Tuesday, May 20, 2008
Paranoïa
Le bus ne tarde pas à arriver. Je m'installe tout au fond, légèrement en hauteur et laisse mon regard se perdre dans la foule. Arrêt suivant, le feu passe au vert, le bus démarre. Un type tape sur les vitres latérales. Le bus, engagé dans le carrefour, s'arrête brièvement à la suite du camion qui le précède. Le gus remonte le véhicule et tambourine à nouveau vers l'arrière. Le bus redémarre et s'en va faire la petite boucle habituelle pour rattraper la Rue du Départ.
J'aperçois au loin le type se hâter en direction du prochain arrêt que nous allons bientôt rallier. Il remonte le bus, pénètre à l'intérieur du véhicule et s'en prend immédiatement à la conductrice. J'ai tapé aux vitres, vous ne m'avez pas laissé monter, commence-t-il avant de poursuivre, Vous ne vouliez pas que je monte, vous pensiez que je ne vous rattraperais pas, mais je suis quand même là !
Le bus démarre mais le type s'enfonce dans un délire paranoïaque, Vous avez la haine, vous vous prenez pour un petit chef dans votre bus, et la conductrice lui demande de descendre au prochain arrêt. Fin de non-recevoir, appel du PC. Le gus prend les voyageurs à partie [Vous avez du temps à perdre, hein, vous avez du temps à perdre ?!?], puis s'adresse de nouveau à la conductrice : Moi je suis là, je ne bougerai pas, j'ai le droit d'aller jusqu'au terminus !
Les secondes s'égrènent, longues, les tons se durcissent, et dans un élan de magnanimité incommensurable et assurément inattendu le type lance soudainement à l'intention des passagers, Je vais descendre, oui, je vais descendre, pour vous, parce que je ne veux pas vous faire perdre de temps, avant de s'exécuter. Le bus redémarre alors pour reprendre le cours normal de son service, et je laisse à nouveau mon regard se perdre dans la ville, tandis que je me demande pourquoi certains prennent un tel malin plaisir à se compliquer la vie...
Fond Sonore : Oasis, Stop The Clocks
Monday, May 19, 2008
Good Ol' Times
I looooove Rock'n'roooooll
So put another dime in the jukebox, baby
I looooove Rock'n'roooooll
So come n'take your time n'dance with meeeeeeeeee
Fond Sonore : Joan Jett, I Love Rock'n'Roll
Saturday, May 17, 2008
Iron Man
Iron Man est donc sorti sur nos écrans le 30 avril dernier, et non il ne s'agit pas là d'une transition capillotractée. Peu réceptif d'une façon générale aux adaptations de comics, je me suis tout de même laissé tenter à la faveur d'une bande-annonce intéressante, et le moins que l'on puisse dire c'est que je n'ai pas été déçu, très loin de là même.
Grand magnat de l'industrie de la défense, Tony Starck est un inventeur de génie milliardaire qui mène une vie dorée et éminemment superficielle. Lors d'une visite d'affaire en Afghanistan, il est enlevé par les troupes d'un chef de guerre local qui lui demande de concevoir dans les grottes de son repaire une réplique de sa dernière arme meurtrière, la terrible bombe Jericho. Sur place, il se rend compte que les rebelles ont mis la main sur un stock non négligeable de produits militaires siglés à son nom, et réalise de fait que son métier de marchand d'arme ne peut se réduire à sa vision manichéenne. En fait de réplique de la bombe Jericho, Tony Stark va mettre au point une armure unique en son genre qui lui permettra de s'échapper de sa geôle. Profondément marqué et transformé par cette expérience, il entreprendra ensuite de donner un sens à sa vie...Tony Stark, à la différence des autres super-héros récemment aperçu sur les écrans (toute la clique des X-Men notamment), n'est pas un mutant mais un être humain qui ne doit son statut qu'à son intelligence hors-norme. Il est dès lors beaucoup plus facile de s'y identifier, et je crois que là se trouve l'une des clés de mon adhésion au concept [Spiderman étant le contre-exemple qui confirme la règle.].
J'ai été agréablement surpris par la réalisation dynamique et sans temps mort de Jon Favreau qui fait passer les deux heures de métrage sans que l'on ne s'en rende compte. Le casting n'est pas en reste, il est même excellent, agréablement charismatique, et j'ai dans l'idée que ce film doit beaucoup à un Robert Downey Jr qui s'est sérieusement investi dans l'écriture du script et qui se glisse dans le costume de ce milliardaire rock'n'roll comme s'il s'agissait d'une seconde peau. Les inévitables effets spéciaux pour leur part sont tout bonnement magnifiques, ils s'intègrent parfaitement au récit, mais comment aurait-il pu en être autrement avec ce bon vieux Stan Winston à la supervision et les équipes d'ILM en support ?
A mes yeux, Iron Man trouve évidemment sa place dans le haut du panier des films de super-héros, ce qui me conduit à chaudement vous le recommander !
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Fond Sonore : The White Stripes, Get Behind Me Satan
Wednesday, May 14, 2008
(Pre-)Return of ze Captain
Le soleil aidant, je n'arrive plus à trouver le sommeil dans ma tanière surchauffée, le boulot m'assaille plus que de raison le saligaud, je suis en quelque sorte un brin rétamé, mais je survis... Oui, je souffre, farpaitement, c'est terrible !
Je ne suis pas bien loin, plusieurs ébauches de posts sont en souffrance d'affinage, mon clavier me manque terriblement, mais je ne puis lutter pour le moment... Ce week-end peut-être ?!? Du moins l'espère-je !
Et vous, ca va ? :)
Fond Sonore : Jonny Lang, Lie to Me
Monday, May 5, 2008
One Helluva Good Day !

Photo originale by Negrito & Trituration by ze Captain
Une fois la collation avalée, la petite troupe s'est dirigée vers le Square du Temple tout proche, pour y passer un sympathique moment à tailler la bavette tandis que Choupette affirmait son goût pour le ballon rond [C'est assurément une Zidanette en culotte courtes que nous tenons là ! ;)]. Ne reculant devant rien, une fraction d'aventuriers a témérairement poursuivi du côté de la Rue Sainte-Anne [1er] pour y déguster un peu plus tard quelques plats traditionnels japonais dans un petit restaurant cantine d'excellent rapport qualité-prix. Je me suis personnellement laissé tenter par un Yakiniku Don [lamelles de boeuf posées sur un épais lit de riz avec oignons et gingembre] accompagné de soupe Miso, et cela était tout bonnement délicieux ! :o)

Yakiniku Don + Soupe Miso
Direction ensuite le Parc de Bercy [13e] pour tranquillement digérer tout en refaisant un brin ce monde qui en a tant besoin. L'après-midi étant déjà bien avancée, Castor, Do et votre serviteur avons courageusement entrepris de rejoindre Denfert [14e] pour nous repaître d'un rare met italien aux vertus digestives indéniables [Sisi je vous jure !], les glaces Amorino. Mon Grand Cornet [Oué, farpaitement, GRAND Cornet, je voulais être certain de profiter au maaaaaaximum de leurs vertus digestives, indéniables j'ai dit !] m'a donc permis de me délecter d'un savoureux mélange où le sucré de la banane le disputait à la douceur de la framboise tandis que la légère acidité du citron parachevait l'extase gustative qui était mienne... Un pur délice, je ne vous dis que ça ! ;)
Et puis, l'heure de la dissolution de ce qu'il restait de la Communauté Gritienne étant arrivée, nous avons finalement regagné nos pénates respectives, sous la douce chaleur de cet après-midi de printemps, repus et tout simplement heureux. :o)
Fond Sonore : Kasabian, Empire
Saturday, May 3, 2008
Shutdown Day
Se tenir éloigné de son ordinateur, pourquoi pas, mais cela signifie alors : plus de programmes ciné, plus d'horaires de transports en commun, plus de partoches, plus de musique, plus de radios, plus d'écriture, plus de programmes tévé, plus de contacts par MSN (que j'utilise autant que d'autres le téléphone)... Soit plus rien de ce que j'utilise quotidiennement et qui fait mon bonheur. En d'autres termes, je le reconnais d'ailleurs sans ambages, l'informatique fait partie intégrante de ma vie et j'aurais bien du mal à m'en passer, ne serait-ce qu'une seule petite journée.
Est-ce un bien, est-ce un mal, je n'en sais rien si ce n'est qu'il s'agit là de l'ère du temps...

La seule chose dont je pourrais faire grief aux organisateurs de cette journée est qu'ils auraient pu lancer leur initiative en plusieurs langues au lieu de présager que tout le monde comprenait l'anglais. Cela aurait ainsi évité que tous les boulangers de mon quartier ne traduisent de travers et ne ferment de concert leurs échoppes pour cette journée de samedi, ce qui est tout bonnement tonteux !
Voilà, c'est dit, je peux donc m'en retourner rêvasser à cette bonne baguette tradition toute chaude et croustillante que je n'aurai pas... *soupir*
Fond Sonore : Lord of the Rings - The Fellowship of the Ring, Bande Originale
Friday, May 2, 2008
Homo Cyprinidus
*Blom*
Je ne prête pas attention au bruit sourd qui vient de se produire derrière moi.
*Blom*
J'ouvre les yeux et j'aperçois à ma hauteur un type en jogging encapuchonné, arrêté, qui se penche légèrement en avant, et repart d'un pas, puis de deux.
*Blom*
Le sac que porte le gus en bandoulière vient de heurter un siège. Le type s'arrête, regarde son fardeau d'un air las, se penche en avant pour le faire passer par-dessus le dossier du fauteuil, et repart d'un pas, puis de deux.
*Blom*
Son sac vient de cogner le siège suivant. Même air las, même cirque... Qui se répètera jusqu'à l'autre extrémité de la rame...
J'en ai ce jour-là conclu que le zyva devait être un proche parent du poisson rouge.
Fond Sonore : Garden State, Bande Originale
Thursday, May 1, 2008
Gazette Ciné du Muguet
Déterré un peu par hasard du tas des sorties que j'avais écartées de ma liste de films à voir, je dois avouer que j'ai été agréablement surpris par cette dernière réalisation du sieur Clooney. Ce film, s'il ne révolutionnera certes pas le cinéma, s'est avéré être un agréable divertissement, fort distrayant, très bien filmé, parfaitement interprété, et last but not least étonnamment bien pourvu en petites répliques qui font mouches. Mentions spéciales à George et Renée qui sont tout bonnement excellents, mais carton orange au distributeur français pour sa traduction de Leatherheads par Jeux de Dupes...Mongol
J'ai été surpris par ce film que j'imaginais bien fourni en batailles épiques et qui s'est finalement révélé très posé, au rythme assez lent, mais indéniablement empreint d'une certaine magie hypnotique qui m'a captivée. Je me suis laissé porter par l'histoire de ce Grand Khan qui en son temps conquit la moitié du monde mais qui, il faut bien l'avouer, aurait mérité pour second patronyme celui de Monsieur Pas-d'bol...Shine a Light
Quand je suis entré dans la salle, je n'ai pu m'empêcher d'esquisser un sourire : à voir les dégaines des spectateurs j'avais le sentiment d'être dans mon élément, la culture rock. Ceci étant, j'ai tout de même été un poil déçu par l'objet et j'hésite à le qualifier de film de concert pas transcendant ou bien de documentaire râté quand je fais le bilan de la playlist qui m'a déçu, de la réalisation pas extraordinaire, du public new-yorkais pas vraiment en délire (un peu trop guindé), des images d'archives trop rares... Mébon, ce qui est certain, c'est qu'à l'âge des Rolling Stones j'aimerais avoir leur patate !Fond Sonore : Black Snake Moan, Bande Originale
Tuesday, April 29, 2008
Juste pour Rire
J'ai toujours adoré l'esprit de ces premières caméras cachées, aux concepts simples mais diablement efficaces. Parmi les plus célèbres, je ne me lasse d'ailleurs pas de la fameuse double porte battante sans vitres...
Si la tradition semble visiblement s'être quelque peu perdue dans l'Hexagone, je suis heureux de constater qu'elle perdure outre-atlantique chez nos cousins Québécois. Il m'est arrivé à plusieurs occasions de profiter de leurs oeuvres à la tévé le dimanche après-midi, et j'ai à chaque fois été ravi par leur créativité et la bonne humeur qui se dégageait de ces séquences, dont vous trouverez ci-après un petit aperçu au travers de deux séries de sketches (respectivement ~7min et ~19min).
Je ne sais pas pour vous, mais mouah ça active mes zygomatiques et ça me détend ! :o)
Fond Sonore : AC/DC, Live '92
Monday, April 28, 2008
(Not so) Funny Games U.S.
Un couple aisé se rend dans sa cossue résidence secondaire pour y passer quelques jours en compagnie de leur fils Georgie et de leur chien. Selects comme il faut, Ann et George écoutent du classique, jouent au golf et possèdent un petit bateau qu'ils utilisent sur le lac situé à l'arrière de la maison. Alors qu'ils prennent possession des lieux, Peter, un jeune homme qu'ils ont aperçu un peu plus tôt chez leurs voisins, se présente à leur porte pour leur emprunter quelques oeufs. La petite famille ne le sait pas encore, mais cette requête d'apparence simple vient de la faire basculer dans l'arène de jeu mortel de deux sociopathes de la plus belle espèce...Dès les premières minutes du film, on sait au travers du jeu de silence et de musiques que le réalisateur veut délibérément nous malmener. Michel Haneke met ainsi en scène une histoire morbide à la violence crue qui nous donne l'impression de vivre de l'intérieur l'un de ces faits divers dont regorgent les journaux. La spirale infernale dans laquelle le couple est engagé malgré lui, l'idée que chacun d'entre nous pourrait être confronté à ce genre de folie, dérange, génère un double sentiment de malaise.
De fait, l'humour cynique que distille parfois Haneke se révèle malvenu et tombe plutôt à plat, voire décrédibilise même l'ensemble [la scène de la télécommande, assez incongrue] tant et si bien que l'on ne sait plus quel message de fond il souhaite faire passer. Le métrage achève de nous perdre dans sa seconde moitié en oscillant entre les genres, de l'abus de longs (Bien trop longs!) plans fixes complaisamment malsains [le père mutilé qui se traîne à terre] aux clins d'oeil adressés par l'un des sociopathes aux spectateurs.
Je n'ai donc pas aimé ce Funny Games U.S., qui m'aura tout de même été utile pour prendre la décision d'arrêter définitivement les films dont les BA m'auront laissé une impression malsaine...
=> Bande-Annonce
Fond Sonore : Lordi, The Arockalypse
Sunday, April 27, 2008
No Funny Games F.
La dégaine du personnage ne me plaît pas, il est nerveux, il a une tête à embrouilles. Je le regarde dans les yeux et me fends d'un simple non, relativement sec, et reporte illico mon attention sur ce satané emballage qui s'efforce de rester attaché au bâton de ma sucette. Tu fumes pas ?, reprend le gars. Je lui réponds d'un simple nan sans même prendre la peine de le regarder, la lutte intense qui a cours au bout de mes doigts revêtant selon moi une bien plus grande importance.
J'entrevois alors en coin le type me toiser de haut en bas avant de s'en retourner sur la chaise qu'il squatte au café d'à côté. Quelques instants plus tard, il se lève en trombe, jette sa cannette de bière contre la portière d'une voiture et s'engouffre dans la bouche de métro située à deux pas.
La Chupa enfin prisonnière de ma cavité buccale, je patiente en feuilletant un journal. Quelques éclats de voix se font soudainement entendre. Je lève les yeux et aperçois l'énergumène de tout à l'heure en train de tournoyer autour d'un ado que tente de protéger un SDF du quartier. Le gus a dégoté une proie facile, il s'excite, mais le gamin a heureusement trouvé un protecteur providentiel. Voyant qu'il n'arrivera à rien, le gars repart une nouvelle fois en trombe pour on ne sait où...
Peut-être reviendra-t-il, je n'en saurai rien, car c'est enfin l'heure de ma séance.
Fond Sonore : The Shins, Oh, Inverted World
Thursday, April 24, 2008
Gazette Ciné - Séance de Rattrapage
3h10 pour Yuma
"Pourquoi ne pas tenter de traiter les idées du film d'origine avec une perspective plus moderne ?", se demandait James Mangold en commençant à travailler le scénario de ce remake. Pourquoi pas en effet, mais du coup cette nouvelle version de 3h10 pour Yuma manque singulièrement de ce qui faisait le charme des westerns d'antan, le côté sale et poussiéreux. Je ne me suis pas vraiment ennuyé pendant la séance, mais j'ai trouvé l'objet un brin poussif et peinant à me faire adhérer aux enjeux. Dommage.Bienvenue chez les Ch'tis
Carton dans les salles oblige, j'ai attendu que la folie Ch'tis se calme un brin avant d'aller voir ce film et de me faire mon avis. Alors, oui c'est sympa, oui c'est divertissant, oui j'ai passé un bon moment... Mais je ne le verrai probablement pas deux fois, alors que je ne compte plus mes visionnages de La Grande Vadrouille...It's a Free World
Constat désabusé d'un monde moderne où l'homme est un loup pour l'homme. J'ai franchement eu du mal à rentrer dans l'histoire, surtout que j'avais toujours en mémoire le précédent film de Ken Loach, Le Vent se Lève, beaucoup plus romanesque et enlevé.Mad Detective
Un film prometteur avec de très bonnes idées (notamment la représentation des personnalités multiples, des "démons dans le coeur des gens") gâchées par une narration inutilement alambiquée et quelques scènes ridicules (l'intro avec la valise, l'enterrement simulé). Déception donc, nouvelle illustration de ce que quantité ne rime pas toujours avec qualité... Pensez-y donc Mr To...MR 73
Un polar sombre, très sombre, remarquablement bien interprété par un Daniel Auteuil à fond dans son rôle, mais qui pèche par un excès d'introspection et d'effets de styles (étrange photo par instants, caricature forcée de l'univers carcéral,...). Peut-être le film le plus personnel d'Olivier Marchal dont les deux précédentes réalisations, Gangsters et 36 Quai des Orfèvres, ont de loin ma préférence.No Country for Old Men
Un film d'ambiance assez unique qui fleure bon la sueur et la poussière du sud des Etats-Unis. C'est décalé, furieux, barré, bref tout bonnement indispensable ! :)Fond Sonore : Arch Enemy, Doomsday Machine
Wednesday, April 23, 2008
Boomerang
Trente secondes s'écoulent, puis un couple du troisième âge se pointe à son tour et va directement se planter derrière le premier bonhomme. Ben voyoooons, repense-je. Trente nouvelles secondes et une mamie vient rejoindre papy numbeur ouane tandis qu'un autre couple de sexagénaires arrive d'on ne sait où pour à son tour faire la queue...
Je commence à entrevoir là quelque manifestation du Complot, je rumine un brin, je chouine intérieurement, pensant qu'elle est belle la vieillesse, qu'elle abuse allègrement de la situation à passer comme si de rien n'était sous le nez des gens... Et c'est à cet instant précis, alors que l'agence venait tout juste d'ouvrir, que le premier papy s'écarte pour me laisser la place avec un large sourire, vu que vous étiez là en premier....
Et là je me suis senti vieux con.
Fond Sonore : The Beatles, 1962-1966
Tuesday, April 22, 2008
Speedy Mamieles
Ma liste d'emplettes fermement tenue en main, je ne traîne pas, zigzaguant habilement entre les caddies du troisième âge et les palettes des employés plus ou moins affairés, tant et si bien qu'à peine une petite vingtaine de minutes après être entré dans le lieu j'entame déjà la queue aux caisses. Alors que la caissière, pardon l'hôtesse de caisse, n'en finit plus de sortir des duplicatas de tickets pour le client précédent, une petite voix se fait entendre derrière moi...
Ouuuuuh, c'est long, commence-t-elle avant de poursuivre, A mon âge c'est difficile d'attendre debout comme ça, tandis que la personne qui l'accompagne acquiesce généreusement. Ma vision périphérique, couplée à un habile et discret mouvement de tête, me permet d'apercevoir une petite mamie d'aspect frêle, plutôt fatigué. Je l'imagine alors souffrir d'arthrite et d'arthrose, de troubles de l'équilibre ou que sais-je encore, avant d'envisager de lui céder ma place. Et avec le monde on n'est pas sorti, reprend-elle un peu plus fort d'un ton quelque peu agacé...
Là mes velléités de prévenance volent en éclat comme un bonhomme de neige kické par Chuck Norris, et je pense intérieurement : Eh bien écoute ma pauvre Lucette, tu veux passer ? Ok, pas de problème, mais dans ce cas, arrête tes allusions peu finaudes, adresse-toi directement à moi et je m'effacerai sans polémiquer aucunement devant ton auguste personne...
C'est alors que j'aperçois une hôtesse de caisse qui s'installe un peu plus loin. La voix derrière moi prend immédiatement des accents de vive fermeté, qui tranchent ouvertement avec le ton faiblard auparavant et mise, et lance impérieusement à sa voisine, Là-bas !, avant de redresser son dos et de partir comme une fusée jusqu'à l'endroit désigné, sans même s'aider de sa canne... Envolée l'arthrite, disparue l'arthrose, évanouie l'allure fatiguée, pulvérisée l'apparente fragilité, pfiout, c'est magique !
Sacrée filoute la mamie, en fait elle avait la pêche, elle a juste voulu me prendre pour une truffe mais je me félicite de n'avoir point été bonne poire...
Fond Sonore : Iron Maiden, Fear of the Dark
Monday, April 21, 2008
BashFR - Quotes of ze Day
Quote n° 7041
(AnToiNe) dis, tu pourrais me faxer une feuille simple à grand carreaux please ?
(AnToiNe) j'en ai plus
Quote n° 7039
(Plop) Je vient de remarquer que sur mon t-shirt "Free Tibet" sur l'etiquette étais marqué "made in china" -_-"
Quote n° 7030
(Dislogical) un pote m'a montré Age Of Empire II y'a pas longtemps
(Dislogical) étant plutot orienté FPS Old-school, je connaissais aps trop
(Dislogical) au début j'appréciais pas trop le truc, y'avait trop un coté tactique sans bourrinage
(Dislogical) et c'est au moment où j'ai vu 6 villageois massacrer, dépecer et réduire en lambeaux un pauvre mouton qui venait vers eux - sans doute dans unbut amical - que j'ai pris goût à ce jeu.
Quote n° 7027
(Cocolastico) N'empêche il n'y aurait pas eu la Deuxième Guerre Mondiale, on aurait jamais vu La Grande Vadrouille....
Quote n° 7020
Duc) Ya pas a dire, Linux c'est bien, mais le plug n' play ressemble plus souvent a du plug n' pray
Quote n° 7015
(Petrucci) En Suède, ils ont du fer et ils savent pas qoi en foutre. Au Vatican c'est l'inverse.
Quote n° 7010
(lea) Question 28 : Qu'est ce que le petit prince ramone régulierement sur sa planete ?
(Ewilan) la petite princesse
Une feed à suivre dans votre aggrégateur si ça n'est déjà le cas ! ;)
Fond Sonore : Bob Dylan, The Essential
Doomsday
2008, Ecosse. La Faucheuse, virus redoutable et totalement incontrôlable, fait son apparition au beau milieu du pays. Devant l'ampleur du désastre, le gouvernement britannique décide de boucler la région, abandonnant par là-même la population écossaise à une mort certaine. 2033, la Faucheuse réapparaît en plein coeur de Londres. Afin de prévenir une redite du scénario écossais, les autorités décident d'envoyer dans le nord de l'île une équipe chargée de mettre la main sur un hypothétique antidote...Un zeste de New-York 1997, une pincée de Mad Max, une lichette de 28 Jours Plus Tard, voilà l'agréable cocktail que nous sert Neil Marshall avec Doomsday. Un pitch sympatoche, de l'action en continu, de l'humour, des cascades old school, une héroïne mi-ange mi-démon, une réalisation dynamique, c'est fun, c'est cool, bref c'est boooon ! :)
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Fond Sonore : Neal Casal, Anytime Tomorrow
Sunday, April 20, 2008
Penelope
Il y a un petit paquet de décennies, un fils Wilhern a eu la regrettable idée de prendre du bon temps avec l'une des servantes de la maison et de lui faire don d'une petite graine qui a trouvé terrain fertile à sa mesure. Initialement décidé à l'épouser, il a toutefois rapidement renoncé à son projet, conventions sociales obligent. Quelque peu courroucée, la sorcière du village jeta alors un sort à la famille : le prochain enfant de sexe féminin serait affublé d'appendices porcinetesques. Quelques générations passèrent sans qu'aucune naissance ne soit marquée du Sceau de la Rose, jusqu'à ce que Pénélope ne pointe le bout de son nez, pardon, de son groin. La jeune femme grandira recluse dans la demeure familiale, tandis que ses parents lui chercheront sans relâche le mari de bonne famille qui saura faire sauter la malédiction...Pénélope est un conte de fée moderne et coloré qui par certains aspects m'a rappelé l'univers du grand Tim. Derrière une morale qui peut sembler facile se cache une vérité essentielle sur l'acceptation de soi dans ce monde où le paraître s'érige en art de vivre. Divertissant, parfaitement interprété et ingénieusement réalisé, Pénélope m'a séduit dès les premières images, ce qui me conduit à chaudement vous le recommander !
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Fond Sonore : Guy Forsyth, Steak
Sunday, April 13, 2008
Ben X
Ben est un adolescent pas tout à fait comme les autres : il souffre du Syndrome d'Asperger, trouble du développement à tendance autistique. Le monde réel lui apparaît comme une arène d'agressions constantes, où chaque déplacement, chaque lieu est un adversaire qu'il lui faut vaincre. Tentant de mener une vie aussi normale que possible, Ben est scolarisé dans un lycée technique. Régulièrement harcelé et humilié par ses camarades, il n'a chaque jour qu'une seule hâte, retrouver sa chambre et son ordinateur pour se connecter au monde virtuel d'Archlord. Dans cet univers, il devient Ben X, guerrier surpuissant et respecté par les autres joueurs, il a la sensation d'y être Quelqu'un, il a le sentiment d'Exister...La projection de Ben X n'a pas été de tout repos. Mon sang a littéralement bouilli lors de certaines séquences devant l'injustice des situations subies par Ben. Je me suis projeté dans ce personnage et ai partagé ses tourments, j'ai eu envie de plonger dans l'écran pour le prendre sous mon aile : je ne supporte pas que l'on s'en prenne aux plus faibles, que l'on rie à leurs dépends, que l'on abuse de leur apparente faiblesse sans chercher à appréhender leur richesse intérieure.
Pendant une bonne partie du film, j'ai cru que son issue serait tragique, mais Nic Balthazar a su introduire un intelligent retournement de situation en forme de revanche pour Ben, qui le montre dépasser sa condition et rouler tous ces tortionnaires (actifs ou passifs) qui le prenaient pour l'idiot du village. La fin plutôt optimiste, où le jeune homme s'éveille au monde extérieur, m'a fait un bien fou : sans elle j'aurais quitté la salle profondément déprimé.
Bien écrit et impeccablement interprété, Ben X bénéficie également d'une réalisation qui se montre ingénieuse dans la forme, d'une part dans l'alternance de séquences montrant la vie de Ben [pré-retournement] et d'interviews de différents protagonistes [post-retournement], et d'autre part dans le parallèle établi entre l'univers des jeux vidéos et le monde réel. Encore une première oeuvre qui mérite le coup d'oeil donc, nouvelle preuve s'il en fallait une que les coups d'essais sont souvent plus inspirés que les énièmes films de réalisateurs de grande notoriété.
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Fond Sonore : Bruce Springsteen, Greatest Hits
Friday, April 11, 2008
Citation du Soir
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.
Illustration :

Fond Sonore : The Police, Greatest Hits
Thursday, April 10, 2008
El Orfanato
Jeune mère de famille, Laura emménage dans la grande demeure abandonnée qui a autrefois abrité l'orphelinat dans lequel elle a grandi. Aidée par son mari, elle rénove la bâtisse dans l'optique d'y ouvrir un centre d'accueil pour enfants handicapés. Simon, son fils de sept ans, trouve rapidement ses marques et s'amuse dans les lieux avec ses amis imaginaires. Tout se passe pour le mieux jusqu'au jour de l'inauguration en présence des futurs pensionnaires où Laura se fait malmener par un jeune enfant encagoulé portant la tenue de l'ancienne époque. Débarrassée de son agresseur en culotte courte, la jeune femme appelle désespérément son fils, qui semble bel et bien avoir disparu...L'Orphelinat n'est rien de moins qu'un petit bijou, un long-métrage inspiré et étonnamment maîtrisé pour une première oeuvre. Avant tout dramatique, le scénario, habile, tisse petit à petit sa toile, jusqu'à une révélation finale psychologiquement terrifiante, voire traumatisante, où l'Horreur prend toute sa dimension.
Techniquement irréprochable tant au niveau de la réalisation que du jeu des acteurs, L'Orphelinat est pour moi un film d'épouvante de qualité comme l'on n'en voit que très peu. Il serait donc fort dommage de passer à côté de cette petite perle ibérique !
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Fond Sonore : Toto, Legend
Tuesday, April 8, 2008
RIP Mr Perry
Mon butin du jour se composait de quatre marques de nostalgies du début des 90's [Hey Stoopid - Alice Cooper, Arise - Sepultura, Ten et Vs - Pearl Jam], d'une séance de rattrapage du début des années 2000 [Anthems of Rebellion - Arch Enemy] et, enfin, de la compilation Dixiefrog cuvée 2008. Lorsque j'ai dégagé le premier cédé de ce dernier digipack, mes yeux se sont laissés attirer par une petite inscription à l'emplacement laissé vide...
This album is dedicated to Bill Perry
who left us last july 17,
much too early.
Et je me suis figé sur place.

Bill Perry était un guitariste de talent, un bluesman inspiré, un type dont la légende se construisait et qui aurait amplement mérité de poursuivre un brin plus longtemps son voyage terrestre... RIP Bill, may you (blues/)rock the stars !
Fond Sonore : Alice Cooper, Hey Stoopid
Sunday, April 6, 2008
RIP Mr Heston

Charlton Heston est décédé hier, encore une Légende du Septième Art qui nous quitte. RIP Charlie, même si ton apparition dans Bowling for Columbine nous a montré qu'être un Grand Acteur n'impliquait pas nécessairement être un Grand Homme...
Fond Sonore : Sepultura, Arise
Saturday, April 5, 2008
Le Grand Foutoir
Quand je suis arrivé à la gare lundi matin, j'aurais dû me douter que l'absence de voies en regard des trains sur les panneaux d'affichage était de sinistre augure, mais mon humeur était trop légère pour que je ne m'en fasse une montagne. De plus, la voix qui s'échappait régulièrement des haut-parleurs était douce, elle se voulait rassurante : Suite à un problème de signalisation à hauteur de Versailles-Chantiers, le trafic est interrompu au départ de la gare de Paris Montparnasse. Nos équipes interviennent en ce moment même, nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée. Aucun soucis, je rentre d'un petit break, je suis détendu, je gère.
Si les équipes interviennent, cela ne va pas être long, pense-je naïvement dans un premier temps. Sauf qu'après une heure et demie d'attente debout et dans les courants d'air, je me dis que la voix, aussi agréable soit-elle, se fout un peu de ma tronche : si elle avait annoncé qu'il y en avait pour au minimum une heure, cela aurait fait belle lurette que j'aurais tiré ma révérence pour me replier sur une solution alternative !
Le problème quand aucun délai n'est annoncé, c'est que l'on se dit que le trafic sera nécessairement rétabli après que l'on ait eu quitté les lieux, alors on attend, on attend, on attend... Sauf que là, ne voyant pas vraiment le bout du tunnel, au figuré, le terme de ma patience commence à sérieusement affecter ma bonne humeur et ma légendaire zénitude...
C'est alors que j'aperçois une collègue. Nous optons pour l'action : direction Porte d'Orléans, histoire d'attraper un bus qui nous déposera devant notre lieux de travail commun. Hop hop hop, couloirs, hop hop hop, escaliers, hop hop hop re-couloirs, ligne 4. Arrivés à ladite Porte un quart d'heure plus tard [à dix minutes à pieds de chez moi mais une heure quarante après avoir quitté mon home sweet home :-/], nous constatons que nous en avons pour une bonne heure d'attente, ahah, rires nerveux, et aux discussions qui vont bon train (ahah) à l'arrêt, nous comprenons que nous ne sommes pas les seuls en galère, à être de la sorte bloqués et dépités...
Nous partons nous poser dans un café quelques dizaines de mètres plus loin, histoire de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Quelques coups de fil plus tard et une bonne grosse tasse de chocolat chaud entre les mains, je respire profondément et laisse mon regard se perdre à l'extérieur de l'établissement.
L'heure est plus tardive qu'à l'accoutumée, je n'ai pas pour habitude d'être encore sur Paris à 8h30 un jour ouvré. Goulot d'entrée dans la Capitale oblige, je vois un incessant flot de véhicules s'empresser de pénétrer en la Capitale : toutes présentent quatre places et un seul occupant, le conducteur. Devant ce gâchis manifeste, j'en viens à rêver à l'instauration d'un péage urbain qui taxerait les véhicules qui ne seraient pas remplis à 50% au minimum... Faudra que j'en touche un mot à mon maire tiens.
Mon attention se reporte rapidement sur les flots de voyageurs déversés par les nombreux bus qui transitent par ce point d'entrée stratégique dans la Capitale. La foule à cette heure est indéniablement différente de celle que l'on croise à des heures plus matinales, les tenues sont plus apprêtées, les airs bien plus supérieurs... Mon cerveau active le filtre adéquat, et tous les hommes disparaissent du paysage.
Je constate qu'en dépit de la froidure de ce début de semaine, les jambes sont découvertes, jupes / bottes de rigueur, j'esquisse un sourire. Derrière la vitre de la salle, j'observe les visages qui passent à proximité. Les regards se croisent, s'affrontent, se fuient, des sourires s'esquissent, furtifs certes, mais néanmoins plaisants. Les femmes sont belles, pense-je en tombant amoureux toutes les trente secondes.
Mais voilà que ma partenaire de voyage me tire de mes rêveries : le bus ne va pas tarder, ça serait ballot de le louper ! Nous voilà donc en route pour notre destination finale, que nous rejoindrons finalement une heure plus tard en bien piètre état, fourbus, courbaturés de partout, d'une humeur joyeusement massacrante... Et, pour ma part, à peu près 3h30 après avoir quitté mon domicile, ce qui constitue mon record absolu... Qui dit mieux ?
Fond Sonore : Alice Cooper, Hey Stoopid
Sunday, March 30, 2008
Time is (not) Time !
A vrai dire, quand on y regarde bien, on se rend compte que chacun a sa propre heure de référence. Faites l'expérience, vous verrez, comparez donc les heures affichées sur vos pécés, portables, dans votre voiture, celles que vous donneront vos proches... Il ne serait pas étonnant de trouver des écarts de plusieurs minutes, tel que cela est parfois le cas entre deux horloges de quais adjacents d'une même gare en région parisienne.
Tempus fugit dit la bonne vieille formule. Eh ben s'il fugit le temps, c'est tout simplement qu'il en a ras la casquette qu'on le martyrise de la sorte, et si vous voulez mon avis ça n'est pas en lui dérobant tonteusement une heure comme la nuit dernière qu'on va retrouver ses bonnes grâces !
'Fin tout ça pour dire : n'oubliez pas de remettre à l'heure votre radio-réveil avant de vous coucher, sinon, vous aurez des surprises demain matin. ;o)
Nota : Petit ménage dans la radioblog, tout ce qui avait été mis il y a plus d'un an a été supprimé et remplacé par une quatorzaine de nouveaux titres à la saveur du Grand Ouest. :o)
Fond Sonore : Toto, Legend
Friday, March 28, 2008
Be Kind Rewind
Monsieur Fletcher est le propriétaire d'une boutique de location de vidéos dans le vieux quartier d'une petite bourgade américaine. Ses recettes ne sont pas mirobolantes et son immeuble attise les convoitises des promoteurs immobiliers. Alors qu'il s'absente pour quelques jours, il confie les rênes de son magasin à son unique employé, Mike. Jerry, pote de ce dernier et glandeur ferrailleur parano de son état, rend régulièrement visite au patron intérimaire. Mais voilà qu'un jour, suite à une opération de sabotage antigouvernementale qui a mal tournée, Jerry devient magnétique et efface toutes les VHS de ce bon vieux Monsieur Fletcher. Dans la panade fatale grave, les deux potes décident de tourner le remake d'un premier film, SOS Fantômes, qui rencontrera un succès inattendu...Avant de voir ce film, j'avais fantasmé ce qu'il allait être et j'attendais plus ou moins une succession de séquences détournées : mes attentes n'ont pas exactement été satisfaites en ce sens, et c'est ma foi tant mieux ! Oui, c'est tant mieux car du coup j'ai été surpris, et en fait de parodies juxtaposées, je me suis trouvé face à un film à dimension humaine, rempli de personnages attachants et gentiment barrés.
Be Kind Rewind [NdC: Le titre français, je ne peux vraiment pas...] a un petit côté brouillon, un peu à l'image de ces remakes cheaps bricolés par Jerry et Mike. Il met en exergue ce qui est bien trop souvent oublié, que le cinéma doit avoir une âme, qu'il devrait toujours être affaire de passion et de plaisir, et non pas seulement une cash machine bien huilée, chose qu'en ces temps de superproductions toujours plus coûteuses et formatées, il n'est pas superflu de rappeler...
=> Bande-Annonce
Fond Sonore : Aerosmith, Big Ones
Thursday, March 27, 2008
The Mist
Le jour se lève sur une petite ville du Maine semblable à tant d'autres, tandis qu'une épaisse brume s'étale en sa direction depuis les hauteurs de la montagne toute proche. Quand celle-ci enveloppe finalement le bourg, un groupe d'habitants trouve refuge dans le supermarché local. Face à l'Inconnu, les réactions des uns et des autres se feront très variées, les rancoeurs cachées seront révélées, et les natures profondes se trouveront mises à nues...The Mist a cette qualité rare qu'il ne donne pas dans la surenchère gratuite, il cherche à nous immerger dans la situation vécue par ses personnages, à nous faire ressentir l'angoisse qu'ils éprouvent face à cet Inconnu, à cette situation où tout leur échappe, et il y parvient remarquablement bien. L'aspect sociologique est très intéressant, notamment la résurgence des réflexes ancestraux qui visent à donner une origine divine à tous les phénomènes auxquels l'homme échoue à apporter une explication rationnelle, et les groupes religieux fondamentalistes en prennent joyeusement pour leur grade.
De ce film se dégage une atmosphère apocalyptique totalement désespérée, et la séquence finale, inattendue et surprenante, a achevé de confirmer mon adhésion complète à cet objet complètement inattendu. The Mist est donc pour moi un excellent film, intelligemment mené, qu'il serait bien dommage de laisser filer !
=> Bande-Annonce [Allez-y sans la voir, ça sera encore plusse mieux. ;)]
Fond Sonore : GO!GO!7188, 569
Wednesday, March 26, 2008
Sécheresse Pécuniaire
Les deux personnages échangent des regards complices, se sourient tout en chantant, il y a une évidente et tendre connivence entre eux, ils font plaisir à voir. Trois titres plus tard, ils récolteront une belle moisson de pièces, et moi je regretterai pour la deuxième fois du week-end d'être à sec.
Fond Sonore : Encomium, A Tribute to Led Zeppelin
Tuesday, March 25, 2008
Voyage Ordinaire
Un autre type pénètre alors dans le wagon. La quarantaine bien frappée, le visage marqué, tout de jean vêtu, ensemble élimé mais propre. Il commence d'une petite voix bonjour mesdames et messieurs, excusez moi de vous importuner, avant d'être interrompu par le plaisantin précédent qui lui lance un retentissant ta gueule clochard.
L'assistance en reste coi. L'homme reprend son speech, avec dignité, sans se préoccuper du blaireau qui lui balance d'autres civilités du même acabit, mais en prenant tout de même la peine de signaler à un troupeau de pintades qu'elles ne devraient pas rigoler, qu'elles sont plus intelligentes que ça, chose dont je ne suis pas exactement convaincu.
Je n'ai certes pas pour habitude de lâcher facilement des pièces, mais là pour le coup j'ai vraiment regretté de ne pas en avoir sur moi.
Fond Sonore : Bon Jovi, These Days
Sunday, March 23, 2008
Black Sheep
Après plusieurs années d'absence, Henry Oldfield s'en retourne dans l'immense propriété familiale de la campagne néo-zélandaise afin de conclure la vente à son frère Angus de ses parts dans l'élevage ovin développé par leur père. Cette cession lui permettra de tirer un trait sur le souvenir de ce lieu où il a vécu une expérience hautement traumatisante, rapport au massacre de son mouton domestique par son abruti de grand frère. Dans le même temps, deux activistes de la cause animale mettent la main sur un embryon de mini-mouton transgénique initialement voué à la destruction, mais qui ne va pas manquer de se carapater à la première occasion. Le démon lâché dans la nature, les moutons de la région vont bientôt se muer en redoutables bestioles raffolant de chair fraîche...Black Sheep m'a renvoyé avec délice à l'esprit des comédies gores déjantées du style Bad Taste ou Brain Dead du grand Peter, sans toutefois se hisser à leur niveau. Ce film bénéficie d'un indéniable charme oldie certainement appuyé par l'absence d'effets digitaux, ce qui à l'heure du tout numérique est assez appréciable. J'aurais certes aimé voir Black Sheep aller un cran plus loin dans le délire, mais le résultat est déjà suffisamment plaisant pour ne pas faire la fine bouche. A voir donc, si vous aimez le genre.
=> Bande-Annonce
Nota : Bon, film peut-être, mais je sens que je vais laisser passer l'offre de Carrefour sur, je cite, "de l'agneau originaire de Nouvelle-Zélande", on ne sait jamais... ^^
Fond Sonore : Bon Jovi, These Days
Wednesday, March 19, 2008
Le Boulet
Je la regarde, elle me sourit et suggère avec un petit air malicieux que ma sortie n'allait certainement pas être aisée. N'ayant pas envie de jouer des coudes ni de bousculer mon prochain, pax captaina oblige, je lui demande de bien vouloir sortir du tram de sorte à me permettre de passer.
A voir son visage mi-surpris mi-outré, je pense un instant l'avoir insultée par mégarde, sans que je ne m'en rende compte, mais ma sénilité n'étant pas suffisamment avancée pour cela ne se produise, je balaye rapidement cette hypothèse farfelue. Je réitère donc ma demande, totalement impassible, en prenant bien soin de poser chaque mot et de préciser qu'elle aura ensuite droit de reprendre sa place, tandis que mon regard appuyé tente de sonder son âme pour y détecter la moindre étincelle de génie...
Et en fait d'étincelle, j'ai l'immense surprise de voir le personnage s'animer et m'ouvrir le passage, maugréant certes, mais s'exécutant néanmoins. Ignorant son air renfrogné, je la remercie poliment avant de m'éloigner d'un pas tranquille.
Petite péripétie sans grande importance, mais tellement symptomatique... :-/
Ah et Arthur C. Clarke est décédé aujourd'hui, RIP Master.
Fond Sonore : Black Snake Moan, BO
Sunday, March 16, 2008
Sunday Music - Juno
[ Paroles ]
Ce titre a véritablement quelque chose de magique, je ne m'en lasse pas. :)
Fond Sonore : Juno, Bande Originale
Saturday, March 15, 2008
Diary of the Dead - Avant-Première
La foule était présente en masse et quand l'accès à la salle a été autorisé, on aurait cru avoir affaire à une bande de fauves lâchés en direction d'une réserve de viande saignante... Ca se bousculait généreusement, mais dans la bonne humeur. La salle de 500 places n'a d'ailleurs pas manqué de se remplir très rapidement, les derniers arrivants regrettant sérieusement de ne s'être pointé plus en avance.
A 20h30, heure théorique de début de la séance, toujours rien, mais à 20h40 l'éclairage s'est fait plus discret, et à 20h45 le Maître arrivait...
[Pour voir son arrivée et avoir une idée de l'accueil chaleureux qu'il a reçu, jetez donc un oeil sur le début de cette vidéo, puis passez à celle qui se trouve juste en-dessous pour écouter plus confortablement ce bon vieux George.]
Le Maître s'est ensuite éclipsé pour nous laisser déguster son dernier bébé, Diary of the Dead.
Pour son projet de fin d'année, un étudiant se lance dans la réalisation d'un film d'horreur. Alors qu'il est en plein tournage avec ses camarades, l'équipe apprend par la radio qu'un phénomène inexpliqué se produit : les morts reviennent à la vie et s'attaquent aux vivants [les vrais, 'fin ceux qui ne sont pas (encore) morts]. Hésitant mais inquiet, le petit groupe se décide finalement à prendre la route pour tenter de rejoindre les proches de chacun. Face aux évènements apocalyptiques qui se produisent, le caméraman du groupe entreprend de filmer leur voyage pour témoigner de la situation...Comme l'a expliqué Romero avant le début de la projection, il a eu le sentiment de perdre quelque chose avec son précédent film [Land of the Dead] réalisé pour le compte d'un studio, et il a souhaité revenir aux sources avec un projet à plus petit budget, dont Diary of the Dead est la concrétisation. Le film ne reprend pas le fil de la saga là où le précédent volet s'était arrêté, il se positionne à l'origine du phénomène quand les morts commencent à se relever, et abandonne donc l'idée d'évolution de la "conscience" zombiesque.
Diary of the Dead illustre la tendance actuelle qui fait de chaque citoyen un reporter de l'instantané en puissance, avec les avantages et les inconvénients que cela comporte. Les témoignages sont délivrés bruts de décoffrage, au plus près de l'évènement, mais ils le sont sans recul aucun et peuvent de fait sérieusement biaiser la perception de la réalité. Ici, l'exercice est intéressant et nous plonge efficacement dans l'horreur du phénomène.
J'ai trouvé ce film intelligemment construit et au final assez distrayant, sans être particulièrement gore. En sus du climat apocalyptiquement désespéré, on peut noter deux séquences particulièrement cultes, rigolotes, dont on se souviendra longtemps. Je ne peux donc que vous recommander ce Diary of the Dead que vous pourrez déguster sur grand écran à partir du 25/06 prochain.
=> Bande-Annonce [VO] : IMDB - YouTube
Post-Postum : J'ai littéralement flashé sur l'actrice qui interprète le personnage de Debra, Michelle Morgan, dont la voix est à tomber. Michelle, si jamais tu devais passer par ici, sache que je t'aime !



Fond Sonore : Juno, Bande Originale
Friday, March 7, 2008
RIP Mr Gygax
Si tu n'avais pas eu cette idée un peu dingue au début des années 70, jamais je n'aurais exploré de Terres inconnues en pourfendant les monstres qui se dressaient sur mon chemin, jamais je n'aurais été botter les fesses du Dr No sur son île, jamais je n'aurais affronté les horreurs lovecraftiennes, jamais je ne me serais opposé aux noirs desseins de l'Empire... Je te dois donc des heures d'agréables moments et je t'en serais éternellement reconnaissant. RIP buddy, on va faire rouler les dés en ta mémoire.
Fond Sonore : Juno, Bande Originale
Thursday, March 6, 2008
Post Ouvert
Cela fait ma foi quelques années que je suis un fidèle client de ton enseigne. J'aime venir farfouiller dans les rayonnages, arriver sans but précis et repartir avec quelques petites pépites, souvent musicales, qui auront su retenir mon attention. J'étais heureux, notre relation était relativement sereine, mais là ça ne va plus du tout, mais alors pas du tout du tout, tu viens de franchir la ligne jaune !
Quand tu m'as perturbé avec tes travaux sur les quatre étages de ton échoppe de la Rue de Rennes, j'ai pris mon mal en patience. J'ai finalement apprécié le nouvel agencement des rayons, particulièrement la luminosité de l'ensemble, même si j'ai regretté la fusion des rayons Metal et Death. Mais, franchement, localiser les rayonnages de Rock Indé dans le même carré que ceux du Rap, pxtxxn ça c'est juste PAS POSSIBLE bxrdxl tu m'entends, PAS POS-SI-BLEEEEE !
Alors je te préviens Denis, si jamais tu ne changes pas la donne, si tu laisses ces pxtxxns de "scritchs scritchs scratchs yo yo hein hein" en fond sonore quand je viens chercher de la voix éraillée et de la guitare, ton chiffre d'affaire va fondre comme neige au soleil car tu vas perdre ma clientèle ! Oué, farpaitement, et si tu tiens à tes primes de résultats, tu ferais bien de ne pas prendre cet avertissement à la légère...
Rocknrollesquement,
CaptainNavarre
PS : Nan mais c'est vrai quoi, y'a des limites tout de même ! ^^
Fond Sonore : The Kooks, Inside In Inside Out
Monday, March 3, 2008
Trois Petits Plaisirs
Si Amélie Poulain aime briser la croûte des crèmes brûlées avec la pointe de la petite cuillère, faire des ricochets sur le canal Saint-Martin et plonger la main dans un sac de grains nous avons tous et toutes des petits plaisirs qui n'appartiennent qu'à nous et qui quand on se sent épuisé, nous redonnent du baume au coeur.
La règle est simple :
Quels sont comme Amélie, vos trois petits plaisirs de la vie qui vous redonnent le moral ?
1. Comme le suggérait le Sucre, je ne peux bien évidemment pas omettre de citer ma belle et verte Normandie. Quitter la Capitale confortablement installé dans le train, regarder le paysage défiler à toute allure, voir l'urbanisation dense faire peu à peu place à la verdure, aux plaines, aux vallons, aux bovins qui paissent tranquillement, cela a un effet indéniablement apaisant.
2. Plus accessible, la musique est chez moi bien évidemment salvatrice. Quand l'humeur est au plus bas, j'aime m'installer dans mon canapé ou mon pouf poire, fermer les yeux tandis qu'un univers musical marqué et plutôt brut m'enveloppe et noie mes neurones [Exemples : Blues-Rock (The Black Keys), Rock Indé (Cold War Kids), ou encore Death Mélodique (Arch Enemy)]. Je ressors en général de cette expérience débarrassé d'une bonne portion de mauvaises ondes et mes batteries sont comme boostées.
3. L'une de mes meilleures formules sourire reste toutefois l'inusable Mahna Mahna : les années passent mais son efficacité ne se dément pas !
Aller, vu que je joue les prolongations de week-end, je suis de bonne humeur et je ne résiste pas du coup à refiler le bébé à six heureuses victimes, pouf pouf, presque au pif : Do, Freehug, Laurence, Msiou, Sel, Tite Brunette, à vos claviers ! :)
Fond Sonore : Cold War Kids, Robbers & Cowards
Wednesday, February 27, 2008
Baby Toupee
(In english but globalement understandable.)
Plaisanterie mise à part, il semblerait que le phénomène des perruques pour bébés fasse fureur outre-Atlantique... Si jamais il devait y avoir une vague de parricides dans une vingtaine d'année, faudra pas s'étonner...
Fond Sonore : Fiona Apple, Tidal
Sunday, February 24, 2008
Jumper
David Rice mène une belle vie. Son pouvoir de téléportation lui permet de jumper où il le souhaite sur cette bonne vieille Terre, pour autant qu'il ait déjà auparavant visité physiquement l'endroit visé, y compris les coffres de banques. De fait, ses placards regorgent de cash facilement acquis et le bonhomme satisfait ses moindres désirs, quittant son appartement en soirée pour aller draguer à Londres, surfer les rouleaux du Pacifique au petit matin avant d'aller faire bronzette sur la tête d'un Sphinx égyptien dans l'après-midi. Mais voilà, ses sauts finissent par attirer l'attention d'une organisation séculaire oeuvrant à l'éradication de ces Jumpers qu'elle considère comme des abominations usant d'un pouvoir qui devrait être à la portée de Dieu seul...Présenté de la sorte, le pitch de Jumpers est plutôt intéressant, mais le résultat à l'écran m'a semblé un peu fade. Le film oscille entre séquences intéressantes [rencontres jumpers / paladins] et passages plutôt plats [l'amourette à deux balles] sans jamais vraiment approfondir son sujet. De fait, au générique de fin, on ne sait pas grand-chose ni sur la nature de ce pouvoir ni sur l'organisation des Paladins... Jumper n'est à mon goût pas un film super transcendant, mais pas un navet non plus, juste un film moyen qui n'est pas encore l'amulette qui fera s'éloigner de Hayden Christensen le spectre d'une carrière à la Mark Hamill...
Nota : J'ai toutefois été ravi de revoir la craquante Rachel Bilson de Last Kiss, même si elle est ici confinée à un rôle de potiche...
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Fond Sonore : Eric Bibb, Diamond Days
Friday, February 22, 2008
Transition
Maintenant, le week-end peut commencer ! :o)
Fond Sonore : The Black Keys, Magic Potion
Saturday, February 16, 2008
Be Zen, Iron a Bit !
Le repassage, c'est un peu ma Cérémonie du Thé à moi. L'opération repose sur un cérémonial assez strict, inconsciemment codifié. Je commence par organiser mon espace de travail en une sorte d'îlot : la table à repasser devant, la table à manger à gauche, le linge à traiter derrière, le canapé destiné à accueillir le linge repassé à droite. J'allume ensuite mon fer de compet' dont le réservoir a au préalable été rempli d'eau. Je monte la température petit à petit et finis par enclencher le mode vapeur. Quand j'estime que l'appareil a assez frétillé d'impatience, je me jette au coeur de l'action en tentant d'optimiser le nombre de passage par pièce à traiter, au son plutôt apaisant des frschhhh frschhhh réguliers émis par les jets de vapeur.Mais le plus important, au-delà la simple nécessité pratique de ces séances de repassage, c'est qu'elles sont autant de moments de communion avec moi-même. Oué, carrément, car voyez-vous, pendant que la mécanique bien huilée de mes mouvements suit son cours, mon esprit s'en va vagabonder en d'autres lieux et je profite de ces instants pour méditer sur différents sujets, pour imaginer quelques bribes d'histoires à conter ou encore tout simplement pour faire le vide...
Parfois, mon esprit se détache tellement que sa Centrale Cervicale, d'ordinaire toujours aux aguets, est complètement à l'Ouest et je passe à deux doigts de la catastrophe... Comme ce jour où d'un malheureux mouvement de bras le contenu d'un ex-verre plein est venu s'étaler sur la moquette à deux doigts de la multiprise, ou cet autre jour où j'ai sans réfléchir approché ma main du fer pour voir si de la vapeur était bien produite...
Mébon ces égarements extrêmes restent fort heureusement rarissimes car la sus citée Centrale Cervicale ne se laisse tout de même pas facilement déborder_!
Fond Sonore : GO!GO!7188 - Ryuuzetsuran
Tuesday, February 12, 2008
RIP Mr Scheider

Roy Scheider, le shérif le plus aware de la menace représentée par un grand requin blanc barbotant dans les eaux d'une station balnéaire, est décédé le week-end dernier. RIP buddy, on veillera au grain sur les plages l'été prochain.
Fond Sonore : Anouk, Together Alone
Sunday, February 10, 2008
John Rambo
A la fin de sa dernière virée en Afghanistan, John Rambo s'en est retourné en Thaïlande pour y mener une existence simple. Il vit depuis de pêche et de chasse aux serpents revendus à un villageois qui les exhibe dans des shows. Lorsqu'un groupe de missionnaires américains vient solliciter son aide pour pénétrer par le fleuve en territoire birman, Rambo refuse tout d'abord avant d'accepter à contrecoeur. Une dizaine de jours plus tard, il reçoit la visite du pasteur de la communauté des missionnaires qui lui apprend qu'il n'a plus de nouvelles de ses ouailles. Rambo convient alors de mener un groupe de mercenaires à l'endroit où la précédente équipe avait débarqué...Sylvester Stallone a choisi pour ce film conclusion de la saga Rambo de mettre en lumière "le conflit le plus meurtrier et le moins couvert par les médias", celui qui oppose depuis 60 ans la rébellion des paysans Karen aux exactions de la junte militaire birmane. Le long métrage débute donc par des séquences vidéo fournies par les Free Burma Rangers, mouvement humanitaire visant à secourir les populations civiles victimes de ce conflit, qui attestent de la cruauté réelle de l'armée régulière et du réalisme de sa représentation dans le film.
John Rambo est un film brut et brutal qui nous immerge littéralement au coeur du chaos des combats, mais sa violence est délivrée sans fioriture, sans esthétisation, elle est authentique. Avant de s'en offusquer du profond de nos vies confortables, il faut se souvenir que pendant que nous prenons du bon temps dans une salle obscure ou en surfant sur le net, des gens sont tués, mutilés, exécutés, torturés, violés au même instant. C'est ça la guerre, c'est sale, c'est crade, c'est une réalité, c'est autre chose qu'un vague mot que l'on place dans une conversation entre la poire et le fromage, il ne faudrait peut-être pas l'oublier.
Cette noirceur, John Rambo en est parfaitement conscient en guerrier droit et pétri de principes. Son expérience de la vie l'a laissé complètement désabusé, empli de doutes, lui a fait perdre foi en l'homme et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il ne s'engage pas dans la bataille la fleur au bout du fusil. Quand il tue, il est indéniablement efficace, il excelle dans cet art, mais la séquence finale, qui le montre surplombant un champ de bataille rempli de blessés où les humanitaires pourtant durement éprouvés font tout de même leur possible pour secourir les dits blessés, le laisse immobile, figé, sans gloire, sans satisfaction, sans expression, pensif.
Cette vision du dévouement persistant des missionnaires combinée aux quelques mots échangés avec la seule femme du groupe aura certainement su réveiller quelque chose au plus profond du guerrier car le générique de fin le montre de retour au pays sur le chemin du ranch de son père, poussière d'optimisme dans une existence à la saveur bien amère...
John Rambo est donc un bon film selon moi, avis qui contraste nettement avec ceux de la presse [1 étoile en moyenne sur Allociné] mais qui est en accord avec ceux des spectateurs [4 étoiles en moyenne toujours sur Allociné]... Que l'on pende sur le champ les critiques professionnels !
=> Bande-Annonce
=> Allocine - Secrets de Tournage
Fond Sonore : Cock Robin, Best Of
Saturday, February 9, 2008
Juno
Juno, adolescente à la rébellion tranquille et aux bons goûts musicaux (Old Rock Powah !), décide un jour d'ennui de prendre du bon temps avec son meilleur ami, Paulie Bleeker. Arrive ce qui devait arriver, la petite graine trouve terrain fécond à son goût et paf clic clac kodak, notre amie se retrouve enceinte. Peu encline à devenir mère à 16 ans à peine passés, Juno trouve un couple de jeunes mariés trentenaires, Vanessa et Mark Loring, en mal d'enfants et leur propose d'adopter son futur rejeton. La grossesse aidant, Juno va découvrir de nouveaux horizons et gagner en maturité...J'ai ma foi passé un très agréable moment pendant la projection de ce film, et j'en suis ressorti le sourire aux lèvres et l'esprit léger. L'humour est y distillé tout du long de ses 1h30, les dialogues font mouches, la BO réjouit les oreilles et les acteurs habitent excellemment bien leurs personnages. J'ai particulièrement apprécié la prestation d'Ellen Page dont l'accent est à tomber et dont le rôle-titre m'a un peu rappelé la délicieuse Samantha de Garden State.
Derrière ses abords de comédie, Juno aborde des thèmes sérieux [grossesse des adolescentes, avortement] sans jamais se départir d'une délicatesse et d'une sensibilité touchante, hors des clichés faciles. C'est ce traitement humain qui fait la force de ce film, même s'il n'est peut-être pas l'oeuvre ultime annoncée.
=> Bande-Annonce
Edit - 22/02/08 : J'ai omis de le préciser, mais ce film est à voir impérativement en VO ! La VF semble assez affreuse en comparaison...
Fond Sonore : Angra, Angels Cry
Friday, February 8, 2008
Hamster Break
Mon scepticisme a toutefois été balayé en deux coups de cuillère à pot dès les premiers épisodes en raison de l'atmosphère singulière qui s'en dégageait. Deux saisons et demie plus tard, je suis toujours accroc, scotché devant mon téléviseur à chaque diffusion, et j'entrevois avec plaisir le potentiel nouveau de la série.
L'une des surprises majeures de la troisième saison en cours de diffusion a clairement été la disparition tragique de l'un des protagonistes qui était présent depuis le tout début. Même si son rôle était relativement modeste, son absence a tout de même créé un vide qu'il convenait de combler : les scénaristes ont donc introduit une nouvelle tête, mais je doute quelque peu de sa capacité à fomenter un quelconque complot d'évasion.
A force de recherches, j'ai pu mettre le pointeur de ma souris sur un candidat qui ferait assurément bonne figure dans l'équipe de Michael Scofield et qui a accepté de tourner un bout d'essai.
J'envisage de contacter la Production, vous en dites quoi ?
Fond Sonore : The Chieftains, The Long Black Veil
Tuesday, February 5, 2008
Sweeney Todd - The Demon Barber of Fleet Street
Quinze ans plus tôt, Benjamin Barker, petit barbier londonien, a commis l'immense erreur de fonder une famille avec la belle Lucy, convoitée par l'influent juge Turpin. Ce dernier, ne pouvant se résoudre à l'échec sentimental, fit arrêter le pauvre Benjamin par l'entremise de son dévoué acolyte, le fourbe bailli Bamford, pour le jeter en prison à l'autre bout du monde. De retour à Londres sous le pseudonyme de Sweeney Todd, Benjamin n'a que deux idées en tête, retrouver femme et enfant & se venger du vil personnage qui a brisé sa vie...Comme toujours, Tim Burton nous offre un film-univers qui nous embarque dès les premiers instants aux confins de sa singularité. Le magnifique visuel gothique, tout en pâleur hormis les giclées de sang d'un rouge vermillon du plus bel effet, m'a séduit d'emblée. Le pari musical, étonnant de prime abord, se révèle rapidement ludique tant par l'interprétation plutôt juste des acteurs qui poussent tous la chansonnette que par les paroles de ces chansons entraînantes qui oscillent entre gravité et second degré [Coup de coeur particulier pour A Little Priest dans laquelle Mr Todd et sa complice établissent le menu des tartes...].
En dépit de l'aspect répétitif de certaines mélodies, je me suis laissé porter par l'objet qui a survécu sans encombre à l'épreuve de la montre. Que dire de plus ma foi sinon que Sweeney Todd est un agréable spectacle grand-guignolesque, une comi-tragédie musicale qui renvoie à un imaginaire qui me parle et qu'il me plait de partager avec le grand Tim ?!? :o)
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Fond Sonore : Nick Cave, No More Shall We Part
Friday, February 1, 2008
A Friday Evening in ze Train
Je vois les autres passagers pénétrer dans la salle sans vraiment les voir. Aucune idée de leur nombre, de leurs types, la fatigue m'embrume. Mes yeux à demi clos entraperçoivent toutefois le type s'installer une rangée devant moi, côté couloir : il retire son pardessus, s'assoit, tourne la tête, à gauche, à droite, encore à gauche.
L'homme, assez jeune, porte un pantalon en toile noire sur des chaussures un brin élimées. Le col de sa chemise blanche non boutonné laisse apparaître un foulard satin bleu à petits pois blancs, et ses lunettes rondes lui donnent un petit air intello. Il remue dans son fauteuil, il a visiblement la bougeotte. Il tente bien d'engager la conversation avec une passagère qui se trouve à proximité, mais l'échange ne décolle pas.
Lorsque la voix rappelle que tous les bagages doivent être étiquetés, l'homme se tourne vers moi et me demande, inquiet, si les miens le sont. Je réponds par l'affirmative, tout en le rassurant que s'il conserve sa valise à ses côtés, il ne devrait pas avoir de problèmes. Il me remercie, se remet à farfouiller dans son sac puis me demande mon nom. Et merde, pense-je sur l'instant, interrompant le fastidieux labeur du marchand de sable qui avait entrepris de décharger sa lourde cargaison.
Poli, je lâche l'information à mon interlocuteur qui me confie en retour : "Moi c'est Joseph". Enchanté Joseph. L'homme se lève alors pour s'installer sur le siège qui lui fait face, et accessoirement m'avoir en visée directe. Il répète mon prénom à haute voix, l'anglicise puis cite un titre de roman le comprenant ainsi que son auteur, avant de m'interroger sur la bibliographie du dit auteur. J'élude discrètement en avouant ma demi-ignorance.
Joseph reprend alors sa place d'origine et farfouille dans sa valise. "Mon écran de portable ne marche plus", me lance-t-il, "mais je peux le brancher sur un moniteur... (bref silence) Tu t'y connais en portable ?" J'acquiesce légèrement, ce qui semble le surprendre et le réjouir à la fois. Ni une ni deux, Joseph dégage son portable, se lève et me le colle entre les mains. "Faut que j'aille aux toilettes", lâche-t-il avant de disparaître.
Avachi dans mon fauteuil, je me retrouve donc avec un encombrant coli dans les bras. Pragmatique, je l'ouvre, l'allume, et observe bientôt l'étendue des dégâts : un affichage artistique tendance avant-gardiste, blanc avec tout plein de lignes colorées verticales de longueurs variées. "Ah oué, quand même"... Joseph ne tarde pas à revenir - manifestement trop rapidement pour avoir réellement pris le temps de se soulager -, et s'assoit à ma hauteur de l'autre côté du couloir après avoir demandé l'autorisation de sa nouvelle voisine. "Alors, qu'est-ce que tu en penses ?", s'enquit-il sans attendre.
Je lui explique que l'avenir de son portable me semble plutôt compromis et qu'un échange de dalle serait certainement souhaitable pour retrouver la dimension portable de l'objet. Quand il me rétorque que ce problème - causé par une opération de nettoyage - n'est pas couvert par la garantie et qu'on lui a demandé 300€ pour la réparation, je souligne qu'au regard de la valeur du matériel, le devis ne me semble guère excessif... Ce qui le plonge dans une profonde réflexion. Je lui rends alors l'objet, et Joseph regarde alternativement sa voisine de droite et le fond du wagon trois ou quatre fois avant de retourner à sa place et de ranger l'appareil.
Je jette un oeil à ladite voisine, nous échangeons un petit sourire de compassion et retournons à nos occupations - la lecture pour elle, l'assoupissement pour moi. J'appuie ma tête contre le dossier de mon siège, inspire puis expire profondément, avant d'entreprendre de rappeler le marchand de sable qui par chance n'était pas bien loin...
Fond Sonore : Paula Frazer, Indoor Universe