Ce troisième roman de Robert Harris prend place dans la Russie de la fin des années 90. On y suit Fluke Kelso, un historien britannique spécialiste de l'URSS, présent dans la capitale Moscou pour une conférence organisée à l'occasion de l'ouverture d'archives aux chercheurs occidentaux.
Le récit exhale dès ses premières pages un parfum d'austérité prononcé, correspondant très bien avec l'image que je me faisais de la Russie des années 90, et me rappelant par instants les paumés désoeuvrés de
Rue Barbare (David Goodis) ou
L'Arnaqueur (Walter S. Tevis).
J'ai de fait trouvé le début un peu aride, d'autant que l'histoire russe ne m'a jamais vraiment captivée et que je m'embrouille rapidement dans les noms du pays, qu'il s'agisse de personnages ou d'éléments géographiques. Je me suis néanmoins laissé captivé peu à peu, me demandant ce qui pourrait bien sortir de cette improbable histoire dans laquelle Fluke Kelso se trouve embarqué.
L'historien se voit un soir contacté par un homme qui prétend avoir été témoin de la fin de Staline et savoir que son carnet secret lui a été dérobé. La curiosité de l'homme se trouve évidemment attisée et Fluke Kelso commence par tenter de vérifier les éléments du récit. Sa crédibilité établie avec une bonne probabilité, il s'engage alors dans un dangereux jeu de piste, entre services secrets russes, journalistes avides de scoops, et nostalgiques d'une ancienne Russie.
Le texte a été l'occasion d'appréhender le personnage de Staline et son époque de manière complémentaire à ce que j'avais pu en apprendre en cours, il mélange intelligemment les éléments historiques avérés et la fiction, élément essentiel pour crédibiliser un pitch, ce qui n'aurait d'ailleurs pas déplu à Gorge Profonde [
NdC : L'informateur de Mulder, pas la goulue. :p ]. Je dois avouer avoir été surpris par l'intrigue, je ne m'attendais pas à ce que l'auteur m'emmène dans la direction choisie, et cela est tout aussi bien, je préfère que le texte ait une longueur (voire deux) d'avance sur moi.
Le roman se conclut par une scène légèrement elliptique, qui m'a néanmoins semblé bien amenée, logique, et m'a laissé avec un rare sentiment de contentement. Trop d'auteurs ont en effet malheureusement tendance à sortir de route avec ce virage plus périlleux qu'il n'y paraît.
Bref, tout ça pour dire que cet
Archange m'a finalement laissé un bon souvenir, et que je le recommande donc ! :o)