Sunday, October 30, 2011

Les Marches du Pouvoir

USA, de nos jours, une primaire démocrate dans laquelle il ne reste que deux candidats en lice. On suit l'équipe du Gouverneur Mike Morris [George Clooney], pilotée par un vieux briscard de l'exercice [Paul Zara - Philip Seymour Hoffman] et un jeune consultant en comm' expert des médias [Stephen Myers - Ryan Gosling]. Cette troupe s'oppose à celle emmenée par l'expérimenté Tom Duffy [Paul Giamatti] pour le compte d'un certain Pullman, tandis que la presse [notamment la journaliste Ida Horowicz - Marisa Tomei] tente en permanence de savoir ce qu'il peut bien se tramer dans les arcanes de ces QGs de campagne. Mike Morris présente un discours avenant, avant-gardiste, dans lequel Stephen Myers croit du plus profond de son être, condition sine qua none pour qu'il puisse exercer cet art dans lequel il excelle. Mais dans ce domaine de la compétition politique, conviction et droiture ne font pas toujours bon ménage avec les ambitions, et le jeune consultant l'apprendra à ses dépends...

Le pitch peut sembler assez classique -il l'est-, mais il fonctionne néanmoins grâce au style direct du réalisateur et à un casting de mon point de vue cinq étoiles. M'étant laissé porté par la bobine, je suis objectivement sorti de la séance agréablement satisfait, mais cela tient plus aux réflexions suscitées qu'au propos en lui-même, ce dernier n'apportant fondamentalement rien de bien neuf... S'en trouve-t-il en effet encore pour penser que les dessous de la politique sont immaculés et que sans compromission il est possible de parvenir aux plus hautes responsabilités ? J'en doute.

Néanmoins, ces Marches du Pouvoir se révélant tout de même extrêmement léchées, il serait dommage de passer à côté. A savourer, avant de prolonger la séance en refaisant le monde autour d'une petite mousse.

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Sunday, October 23, 2011

Dernière Impression

"Je regrettai tout de suite la décision que j'avais prise de venir dans cette pièce. Je compris soudain que la dernière expression qu'il avait sur le visage empiéterait sur tous les souvenirs visuels que j'avais de lui. J'allais être obligé d'essayer de l'oublier, de façon à ne plus voir ses yeux dans mon esprit.

C'était la même chose qu'avec mon père. La seule image que j'avais gardée de lui était celle d'un homme allongé dans un lit. Il faisait cinquante kilos maximum et son corps était complètement ravagé par le cancer. Toutes les autres images que j'avais de lui étaient fausses. Elles sortaient de photos que j'avais vues dans des livres." - Michael Haller in "La Défense Lincoln" by Michael Connelly


On se souvient immanquablement de telles images. Mais d'expérience, à la différence du narrateur, à la douloureuse image de la maladie se substitue rapidement pour moi celle du corps préparé, duquel la souffrance semble s'être comme par magie évanouie. La maladie disparaît alors derrière la sérénité surnaturelle qui s'impose, et c'est cette dernière impression qui perdure ensuite, tandis que les photos issues du livre des souvenirs transforment peu à peu la tristesse en nostalgie.

The Artist

A l'ère du divertissement numérique clipesque, proposer un film muet en N&B relevait assurément de la gageure, du montage financier à la sortie en salle. Et pourtant, Michel Hazanavicius a non seulement relevé le défi, mais il a en sus transformé l'essai avec brio le bougre !

L'action prend place à Hollywood, à l'époque charnière de l'apparition du cinéma parlant. Jean Dujardin y incarne George Valentin, *LA* star incontestée du muet, qui régale les spectateurs de ses superproductions. Toutefois, la gloire n'étant par essence pas éternelle, il convient de ne pas se reposer sur ses lauriers et de rester à l'affût des changements de vent. Probablement par orgueil, George Valentin balaye d'un revers de la main la perspective de donner dans le parlant, opérant par là-même une sortie de route fatale. Le public, lui, plébiscite en effet rapidement cette nouvelle technologie, ainsi que de nouvelles têtes -dont la pétillante Peppy Miller [Bérénice Bejo]-, oubliant du jour au lendemain ce bon vieux George Valentin, lequel sombre dans une déchéance qui semble irrémédiable.


[© Warner Bros. France]

Absence de dialogues oblige, la bobine repose doublement sur les performances des acteurs, et j'ai à ce titre trouvé l'ensemble du casting exemplaire, Jean Dujardin en tête, tout auréolé de sa récente (et méritée) récompense au dernier Festival de Cannes. La palette de mimiques de l'acteur trouve ici un bel écrin qui la met admirablement en valeur, même s'il n'y a rien de bien nouveau en regard de ce que l'on a pu apercevoir dans les OSS 117 pour ne citer qu'eux.

En sus de cet aspect, l'exercice requérait une réalisation habile, et Michel Hazanavicius n'a objectivement pas démérité. J'ai ainsi retrouvé le plaisir éprouvé notamment au visionnage de ces Histoires sans Paroles rediffusées à la tévé quand j'étais gamin. Comme à l'époque j'ai été sensible à la musique qui revêt ici une importance capitale, berçant le spectateur dans un flot continu d'émotions.

'Fin bref, tout ça pour dire que j'ai passé un très agréable moment en salle avec The Artist, qui constitue à l'évidence l'une des plus belles (et inattendues) surprises de cette année. Il serait donc fort dommage que vous ne répondiez à l'invitation ! ;o)


[© Warner Bros. France]


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Saturday, October 22, 2011

Drive

Poursuite de mon rattrapage avec une bobine qui était précédée d'un concert de louanges quasi-unanimes, chose assez rare s'il en est...

Drive, conduire, c'est ce que fait cet homme énigmatique [imperturbable Ryan Gosling], sans discontinuer. Le jour, il loue ses services au Septième Art, oeuvrant comme cascadeur. La nuit, il monnaye ses talents auprès de malfrats, leur donnant cinq minutes de son temps -pas une de plus- au cours desquelles il s'engage à les soustraire aux autorités à la suite de leur forfait. Taciturne au plus haut point, il mène une existence où le contact humain se trouve réduit au strict minium. Pour autant, la solitude ne semble pas érigée en Art de Vivre, son spectre s'amenuisant même à mesure que l'homme noue contact avec sa voisine [touchante Carey Mulligan], mère célibataire dont le mari est en prison.



[© Le Pacte]

Lorsque ce dernier se trouve libéré, le cascadeur en vient à lui proposer son aide pour le sortir d'une impasse qui à terme pourrait menacer sa famille. Las, l'affaire tourne à la catastrophe et l'homme se trouve contraint de sortir les crocs, faisant par instant montre d'une violence qui contraste fortement avec l'attitude placide qui prévalait jusqu'alors. Ceci donne lieu à deux scènes dont la mise en images constitue pour moi le maillon faible de ce film à la réalisation par ailleurs exemplaire [Prix de la Mise en Scène à Cannes amplement justifié]. Sans rentrer dans les détails, la scène de l'ascenseur par exemple ne nécessitait absolument pas ce gros plan à la Irréversible, le hors-champ étant de mon point de vue tout aussi efficace.


[© Le Pacte]

A posteriori il m'en reste une sensation étrange, mélange de rythme hypnotique et de violence sourde, le couple se brisant par instant au cours de brèves mais furieuses saillies. N'étaient les brefs accrocs de réalisation, Drive aurait pu prétendre dans mon Panthéon au qualificatif de chef-d'oeuvre. A tenter si une bobine moins formatée qu'à l'accoutumée vous tente, mais *surtout pas* avec le public du samedi soir... :-/

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Sunday, October 16, 2011

True Legend

Yuen Woo-Ping, nom mythique s'il en est pour les amateurs du ciné de Honk-Kong des années 80/90, synonyme de chorégraphies martiales millimétrées, exécutées par des artistes du haut niveau. De fait, voir un film signé de sa patte génère immanquablement chez ces personnes -dont je fais partie- un enthousiasme singulier qui irrémédiablement les draine en salle obscure. C'est donc ainsi que je suis allé voir ce True Legend dont je ne savais rien par ailleurs.

Chine, Dynastie Qing. Venant de remporter une nouvelle victoire, le Général Su Chan est pressenti pour devenir Gouverneur. Celui-ci décline toutefois l'offre, préférant s'en aller fonder son école d'arts martiaux, et met en avant pour le poste la candidature de son frère adoptif, Yuan Lie. Ce dernier accepte et le temps aidant enracine sa position tout en devenant expert de la technique des Cinq Venins Mortels, art dans lequel son défunt père excellait. Un jour, Yuan Lie débarque en sa terre d'accueil, exécute son père adoptif et manque de pouvoir offrir le même destin à Su Chan. Ce dernier trouve alors refuge dans les montagnes, aidé de son épouse dévouée, tandis que son frère s'enfonce dans la folie de son art noir, retenant captif le fils de Su Chan. Les deux hommes se préparent pour cette confrontation finale qu'ils savent inéluctable...


[© Universal Pictures International France]

Dans ce True Legend, on retrouve les ingrédients classiques des films chinois en costume, avec l'option fantastique. Cette dernière n'est pour le coup pas ma préférée, je reste en effet un fan indéfectible des productions plus réalistes du style Il Etait une Fois en Chine. Ceci dit, je ne rejette pas pour autant l'angle fantastique, bien au contraire, et je l'ai même plutôt savouré au cours de cette séance.

Toutefois, Yuen Woo-Ping a ici succombé à la modernité, mêlant à son savoir faire martial le destructeur duo "plans (très) rapprochés" / "montage épileptique"... De fait il se révèle assez difficile de suivre l'action, comme ça l'est d'ailleurs dans nombre de production aujourd'hui, et cela est ma foi fort dommage. Ceci étant, la bobine conserve un agréable parfum exotique, qui vaut bien mieux que les ersatz occidentaux. A tenter si vous aimez un tant soit peu le style.

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Saturday, October 15, 2011

Crazy, Stupid, Love

Voilà un bon mois que je n'ai pas écrit pas ici tiens... Quelques films et bouquins en retard de fait, entre autre... Aller hop, on commence par Crazy, Stupid, Love.

Steve Carell y incarne un quadra en début de décennie -Cal Weaver- qui apprend en un laps de temps très court que sa femme -la sympathique Julianne Moore- l'a trompé et qu'elle demande le divorce. Cal se laisse aller à une semi-dépression qui le conduit à devenir une sorte de pilier de comptoir d'un bar plutôt branché où aucune oreille attentive ne se prête à lui. Un soir toutefois, il est accosté par le tombeur du lieu, un certain Jacob Palmer -Ryan Gosling-, qui lui propose de le prendre sous son aile pour le métamorphoser en séducteur, et accessoirement obtenir qu'il arrête de se pleurnicher au bar.


[© Warner Bros.]

Bien qu'un peu dubitatif au départ, Cal accepte néanmoins la main qui lui est tendue et recueille bientôt les fruits de ses efforts, se consolant dans les bras de diverses femmes, dont l'agréable Marisa Tomei. L'apprentissage se suit avec plaisir, d'autant que Steve Carell a le chic de bien se fondre dans se type de personnages et que son mentor se révèle somme toute assez surprenant. L'exercice aurait toutefois rapidement tourné à vide si le scénario n'avait révélé quelques surprises -des triangles voire carrés amoureux-, occasionnant même une séquence tout bonnement hilarante [la scène de barbeuc'].

La séance s'est donc révélée assez plaisante sur l'instant, mais malheureusement pas assez pour que j'envisage de revoir ce film, un peu en somme comme pour I Love You Phillip Morris du même duo de réalisateurs. A l'occasion d'une séance dévédé de dimanche après-midi, je lui préfèrerais sans hésitation aucune ce Dan in Real Life, très touchant et que j'ai déjà vu un nombre incalculable de fois.

=> Bande-Annonce [=> Elle en montre trop, 'fin j'dis ça j'dis rien...]

Sunday, September 11, 2011

Emplettes S36


[© Ze Captain]

Petite fringalette bouquinesque oblige, un léger regarnissage de ma PAL avec :
  • Gandahar de Jean-Pierre Andrevon : Un roman que j'ai eu du mal à dégoter, à l'origine du surprenant film d'animation éponyme de René Laloux.

  • Emmanuelle - Livre II : L'Antivierge d'Emmanuelle Arsan : La seconde partie du fameux roman, désaccouplé à l'origine de sa moitié pour d'obscures raisons de droits d'édition.

  • Le Jour des Triffides de John Wyndham : Un bouquin SF post-apo, avec une humanité souffrant en quasi totalité de cécité suite à une invasion de plantes pas vraiment avenantes.

  • Bloodsilver de Wayne Barrow : Un roman fantastique, avec du western et des vampires dedans, accessoirement Grand Prix de l'Imaginaire 2008, ce qui est plutôt de bon augure.

Saturday, September 10, 2011

Blackthorn

Installé en Bolivie depuis une vingtaine d'années, James Blackthorn vit de l'élevage de chevaux. Ayant accumulé une rondelette somme d'argent, il s'apprête à rentrer en ses Etats-Unis d'origine afin d'y rencontrer ce fils qu'il n'a jamais vu, mais de retour de la banque son chemin croise celui d'un homme visiblement pourchassé. Ayant dans la rencontre perdu son cheval et sa fortune, le vieux Blackthorn accepte de secourir l'individu car celui-ci serait en possession d'un magot bien plus conséquent que ses économies tout juste envolées. Pour un quidam quelconque, l'expérience serait considérée comme une folie, mais pour celui qui pourrait bien être la légende Butch Cassidy, ce n'est là que vieille routine...

De ce pitch, Mateo Gil tire une bobine nimbée d'un agréable parfum crépusculaire, un sympathique exercice de style comme je les aime. Sam Shepard excelle dans sa composition d'un ex-bandit vieillissant -je préfère d'ailleurs sa performance à celle de Jeff Bridges dans le True Grit des frères Coen-, un personnage en apparence assagi mais qui a gardé toute la férocité de sa jeunesse. Le reste du casting n'est toutefois pas en reste, Eduardo Noriega notamment avec son ingénieur minier manipulateur, crapule sans foi qui le dissimule habilement, ce qui contraste avec la nature du précédent.


[© Bac Films]

Les paysages dans lesquels évoluent les deux personnages sont tout bonnement magnifiques, il s'en dégage une magie qui donne envie d'aller les découvrir de plus près. Ils étaient la matrice toute désignée pour cette histoire, et Mateo Gil a su en tirer habilement parti pour accoucher de cette bobine singulière.

Tout ceci fait que Blackthorn a constitué une très agréable surprise, et que je vous encourage donc à en profiter avant qu'il ne soit trop tard !

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Sexe entre Amis

En allant voir ce film, impossible de ne pas penser au récent Sex Friends. Sexe entre Amis [*] s'en distingue toutefois par une approche plus parodique assumée en première partie et, il faut le reconnaître, plutôt réussie.

Je me suis ainsi laissé séduire par l'entrée en matière, efficacement structurée, et le jeu des deux acteurs principaux, Mila Kunis & Justin Timberlake qui laissent transparaître une complicité ludique. Toutefois, lorsque la bobine bascule de la simple bagatelle vers l'inévitable conclusion sentimentale, elle tourne un peu à vide et se révèle un poil poussive, donc moins convaincante que ne l'était Sex Friends à cet égard.


[© Sony Pictures Releasing France]

Semi-réussite ou semi-déception, c'est selon, toujours est-il que Sexe entre Amis vaut éventuellement le coup d'oeil pour sa première moitié ou l'adorable Mila Kunis, mais pas en plein tarif.

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[*] => Le titre héxagonal, bassement racoleur, ne fait évidemment pas honneur à cette bobine baptisée Friends with Benefits en VO...

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Thursday, September 8, 2011

Un Horizon de Cendres - Jean-Pierre Andrevon

J'ai découvert le nom de JP.Andrevon en furetant sur les racines de ce Gandahar de René Laloux, découvert par hasard sur feu Antenne 2 dans ma jeunesse. J'ai mis grand temps à mettre la main sur le roman qui en était à l'origine, et dans l'intervalle je me suis laissé tenté par cet autre ouvrage que j'ai récemment sorti de ma PAL, Un Horizon de Cendres.

Le texte prend la forme de mémoires rédigées par le personnage principal, un directeur de funérarium qui était aux premières loges quand les morts ont commencé à reprendre vie. Il nous permet de vivre l'évolution de la situation du point de vue d'un citoyen ordinaire, confronté à l'étrangeté du phénomène, depuis les premières manifestations jusqu'à l'apocalypse dans laquelle on bascule très rapidement sans même s'en rendre compte.

Les zombies se révèlent ici assez singuliers, différents de ceux que l'on que j'avais pu rencontrer par ailleurs dans le genre, ils reviennent à un semblant de vie un peu à la manière de ce que proposait le roman A Rebrousse-Temps de Maître Dick, à ceci près qu'ici ils ne regagnent pas leur humanité. D'abord amorphes, les créatures évoluent néanmoins, comme si elles apprenaient d'une conscience empirique collective, et se retrouvent bientôt à surpeupler (Dominer ?) la planète.

Comptant parmi les derniers survivants de notre espèce, le narrateur accomplit dans ses mémoires un cheminement introspectif qui dans le cadre de la fin de l'humanité m'a fait penser à ce classique de Richard Matheson, Je suis une Légende, même si la portée en est différente. La conclusion n'en apparaît toutefois pas moins logique, imparable et j'en ai ressenti un rare contentement une fois le livre refermé.

Ce roman relativement court (250 pages) m'aura donc agréablement surpris et satisfait, se révélant percutant en dépit de son apparence tranquille. A découvrir sans attendre !

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Nota : Lu dans le cadre du Challenge Fins du Monde du Dragon Galactique. Hop, quelques pages en plus dans le niveau "Armageddon". :o)

Sunday, September 4, 2011

Tournée Générale - 6 Milliards


[via]

Cadavres à la Pelle

En cette première moitié du 19e siècle, les institutions médicales d'Edinburgh bénéficient d'une renommée européenne -sinon mondiale- conséquente. La formation de leurs étudiants nécessite une bonne pelletée de cadavre afin d'opérer de régulières dissections qui vont enrichir les connaissances du domaine. Les docteurs Knox [Tom Wilkinson] et Monroe [Tim Curry] se livrent d'ailleurs une compétition ouverte, et quand le second parvient à faire promulguer une loi lui permettant de préempter les corps des condamnés à mort tout juste exécutés, le Dr Knox se retrouve en cadavres fort dépourvu. Deux arnaqueurs locaux d'origines irlandaise, Mr Burke [Simon Pegg] & Hare [Andy Serkis], voient là l'occasion d'améliorer leur ordinaire, en refourguant au Dr Knox des dépouilles d'une remarquable fraîcheur mais à l'origine plus que contestable...


[© La Fabrique 2]

Cadavres à la Pelle marque le retour à la réalisation de ce bon vieux John Landis, qui n'avait pas oeuvré depuis quelque temps. Son pitch s'inspire d'une histoire véridique [en], mais bénéficie d'un traitement plus léger, ouvertement axé comédie noire. De fait, l'ensemble se révèle décalé, inattendu, mais si l'on sent que la bonne volonté est là, cela ne fonctionne pas vraiment.

Le casting ne fait pourtant pas dans la demi-mesure -Simon Pegg et Andy Serkis ne ménagent pas leur efforts et font montre d'une réelle conviction-, le visuel n'est pas en reste -décors réalistes et photo attrayante-, le rythme plutôt enlevé... En somme, quantité d'ingrédients indispensables sont présents mais la sauce ne prend pas, par manque d'un liant que je n'ai pas identifié.

A noter de sympathiques caméos, notamment celles de Sir Christopher Lee et de Ray Harryhausen, cerises sur le gâteau qui malheureusement ne suffisent pas à faire passer ce dernier pour de la pâtisserie fine. Dommage.

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Saturday, September 3, 2011

Cowboys & Envahisseurs

La première chose qui m'a marqué dans la dernière livraison de Jon Favreau, c'est son titre francisé : Cowboys & Envahisseurs. Du Cowboys & Aliens d'origine, le terme anglophone Aliens s'est vu supprimé au profit d'un substantif francophone, qui se retrouve accolé à un cousin hexagonal, lui-même d'origine anglophone... Not comment... [Cet exercice d'altération linguistique me laissera toujours perplexe, mais passons.]

La dichotomie du titre se retrouve directement dans le développement de l'intrigue. La première moitié donne ainsi dans le western classique, pour ne pas dire caricatural avec une bonne partie des poncifs du genre, mais parvient néanmoins à susciter l'intérêt, notamment lors de la séquence d'ouverture et l'attaque des envahisseurs. La seconde moitié de la bobine voit une partie des cowboys aller botter l'arrière-train des aliens, et la dominante vire alors SF, avec (beaucoup) moins de réussite.


[© Paramount Pictures France]

Je serais ressorti de la séance avec un sentiment plutôt jubilatoire si mon entrain initial n'avait pas été brisé par l'absence de souffle épique lors de l'assaut du vaisseau alien et nombre d'invraisemblances... A voir certaines séquences, entre nous, les cowboys auraient clairement dû y passer, mébon...

Il m'en reste aujourd'hui un souvenir de bobine au pitch intéressant mais qui ne parvient toutefois pas à transformer l'essai. A voir, ou pas, suivant le degré de geekitude ou la possibilité d'en profiter en tarif réduit, les deux n'étant évidemment pas incompatibles. ^^

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Sunday, August 28, 2011

Comment tuer son Boss ?

Trois potes, trois êtres brimés dans leurs environnements professionnels : Nick [Jason Bateman], cadre essoré par son supérieur manipulateur, Dave Harken [Kevin Spacey - magnifiquement retors et inquiétant] / Dale [Charlie Day], assistant dentaire harcelé sexuellement par sa chaude patronne, Julia Harris [Jennifer Aniston - nymphomane yummy qui peut me harceler quand elle le veut] / Kurt [Jason Sudeikis], manager dans une entreprise familiale de produits chimiques qui se retrouve sous les ordres du blaireau de fils de son patron récemment décédé, Bobby Pellitt [Colin Farrell - la beaufitude dans toute sa splendeur]. En somme, trois êtres qui vivraient bien mieux si leurs patrons respectifs n'étaient plus de ce monde...


[© Warner Bros. France]

Un soir de beuverie dépressive plus tard, les trois compères en viennent à décider de concrétiser ce qui jusqu'à présent n'était que pensées, et les choses ne vont évidemment pas se passer comme prévu, pour notre plus grand plaisir ! Notre plus grand plaisir, oueps, car à ma grande surprise, en dépit du pitch somme toute assez simple et de son caractère pas nécessairement méga innovant, Comment tuer son Boss ? se révèle huilé à merveille, emmené qu'il est par un casting dynamique qui à mon avis s'est bien amusé sur le plateau. Les situations comiques s'enchainent, faites d'attitudes et de bons mots, tout en sachant rester globalement bien moins lourdingue que nombre de comédies US du moment.

En bref, ça fonctionne, ça fait rire, et en ces temps moroses il serait dommage de ne pas en profiter !

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Nota : Un grand plus pour le bêtisier pendant le générique de fin ! \o/

=> Bande-Annonce [Ne pas regarder la BA est tout aussi bien, même si comme moi on peut apprécier le film en l'ayant vue.]

Spectres - Dean Koontz

Cela faisait un bail que je n'avais cédé à la tentation d'un petit Dean Koontz -pas depuis l'été 2010 avec Chasse à Mort en fait-, c'est à présent chose réparée grâce à la lecture de Spectres.

Suite au décès de leur mère, Jenny a revêtu le costume de tutrice légale de cette jeune soeur dont elle ne connaît que peu de choses, Lisa, qu'elle est allée chercher pour désormais vivre en sa compagnie. De retour en sa ville de Snowfield, Jenny s'étonne du manque d'animation, ou plutôt devrais-je dire de l'absence d'animation, le bourg donnant l'impression d'être totalement abandonné, sensation particulièrement déroutante pour un bel après-midi de dimanche en septembre. L'étonnement de la jeune trentenaire grandit jusqu'à une première découverte qui la conduira dans un premier temps à chercher de l'aide, puis à tenter de survivre à ce qui semble avoir pris la ville sous sa coupe... Et je m'arrête là pour le pitch, tout l'intérêt de ce roman résidant en la méconnaissance de la nature des phénomènes à l'oeuvre en cette bourgade de Snowfield et en les tâtonnements des protagonistes pour les décrypter.

Le texte s'apparente à un huis-clos à l'échelle d'une ville, un survival plutôt bien orchestré et assez immersif. L'auteur parvient ainsi à instaurer une ambiance de terreur sourde très agréable et en dépit d'un léger bémol -que je ne peux discuter ici sous peine de révéler des éléments importants qui ne doivent se découvrir qu'à la lecture- l'intrigue se tient globalement et peut donner lieu après son dénouement à une discussion philo-théologique intéressante, mais évidemment subversive.

Je place ce bouquin de presque 500 pages dans le bon quart des ouvrages de Dean Koontz, vous pouvez donc le tenter, sauf toutefois si les romans labellisés "Terreur" vous rebutent...

Saturday, August 27, 2011

Captain America : First Avenger

De la génèse de Captain America je ne connaissais strictement rien avant d'entrer en salle, aussi n'avais-je pas d'attentes particulières hormis l'espoir de passer une bonne séance... Et je dois reconnaître que sur ce point je n'ai pas été déçu !

Si le thème du freluquet qui se mue en super héros peut paraître un chouille éculé, Captain America : First Avenger réussit néanmoins là où d'autres bobines échouent lamentablement, en proposant un divertissement qui tient la corde d'un bout à l'autre de ses 2h03 de métrage. L'intrigue progresse ainsi à un rythme constant, distillant séquences d'action efficaces et bonnes répliques, sans pour autant sacrifier la sympathique galerie de personnages. A ce propos, j'ai été *ravi* de retrouver un bon gros méchant bien mégalo comme il faut, je dois avouer que je suis assez en manque depuis que la franchise James Bond les a abandonnés !


[© Paramount Pictures France]

A cela s'ajoute un agréable visuel rétro qui fleure bon la bédé sans pour autant nuire à la crédibilité. Le tout forme donc un attrayant paquet, fort distrayant, pour moi indéniablement dans le haut du panier des adaptations de comics. Aller hop, on lui donne sa chance ! :o)

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Duel

Vendredi soir - 23h00 - La Tanière

Lumière tamisée, musique tranquille dans les oreilles, je farfouille sur la toile à la recherche d'une vidéo. Firefox se fige soudain, le pécé mouline. Un petit plantage pensè-je [*] avant de m'étonner de la disparition de la barre de lancement rapide. Je réduis tant bien que mal mes fenêtres, pour constater que mon bureau n'est plus que néant... Un petit tour dans le menu démarrer m'inquiète encore un peu plus, tous les dossiers brillant également par le vide...

Je redémarre, pas d'amélioration, le pécé mouline toujours autant, je fronce les sourcils. Soudain, un message d'alerte m'indiquant un problème de clusters endommagés, puis une utilisation anormale de la mémoire... Je reboote... Même état, mêmes messages...

Petit tour par l'explorateur Windows étonnamment accessible via le menu Démarrer, un disque plein mais avec un contenu intégralement invisible... Lancement d'une application internet, connexion sans aucun souci... Ahin... Une lumière commence à éclairer les tréfonds de mon magma neuronal... Et si... Hmmm, creusons...

Retour des messages d'alerte, suivis par le réveil du résident de Spybot : un machin inconnu tente de trifouiller les bases de registres, je refuse, un bidule tente de se connecter à internet mais ZoneAlarm l'intercepte et je refuse également de le laisser faire, une icône pour un logiciel de réparation de Windows apparaît à côté du menu démarrer... La lumière redouble d'intensité, raaaaaaah les empaffés !

Je lance Malewarebytes, des éléments indésirables sont détectés mais il me faut attendre la fin du scan... Reboot intempestif... Naaaaaaan, mes mains frémissent d'impatience sur le clavier tandis que Windows se relance, oh pxtxxn je vais te nxquxr marmonnè-je et, dès la session ouverte, le sprint démarre : explorateur, Malewarebytes, scan... Résultat : 9 entrées nouvelles, extermination sans ménagement ! Quelques icônes reviennent sur le bureau, je commence à frétiller de soulagement... Et reboot...

Bureau incomplet, mais je suis en bonne voie ! Lancement de Spybot, scan, 3 entrées, paf, éradication, ahaaaaaah ! Reboot...

Bureau toujours incomplet, connexion à internet, téléchargement de RogueKiller, exécution méthodique des différentes options, une à une... Dans la fenêtre de l'utilitaire les réparations s'opèrent, je deviens quasi euphorique, j'en aurais presque envie de danser la carioca... Traitement terminé, le bureau est là, en bxrdel certes, mais bel et bien là !

Reboot...

Connexion à internet, mise à jour de Malwarebytes & scan, RAS, mise à jour de Spybot & scan, RAS... Yeeeeeees, gotcha motherf*cker ! \o/

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Samedi Matin - 10h00 - La Tanière

Ceux qui ont déjà eu affaire à ce genre de tracas comprendront aisément le désarroi qui fut mien dans un premier temps et l'état jubilatoire qui a suivi quand la peste se vit éradiquée...

En gros, que s'est-il passé ? Un malware logé sur un site web anodin a pu pénétrer sur mon pécé a priori via l'exploitation d'une faille d'un plugin de mon navigateur. Une fois dans la place, un trojan a déployé un programme qui a foutu la gouache pour simuler des problèmes et m'orienter vers un pseudo logiciel de réparation.

Quand ce type de problème survient, il ne faut surtout pas céder à la panique (Plus facile à dire qu'à faire, j'en conviens...), bien détourer les symptômes pour attaquer la cause racine, et s'appuyer sur quelques outils ciblés anti-malwares efficaces et gratuits [Spybot S&D : protection en temps réel + scan réguliers // Malewarebytes : scan réguliers] secondant un Firewall [ZoneAlarm] et un AntiVirus [<= Pas nécessairement ma protection forte -j'en ai un bon mais pas à jour :-] -, la menace se situant plutôt pour moi au niveau des éléments protégés par les trois précédents logiciels, mébon je vais renforcer ce point.]. Quant à RogueKiller, il s'agit d'un utilitaire de réparation de dommages causés par des malwares particuliers, les rogues donc, il se range plus du côté de la chirurgie réparatrice que des forces de l'ordre.

En conclusion, les indicateurs semblent au vert ce matin, mais je reste prudent... What's next ? Des scans réguliers dans les jours à venir, une optimisation de mes sauvegardes, et probablement un examen plus intéressé de l'option smartphone, histoire de pouvoir surfer sur les forums à la recherche d'idée en cas d'infection me privant d'internet...

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[*] => Je reprends à mon compte cette déviation grammaticale vu qu'elle semble devenir communément admise dans le monde de l'édition...

Thursday, August 25, 2011

La Planète des Singes : Les Origines

A l'annonce de ce projet de film, je n'avais pas été enthousiasmé outre mesure, les préquelles relevant à la base plus de l'effet de mode que d'autre chose. Pourtant, la bande-annonce a su éveiller mon intérêt et je me suis donc rendu en salle très rapidement après la sortie.

Le film de 1968 adaptait directement le roman de Pierre Boulle, et comme ses suites ne proposait pas d'explication quant à l'acquisition de cette extraordinaire intelligence par nos cousins simiens. La présente bobine s'attèle à poser les bases scientifiques de cette évolution.

San Francisco, de nos jours. Les équipes de GenSys travaille sur divers projets dont l'un vise à proposer un remède pour la maladie d'Alzheimer. Les résultats semblent prometteurs mais un effet indésirable se manifeste soudain, ce qui conduit les dirigeants à exiger l'extermination des cobayes simiens. Le chercheur Will Rodman ne parvient toutefois pas à supprimer un bébé chimpanzé, qu'il recueille alors chez lui. Les années passent et l'animal -prénommé César- démontre rapidement des facultés intellectuelles hors du commun pour son espèce, laissant entrevoir à Will l'aboutissement de ses travaux et potentiellement la possibilité de soigner son père atteint de la dite maladie d'Alzheimer. Toutefois, la marmite de l'évolution entrant en ébullition, il sera bien difficile de maintenir son couvercle en place et d'empêcher César de prendre conscience de sa condition...


[© Twentieth Century Fox France]

La force de cette bobine réside indéniablement en ce dernier point, César en étant le pivot, le véritable personnage principal. La technique de la performance capture permet ainsi d'affubler le chimpanzé de synthèse de mimiques faciales très réalistes qui nous font éprouver de l'empathie, ce qui aurait été beaucoup plus difficile s'il s'était agi d'un véritable animal ou même d'acteurs costumés.

L'éveil de César se suit avec plaisir, et lorsqu'il atteint la maturité suffisante pour prendre en main son destin, on ne peut qu'être à ses côtés et soutenir son émancipation ainsi que celle de ses congénères. La progression de l'histoire me laisse un agréable souvenir, elle s'écoule naturellement, logiquement, de façon cohérente, ce qui me conduit à dire que le script a été intelligemment écrit et mis en image.

La Planète des Singes : Les Origines a donc constitué une excellente surprise, alors je ne serais pas contre une suite avec la mise en place de la civilisation simiesque et l'abaissement de l'espèce humaine au rang d'esclave...

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Sunday, August 21, 2011

Perspective

Brendan Bannon, auteur des photos sur le Camp de Dabaab à la frontière du Kenya et de la Somalie :

"One morning, I was talking to a family of ten. I poured a full glass of water from a pitcher and passed it to a child. He took a sip, and passed it on to his brother and so on. The last one returned it to me with enough left for the last gulp. Even in the camp, they take only what they need to survive and share the rest. What you see on the surface looks like extreme fragility, but it’s actually tremendous resilience and the extraordinary affirmation of their will to live."


A méditer.

Conan

La bande-annonce m'avait laissé augurer d'une bobine bourrinement jouissive, mais le verdict post-séance se voit sans appel : ce Conan cuvée 2011 n'a vraiment rien pour lui.

Entre la narration elliptique aux enchaînements douteux et ces enjeux qui ne parviennent désespérément pas à se faire ressentir, la réalisation se révèle tout bonnement insupportable dans les (nombreuses) séquences de fight : le combo plans rapprochés / montage épileptique empêche de suivre ce qu'il se passe et donc d'en retirer un quelconque plaisir...

Par conséquent, si suite il devait y avoir, je ne me déplacerais probablement pas... D'autant que l'on peut déjà prévoir le retour de Khalar en Zym le Blanc... [Nota : Celui ou celle qui décrypte cette capillotractation gagne au moins toute mon estime... ^o^] 'Fin bon, bref, next quoi.

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