
Comme je le disais
récemment, l'annonce il y a quelques décennies du décès de Georges Remi, alias Hergé, m'avait pour ainsi dire laissé quelque peu désemparé car j'avais réalisé que jamais plus je n'aurais le plaisir de découvrir de nouvelle aventure de mon héros préféré. Dans le même temps, je me disais que cela était absolument normal car, quand bien même Tintin était-il devenu une icône populaire, Hergé était son âme et, de facto, la disparition de l'auteur ne pouvait que mettre un terme à la production tintinophile.

Les choses ne se sont toutefois pas exactement passées de la même façon après qu'Edgar P. Jacobs ait eu passé l'arme à gauche.
Les Trois Formules du Professeur Satō a ainsi vu sa deuxième partie publiée sur la base des scénario et maquette de l'auteur, mais avec les dessins d'une tierce personne. L'histoire aurait pu s'arrêter là mais question de droits cédés aidant, d'autres tandems ont ensuite pris la relève pour des résultats finalement assez contestables : le style graphique est globalement conservé, les physionomies des personnages évoluent un peu, mais surtout les histoires se révèlent de mon point de vue assez décevantes. Edgar P. Jacobs était le créateur de Blake et Mortimer, il était leur âme et le respect qu'il leur portait le conduisait à s'assurer de convenablement étayer ses scénarios et de leur donner un minimum d'assise scientifique réaliste, ce qui n'est pas nécessairement le cas de ses successeurs. Pour moi, le constat est sans appel : la série aurait dû trouver son terme dans la disparition de Jacobs.

Autre série de ma jeunesse, Astérix a été créée à quatre mains. Les premiers albums se distinguent par une richesse incroyable, fruit de l'émulation de deux cerveaux travaillant en symbiose, tandis que les derniers montrent pour ainsi dire quelques signes d'essoufflement. Ceci n'est toutefois pas étonnant dans le sens où à la disparition de Goscinny, Astérix a perdu la moitié de son âme. Je m'attendais donc à ce que que la série s'arrête à la mort d'Uderzo, mais grande a été ma surprise de lire ceci dans une récente édition de
20 Minutes :
Contrairement à Tintin, (...) Astérix et Obélix survivront à leurs créateurs. Hergé s'y était formellement opposé, mais pas Albert Uderzo qui, à 81 ans, vient de céder au groupe Hachette Livre l'autorisation de poursuivre la série après sa disparition.
Cela ne laisse à mon sens tout simplement
rien augurer de bon, et je ne peux que m'associer à la fille d'Albert Uderzo qui
dénonce ce choix, a priori soufflé dans l'ombre par quelques conseillers soucieux de ne pas voir disparaître la poule aux oeufs d'or. Bon, oké, mon soutien ne changera certes pas grand-chose à l'affaire, mais tout de même, il fallait que cela soit dit. Sylvie, si jamais tu devais passer par ici, sache que je suis avec toi !
Fond Sonore : Simple Plan, Still Not Getting Any...