Saturday, June 30, 2012

127 Heures - Aron Ralston

127 Heures raconte le calvaire vécu en 2003 par l'auteur Aron Ralston, alors qu'il était pris au piège dans un défilé particulièrement étroit d'un canyon de l'Utah, le bras droit coincé sous une lourde pierre. Le récit au présent et à la première personne se révèle de fait immersif, à défaut d'être captivant. S'il est intéressant de suivre l'évolution psychologique de ce randonneur solitaire en (très) fâcheuse posture, les digressions narrant ses différents exploits sportifs m'ont absolument laissé de marbre, je n'ai pas été impressionné tant leur étalage transpire un chouille la vantardise...

Il reste néanmoins de ce texte un message important, à l'adresse des randonneurs de tous niveaux : il ne faut absolument jamais partir sans donner au préalable à un tiers son itinéraire agrémenté d'un planning estimatif. Il arrivera en effet nécessairement un jour où cette précaution se révèlera éminemment utile...

'Fin bref, oubliez ce titre, revoyez plutôt l'adaptation cinématographique réalisée par le virtuose Danny Boyle l'année dernière.

Friday, June 29, 2012

Plein la Vue - Théâtre de la Michodière


Nouveau retour devant les planches de la Michodière, avec un excellent placement (centré et au deuxième rang *_*) pour une pièce à 4 (+2) affichant en vedette Véronique Genest mais aussi Philippe Magnan dont le visage ne m'était pas inconnu.

Le pitch ? Véra [VG] est non-voyante de naissance. Elle a néanmoins surmonté son handicap grâce à ce nez exceptionnel qui lui procure une place de choix dans l'industrie du parfum, et donc une fortune conséquente. Cela attire bien entendu la convoitise, et son mari profite allègrement de la situation tandis qu'il la trompe. Le père de Véra [PM] n'est pas en reste, il vit également sur le dos de sa fille, tout en subissant une sorte de crise d'adolescence à la soixantaine passée. Et puis un beau jour, Véra recouvre la vue...

Vous imaginerez aisément la structure en deux parties, avant / après le recouvrement de la vue, mais probablement moins la singularité du personnage de Philippe Magnan, indéniablement la véritable star surprise de cette pièce. Certains passages impliquant ce personnage se révèlent tout bonnement hilarants, pimentant une sauce qui globalement prend plutôt bien. Pas grand chose à en dire de plus en fait, sinon que j'ai passé un bon moment.

Ah si, tout de même, sachez que depuis que j'ai vu cette pièce j'ai Fly Me to the Moon en tête... Mais avec des paroles charabia... Flaï mi tou ki mouuuune ki mouuuune... XD

Tuesday, June 26, 2012

Quête

"Find what you love and let it kill you."

- Charles Bukowski

Sunday, June 24, 2012

The Raid

The Raid, c'est le récit de l'assaut d'un immeuble par une section d'élite de la police de Jakarta, le bâtiment situé dans les quartiers les plus défavorisés de la ville se trouvant être le repaire de l'homme le plus influent de la pègre locale. L'effet de surprise déjoué, la troupe se retrouve prise au piège au 5e étage, alors que le mafieux lance un ordre d'attaque général.

S'ensuivent des séquences d'action quasi-continues, des gunfights essentiellement bourrines et des bastons martiales (très) sympathiquement chorégraphiées. On peut notamment retenir le passage du couloir faisant écho à la scène culte de ce non moins culte Old Boy, ainsi que la baston à trois impliquant Mad Dog, Rama et son frère. Le silat filmé de la sorte donne d'ailleurs l'impression d'être un art martial tout bonnement redoutable !


[© Unknown]

En complément de ce côté éminemment bourrin pour lequel j'étais allé voir ce film, on peut également mentionner que le script réserve quelques surprises qui viennent un peu pimenter la chose, faisant sortir la progression de la voie du simple rail shooter. Pour terminer, j'ajouterais qu'en sortant de la salle j'étais tout chaud, adrénaline par procuration aidant, et que j'avais une furieuse envie de réviser le cultissime -et inimitable- A Toute Epreuve, ce que je vais d'ailleurs faire sous peu.

Bref, cette bobine s'est révélée assez jouissive, un petit plaisir coupable qui nous en donne pour notre argent. Mais à réserver aux amateurs, évidemment.

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Blanche-Neige et le Chasseur

Relecture à la mode dark du conte de Blanche-Neige, cette bobine m'a objectivement plu. J'avais initialement quelques craintes, mais si l'ensemble est balistique -on connaît l'issue de l'histoire- il y a ce petit souffle légèrement épique qui fait la différence.

La véritable star de ce film n'est pas tant pour moi Blanche-Neige ni même le Chasseur que le personnage de la Reine Ravenna, interprétée par une Charlize Theron [<3] belle en diable et évidemment impeccable. Sa nature de sorcière se fait tout d'abord discrète puis s'émancipe pour quelques séquences remarquables [le passage suivant l'empoisonnement par exemple]. Mention particulière au fameux miroir dont les manifestations sont d'un excellent rendu.


[© Unknown]

Le personnage de Blanche-Neige se situe un cran en dessous, il m'a semblé plus lisse même si Kristen Stewart ne démérite pas dans sa prestation et se montre en tout cas plus convaincante que quand elle traînait Sur la Route. Last (and least), le chasseur, tout bonnement inexistant en regard de ce que l'on aurait pu attendre vis à vis du titre...

Des éléments traditionnels du conte on retrouve également les nains, au nombre de sept -si j'ai bien compté ^^- mais plus proches des compagnons de Bilbo lors de sa virée chez Smaug que de ceux de Disney. Leur introduction colle à l'ambiance fantasy et se révèle plutôt rigolote. Par ailleurs, j'ai beaucoup apprécié les séquences avec les fées, et je n'ai pu m'empêche de penser à Princesse Mononoké pour la représentation du cerf blanc au milieu du sanctuaire.

Voilà voilà, une bonne séance que cette projection de Blanche-Neige et le Chasseur, à tenter ! :o)

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Sunday, June 17, 2012

Archange - Robert Harris

Ce troisième roman de Robert Harris prend place dans la Russie de la fin des années 90. On y suit Fluke Kelso, un historien britannique spécialiste de l'URSS, présent dans la capitale Moscou pour une conférence organisée à l'occasion de l'ouverture d'archives aux chercheurs occidentaux.

Le récit exhale dès ses premières pages un parfum d'austérité prononcé, correspondant très bien avec l'image que je me faisais de la Russie des années 90, et me rappelant par instants les paumés désoeuvrés de Rue Barbare (David Goodis) ou L'Arnaqueur (Walter S. Tevis).

J'ai de fait trouvé le début un peu aride, d'autant que l'histoire russe ne m'a jamais vraiment captivée et que je m'embrouille rapidement dans les noms du pays, qu'il s'agisse de personnages ou d'éléments géographiques. Je me suis néanmoins laissé captivé peu à peu, me demandant ce qui pourrait bien sortir de cette improbable histoire dans laquelle Fluke Kelso se trouve embarqué.

L'historien se voit un soir contacté par un homme qui prétend avoir été témoin de la fin de Staline et savoir que son carnet secret lui a été dérobé. La curiosité de l'homme se trouve évidemment attisée et Fluke Kelso commence par tenter de vérifier les éléments du récit. Sa crédibilité établie avec une bonne probabilité, il s'engage alors dans un dangereux jeu de piste, entre services secrets russes, journalistes avides de scoops, et nostalgiques d'une ancienne Russie.

Le texte a été l'occasion d'appréhender le personnage de Staline et son époque de manière complémentaire à ce que j'avais pu en apprendre en cours, il mélange intelligemment les éléments historiques avérés et la fiction, élément essentiel pour crédibiliser un pitch, ce qui n'aurait d'ailleurs pas déplu à Gorge Profonde [NdC : L'informateur de Mulder, pas la goulue. :p ]. Je dois avouer avoir été surpris par l'intrigue, je ne m'attendais pas à ce que l'auteur m'emmène dans la direction choisie, et cela est tout aussi bien, je préfère que le texte ait une longueur (voire deux) d'avance sur moi.

Le roman se conclut par une scène légèrement elliptique, qui m'a néanmoins semblé bien amenée, logique, et m'a laissé avec un rare sentiment de contentement. Trop d'auteurs ont en effet malheureusement tendance à sortir de route avec ce virage plus périlleux qu'il n'y paraît.

Bref, tout ça pour dire que cet Archange m'a finalement laissé un bon souvenir, et que je le recommande donc ! :o)

Thursday, May 31, 2012

So True

Imperfection is beauty, madness is genius and it’s better to be absolutely ridiculous than absolutely boring.

- Marilyn Monroe


[via]

Wednesday, May 30, 2012

Ontario 2012 - 4 Days / 6 Pics

A la fin du mois d'avril dernier, j'ai été amené à faire pour le boulot un saut de puce en Ontario. Oui, un "saut de puce", c'est à dire : un jour de voyage aller, deux jours sur place, un jour de voyage retour. Autant dire que l'option touristique a été réduite à la portion extrêmement congrue et qu'au retour j'étais complètement déphasé, mais j'ai tout de même pu prendre quelques tofos, ce qui m'a permis de bricoler une modeste mosaïque.


[© Ze Captain]


Quelques commentaires dans l'ordre z-esque :
  1. Ce voyage m'a permis de tester la classe Affaire en avion, et je dois dire que j'ai beaucoup apprécié. A côté du personnel prévenant & des attentions diverses, le plus notable est probablement de pouvoir incliner son fauteuil proche de l'horizontale. Cela permet d'arriver à destination (relativement) frais et dispo, bien plus que lorsque j'avais effectué un vol transatlantique similaire dans la bétaillère (i.e. la classe Eco).
  2. A peine arrivé sur le sol canadien il a fallu en voiture tracer 200 bornes vers le nord sur des autoroutes et des nationales rectilignes, bordées alternativement de forêts et de champs, ce qui donnait l'impression de toujours plus s'enfoncer dans des contrées isolées. Ce sentiment était ma foi fort plaisant, en dépit de la grisaille qui se faisait de plus en plus insistante.
  3. Surprise surprise, pas de Marcel Béliveau au premier matin, mais de la neige tout partout ! O_o
  4. Re-surprise surprise au second matin, un soleil absolument radieux avec pas une seule once de neige ! O_o 3 jours, 3 climats ! ^o^
  5. La clémence nouvelle du temps a été l'occasion de faire un tour en bateau sur la Georgian Bay, ce qui objectivement a constitué le point d'orgue de cette brève escapade canadienne. Le trajet aller en plein soleil, le diner dans une petite anse en compagnie des cerfs et autres castors au crépuscule, le trajet retour à la nuit tombée, tout a concouru à me transposer un instant hors du temps et à me laisser méditer sur la vie, l'univers et tout le reste.
  6. Le dernier jour, une audacieuse échappée au sud de Toronto en quête des légendaires Chutes n'a été qu'un demi-succès (ou un semi-échec c'est selon), puisque je n'ai pu apercevoir les Niagara Falls que depuis la voiture en roulant au pas... Mais il faut dire que le timing n'a guère été aidé par cette étonnante absence de signalétique pour se diriger sur le site depuis Toronto... :-/

Voilà pour ce bref aperçu de ce non moins bref séjour. Pour terminer, j'ajouterais que lors de la virée en bateau j'ai eu le plaisir de prendre les commandes et que j'en ai éprouvé un sentiment de liberté tout bonnement unique. Un collègue a d'ailleurs immortalisé l'instant, mais il s'est malencontreusement fait happer par un orage spatio-temporel qui l'a éjecté dans le passé. De fait, la photo a mis une bonne centaine d'années pour me parvenir, vous voudrez donc bien excuser son aspect vieillot.


[© Ze Captain]

Sunday, May 27, 2012

Men In Black III

Dix ans après le deuxième volet, nous retrouvons donc les hommes en noir, confrontés à une nouvelle menace d'ampleur évidemment planétaire. Cette dernière se voit incarnée par un Boglodite du nom de Boris, un être éminemment bourrin et susceptible, qui ne supporte pas le surnom dont l'a affublé l'Agent K : "l'Animal". L'alien s'évade de la prison de méga hyper très haute sécurité dans laquelle il végétait depuis quelques décennies, et parvient en remontant le temps à se débarrasser de son plus implacable ennemi, le susnommé Agent K. L'Agent J se voit alors contraint de procéder à son tour à un saut temporel (plutôt bien fichu), et de botter le derrière de l'Animal en 1969. Voilà grosso modo pour le pitch de ce Men In Black III.


[© Sony Pictures Releasing France]

Qui dit "saut temporel" dit évidemment "paradoxes associés" [J'ai bien retenu les leçons de ce bon vieux Doc Emmett Brown ! ^^], mais pour le coup cela passe plutôt bien dans le feu de l'action. Dans la franchise, j'apprécie particulièrement le tandem Agent J / Agent K "old", lequel brille malheureusement ici par son absence et laisse donc un petit vide même si l'Agent K "young" s'en tire avec les honneurs. Je me délecte également du petit grain de folie qui en est à la base, mais j'ai ici trouvé qu'il était pour ainsi dire en retrait : j'ai un peu eu l'impression que l'âme des deux précédents volets s'était un brin diluée dans la recette pop-corn familial, d'où un léger sentiment de déception... Ceci étant je me souviens que j'avais initialement détesté le premier volet avant de l'apprécier au fur et à mesure des visionnages ultérieurs, alors pour cet opus, qui sait... :-?

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First Things First

Sachez, tout d’abord, qui vous êtes, puis décorez vous en conséquence.

- Epictète


[via]

Saturday, May 26, 2012

Cosmopolis

Cosmopolis, c'est une journée dans la vie d'un milliardaire de 28 ans, Eric Packer [Robert Pattinson], qui sur un coup de tête décide qu'il a besoin d'une coupe de cheveux à l'autre bout de la ville. La décision paraît surprenante, non seulement parce que la dite ville se voit bouchée en raison de la venue du Président des Iounaïtid Staïtes, de manifestations d'anarchistes et d'un sérieux accident... Mais aussi -et surtout- parce que sa fortune est sur le point de disparaître du fait d'un mauvais pari sur la monnaie chinoise.

La majeure partie du film se déroule donc au sein de la limousine high-tech du jeune homme, différents individus s'y succédant pour lui tenir compagnie et engager des discussions pour le moins obscures. L'ensemble apparaît étrangement hypnotique, irréel et somme toute plus captivant que la bobine de Walter Salles, Sur la Route. Je me suis laissé porter par la singularité de la chose, j'ai apprécié les passages de ces acteurs pour qui j'ai une estime particulière [Juliette Binoche, Mathieu Amalric, Paul Giamatti], et je conserve globalement un bon souvenir de la séance, même si je ne suis pas certain de pouvoir expliciter plus avant pourquoi je l'ai aimée...

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Friday, May 25, 2012

Sur la Route

S'agissant d'un roman précédé d'une réputation vaguement libertaire et épicuriste pour le peu que j'en ai entendu parler, j'attendais beaucoup du réalisateur de Carnets de Voyage, je comptais sur lui pour livrer une bobine pleine de vie, remplie de passion et de fureur de vivre. Mais patatra, il n'en est rien.

Sur la Route aligne en effet les séquences, tantôt sur la route, tantôt dans des appartements délabrés, pendant lesquels on voit quelques vingtenaires conduire, dormir, baiser, boire, fumer, danser, avec comme fil conducteur cet écrivain wannabe qui ne parvient pas à aligner deux mots sur sa machine à écrire. Dans leurs rôles, les trois acteurs principaux s'en tirent correctement, mais les étincelles qu'ils peuvent parfois dégager ne parviennent pas à enflammer la pellicule.

Quand au bout de 2h20 [pitin c'est long] vient enfin la délivrance, on remercie le temps d'avoir daigné s'écouler et l'on rétrograde le roman de Jack Kerouac -quelle que soit sa valeur- en bas de la PAL. Next.

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Relativité

C'est le problème avec les mecs qui sont loin d'être cons. Parfois, ils ont l'air complètement cons pour ceux qui sont vraiment cons.

- Sergent Abraham Ford in Walking Dead T9

Thursday, May 24, 2012

"Le Temps de l'Amour" - Françoise Hardy

Le titre qui me trotte en tête depuis que j'ai vu ce sympathique Moonrise Kingdom ! :o)



Moonrise Kingdom

Eté 1965, une petite ile au large de la Nouvelle-Angleterre. Sam déserte son camp scout pour retrouver Suzy, autochtone avec qui il a fomenté une escapade romantique à la pointe de l'île. Les deux jeunes adolescents échappent ainsi au contrôle des adultes qui en avaient la charge -le Chef Scout Ward [Edward Norton] & les époux Bishop [Frances McDormand & Bill Murray]-, donnant du fil à retordre au capitaine Sharp [Bruce Willis], peu habitué aux désordres insulaires. La traque des deux enfants débute alors, sous la menace d'une violente tempête qui s'apprête à s'abattre sur l'île, dans l'une de ces singulières ambiances dont Wes Anderson a le secret.


[© StudioCanal]

Le réalisateur a en effet un coup de patte inimitable, celui-là même qui m'avait déjà séduit dans le délicieusement loufoque La Vie aquatique ou encore le magnifique Fantastic Mr. Fox, animation traditionnelle au rendu époustouflant. Moonrise Kingdom ne déroge évidemment pas à la règle, et baigne tout entier dans une atmosphère sucrée (oué farpaitement).

Cette bobine s'avère être une jolie petite gourmandise, une élégante récréation avec un petit côté doux-amer en raison des situations familiales des deux adolescents. Les adultes qui les entourent valent chacun le détour, y compris Tilda Swinton que je n'avais pas encore mentionnée et qui incarne à la perfection les glaciaux "Social Services". 'Bref, j'ai adoré cette livraison de Wes Anderson, et depuis que je l'ai vue la chanson de Françoise Hardy qui figure au générique me trotte sympathiquement en tête, me faisant revivre la bobine par flash. A tenter ! :o)

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Sunday, May 20, 2012

Humilité

They see life as a privilege, not as a right.

- Graham in "Indian Palace"

Thé à la Menthe où t'es Citron ? - Théâtre Fontaine

Humeur théâtrale oblige, j'ai de nouveau mis les pieds dans l'un de ces temples du spectacle vivant pour me délecter de cette pièce qui a reçu le Molière 2011 de la meilleure pièce comique, gage de qualité s'il en est.

Thé à la Menthe où t'es Citron ? met en scène une troupe de comédiens à la veille de la première représentation de leur pièce, un vaudeville classique sur le papier, le problème étant qu'ils forment une belle équipe de bras cassés. Du jeune premier niais fils du producteur à l'acteur emphatique qui s'y croit un peu trop en passant par le metteur en scène que personne ne comprend et j'en passe, aucun n'est là pour rattraper l'autre... Et quand arrive le soir de la première, c'est catastrophe sur catastrophe... Pour notre plus grand plaisir !

Ayant dépassé la 500e, le spectacle est évidemment rodé et les effets comiques bien huilés. Il débute en douceur, provoquant tout de même assez rapidement les premiers rires aux éclats, puis va crescendo jusqu'au final. La performance des comédiens m'a semblé remarquable non seulement en raison du bon moment que j'ai passé pendant le spectacle, mais également en regard de la mise en abîme de la pièce dans la pièce : ne pas s'emmêler les pinceaux entre les deux niveaux et interpréter de façon crédible de mauvais acteurs demande ainsi à l'évidence du talent.

Rien à redire au niveau de la mise en scène, dynamique, et qui bénéficie de quelques évènements originaux rendus possible grâce au sujet [réglages son / lumière, incidents lors de la première]. 'Bref, il s'agit d'une pièce très aluminium [XD], qui se joue en ce moment au Théâtre Fontaine, et que je vous recommande chaudement en tant que bon remède à la morosité ambiante ! :o)

Saturday, May 19, 2012

Recul

The only people who see the whole picture are the ones who step out of the frame.

- Salman Rushdie


[via]

Wednesday, May 16, 2012

Je Te Promets

A voir le niveau de la notation presse sur Allociné j'étais un peu sur mes gardes, mais Je Te Promets m'a finalement plutôt plu.

Le pitch ? Paige [Rachel McAdams <3 ] et Leo [Channing Tatum] forment un couple au bonheur quasi idyllique. Les deux âmes se sont trouvées par un coup du destin, et accessoirement ces 20 secondes d'audace qui peuvent tout changer, dont Benjamin Mee faisait récemment l'article à son fils. Mais voilà que Dark Murphy décide de s'en mêler et qu'un accident de la circulation plus tard, Paige émerge de son coma artificiel en ayant perdu la mémoire des cinq dernières années. Plus de carrière artistique, plus de coolitude, plus de mariage, plus même de Leo... Paige se trouve alors dans un no man's land temporel, Leo va faire tout son possible pour la soutenir, mais les parents [les grands Jessica Lange et Sam Neill] de la jeune femme -avec qui elle avait rompu tout lien- vont venir interférer pour tenter de la récupérer...


[© Sony Pictures Releasing]

Le script s'appuie donc sur l'une des choses les plus terrifiantes pour moi, l'amnésie, et soulève des interrogations sur la nature même de notre personnalité. Est-on ce que l'on est de manière intrinsèque, ou bien n'est-on que relativement à un contexte particulier ? Si l'on perd la mémoire d'une partie de son vécu, est-on toujours le même sachant que l'on est supposé être ce que l'on a vécu ? Si la mémoire ne revient pas, pourra-t-on redevenir le même ? Mais qu'est-ce au final que redevenir le même ? :-? Bon, je vais arrêter là, sachez juste que le sujet me travaille. ^^

La bobine illustre le double drame que la situation représente : non seulement la perte d'une vie et la douleur collatérale de l'entourage, mais également la tentative de récupération qui peut être opérée sous différentes motivations par des accointances du passé. Ce second point est probablement le plus difficile à gérer, la personne souffrant d'amnésie ne sachant à quel sein se vouer... :-/

Je me suis laissé prendre par l'histoire et émouvoir par le drame vécu par les deux protagonistes principaux, Paige & Leo. Les interprètes m'ont semblé plutôt bons dans le genre, touchants dans leur jeu en retenu -pas d'effluves guimauvesques-, et j'ai bien apprécié le final ouvert mais néanmoins positif. Bref, une bonne séance pour une bobine que je recommanderais aux âmes qui ont un versant sensible à la romance. [NdC : Eh oui, j'en ai un. :p]

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Tuesday, May 15, 2012

Le Bourgeois Gentilhomme - Théâtre de la Porte Saint-Martin

Cela faisait un certain temps que je n'étais pas allé au théâtre [pas depuis Une Semaine Pas Plus en fait], et c'est donc avec plaisir que je me suis rendu il y a quelques jours au Théâtre de la Porte Saint-Martin pour assister à l'une des représentations du Bourgeois Gentilhomme avec François Morel en tête d'affiche.

Il s'agissait d'une première car cette pièce de Molière se trouve être une comédie-ballet, mélangeant théâtre, danse et musique et que je n'en avais jamais vue. J'ai trouvé le cocktail assez surprenant, divertissant, mais l'ensemble m'a semblé un peu inégal. J'ai ainsi eu quelques difficultés à rentrer dans la pièce, à réagir favorablement au jeu des acteurs, et je n'ai paradoxalement pas beaucoup ri avec les bons mots. J'aurais probablement pour cette partie préféré une production plus classique.

Ceci étant, j'ai beaucoup apprécié les passages musicaux joués par l'orchestre de chambre présent sur scène, ainsi que les séquences chorégraphiées, telle le sacre Mamamouchi de M.Jourdain. Les décors présents sur scène à ces instants m'ont fait penser à ces décors de cinéma de Georges Méliès que l'on a pu récemment savourer dans l'hommage rendu par Martin Scorsese dans son récent Hugo Cabret, et je me suis plusieurs fois imaginé le Roy assistant à la représentation depuis une table de banquet installé au-devant.

A posteriori il m'en reste un souvenir plutôt agréable, notamment grâce au final en apothéose. C'est d'ailleurs de bon coeur que j'ai applaudi aux multiples rappels. Néanmoins, je ne suis pas certain que je recommanderais cette pièce, je me contenterais de dire que l'expérience n'est pas inintéressante. A noter que si d'aventure vous deviez avoir envie de vous laisser tenter, les représentations s'arrêtent il me semble à la fin du présent mois de mai !