Andreas arrive sans trop savoir comment dans une ville sans nom. On lui offre une vie clef en main, appartement / emploi / collègues extrêmement prévenants et avance sur salaire compris. Andreas pourrait se fondre dans le moule... Mais quelque chose ne colle pas : tout est lisse, sans saveur, sans douleur, tout est mécanique, même le sexe. Andreas perçoit pourtant bientôt une douce musique puis une agréable odeur, délices parmi les délices dans ce monde aseptisé. Intrigué, il n'aura de cesse que de se rapprocher de leur source, quitte à se faire prendre le nez dans les effluves et à être banni...J'ai perçu Norway of Life comme une intelligente critique de notre monde matérialiste, dans lequel finalement tout tourne autour de notre sacro-saint pouvoir d'achat : on peut ne plus avoir aucun repère, aucune valeur, ni même aucune Vie, qu'importe pour autant que l'on puisse acheter le dernier ensemble home cinema Bose, la dernière veste de chez Zara ou encore le coupé tendance de chez BMW...
Jens Lien fait preuve d'une remarquable maitrise dans la dénonciation de cette dérive, que ce soit dans la narration habile, l'impeccable photo d'une saisissante pâleur ou encore l'humour froid et décalé. La qualité de son travail a d'ailleurs été récompensée lors de l'édition 2007 du Festival du Film Fantastique de Gérardmer puisqu'il y a raflé pas moins de quatre récompenses [Grand Prix, Prix de la Critique Internationale, Prix du Jury Jeunes et Prix du Jury Sci Fi] sur sept! Ceci n'a toutefois pas ému les distributeurs qui n'ont accordé au film que seize écrans pour sa sortie... :-/ Qu'à cela ne tienne, cela le rend encore plus précieux, alors s'il passe à deux pas de chez vous, n'hésitez surtout pas et foncez le voir!
Prochaine séance : demain vers 14h ou 16h, probablement avec Les Enragés ou Alpha Dog. Si ça vous tente, vous êtes les bienvenus!
Fond Sonore : IV Thieves, If We Can't Escape My Pretty
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