Le type progresse dans la rame de RER tout en psalmodiant des "bonjour monsieur" / "bonjour madame" d'un accent non identifié et en exhibant un grand morceau de carton sur lequel on peut lire en substance qu'il n'a pas de ressources, qu'il a quatre enfants, tout ça tout ça. Son allure n'est guère engageante, pour le moins crasseuse.
Personne ne lui prête vraiment attention, chacun feint de l'ignorer et tandis que je me demande si sa pancarte n'est pas qu'un faux destiné à émouvoir son prochain, j'aperçois un quidam un peu plus loin qui farfouille dans sa poche de pantalon. Ce deuxième gus est assez chétif, il a l'air malheureux et la bouteille de rosée à moitié vide qu'il tient en main laisse entrevoir comment il noie son désespoir. Au bout de quelques secondes, l'homme dégage sa main de son jean et tend au premier type quelques piécettes.
Scène édifiante que je me prends en pleine figure...
Fond Sonore : The Kooks, Inside In Inside Out
Quand on galère soit même, on est plus sensible...
ReplyDeleteC'est souvent ceux qui ont le moins, qui donnent le plus, je pense...
Sumie> A ce que j'ai pu noter à maintes reprises, je pense que tu as raison...
ReplyDelete... et c'est bien triste, car personne n'est à l'abri :(
ReplyDeleteSumie> Surtout de nos jours... :-/
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