















Et de votre côté ? Des divergences / convergences de sensibilités ? De bonnes surprises en 2011 ?

















Paris, de nos jours. Nathalie [Audrey Tautou - égale à elle-même] rencontre François [Pio Marmai - furtif] placé sous le patronage de la sérendipité. Une vie de couple qui commence, un mariage, un projet d'enfant, et paf le François. Nathalie entame alors son difficile travail de deuil -chose éminemment personnelle s'il en est-, et se réfugie dans son activité professionnelle. Un jour, un peu à l'Ouest, elle embrasse un obscur collègue, Markus [François Damiens - tout aussi égal à lui-même], personnage pour ainsi dire un peu atypique. Ce baiser va évidemment perturber les deux individus, d'un côté François peu coutumier des assauts de la gent féminine, de l'autre Nathalie ne s'autorisant pas à (re)vivre suite au décès de son mari.
Intouchables, c'est l'histoire de la rencontre fortuite de deux personnes qui n'avaient que peu de chances de jamais se côtoyer. D'un côté un tétraplégique richissime, Philippe [François Cluzet], de l'autre un fils de cité en galère, Driss [Omar Sy]. Deux hommes aux parcours différents, deux âmes accidentées, deux "assistés" qui sauront se trouver.
Killing Fields, surnom donné à un bayou texan au sein duquel de nombreux cadavres de femmes ont été retrouvés sans que l'ombre d'une piste ne soit toutefois esquissée quant à l'identité de l'auteur de ces meurtres. Pour ne rien arranger, le lieu se trouve à cheval sur plusieurs juridictions, entraînant des conflits entre les différents services de police concernés. La bobine suit deux inspecteurs de la ville de Texas City, Brian Heigh [Jeffrey Dean Morgan] & Mike Souder [Sam Worthington] -le premier élevé sur la Côte Est, le second enfant du pays-, confrontés à plusieurs affaires qui s'entrecroisent.
Passé le premier poème qui ne m'a pas vraiment marqué [Nota : La forme poétique me parle difficilement.], on plonge dans l'univers d'Howard par une première nouvelle modeste, La Tour de l'Eléphant (36 pages). Celle-ci constitue une bonne entrée en matière, elle se lit facilement, mais laisse en même temps un petit goût (inquiétant) de novellisation de scénario d'ADD. Le recueil enchaîne avec La Fille du Géant de Gel, encore plus courte (14 pages), et en la terminant je me suis demandé si l'univers de Conan se résumait à ce genre d'historiette..."- La barbarie est l'état naturel de l'humanité, dit l'homme de la frontière, regardant toujours le Cimmérien d'un air sombre. La civilisation n'est pas naturelle. Elle résulte simplement d'un concours de circonstances. Et la barbarie finira toujours par triompher."
Je suis allé voir Happy New Year sans attentes particulières, si ce n'était de me laisser séduire par un nouvel objet "choral" -j'adore le genre-. Le film s'appuie sur un casting qui compte bon nombre de têtes connues, et tous s'en tirent plutôt bien, la palme revenant à Michelle Pfeiffer et Robert de Niro. Michelle est ainsi émouvante dans son personnage de quinqua qui un jour dit stop à sa vie de soumission et décide de commencer à Vivre, Bob l'est tout autant dans son rôle de malade en phase terminale, ce qui a évidemment fait ressurgir son lot de souvenirs."Je crois que d'une certaine manière les geeks sont forcés de gagner. Parce que s'ils ne gagnent pas, ça sera le monde terne partout, vous savez, le monde de la mauvaise pilule dans Matrix, c'est à dire que les gens vivront avec pour seul rêve les actualités de 20h."
- Bernard Werber in "Suck my Geek"
Hugo Cabret débute par une magnifique séquence qui nous plonge dans l'agitation d'une gare parisienne et exploite au mieux les capacités de la 3D. On a ainsi l'impression de chevaucher cette caméra virtuelle qui remonte les quais, d'évoluer entre les passagers bardés de bagages, et la sensation procurée nous place objectivement dans de bonnes dispositions.

La première chose qui m'a frappé dès le générique, c'est le titre. Enfin sa version hexagonale pour être précis, Time Out, contre In Time en VO. Que l'on francise le titre, pourquoi pas, cela permet d'accompagner la VF et d'être plus porteur de signification pour les spectateurs hexagonaux. En revanche, apporter une modification telle que celle-ci relève de la plus pure connerie -n'ayons pas peur des mots-, l'esprit francophone n'allant de toute façon faire aucune différence. Quand on y pense, le pire est probablement de se dire qu'une équipe s'est assise autour d'une table pour pondre cette génialissime idée... Et qu'ils ont été payés... Mébon, passons.

"Prenez une décision et ensuite considérez que c’est la bonne. Il n’y a vraiment pas de mauvaises décisions. Vous pourriez prendre cette direction-ci, ou celle-là, et l’une comme l’autre finirait par vous amener là où vous voulez être. Mais dès l’instant où vous commencez à vous féliciter de la décision que vous avez prise, à cet instant même, vous vous remettez en alignement vibratoire avec qui-vous-êtes-réellement."
- Abraham Hicks
"I do not like the human race. I don’t like their heads. I don’t like their faces. I don’t like their feet. I don’t like their conversations. I don’t like their hairdos. I don’t like their automobiles. I don’t like their dogs or their cats or their roses."
– Charles Bukowski
Japon, Période Edo, 16e siècle. Hanshirô Tsugumo se présente en tant que rōnin auprès de la représentation locale du Clan Li et demande asile afin de pouvoir commettre le seppuku tout en conservant sa dignité. Echaudé par une récente expérience, le maître des lieux -Kageyu Saito- la conte à son visiteur, tentant par là-même de jauger ses motivations, mais le rōnin maintient sa requête. A l'heure de s'adonner à ce suicide rituel, Hanshirô Tsugumo requiert toutefois d'être assisté par l'un des plus valeureux guerriers du Clan, Hikokuro Omodaka, qui manque étrangement à l'appel. Il cite donc les noms de deux autres samouraïs, eux aussi absents. Kageyu Saito somme alors Hanshirô Tsugumo d'exposer ses réelles motivations, et ce dernier conte à son tour une histoire...

Dans ce roman qui a servi de base au film éponyme [TWIY] de Refn, on retrouve (évidemment) la même toile de fond : un homme énigmatique, cascadeur de son état, conduit à se sortir par la manière (très) forte d'un sacré sac de noeuds.
Le roman débute en 1691 quand un navire en provenance de la lointaine Europe s'échoue sur les flancs de l'Ile de Manhattan. A son bord, des créatures qui ne tardent pas à se confronter à une tribu de Mohican qui vivait à proximité du lieu du naufrage. Cet épisode sera la première pierre d'une Histoire que les (humains) Nord-Américains ne seront dorénavant plus seuls à écrire.
Contagion, c'est l'histoire de cette pandémie mortelle que l'on redoute et qui finira bien par se produire sans que l'on ne sache prédire quand. Les victimes se compteront alors par millions à l'échelle planétaire, et la mise au point d'un remède contre cet ennemi microscopique prendra des mois sinon des années. Dans l'intervalle, nos sociétés connaîtront un chaos quasi post-apocalyptique, l'être humain laissera s'exprimer sa nature primaire, sorte de retour au Far West sauvage. Voir ce film permet de nous rappeler que nous ne sommes que bien peu de chose face à l'inventivité de la nature, laquelle corrigera tôt ou tard notre arrogance. Ce faisant, si l'aspect clinique de l'histoire m'a bien plu, il manque quand même un petit peu de peps pour rendre la bobine véritablement attrayante. Une séance à tenter pour ensuite en débattre.
J'ai inséré ce roman dans ma PAL après être revenu de l'adaptation ciné [TWIY] qui m'avait plutôt emballé, et comme toujours je m'attendais à profiter d'une dimension supplémentaire, d'un je-ne-sais-quoi qui serait passé à l'as lors du moulinage hollywoodien... Ménan, il n'en fut absolument rien... C'est simple, la bobine et le roman sont en tous points si identiques que l'on pourrait se méprendre et penser qu'il s'agit là d'une novellisation...
Dire que la lecture de cet ouvrage n'a pas été une sinécure serait un doux euphémisme, puisque j'ai objectivement souffert le martyre dans la première partie, à tel point d'ailleurs que j'ai manqué -une fois n'est pas coutume- de jeter l'éponge... Qu'y avait-il de si rebutant ? Les descriptions pardi ! Des descriptions à l'overdose sur des pages et des pages, de la moindre fissure sur un mur à la comparaison de l'usure des marches en pierre d'un escalier antédiluvien. Certaines personnes raffolent de ce type d'exercice, pas moi, oulah nan, mais alors pas du tout, mon côté "global" sans doute.
Le premier écueil concernait évidemment la mise en volume des personnages, abonnés à la 2D. Pour autant que je m'en souvienne, les premières images diffusées en ligne ne m'avaient pas rebuté, sans pour autant me convaincre. Cette neutralité a toutefois basculé dès les premières minutes du film, du bon côté si je puis dire, l'avatar 3D du personnage principal dégageant ce mélange de candeur et d'intelligence propre à Tintin. La technologie de "Performance Capture" utilisée n'y est probablement pas pour rien, elle permet de rendre les personnages naturellement expressifs, ce qui tranche avec des animations souvent un peu trop rigides par ailleurs.

USA, de nos jours, une primaire démocrate dans laquelle il ne reste que deux candidats en lice. On suit l'équipe du Gouverneur Mike Morris [George Clooney], pilotée par un vieux briscard de l'exercice [Paul Zara - Philip Seymour Hoffman] et un jeune consultant en comm' expert des médias [Stephen Myers - Ryan Gosling]. Cette troupe s'oppose à celle emmenée par l'expérimenté Tom Duffy [Paul Giamatti] pour le compte d'un certain Pullman, tandis que la presse [notamment la journaliste Ida Horowicz - Marisa Tomei] tente en permanence de savoir ce qu'il peut bien se tramer dans les arcanes de ces QGs de campagne. Mike Morris présente un discours avenant, avant-gardiste, dans lequel Stephen Myers croit du plus profond de son être, condition sine qua none pour qu'il puisse exercer cet art dans lequel il excelle. Mais dans ce domaine de la compétition politique, conviction et droiture ne font pas toujours bon ménage avec les ambitions, et le jeune consultant l'apprendra à ses dépends..."Je regrettai tout de suite la décision que j'avais prise de venir dans cette pièce. Je compris soudain que la dernière expression qu'il avait sur le visage empiéterait sur tous les souvenirs visuels que j'avais de lui. J'allais être obligé d'essayer de l'oublier, de façon à ne plus voir ses yeux dans mon esprit.
C'était la même chose qu'avec mon père. La seule image que j'avais gardée de lui était celle d'un homme allongé dans un lit. Il faisait cinquante kilos maximum et son corps était complètement ravagé par le cancer. Toutes les autres images que j'avais de lui étaient fausses. Elles sortaient de photos que j'avais vues dans des livres." - Michael Haller in "La Défense Lincoln" by Michael Connelly
A l'ère du divertissement numérique clipesque, proposer un film muet en N&B relevait assurément de la gageure, du montage financier à la sortie en salle. Et pourtant, Michel Hazanavicius a non seulement relevé le défi, mais il a en sus transformé l'essai avec brio le bougre !

Drive, conduire, c'est ce que fait cet homme énigmatique [imperturbable Ryan Gosling], sans discontinuer. Le jour, il loue ses services au Septième Art, oeuvrant comme cascadeur. La nuit, il monnaye ses talents auprès de malfrats, leur donnant cinq minutes de son temps -pas une de plus- au cours desquelles il s'engage à les soustraire aux autorités à la suite de leur forfait. Taciturne au plus haut point, il mène une existence où le contact humain se trouve réduit au strict minium. Pour autant, la solitude ne semble pas érigée en Art de Vivre, son spectre s'amenuisant même à mesure que l'homme noue contact avec sa voisine [touchante Carey Mulligan], mère célibataire dont le mari est en prison.

Chine, Dynastie Qing. Venant de remporter une nouvelle victoire, le Général Su Chan est pressenti pour devenir Gouverneur. Celui-ci décline toutefois l'offre, préférant s'en aller fonder son école d'arts martiaux, et met en avant pour le poste la candidature de son frère adoptif, Yuan Lie. Ce dernier accepte et le temps aidant enracine sa position tout en devenant expert de la technique des Cinq Venins Mortels, art dans lequel son défunt père excellait. Un jour, Yuan Lie débarque en sa terre d'accueil, exécute son père adoptif et manque de pouvoir offrir le même destin à Su Chan. Ce dernier trouve alors refuge dans les montagnes, aidé de son épouse dévouée, tandis que son frère s'enfonce dans la folie de son art noir, retenant captif le fils de Su Chan. Les deux hommes se préparent pour cette confrontation finale qu'ils savent inéluctable...
Steve Carell y incarne un quadra en début de décennie -Cal Weaver- qui apprend en un laps de temps très court que sa femme -la sympathique Julianne Moore- l'a trompé et qu'elle demande le divorce. Cal se laisse aller à une semi-dépression qui le conduit à devenir une sorte de pilier de comptoir d'un bar plutôt branché où aucune oreille attentive ne se prête à lui. Un soir toutefois, il est accosté par le tombeur du lieu, un certain Jacob Palmer -Ryan Gosling-, qui lui propose de le prendre sous son aile pour le métamorphoser en séducteur, et accessoirement obtenir qu'il arrête de se pleurnicher au bar.