Sunday, May 1, 2011

L'Homme qui Voulait Vivre sa Vie - Douglas Kennedy

Après avoir été emballé par le film d'Eric Lartigau, je ne pouvais décemment passer à côté du roman qui en était à l'origine. C'est ainsi que j'ai tenté il y a quelques semaines ma première incursion dans l'univers de Douglas Kennedy.

Point d'Europe ici, l'action prend pour cadre les Etats-Unis d'Amérique. Le roman se trouve centré sur le personnage de Ben Bradford -le narrateur-, un avocat new-yorkais spécialiste en Droit des Successions, qui à l'instar d'un Bobby Walker présente tous les signes extérieurs de réussite sociale. Toutefois, derrière le vernis des apparences se cache une réalité torturée qui nous happe dès les premières lignes.

Ben n'est pas heureux en ménage. Depuis son mariage avec Beth et la venue au monde de leurs deux enfants, la situation n'a fait que se dégrader, la communication s'est rompu, les deux époux cohabitent plus qu'ils n'habitent sous le même toit. Même si son activité professionnelle se révèle sécurisante et lui assure un avenir radieux, Ben n'y trouve malheureusement pas un substitut satisfaisant car le métier d'avocat n'a jamais été une vocation, il ne s'y est résolu que pour satisfaire les exigences paternelles. Le seul plaisir réel de l'avocat pré-quarantenaire réside ainsi en ce violon d'Ingres que constitue la photographie, à laquelle il s'adonne avec un matériel dernier cri, sans jamais toutefois oser s'y abandonner pour de bon.

Un soir, par un malencontreux coup de folie, Ben se retrouve face à un choix cornélien, qui le conduit à s'enfuir pour échouer au Montana et tenter d'y commencer une nouvelle vie sous couvert d'une identité autre que la sienne. Tiraillé entre des sentiments contradictoires et une culpabilité multiple, l'ex-avocat ne se laisse toutefois pas abattre et dégaine rapidement son appareil photo pour bâtir sa nouvelle destinée...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'intrigue de ce roman est brillamment construite. Douglas Kennedy possède un style d'une fluidité exemplaire et le choix narratif constitue à mon sens l'un des atouts évidents du texte : l'utilisation de la première personne nous permet de nous plonger dans la psyché de Ben Bradford et l'identification à ce personnage ne s'en trouve que facilitée. On se retrouve à peser le pour et le contre, on met en perspective les desiderata parentaux en regard des aspirations des enfants, on soupèse le poids du qu'en-dira-t-on vis à vis des schémas de vie qui s'écartent des voies tracées par les conventions sociales, on pense à ces actes manqués, à ces occasions ratées, et l'on finit immanquablement par dresser un parallèle avec nos propres vies.

L'écriture est brillante, captivante, le suspense haletant et ce roman se révèle donc de la trempe de ces bouquins que l'on n'a pas envie de lâcher avant d'avoir atteint la dernière page. Indéniablement l'une de mes meilleures lectures de ces derniers temps, à lire impérativement ! :o)

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