traité et s'ancre tout entier dans une intéressante thématique SF que j'ai suivie avec plaisir.

Quand je dis qu'il n'y a rien de bien neuf, c'est que les thèmes / ressorts considérés ont déjà été utilisés au ciné comme dans des séries telles que Au-delà du Réel, l'Aventure Continue. Je préfère toutefois ne pas détailler plus avant, au risque de gâcher votre séance pour le cas où vous décideriez de lui donner sa chance.

Il manque un je-ne-sais-quoi pour faire de cet Oblivion une bobine définitive, mais j'y ai passé un bon moment... What else ?!? :o)

=> Bande-Annonce [La BA en montre beaucoup, à vous de (la) voir, ou pas.]

Sunday, April 21, 2013

Effets Secondaires

Effets Secondaires nous emmène dans les dédales tortueux de la médecine psychiatrique au travers de la relation entre le docteur Jonathan Banks [Jude Law, impeccable] et sa patiente Emily Taylor [Rooney Mara, parfaite]. Ce qui allait je pensais être réquisitoire contre les pratiques du milieu s'est révélé thriller implacable, remarquablement maîtrisé, et ménageant son lot de renversements de situations.

Si l'on peut ponctuellement ressentir une légère baisse de rythme, la bobine se montre suffisamment intriguante pour que l'on n'en fasse pas une montagne et que l'on se laisse porter par la machiavélique machinerie. Ce film est une nouvelle preuve de ce que Steven Soderbergh sait surprendre et qu'il mérite que l'on garde un oeil sur lui, à l'instar de Rooney Mara et Jude Law évidemment. Bref, une excellente surprise, inattendue, et cela est ma foi fort appréciable.

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The Grandmaster

Le Temps est quelque chose d'éminemment troublant. Impalpable par essence, il s'impose néanmoins parfois à nous au travers d'effets tangibles, telle cette séance de The Grandmaster qui m'a semblé durer une éternité.

Wong Kar-Wai propose un film un peu bazardélique dans lequel je ne suis pas du tout rentré. J'ai eu du mal à cerner ce qui constituait réellement l'arc principal [Ip Man, Gong Er, ou même La Lame], et même à m'y retrouver entre ces personnages pourtant pas si nombreux. Le style visuel du réalisateur confère une touche esthétique globalement pas désagréable, mais les plans serrés empêchent de profiter des chorégraphies exécutées dans les combats.

Bref, une déception que cette bobine, et je me demande bien en quoi ce fichu singe qui fait la révérence en regardant en arrière peut bien receler le secret absolu de la Maison Gong. Ca, ça va me troubler un bon moment. Oueps, farpaitement.

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Sunday, April 14, 2013

Darwinia - Robert Charles Wilson

Après l'excellente lecture qu'a constitué Une Seconde Après de William R.Forstchen, j'ai décidé d'effectuer un crochet SF avant d'entamer le prochain ouvrage d'essence post-apo en attente dans ma PAL, et Darwinia a donc atterri sur ma table de chevet.

Le roman débute comme une uchronie et fait l'hypothèse qu'en mars 1912 l'Europe se voit subitement remplacée par un continent aux contours semblables, mais à la faune et la flore relativement inhospitalières. A l'époque où science et technique sont en plein essor, la religion trouve dans le phénomène un regain de vigueur, les tenants du miracle divin se comptant par légions.

Huit ans plus tard, une expédition est organisée pour remonter le Rhin et tenter de pénétrer au coeur de ce nouveau continent sauvage, objet de luttes politiques pour la possession de ses potentielles richesses. Ce point laissait augurer d'une sympathique fresque d'aventure exploratoire, mais le texte a pris une direction inattendue, déroutante, qui m'a un peu laissé sur ma faim en dépit de son indéniable originalité.

Il m'est aujourd'hui assez difficile de rendre compte de cette lecture car je ne suis objectivement pas rentré dans le texte. J'ai trouvé la progression de l'intrigue relativement poussive, et l'interlude hétéroclites, qui si elle prend sens bien plus loin a achevé de sceller à mes yeux l'herméticité du bouquin.

L'arc principal -celui de la dite expédition- se voit pollué par deux confrères secondaires qui le hachent, et l'on n'accueille qu'avec une relative froideur les informations contextuelles qu'ils véhiculent. Bref, on ne bénéficie même pas d'un semblant de souffle épique, et j'ai comme qui dirait souffert pour parvenir au terme du roman, même si la dernière partie m'a tout de même interpellé.

A posteriori je ne suis pas vraiment certain d'avoir un avis définitif sur le texte, mais je regrette que l'originalité qui le sous-tend n'ait pas été mieux servie, par une narration fluide et des effets de style plus discrets. Bref, une lecture en demi-teinte, penchant plutôt vers la déception et la catégorisation de ce Robert Charles Wilson en auteur à éviter, tout au moins tant que j'aurais autre chose à me mettre sous la dent. Oueps, carrément.

Saturday, April 13, 2013

Warm Bodies

Je dois avouer que la première fois que j'ai entendu parler de ce projet je me suis montré assez dubitatif... J'imaginais en effet une bluette mielleuse pour adolescents, à la Twilight pour ne pas le citer, mais je me suis finalement laissé tenter après qu'un trailer ait sympathiquement su éveiller positivement mon attention...

Si l'intrigue se montre un chouille légère dira-t-on, l'ensemble fonctionne plutôt bien et la séance s'est au final révélée assez plaisante. La bobine se déroule sous le patronage de l'humour, parfois ironique, avec une voix off qui je pense fait la différence. Une bonne surprise que ce Warm Bodies, agréablement divertissant, une romcom décalée qui sait même séduire les fans de films de zombie hardcore comme moi, et ça, c'est pas rien !

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Sunday, March 17, 2013

Le Monde Fantastique d'Oz

Cette bobine de Sam Raimi se présente comme un prequel au roman de Lyman Frank Baum [que je n'ai pas lu] et son adaptation ciné de Victor Fleming [dont je n'ai qu'un vague souvenir]. Elle narre donc l'arrivée du Magicien au Pays d'Oz, et son affrontement avec les méchantes sorcières du lieu, accomplissant ainsi la prophétie attendue par les sujets du Royaume.

Le générique du film est une petite merveille, d'une magnifique stylisation rétro noir et blanc, la 3D générant un sympathique effet de plongée dans l'écran. La séquence d'ouverture continue sur le même tonneau, bien enlevée, agréablement mise en image, propulsant cet illusionniste de cirque sans grande morale d'Oscar Diggs vers le dit Pays d'Oz.


[© The Walt Disney Company France]

Ce dernier apparaît dès les premiers instants enchanteur, la présence de Mila Kunis ajoutant évidemment au charme, mais la frénésie de l'ouverture se calme, beaucoup, trop, et le développement m'a semblé manquer de peps. Il manque à la bobine ce je-ne-sais-quoi de liant qui captive l'attention, ingrédient subtile semblable à de la poudre de perlimpinpin, ésotérique mais néanmoins essentiel. Ceci étant, le film présente de beaux passages, la découverte du village de porcelaine notamment ou encore le climax de séquence finale de prestidigitation.


[© The Walt Disney Company France]

La technique est irréprochable, le seul bémol tenant en cette 3D qui m'a semblé inutile hormis pour la séquence titre mentionnée précédemment, et les prestations des interprètes sont objectivement carrées, celle de James Franco en tête. Bref, en dépit de ce contraste apporté par le fait que la bobine ne m'ait pas happé, ce Monde Fantastique d'Oz reste un sympathique divertissement, pas ultime, mais il serait dommage de faire la fine bouche, surtout en ces temps de Printemps du Cinéma.

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Wadjda

Wadjda habite la capitale saoudienne, et comme toutes les jeunes filles de son âge se voit soumise à des règles de vie très strictes dans ce Royaume où la femme ne jouit pas pour ainsi dire d'une liberté absolue. D'un tempérament rebelle, l'adolescente porte des baskets et écoute du rock, ce qui ne la met pas vraiment dans les papiers de sa directrice d'école. Comble du comble, elle se prend d'envie pour un vélo, afin de pouvoir battre à la course son copain Abdallah, et entreprend de participer à un concours de récitations coranique pour récolter la somme requise...

J'ai trouvé le personnage de Wadjda très attachant, sorte de petite bouffée d'espoir au sein de ce pays où tant reste à faire. La bobine donne en filigrane de nombreux indice sur la condition féminine au sein du Royaume, n'épargnant pas les contradictions de cette société que l'on pourrait qualifier de société des apparences. La rigueur morale et religieuse en apparaît ainsi toute relative, et l'on se demande ce qu'il manque pour qu'un mouvement réformateur ne s'enclenche... Peut-être la société se voit-elle verrouillée de fait, chaque tête qui dépasse se trouvant immanquablement coupée, peut-être vit-elle dans une sorte d'équilibre de la terreur similaire dans l'idée à celui de la République de Grande Asie in Battle Royale de Koushun Takami ?

Quoi qu'il en soit, Wadjda me semble être une sympathique bobine à ne pas louper. Oueps.

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Sunday, March 3, 2013

How to Become a Parisian in One Hour - Olivier Giraud

Il y a deux semaines je suis allé voir ce One Man Show d'Olivier Giraud, dont les échos étaient très favorables, et je dois dire que je n'ai pas été déçu !

L'humoriste brocarde les parisiens et leurs habitudes -ou plutôt "travers" devrais-je dire-, mais n'oublie pas les touristes qui aussi en prennent pour leur grade, en regard notamment de leur vision éminemment idéalisée de la capitale française. Le spectacle a ceci de singulier qu'il se déroule dans la langue de Shakespeare, mais rassurez-vous, l'accent objectivement franchouillard laisse le texte facilement accessible aux spectateurs non bilingues.

J'ai beaucoup aimé l'idée de ce cours de "parisianisme pour les nuls", et je crois que tout le monde peut l'apprécier, sans distinction d'origine géographique. L'humeur est bon enfant, la salle accueille des nationalités variées, l'humoriste en est à plus de 600 représentations, et le spectacle va à compter de ce mois se jouer ponctuellement à Londres. Bref, un sympathique moment de détente, au succès mérité, que je recommande ! :o)

Une Seconde Après - William R. Forstchen

Après l'excellente découverte qu'a constitué La Voie du Sabre de Thomas Day, j'ai opté pour une lecture post-apo, ceci afin de ne pas rester trop longtemps sur la déception de la précédente, Ces Choses que Nous n'Avons pas Vues Venir de Steven Amsterdam. Grand bien m'en prit, car ce livre de William R. Forstchen est tout simplement percutant, il nous conduit à réaliser que notre condition d'homo modernus ne tient qu'à un fil bien ténu...

Imaginez, vous êtes tranquillement chez vous à préparer la soirée d'anniversaire de votre fille, et une panne d'électricité survient. Vous attendez, attendez, mais la Fée Electricité ne daigne pas pointer le bout d'une étincelle. Vous sortez dans votre jardin, et vous n'entendez rien d'autre que le silence : plus de bruits de fond sur l'autoroute, plus d'activité visible dans la ville en contrebas... Vous tentez de démarrer votre voiture, mais elle semble plongée dans une bien étrange léthargie... C'est exactement ce qu'il arrive à l'enseignant du supérieur John Matherson, résidant de la petite bourgade de Black Mountain, perdue à l'ouest de la Caroline du Nord.

Aucune amélioration ne se faisant jour le lendemain, l'ex-colonel se rend en centre-ville et constate que l'équipe municipale n'a aucune information sur ce qu'il se passe, le bourg est comme coupé du monde. Rapidement, John Matherson en vient à échafauder une théorie, à la probabilité plus que faible, mais les signes sont pourtant bien là... Le territoire des Etats-Unis a dû être victime d'une attaque IEM, cette explosion en altitude d'une bombe H grillant les moindres circuits électriques / électroniques.

Cette conséquence peut sembler anodine, mais quand elle impacte un très large territoire, les implications dépassent le cadre des perturbations causées par une simple panne de courant. Immédiatement, le confort se trouve altéré, mais à très court terme le quotidien prend de fâcheux airs de survie : la nourriture vient rapidement à manquer, de même que l'eau potable qui n'est plus pompée des réservoirs naturels, les sanitaires ne fonctionnent plus, et l'absence de moyen de locomotion rend toute opération de ravitaillement très délicate. Quand bien même peut-on se rendre dans une zone commerciale, les moyens de paiement ne fonctionnent plus, les denrées fraîches périssent à vue d'oeil, les stocks de médicaments s'amenuisent plus vite que de raison... Les plus faibles en pâtissent sans délai, les hôpitaux ne sont plus en mesure d'assurer les soins, l'individualisme prend le dessus et la société se désagrège plus que de raison...

William R.Forstchen décrit avec une précision clinique l'enchaînement de ces conséquences, ce qui dénote un sérieux travail de documentation. L'auteur se montre didactique dans son exposé, et il a le bon goût de mettre globalement l'accent sur la réflexion plus que sur l'action, certaines ellipses étant à mon sens bienvenues [la confrontation sur l'autoroute notamment]. J'ai trouvé le roman captivant, immersif, et d'autant plus saisissant que la menace exposée apparaît bien réelle.

Cet ouvrage trouve donc selon moi sa place en haut de la pile des textes à thématique post-apo, et je le recommande chaudement à tous les amateurs du genre, mais aussi aux autres !